(Rapport Etude de la mise en place d'un sch 351ma de financement de la sous fili

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Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base ABREVIATIONS AGR : Activités Génératrices de Revenus ASPRODEB : Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base CNCAS : Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal CNAAS : Compagnie Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal CSA : Commissariat à la Sécurité Alimentaire GREC : Groupe de Recherche d’Etude et de Conseil IMF : Institution de Micro Finance ISRA : Institut Sénégalais de Recherches Agricoles ITA : Institut de Technologie Alimentaire ONCAD : Office National de Commercialisation et d’Assistance pour le Développement PSAOP : Programme des Services Agricoles et d’Appui aux Organisations de Producteurs SFD : Structure Financière Décentralisée SONAGRAINES : Société Nationale d’Approvisionnement en Graines SONAR : Société Nationale d’Approvisionnement Rural UE : Union Européenne UNIS : Union Nationale Interprofessionnelle des Semences Rapport Définitif GREC Page-1- Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base LISTE DES TABLEAUX n° Titres pages 1 Niveau d’équipement des exploitations semencières enquêtées 20 2 Prévisions de collecte semences 26 3 Calcul des taux de couverture des engagements 28 par les recettes attendues par COPROSA Etat récapitulatif des réalisations de collecte des COPROSAS 4 29 (campagne commercialisation 2009/2010) 5 41 Evolution de ...
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Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base

ABREVIATIONS

AGR : Activités Génératrices de Revenus
ASPRODEB : Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base
CNCAS : Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal
CNAAS : Compagnie Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal
CSA : Commissariat à la Sécurité Alimentaire
GREC : Groupe de Recherche d’Etude et de Conseil
IMF : Institution de Micro Finance
ISRA : Institut Sénégalais de Recherches Agricoles
ITA : Institut de Technologie Alimentaire
ONCAD : Office National de Commercialisation et d’Assistance pour le Développement
PSAOP : Programme des Services Agricoles et d’Appui aux Organisations de Producteurs
SFD : Structure Financière Décentralisée
SONAGRAINES : Société Nationale d’Approvisionnement en Graines
SONAR : Société Nationale d’Approvisionnement Rural
UE : Union Européenne
UNIS : Union Nationale Interprofessionnelle des Semences
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LISTE DES TABLEAUX
n° Titres pages
1 Niveau d’équipement des exploitations semencières enquêtées 20

2 Prévisions de collecte semences 26

3 Calcul des taux de couverture des engagements 28
par les recettes attendues par COPROSA

Etat récapitulatif des réalisations de collecte des COPROSAS 4 29
(campagne commercialisation 2009/2010)

5 41 Evolution de la production céréalière en tonnes de 1998 à 2008
LISTE DES GRAPHIQUES

n° Titres pages

1 Proposition d’un nouveau schéma de financement 32


2 Les acteurs majeurs et leurs rôles dans la filière 42

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SOMMAIRE

I. INTRODUCTION .................................................................................................................................................. 5
1.1 Contexte de la mission ............................................................................................................... 6
1.2 Objectifs de l’étude .................................................................................................................... 6
1.3. Approche méthodologique ........................................................................................................ 7
II. PREMIERE PARTIE : SOUS FILIERE SEMENCES ARACHIDES ................................................................... 8
2.1. Rappels sur l’évolution de la filière arachide au Sénégal ........................................................... 8
2.2. Etat de la sous filière semences arachide ................................................................................. 9
2.3. Programmes mis en œuvre par l’ASPRODEB......................................................................... 11
2.3.5 Limites du schéma de financement actuel ............................................................................. 24
2.4. Proposition d’un nouveau schéma de financement ................................................................. 25
2.5. Recommandations : facteurs clés de succès .......................................................................... 28
Conclusion ........................................................................................................................................................... 30
III. DEUXIEME PARTIE : VOLET FILIERES CEREALES ................................................................................... 31
3.1. Problématique sur la sécurité alimentaire ................................................................................ 31
3.2. Organisation des principales filières céréalières : mil et sorgho .............................................. 32
3.3. Les acteurs majeurs et leurs rôles dans la filière ..................................................................... 37
3.4. Problématiques du financement des filières céréales locales au Sénégal ............................... 40
3.5. Proposition de schéma de financement dans les différents segments de la filière céréalière .. 41
3.6. Le warrantage dans le contexte du Sénégal ........................................................................... 41
3.7. Quels sont les objectifs poursuivis avec le warrantage ? ......................................................... 44
3.8. Financement des intrants agricoles à travers le warrantage .................................................... 45
3.9. Faisabilité du warrantage dans le contexte du Sénégal ........................................................... 45
Conclusion ........................................................................................................................................................... 49
Annexe 1: TERMES DE REFERENCE DE L’ETUDE .......................................................................................... 51
Annexe 2 : GUIDE D’ENTRETIEN ‘STRUCTURE’ .............................................................................................. 56
Annexe 3 : QUESTIONNAIRE PRODUCTEUR MULTIPLICATEUR DE SEMENCES D’ARACHIDE ............... 57
Annexe 4 : GUIDE D’ENTRETIEN STRUCTURE FINANCIERE ........................................................................ 64
Annexe 5 : LISTE DES PERSONNES RENCONTRES ....................................................................................... 66
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................................. 81

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RESUME
A travers la mise en œuvre du COM Arachide et coopérative. Car, depuis le début du
du PSAOP2, l’UE, le FIDA et la Banque programme, les besoins financiers des
mondiale ont appuyé l’Etat du Sénégal pour la coopératives ont été essentiellement couverts
relance de la filière arachide. C’est dans ce par l’appui des bailleurs dans la mesure où la
cadre qu’un programme de reconstitution du capacité d’autofinancement de ces institutions
capital semencier a été initié par l’ASPRODEB reste relativement faible et l’intervention des
à travers la création de coopératives de institutions financières ne revêt encore qu’un
producteurs de semences d’arachides dans le caractère complémentaire.
bassin arachidier et la vallée du fleuve Sénégal. La mise à contribution de la Compagnie
La mise en œuvre d’un tel programme suppose Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal
naturellement la mobilisation d’importants (CNAAS) nouvellement créée à travers des
moyens financiers. C’est à ce titre que les produits de type assurance perte récolte
privés et notamment les institutions financières pourrait atténuer une partie des risques que les
devront s’impliquer à coté des Pouvoirs publics institutions financières doivent prendre en
pour la réussite du programme. décidant d’accompagner la sous filière
Ces dernières devront certes se doter d’outils semences arachide.
de financement appropriés, mais la sous filière Quant aux céréales locales, elles continuent de
semence arachide doit devenir également un souffrir du manque de financement malgré le
créneau porteur garantissant un retour caractère stratégique et central qu’elles jouent
raisonnablement certain des crédits octroyés dans la sécurité alimentaire des populations.
aux différents acteurs. Les performances et la
C’est la raison pour laquelle, il est important de durabilité du programme dépendront
repenser le schéma de financement des essentiellement de cette capacité des uns et
systèmes de production et de commercialisation des autres à jouer pleinement leur rôle dans le
de ces produits dont la demande ne cesse de dispositif.
croître aussi bien pour les industriels,
Cette étude souhaitée par l’ASPRODEB a tenté transformateurs artisanaux et les
d’identifier les besoins de financement des consommateurs de produits bruts semis finis.
différents acteurs, avant de décrire un schéma
Le schéma proposé dans le cadre cette étude de financement qui intègre les besoins globaux
s’articule autour du warrantage avec une des producteurs (approvisionnement en
implication accrue du système financier intrants, équipement des exploitations et
décentralisé et une approche contractuelle écoulement de la production). La stratégie vise
entre producteurs et transformateurs pour ainsi à faire porter le financement de la
assurer une fluidité des opérations physiques et production aux groupements (achats intrants et
financières, une amélioration des revenus des équipements) et celui de la commercialisation et
producteurs et une sécurisation des crédits. de l’approvisionnement en intrants à la
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I. INTRODUCTION
La culture arachidière qui constitue encore une des principales sources de revenus des producteurs
du bassin arachidier occupe encore une place centrale dans les différentes stratégies de
développement de l’agriculture. Cependant, il ressort de l’analyse des statistiques une perte de
compétitivité et une baisse tendancielle de la production et du pouvoir d’achat des producteurs (taux
de croissance négatif sur la période 2000/2001 et 2008/2009), nonobstant les efforts financiers
importants consentis par l’Etat à travers la subvention des intrants et du matériel agricole, et le
soutien des prix aux producteurs. Cette situation s’explique, entre autres par l’inefficacité des
mesures de soutien (utilisation des allocations budgétaires), l’irrégularité de la pluviométrie,
l’épuisement des sols et la dégénérescence du matériel végétal.
L’utilisation généralisée de semences « tout venant » constitue aujourd’hui une contrainte majeure et
limite le rendement moyen à moins d’une tonne par hectare. C’est dire donc qu’il faut nécessairement
résoudre l’épineuse question de la disponibilité et de la qualité des semences par la mise en place
d’un dispositif opérationnel de production et de distribution de semences pour redynamiser la filière
arachidière. Celui-ci s’accompagnant nécessairement d’un schéma de financement apte à prendre en
charge les besoins financiers des acteurs.
Sur un autre registre, l’insécurité alimentaire et la pauvreté constituent des défis majeurs auxquels le
Sénégal doit faire face. L’option est d’assurer la sécurité alimentaire par une production locale
diversifiée et compétitive capable de promouvoir les revenus agricoles qui sera complétée par des
importations de produits alimentaires présentant un avantage comparatif sur les filières
locales. L’analyse des déterminants des faiblesses de la compétitivité de la production locale révèle
pour l’essentiel des coûts de facteurs élevés, des technologies peu évoluées, et des pratiques
extensives. A ces contraintes s’ajoute la dégradation des termes de l’échange des produits agricoles.
La démographie au Sénégal est caractérisée par une croissance rapide (2,6 à 3% par an en
moyenne), une répartition de la population très inégale sur le territoire (60% en milieu urbain alors
que certaines zones sont peu habitées) et dominée dans sa composition par des jeunes de moins de
20 ans (58%) et des femmes.
Au rythme de la croissance actuelle, la population devrait atteindre les 16 millions de personnes en
2020 et plus de 60% d'entre eux vivront en milieu urbain (9 millions). Le pays assistera alors à une
forte intensification de la demande en denrées alimentaires et en services dans le secteur social.
En dépit des potentialités agricoles, la production de céréales par tête diminue sans cesse sous les
effets conjugués de la dégradation générale des conditions écologiques, de conditions climatiques
erratiques, de la faiblesse des investissements dans le secteur et du dysfonctionnement de certaines
des mesures de développement préconisées par l'État. Le taux de couverture des besoins
alimentaires par la production agricole intérieure se situe autour de 52% en ce moment. A ces
contraintes, s’ajoute l’épineuse question du financement dont les acteurs sont quasi absents
sur tous les segments de la filière (production, collecte, commercialisation et transformation). Il
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s’avère ainsi opportun de disposer d’outils de financement aptes à enclencher une dynamique de
relance de la filière céréales locales.
1.1 Contexte de la mission
De par son importance au Sénégal, l’arachide intervient dans l’économie du monde rural en
pérennisant l’emploi et en assurant des revenus monétaires immédiats et substantiels. De plus, les
semences constituent un élément important qui améliore la productivité de la filière arachidière.
L’action de reconstitution du capital semencier arachide, initié par le Gouvernement de la République
du Sénégal, est fortement soutenue par ses partenaires au développement à travers le Programme
des Services Agricoles et Appui aux Organisations de Producteurs (PSAOP2) et le COM arachide.
Ces programmes comptent soutenir la filière jusqu’en 2012.
Pour ce faire, des coopératives agricoles ont été mises en place pour porter la production et la
commercialisation de semences d’arachide certifiées. Cette dynamique, débutée en 2007, conduira
en décembre 2011, à la production et à la mise en marché de 25.000 T de semence N2, ce qui
correspond à un renouvellement au 1/3 des besoins nationaux estimés à 75.000T.
Les coopératives mises en place dans le cadre de ces programmes ont ouvert des comptes
bancaires à la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal (Agence de Kaolack et Richard Toll)
où sont logées les parts sociales versées par leurs membres adhérents. Le PSAOP2 a consenti une
subvention de cinquante quatre (54) millions de FCFA aux coopératives pour servir comme un fonds
levier déposé au niveau de la CNCAS.
Afin de pérenniser le financement aux producteurs semenciers et de pouvoir sécuriser le
remboursement du crédit aux banques, il s’avère indispensable de proposer un schéma opérationnel
qui sécurise et conforte les relations entre les producteurs de semences, leurs coopératives d’une
part, la CNCAS et/ou les autres institutions d’autre part.
Dans le même registre, la problématique du financement de la filière ‘céréales locales’ se pose avec
acuité. Les différents agents économiques qui opèrent au sein de la filière accèdent difficilement au
crédit bancaire du fait de l’inorganisation des circuits de commercialisation, de la dispersion des
produits, de la volatilité des productions et des prix, etc.
C’est essentiellement des fonds propres qui sont mobilisés dans les circuits de production et de
commercialisation avec l’intervention des commerçants grossistes, demi-grossistes, détaillants et
collecteurs.
1.2 Objectifs de l’étude
L’objectif général de cette étude est de trouver des schémas de financement adaptés aux acteurs des
filières semences d’arachides et céréales locales valorisant notamment les contreparties stocks
comme garanties.
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Les préalables à l’atteinte de cet objectif s’articulent autour de :
- l’existence de coopératives bien structurées, fonctionnant démocratiquement, réellement
contrôlées par leurs membres et qui contribuent efficacement à l’amélioration de leurs
conditions de vie ;
- l’existence d’infrastructures de stockage normées (capacité, propreté et sûreté), de matériels
de collecte adéquats et de ressources humaines aptes à la gestion du dispositif ;
- l’existence d’un bon système d’information sur les marchés, accompagné d’une bonne
connaissance du milieu (saisonnalité des activités et des revenus agricoles) ;
- la mise en place d’un programme d’accompagnement des coopératives en termes de
formations, d’appuis institutionnels et de suivi évaluation pendant une durée déterminée.
En définitive, les schémas proposés devront permettre aux différents acteurs d’accéder à des
ressources financières nécessaires à la prise en charge de leurs besoins
1.3. Approche méthodologique
Une approche participative a été adoptée dans le cadre de cette mission. Elle repose sur une forte
implication des bénéficiaires et s’articule autour :
- de la revue bibliographique sur les filières céréales locales, la filière arachide en général et la
sous filière semences d’arachide en particulier ;
- de la revue des modes de financement existants, leurs avantages et inconvénients, le degré
d’appropriation du côté des bénéficiaires et leur adaptabilité dans le contexte de la relance de
la sous filière semences d’arachides. Ce travail s’est fait par le biais d’entretiens avec les
différents intervenants que sont les organisations de producteurs, les institutions financières et
les structures d’encadrement (voir la liste en annexes)
- du choix d’un mode de financement adapté aux filières semences d’arachides et céréales
locales impliquant tous les acteurs. Il doit assurer une sécurisation des prêts octroyés par les
institutions financières et un coût du crédit inférieur au gain potentiel induit par le différentiel
de prix.
- de la validation du mode de financement qui constitue l’étape finale de la mission et devra se
faire à travers une rencontre élargie à tous les partenaires et autres dépositaires d’enjeux. Elle
permettra de vérifier que les concepts et mécanismes ont été bien compris mais aussi
recueillir des compléments d’informations, des observations et amendements.
Limites méthodologiques : cette étude cherche à proposer un schéma de financement de la sous
filière semences d’arachides par le biais des coopératives de producteurs. Elle ne prétend pas
répondre définitivement à la question du financement mais cherche à apporter une contribution
significative. Le temps relativement court imparti à l’étude et la taille de l’échantillon étudié ont été les
principales contraintes à la réalisation de cette étude.
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II. PREMIERE PARTIE : SOUS FILIERE SEMENCES ARACHIDES
2.1. Rappels sur l’évolution de la filière arachide au Sénégal
Depuis l’époque coloniale jusqu’à la fin des années soixante dix, l’arachide a incontestablement été la
locomotive de l’économie rurale sénégalaise. Elle générait 60% du Produit intérieur brut (Pib) agricole
et environ 80% des recettes d’exportation du pays. Les quatre huileries implantées dans différentes
régions du pays constituaient l’épine dorsale du tissu industriel national.
Au plan financier, l’arachide offre aux producteurs plus d’opportunités pour générer des revenus par
la vente des gousses fraîches ou séchées, de graines décortiquées, de fanes, d’huile artisanale, de
tourteaux, de pâte, etc. Cet avantage comparatif est renforcé par des contraintes à la fois techniques
et sociologiques à la commercialisation des céréales en général et du mil en particulier.
Un autre avantage stratégique de l’arachide dans la lutte contre la pauvreté rurale est que c’est la
seule culture pour laquelle toutes les activités de transformation qui ajoutent de la valeur sont
possibles au niveau du producteur.
La vente d’arachide grillée a toujours été une activité traditionnelle des femmes d’un certain âge.
Avec l’exode rural et les migrations saisonnières, beaucoup de jeunes garçons sont devenus des
vendeurs ambulants d’arachide grillée et leurs paniers font partie du décor des rues dans toutes les
grandes villes.
Dans toutes les villes, des milliers de pères de famille ne vivent que de la vente de paille d’arachide
dans les quartiers comme aux alentours des foirails. Le transport du produit à partir du bassin
arachidier est un important créneau pour les transporteurs.
Trois phases essentielles caractérisent l’évolution de la production et la commercialisation de
l’arachide au Sénégal :
- De 1960 à 1986, la production de l’arachide avoisinait 750 000 Tonnes pour des capacités de
trituration de l’outil industriel de l’ordre de 900 000 Tonnes. Durant cette période, le secteur
parapublic assurait l’encadrement, la vulgarisation, les approvisionnements en intrants, le
crédit agricole, la transformation de l’arachide.
- De 1987 à 1996, la collecte de l’arachide portait environ sur 280 000 Tonnes, excepté les
campagnes de commercialisation 1989/1990 et 1991/1992 où elle atteignait respectivement
583 000 Tonnes et 359 000 Tonnes. Cette situation avait amené la SONACOS à importer des
huiles végétales brutes pour la consommation nationale.
- Durant cette période, l’industriel a été fortement concurrencé par des circuits parallèles dont
les prix d’achat aux producteurs étaient plus attractifs que ceux de la SONACOS/
SONAGRAINES. Par ailleurs, grâce à l’appui financier de la Commission Européenne pour un
montant de 13 milliards de FCFA, le Gouvernement du Sénégal a procédé à l’assainissement
financier de la filière à l’entame de la campagne de commercialisation 1996/1997.
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- De 1997 à 2001, la collecte de l’arachide est passée de 111 000 Tonnes à 530 000 Tonnes.
Particulièrement la campagne arachidière 2001 s’est traduite par une collecte relativement
record à la faveur d’une pluviométrie favorable, d’une augmentation des semences distribuées
(environ 78 000 tonnes), d’une baisse de 40% du prix des engrais (ce qui a favorisé une
livraison de près de 49 000 tonnes par les industries) et de la suppression des intérêts sur les
prêts semences. La population concernée par le crédit intrant est passée de 188 000
producteurs en 2000 à 420 000 en 2001.
Ce phasage fait ressortir la crise que traverse la filière arachide depuis le début des années 1990.
Face à cette situation, les autorités sénégalaises se sont engagées dans le cadre du Mémorandum
sur la filière arachide élaboré en juillet 2001 à :
• libéraliser la filière à tous les stades ;
• assainir la situation financière de la SONACOS ;
• procéder à la privatisation de la SONACOS ;
• désengager la SONAGRAINES de la fonction de collecte et de crédit semences ;
• poursuivre les activités de professionnalisation des producteurs (Consolidation des
actions des centrales d’achats d’intrants agricoles, livraison carreau usine, gestion de
réserves personnelles, gestion seccos, formation animation,…) ;
• assurer l’application stricte de la législation semencière ;
• renforcer l’autonomie du CNIA ;
• renforcer le rôle des opérateurs semenciers privés dans la gestion de stocks de
semences sélectionnées.
2.2. Etat de la sous filière semences arachide
2.2.1. Historique de la sous filière semences d’arachide
Depuis son indépendance, le Sénégal a toujours essayé de mettre en place des programmes de
développement de la sous filière semences d’arachide afin de reconstituer le capital semencier
arachide par l’intervention de structures publiques comme la Société Nationale d’Approvisionnement
Rural (SONAR), l’Office National de Commercialisation et d’Assistance pour le Développement
(ONCAD) et la Société Nationale d’Approvisionnement en Graines (SONAGRAINES).
La reconstitution du capital semencier a permis depuis les années 70, grâce au Projet du Fonds
Européen de Développement (FED), de créer un service semencier, d’identifier et d’encadrer les
producteurs de semences, d’équiper les laboratoires d’analyse des semences et de construire des
stations de conditionnement.
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Vers les années 80, l’Etat a été obligé de se désengager de la filière suite à l’endettement des
paysans. Cette période a été marquée par la liquidation de nombreuses sociétés qui intervenaient
dans la production semencière et l’encadrement des agriculteurs comme la SONAGRAINES, la
SODEVA, la SOMIVAC etc..
En 1980, en collaboration avec les bailleurs de fonds, l’Etat a mis en place le projet Plan Triennal
Semencier (PTS) devenu Projet Autonome Semencier (PAS) en 1990 dont l’objectif était de privatiser
la collecte, le conditionnement, la conservation et la cession des semences pour mieux
professionnaliser les opérateurs privés. Ainsi, furent crées l’Union Nationale Interprofessionnelle des
Semences (UNIS), regroupant tous les opérateurs privés semenciers, et le Comité National
Interprofessionnel de l’Arachide (CNIA) qui regroupent toutes les organisations partenaires de la
filière arachide.
Pour appuyer la relance de la filière arachide, l’Etat du Sénégal a signé d’abord en 1997 puis en
octobre 2006, un Cadre d’Obligations Mutuelles (COM) financé à partir des reliquats des fonds des
7ème et 8ème FED. Ce dernier programme, démarré en 2007 appuie :
L’ISRA pour la production de semences de pré base ;
La Division des semences pour assurer le contrôle et la certification des semences ;
Les Organisations de Producteurs à la base à travers l’Association Sénégalaise pour la
Promotion du Développement à la Base (ASPRODEB) pour la production de semences
d’arachide (Base, N1 et N2) au lieu de l’UNIS qui a porter le premier programme « COM
STABEX » en 1997.
2.2.2. La situation actuelle de la sous filière semences
Malgré les multiples efforts de tous ordres consentis par l’Etat et ses partenaires depuis le début des
indépendances, la sous filière semences d’arachide continue de souffrir de problèmes d’ordre
institutionnel, technique, organisationnel et financier.
Il s’agit entre autres de :
• l’insuffisance des moyens humains, matériels et financiers du service de contrôle ;
• les contraintes liées au fonctionnement du Comité National Consultatif des Semences
et des Plants (CNCSP) ;
• la baisse du niveau de formation des producteurs (dépérissement de l’encadrement
technique, manque de suivi et du contrôle de la production semencière) ;
• l’inefficacité du circuit professionnel de production de semences ;
• le vieillissement du matériel végétal et des équipements : non renouvellement des
noyaux de base et des équipements ;
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