UNESCO. Executive Board; 162nd; Etude de faisabilité sur la célébration d'une Journée mondiale

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Organisation des Nations UniesConseil exécutifpour l'éducation, la science et la culture exCent soixante-deuxième session162 EX/11PARIS, le 30 juillet 2001Original anglaisPoint 3.3.3 de l'ordre du jour provisoireETUDE DE FAISABILITE SUR LA CELEBRATIOND'UNE JOURNEE MONDIALE DE LA SCIENCE AU SERVICEDE LA PAIX ET DU DEVELOPPEMENTRESUMECe document contient le rapport de l'étude de faisabilité sur lacélébration d'une Journée mondiale de la science au service de la paix etdu développement (JMSPD) entreprise conformément à la décision160 EX/3.3.2 adoptée par le Conseil exécutif à sa 160e session.Décision requise : paragraphe 44.162 EX/11PORTEE, FINALITE ET OBJECTIFS DE L'ETUDE DE FAISABILITE1. A sa 160e session, le Conseil exécutif de l'UNESCO, par sa décision 160 EX/3.3.2, ainvité le Directeur général à "entreprendre une étude de faisabilité sur la célébration d'uneJournée mondiale de la science au service de la paix et du développement et faire rapport à cesujet au Conseil exécutif à sa 161e session".2. La présente étude porte essentiellement sur l'opportunité pour l'UNESCO de célébrerune Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, et passe enrevue les objectifs envisagés, les résultats escomptés, les modalités de mise en oeuvre, lesretombées en termes de "valeur ajoutée" et les implications gestionnelles et financières. Elles'appuie sur les résultats d'une large consultation avec les partenaires éventuels et sur ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Point 3.3.3 de l'ordre du jour provisoire
RESUME Ce document contient le rapport de l'étude de faisabilité sur la célébration d'une Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement (JMSPD) entreprise conformément à la décision 160 EX/3.3.2 adoptée par le Conseil exécutif à sa 160e session. Décision requise : paragraphe 44.
Cent soixante-deuxième session
ETUDE DE FAISABILITE SUR LA CELEBRATION D'UNE JOURNEE MONDIALE DE LA SCIENCE AU SERVICE DE LA PAIX ET DU DEVELOPPEMENT
ex
162 EX/11 PARIS, le 30 juillet 2001 Original anglais
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PORTEE, FINALITE ET OBJECTIFS DE L'ETUDE DE FAISABILITE 1. A sa 160e session, le Conseil exécutif de l'UNESCO, par sa décision 160 EX/3.3.2, a invité le Directeur général à "entreprendre une étude de faisabilité sur la célébration d'une Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement et faire rapport à ce sujet au Conseil exécutif à sa 161e session". 2. La présente étude porte essentiellement sur l'opportunité pour l'UNESCO de célébrer une Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, et passe en revue les objectifs envisagés, les résultats escomptés, les modalités de mise en oeuvre, les retombées en termes de "valeur ajoutée" et les implications gestionnelles et financières. Elle s'appuie sur les résultats d'une large consultation avec les partenaires éventuels et sur l'analyse de la documentation pertinente. La consultation, qui constitue un aspect important de l'étude de faisabilité, a été réalisée par le biais d'un questionnaire, de réunions et d'interviews. 3. Le questionnaire a suscité de nombreuses réponses (plus de 200) émanant de 84 pays 1 . Les commissions nationales et les gouvernements des Etats membres, les organisations intergouvernementales, les conseils nationaux de la science et de la recherche, des académies nationales des sciences, des scientifiques de renommée mondiale, des associations de femmes scientifiques, des jeunes scientifiques, des organisations de jeunes, des journalistes, etc., ont soumis leurs commentaires par écrit. 4. Au vu des résultats de cette consultation, des préoccupations exprimées par les partenaires impliqués et de leurs suggestions, le présent rapport conclut à l'intérêt pour l'UNESCO de donner suite au projet de Journée mondiale et s'efforce de définir les modalités de la conception, de la mise en oeuvre et de l'évaluation d'un tel projet.
JUSTIFICATION DU PROJET 5. La célébration de la Journée mondiale se justifie essentiellement par le rôle important de la science et des scientifiques au service d'une société viable et par la nécessité d'informer les citoyens et de les impliquer dans le mouvement scientifique. A cet égard, la Journée mondiale serait l'occasion de sensibiliser l'opinion à l'impact de la science sur la vie quotidienne et d'encourager le dialogue. Une telle entreprise ouvrirait également des perspective nouvelles dans le cadre des efforts mondiaux en faveur de la paix et du développement. 6. L'organisation d'un événement visant expressément à proclamer la vocation sociale de la science, considérée comme l'un des résultats positifs de la Conférence mondiale sur la science, a été évoquée lors de la réunion de Budapest. Une telle manifestation est apparue comme l'occasion de réaffirmer chaque année la volonté d'atteindre les objectifs proclamés dans la Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique et d'assurer le suivi des recommandations de l' Agenda pour la science - Cadre d'action.
1 Les réponses au questionnaire, la liste des personnes consultées et les documents relatifs à cette étude peuvent être consultés auprès de la Division de l'analyse et des politiques scientifiques de l'UNESCO.
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JOURNEES ET SEMAINES NATIONALES ET INTERNATIONALES POUR LA SCIENCE 7. L'avenir de la recherche scientifique suppose le soutien et la compréhension du grand public mais il dépend également du niveau général de la culture scientifique ; aux niveaux national, régional et international, de nombreuses initiatives s'efforcent de tenir le grand public informé des possibilités et des bénéfices potentiels de la science. 8. Au niveau mondial, la Semaine internationale des Nations Unies pour la science et la paix est célébrée chaque année lors de la semaine du 11 novembre. Cette initiative est due à des scientifiques qui s'inquiétaient des utilisations néfastes de la science et demandaient qu'elle soit appliquée à des fins constructives. Lancée en réponse aux menaces que faisaient peser la guerre froide et la course aux armements nucléaires, la Semaine internationale a obtenu une reconnaissance éclatante avec l'adoption en 1988 par l'Assemblée générale des Nations Unies de la résolution "Science et paix" et d'une deuxième résolution sur le même thème en 1990 (A/RES/43/61 et A/RES/45/70). Ces résolutions rappellent que le progrès de la science et de la technologie influe profondément sur la paix et sur la sécurité internationales, le développement social et économique, le respect des droits de l'homme et bien d'autres aspects de la civilisation et de la culture. Elles soulignent la nécessité de "sensibiliser les scientifiques du monde entier à l'utilisation de la science au service de la paix, de la sécurité et de la coopération internationales, de la cause des droits de l'homme et de la protection de l'environnement". 9. Si les Nations Unies ont ainsi apporté leur caution morale à la Semaine internationale pour la science et de la paix, les initiatives et ressources nécessaires à son organisation sont le fait de contributions volontaires des personnes concernées. Il n'en reste pas moins que le prestige et l'autorité morale des Nations Unies ont largement contribué à promouvoir cette initiative qui a bénéficié dès le départ de l'appui officiel de plusieurs Etats membres (qui étaient pour la plupart, sinon tous, des pays socialistes). Avec la fin de la guerre froide, l'importance de cette manifestation a décliné même si l'on constate quelques signes d'un regain d'intérêt. 10. Pour l'auteur du rapport d'évaluation de la Semaine internationale pour la science et la paix figurant en annexe, cette initiative a été remarquablement efficace bien que sur une échelle relativement réduite par rapport à l'ampleur des problèmes abordés, compte tenu du manque de ressources financières. 11. Plusieurs programmes successifs de l'Union européenne visent notamment à informer l'opinion publique pour une meilleure appréciation de la science. Divers mécanismes visant à mieux informer l'opinion publique sur la science ont été mis en place dans le cadre de la Semaine européenne de la science lancée en 1993 à l'initiative de la Commission européenne : préparation et diffusion de matériels d'information, organisation de séminaires et de conférences pour le grand public, activités organisées en liaison avec les écoles et les professeurs de sciences et expositions. 12. En ce qui concerne les pays africains, l'Organisation de l'unité africaine (OUA) a proclamé en 1987 le 30 juin Journée de la renaissance de la science en Afrique. 13. Des festivals et semaines scientifiques sont organisés dans plusieurs pays (Cuba, Mexique, Royaume-Uni, République de Corée et Cameroun). De nombreuses associations organisent des manifestations similaires dans le monde entier ; on peut citer la British
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Association for the Advancement of Science, la Gesellschaft Deutscher Naturforscher und Aerzt (GDNA), les associations du Congrès indien pour la science, l'Association chinoise pour la science et la technologie et l'Association des femmes ingénieurs du Mali. 14. Au niveau national, des journées nationales de la science sont célébrées dans un certain nombre d'Etats membres. Les activités portent sur l'information dans les écoles, la préparation de matériels pédagogiques, des expositions et des séminaires. Tout l'arsenal des médias est mobilisé à cette occasion sous forme d'articles de presse et de programmes radiotélévisés de vulgarisation scientifique, sans oublier les moyens d'expression traditionnels que sont les chants, les danses, le théâtre de rue et les spectacles de marionnettes. 15. Les activités les plus suivies font appel à des chercheurs qui viennent dans des lieux publics comme les centres commerciaux montrer leur travail et dialoguer avec le public. Ces journées donnent également lieu à des séminaires organisés à l'intention des jeunes, à des concours scientifiques et à des projets interactifs sur l'Internet.
RESULTATS DE LA CONSULTATION 16. L'analyse des commentaires et des interviews montre que le projet de Journée mondiale est considéré comme très utile et venant à son heure. Si tout le monde reconnaît l'intérêt de cette initiative de l'UNESCO, certains s'interrogent sur son impact éventuel. Plusieurs contributeurs ont souhaité que le mot technologie figure également dans l'intitulé de la Journée mondiale pour souligner que la manifestation ne doit pas porter seulement sur la science en tant que théorie, mais aussi sur ses applications concrètes. 17. Les points suivants ont été considérés comme hautement prioritaires : (a) la réduction de l'écart entre les pays développés et en développement ; (b) les conséquences négatives de la science et du progrès technologique sur l'environnement ; (c) la responsabilité des scientifiques ; (d) le regard de la société sur la science ; (e) l'accent mis sur la science comme moyen d'améliorer la condition féminine ; (f) l'éthique du progrès scientifique et de ses applications.
OBJECTIFS 18. Les principaux objectifs de la Journée mondiale ont été identifiés comme suit : (a) renouveler l'engagement national et international en faveur de la science pour la paix et le développement et promouvoir l'utilisation responsable des acquis de la science au service de la société, plus particulièrement en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et l'insécurité ;
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(b) examiner les nouveaux défis posés par le progrès scientifique en mettant l'accent en particulier sur les inégalités Nord-Sud ; (c) promouvoir la moralisation de l'activité scientifique et fournir un forum de discussion sur les questions éthiques relatives à la science ; (d) sensibiliser l'opinion publique à l'importance de la science et combler le fossé entre la science et la société ; (e) souligner l'importance de l'enseignement scientifique pour les générations futures.
RESULTATS ESCOMPTES 19. Les résultats escomptés sont les suivants : (a) meilleure visibilité du rôle pilote de l'UNESCO ainsi que de son mandat et de sa mission en matière scientifique ; (b) sensibilisation accrue de l'opinion internationale en ce qui concerne la nécessité d'aider le progrès scientifique et la recherche dans les pays disposant de moyens limités ; (c) occasion de faire chaque année le point sur les nouveaux défis qui se posent à la science ; (d) mobilisation de la communauté scientifique, des gouvernements, des décideurs, des institutions pédagogiques et des médias ; (e) renforcement de la solidarité internationale face aux problèmes planétaires associés à la science et à la recherche ; (f) sensibilisation accrue de l'opinion publique et des collectivités locales quant au rôle de la science dans la vie de tous les jours ; (g) élaboration d'approches et de pratiques novatrices en matière d'information scientifique.
DIFFICULTES A PREVOIR 20. Les difficultés à prévoir sont les suivantes : (a) réticence des pouvoirs publics ; (b) absence de coordination ; (c) insuffisance de moyens financiers ; (d) démotivation à terme de l'opinion internationale ; (e) efforts à consentir en termes d'égalité, de parité et d'accessibilité pour assurer la participation des pays en développement.
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STRATEGIE DE MISE EN OEUVRE 21. Deux options sont envisageables : Option I : l'UNESCO maître d'oeuvre 22. On trouvera ci-après quelques suggestions en matière d'organisation qui pourraient définir les grandes lignes de la célébration de la Journée mondiale, au cas où l'UNESCO serait le principal organisateur de la manifestation, en collaboration avec ses partenaires internationaux et nationaux : (a) célébration de la Journée mondiale au Siège de l'UNESCO à Paris, avec des manifestations importantes organisées simultanément au niveau des pays ; (b) création d'un prix de la science pour la paix et le développement décerné à une personne ou un groupe de personnes pour une contribution scientifique majeure visant à améliorer les conditions de vie ou à résoudre des problèmes communautaires spécifiques ; (c) soutien aux activités locales ; (d) large couverture médiatique ; (e) création d'un secrétariat ayant pour tâche principale d'organiser et de coordonner toutes ces activités. 23. Deux conditions essentielles devront être remplies pour assurer le succès d'une Journée mondiale basée sur cette hypothèse : (a) un important soutien médiatique à Paris et dans tous les pays où des manifestations seront organisées simultanément, pour assurer un impact substantiel et une bonne visibilité du rôle et de l'action de l'UNESCO ; (b) un indispensable effort financier de la part de l'UNESCO. 24. Le coût de l'opération pour l'Organisation est estimé à 300.000 dollars. Compte tenu des difficultés budgétaires et des ressources humaines de l'Organisation, cette option ne semble pas devoir être retenue. Option II : l'UNESCO en tant que catalyseur et autorité de tutelle 25. Selon ce scénario, l'UNESCO agirait essentiellement comme un catalyseur et un sponsor. Les principes de base pourraient être les suivants : (a) l'UNESCO pourrait créer un label UNESCO-Semaine internationale ; (b) compte tenu des nombreuses activités de vulgarisation scientifique auxquelles l'UNESCO est associée dans le cadre du Programme ordinaire au niveau international ou national, ce label pourrait être décerné à toute une gamme d'initiatives répondant aux objectifs de la Semaine internationale ;
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(c) une seule personne au sein du Secrétariat serait chargée de promouvoir et gérer ces activités, en étroite collaboration avec les commissions nationales ; (d) des affiches pourraient être imprimées et largement diffusées. 26. Dans le cadre de l'option II, l'UNESCO pourrait également servir de plaque tournante pour l'échange d'informations sur les activités entreprises dans les divers Etats membres. Un budget de fonctionnement annuel de 50.000 dollars devrait suffire pour répondre aux exigences de cette proposition.
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 27. L'option II serait préférable car elle a des implications financières moins lourdes et pourrait s'intégrer plus facilement dans le cadre du Programme et budget existant. 28. Le projet de Journée mondiale est conforme aux objectifs et au mandat de l'UNESCO et correspond à l'engagement exprimé dans les documents de la Conférence mondiale sur la science : Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique et Agenda pour la science - Cadre d'action . 29. L'objectif principal étant de souligner la place de la science dans et pour la société, comme le préconise la Conférence mondiale sur la science, la Journée mondiale doit être considérée comme une plate-forme d'action politique en faveur de la science en relation avec la société. Elle ne saurait se résumer à des activités d'information et de sensibilisation du grand public, même si cela peut effectivement contribuer à souligner l'adhésion nationale et internationale à ce nouveau contrat social et l'envergure planétaire de la manifestation. 30. La Journée mondiale pourrait renforcer la visibilité de l'action de l'UNESCO en faveur de la science puisque l'Organisation assumerait l'initiative de cette manifestation. Ce serait l'occasion pour l'UNESCO de réaffirmer son mandat et ses compétences dans ce domaine. Encore faut-il que la Semaine internationale soit programmée de façon rigoureuse et débouche sur des actions concrètes pour donner une image convaincante de l'UNESCO. Autrement dit, cette manifestation ne doit pas se limiter à formuler des voeux pieux faute des moyens nécessaires pour agir. Par contre, on peut escompter des bénéfices importants en termes d'image de l'UNESCO et de "valeur ajoutée" si la Semaine internationale est dûment planifiée et mise en oeuvre. 31. La faisabilité de la célébration de la Journée mondiale paraît assurée pourvu que l'on réponde aux exigences suivantes avant l'élaboration du projet : (a) soutien des pouvoirs publics et participation des décideurs ; (b) soutien financier aux activités. 32. Une manifestation d'une journée ne saurait évidemment aborder l'ensemble des questions et des défis posés par la science. Pour cette raison, la Journée mondiale doit être conçue et mise en oeuvre comme une manifestation correspondant à des thèmes bien identifiés. 33. On peut penser que la multiplication des journées et manifestations internationales a un effet de saturation sur le public. Si l'UNESCO décide de proclamer cette Journée mondiale,
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celle-ci ne pourra donc se limiter à l'énoncé de grands principes abstraits ou à un événement de société sans portée scientifique. Elle doit déboucher sur des projets concrets et des initiatives politiques (financement de projets scientifiques portant sur l'amélioration des conditions de vie, la lutte contre la pauvreté et la protection de l'environnement, accroissement des budgets nationaux de R et D, accords internationaux pour financer la recherche dans les pays en développement, nouveaux mécanismes de financement de la science, création de comités d'éthique, etc.). 34. Les activités prévues dans le cadre de la Journée mondiale doivent être conformes aux conclusions de la Conférence mondiale sur la science figurant dans la Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique et l' Agenda pour la science - cadre d'action . 35. L'éducation non formelle doit être considérée comme un vecteur particulièrement efficace pour la célébration de la Semaine internationale car elle peut favoriser la réflexion sur les liens entre la science et le développement durable, le dialogue avec les collectivités locales qui utilisent la science et la technologie dans la vie de tous les jours, et une meilleure compréhension mutuelle du rôle de la science au service du développement, tout en permettant de faire le point sur les attentes et les craintes et d'instaurer un climat de confiance. 36. Il est évident que l'UNESCO ne saurait relever seule un défi d'une telle ampleur. L'Organisation devra donc coopérer avec des partenaires comme les commissions nationales, les agences des Nations Unies travaillant aux applications de la science, les institutions scientifiques, le ONG (en particulier le CIUS), les universités, les écoles et les médias dans la conception du projet, l'élaboration d'une stratégie et sa mise en oeuvre. 37. Cela exige un effort considérable en matière de coordination et de gestion. Un comité international devra être créé pour déterminer le thème de chaque Journée annuelle. Des comités nationaux devraient être constitués, au sein des commissions nationales ou en coopération avec elles, pour préparer, gérer et assurer le suivi de la Semaine internationale et mobiliser l'opinion publique. Les membres du Comité international et des comités nationaux ne percevront pas de salaire. Les comités devront utiliser pleinement les nouvelles technologies de l'information (courrier électronique, téléconférences, etc.) pour éviter les frais de déplacement. 38. Les propositions concernant la Journée mondiale devraient comporter un programme d'action avec des objectifs et des descriptifs d'activités très élaborés, tant au niveau international que national. Chaque projet devra préciser les modalités d'organisation et de financement, tant de sources budgétaires qu'extrabudgétaires, ainsi que les procédures de contrôle de la mise en oeuvre du programme. 39. Tous les pays devront pouvoir participer à la célébration de la Journée mondiale. Les pays en développement et les PMA ne sauraient en être exclus pour cause de manque de moyens financiers. 40. La Journée mondiale devrait faire régulièrement l'objet d'une évaluation portant sur les différentes initiatives prises à cette occasion, le but étant d'intégrer éventuellement certaines activités au sein du programme ordinaire. 41. Nous recommandons que la Journée mondiale soit célébrée chaque année le 10 novembre, en association avec la Semaine internationale pour la science et la paix des Nations Unies. Le choix de cette date vise à renforcer l'engagement en faveur de la science
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préconisé par les Nations Unies et à créer une synergie entre les deux manifestations. Il est évident que les résolutions intitulées "Science et paix" des Nations Unies doivent être considérées comme portant également sur le "développement", si l'on entend par là l'instauration d'une société juste et prospère où les bénéfices de la paix, de la santé, de l'éducation et d'un environnement amélioré pourront être accessibles à tous, y compris aux générations futures. 42. La réussite de la Journée mondiale de l'UNESCO dépendra de la qualité de la mise en oeuvre initiale, condition sine qua non pour envisager à plus long terme une participation élargie. 43. Afin d'assurer la viabilité des initiatives de la Journée mondiale, il conviendra de tenir pleinement compte de certains paramètres tels que les implications financières, le soutien des pouvoirs publics, les modalités de gestion et surtout un effort de mobilisation permanente de l'opinion. 44. A la lumière de ce qui précède, le Conseil exécutif voudra peut-être adopter la décision suivante : Le Conseil exécutif, 1. Rappelant sa décision 160 EX/3.3.2 par laquelle il invite le Directeur général à entreprendre une étude de faisabilité sur la célébration d'une Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement et à lui faire rapport à ce sujet à sa 162e session, 2. Ayant examiné le document 162 EX/11, 3. Considérant que la science a des incidences sur la paix, le développement et doit contribuer à l'avènement de sociétés pacifiques et viables, 4. Rappelant la mission éthique de l'UNESCO, qui est de promouvoir un développement harmonieux et pacifique, 5. Reconnaissant la nécessité de la nouvelle alliance entre la science et la société préconisée dans la Déclaration sur la science et l'utilisation du savoir scientifique et l' Agenda pour la science - Cadre d'action (Conférence mondiale sur la science, Budapest 1999), 6. Considérant que la manifestation envisagée serait un atout en termes d'image et de visibilité de l'Organisation, notamment dans le contexte du suivi de la Conférence mondiale sur la science, 7. Faisant siennes les conclusions de l'étude, selon laquelle la célébration d'une Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement est à la fois réalisable et hautement souhaitable, 8. Recommande à la Conférence générale (a) de proclamer le 10 novembre de chaque année Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement ;
(b)
d'inviter le Directeur général à
(i)
(ii)
(iii)
(iv)
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développer la deuxième option proposée dans l'étude de faisabilité ;
préparer la proclamation et la célébration de la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement ;
soutenir les initiatives nationales, régionales et internationales agréées s'inscrivant dans le cadre de cette célébration annuelle ;
encourager les Etats membres, les organisations gouvernementales et non gouvernementales, les universités, instituts de recherche, sociétés savantes, associations professionnelles et établissements d'enseignement à participer activement à cette manifestation.
ANNEXE
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Evaluation de la Semaine internationale de la science et de la paix (SISP)
Ce rapport d'évaluation a été rédigé par M. Alan Cottey, professeur à l'Ecole de chimie de l'Université d'East Anglia et coordinateur de la SISP pour le Royaume-Uni, à la demande de l'UNESCO pour fournir au Conseil exécutif de l'UNESCO des informations suffisantes pour décider de l'opportunité de proclamer ou non une Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement. Historique La SISP (comme la Semaine internationale et scientifique pour la paix qui l'avait précédée) est l'aboutissement des initiatives isolées de nombreux scientifiques du monde entier qui s'inquiétaient des applications nocives de la science et demandaient que celle-ci soit utilisée à des fins constructives. La SISP a été conçue pour réagir au danger de la guerre froide et de la course aux armes nucléaires, notamment avec la modernisation des systèmes des missiles qui est intervenue au cours des années 80. Grâce au soutien d'Oscar Arias Sanchez, prix Nobel de la paix et Président du Costa Rica, ses animateurs ont enregistré un succès important en 1988 avec l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies d'une résolution intitulée "Science et paix" (A/RES/43/61). Cette résolution constate que le progrès de la science et de la technologie influe profondément sur la paix et la sécurité internationales, le développement social et économique, le respect des droits de l'homme et bien d'autres aspects de la civilisation et de la culture. Elle affirme la nécessité de "sensibiliser les scientifiques du monde entier à l'utilisation de la science au service de la paix, de la sécurité et de la coopération internationales, du développement socio-économique de l'humanité, de la cause des droits de l'homme et de la protection de l'environnement. Elle note "avec satisfaction l'effort conjoint déployé par des scientifiques et d'autres spécialistes" pour organiser les deux premières Semaines internationales des scientifiques pour la paix. La résolution prévoit que la "Semaine internationale de la science et de la paix coïncidera chaque année avec la semaine où tombe le 11 novembre". Elle prie instamment "les Etats membres et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales d'encourager les universités et autres établissements de hautes études, les académies et les instituts scientifiques, ainsi que les associations professionnelles et les membres de la communauté scientifique à organiser, au cours de ladite Semaine, des conférences, des séminaires, des débats spéciaux et toutes autres activités visant l'étude et la diffusion d'informations sur les liens entre le progrès de la science et de la technologie et le maintien de la paix et de la sécurité ;". Par cette résolution, les Nations Unies accordent à la SISP leur caution morale, mais son organisation matérielle dépend des contributions bénévoles en énergie et en ressources des personnes concernées. Si la guerre froide est désormais une chose du passé, il est évident que la situation mondiale au lendemain du rapprochement entre les deux blocs n'en demeure pas moins extrêmement préoccupante. Les périls sont aujourd'hui plus complexes et d'une autre nature, mais la résolution des Nations Unies n'a rien perdu de sa validité. Ce n'est pas là un hasard. En effet, ceux qui l'ont préparée (notamment Hendrik Bramhoff dont la contribution a été
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