Corriger Le progrès

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Après avoir rappelé sa philosophie sociale, l'auteur évalue les progrès et définit des orientations qui pourraient les corriger et les rendre vivables.

Publié le : lundi 14 septembre 2015
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V2 CORRIGER LE PROGRES  ESSAI
 TABLE DES MATIERES
0-Introduction
1-De la philosophie sociale de l’auteur 1.1-Généralités 1.2-Des fondements 1.3-De l'ordre 1.4-De la logique
2-Des progrès sensibles 2.1-La réduction de la fatigue physique 2.2-Manger à sa faim 2.3-Le confort du logement 2.4-Les extensions du corps 2.5-Les transports collectifs 2.6-L’alongement de la durée de vie
3-Des progrès ambivalents 3.1-La scolarité 3.2-Les mœurs 3.3-La télévision 3.4-La recherche
4-Des progrès négatifs 4.1-La disparition de la démocratie 4.2-La ville sans jardins familiaux 4.3-L’insécurité de l’emploi 4.4-La surproduction de déchets 4.5-Les crises économiques
5-Des mesures correctives 5.1-La constitution de l’état 5.2-L’éducation scolaire 5.3-L’habitat urbain 5.4-La préservation des personnes 5.5-La régulation du capitalisme financier 5.6-L’autonomie économique locale 5.7-La sobriété individuelle
6-Conclusion
Jean COROLLER 2015 CALLIAN 83
0-Introduction
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Cet essai est aride. Essayer de décrire ses pensées requiert de l’abstraction. Même accompagné de digressions concrètes, une abstraction est à première vue peu attractive. Cependant, à seconde vue, la démarche pourra intéresser. Le monde actuel paraît gouverné par les émotions. Mais cela est faux. Ou plutôt, cela correspond à des intérêts financiers qui se servent des émotions pour imposer leurs utopies. Si l’on observe ce monde d’un point de vue logique il devient compréhensible et l’on découvre des moyens d’agir. Le problème culturel majeur d’aujourd’hui est que la croyance en la logique n’est pas une valeur morale. On ne croit plus que ce qui est logique est « bien » et que ce qui est illogique est « mal ». Indifféremment, la logique sert à établir la vérité ou à propager le mensonge. Le vrai ou le faux importent peu pourvu que les émotions soient distrayantes. Pourtant la logique est à la base de tout échange entre les personnes. Posez la question suivante avant toute discussion : « Croyez-vous en la logique ?». Si la réponse est « non » ou bien « ça dépend des circonstances», la discussion n’a plus de raison d’être. C’est tout au plus un bruit agréable, si la sonorité des mots ou leur agencement s’y prêtent. En dehors de la sphère personnelle, l’engagement de la parole ne repose que sur la logique. Et si la parole n’engage pas, on parle pour passer le temps.
Si l’on admet la valeur morale de la logique, il faut aussi admettre qu’elle sert à construire de l’ordre sensible. Pas n’importe quel ordre. Si l’on croit en la bonté, il ne peut s’agir que d’ordre logique miséricordieux. Quelque chose qui aide à vivre.
C’est le thème de cet essai.
Après avoir précisé le point de vue d’où il observe les choses, sa philosophie sociale, l’auteur passe en revue les progrès positifs, ambivalents et négatifs qui lui semblent caractériser son époque. Il en déduit ensuite les mesures correctives qui lui paraissent nécessaires pour orienter les progrès vers une vie meilleure.
1-De la philosophie sociale
1.1-Généralités
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Selon le point de vue considéré, une évolution sociale peut représenter un progrès ou une régression. In fine, ce point de vue, repose sur les fondements de la philosophie sociale de l’observateur. Sur sa manière d’appréhender la vie. Pour l’auteur, les fondements de toute vie (mettre de l'ordre dans les atomes) et de toute humanité (faire l'apprentissage de la logique), correspondent à des hypothèses, dont la validité ne repose que sur son expérience.
Par les temps qui courent, la référence à des hypothèses basiques pourra paraître simpliste, mais cela aide tout de même à la compréhension des choses.
Première hypothèse: sacraliser la production et la logique. Admettre que le sens de la vie est de produire (des enfants éduqués, des aliments sains, des œuvres d'art, des connaissances scientifiques, des objets qui aident à vivre, etc.) ; comme le dit Mozart "faire, jusqu'à ce qu'il n'y ait moyen de faire...". Admettre aussi que la seule différence significative entre l'homme et les autres animaux réside dans sa capacité d'apprentissage de la logique formelle. Et, à contrario, postuler que la recherche du plaisir aux dépends de de l'esprit, est de la connerie...
Deuxième hypothèse: assimiler un organisme réel à tout ce que son cerveau contrôle (objets et/ou personnes). Et donc admettre que se sentir socialement intégré, c'est se reconnaître dans la pensée du cerveau dominant (qui le plus souvent n'est pas le sien). Etant entendu, comme le dit Wittengstein, " que l'on ne peut pas penser illogiquement...", c’est admettre implicitement, que le principal lien entre les gens n'est pas la justice sociale, mais la logique partagée.
Troisième hypothèse: admettre que l'avènement de la démocratie et que la rationalisation de l'administration (du management) sont inéluctables, mais que sans correctifs, ils peuvent dégénérer en une société totalitaire, telle que la société actuelle, dominée par les cerveaux du capitalisme financier. .
Bien sûr, l’auteur est profondément influencé par mes lectures de référence : Berkeley (physique), Pelegrin (ordinateur),(Kant (philosophie), Tocqueville (démocratie), Weber (sociologie), Quine (logique), Polanyi et Picketty (économie). Mais par insuffisance de mémoire, et sauf exceptions, les ouvrages ne seront pas cités, et demeureront donc en arrière-plan.
Cet essai fait abstraction des religions. Cependant il s’inspire évidemment de croyances. Elles ne s’opposent pas aux connaissances scientifiques, mais elles ne sont aucunement établies. On peut croire en la toute-puissance de l’univers, c’est-à-dire en un Dieu. Mais pour l’auteur, ce Dieu n’est pas encore miséricordieux et logique. Seule l’action des hommes peut le rendre miséricordieux et logique. La liberté fondamentale des enfants de Dieu, est de construire un ordre logique miséricordieux, ou de laisser faire le hasard en se conformant à un monde « plein de bruits et de fureurs ».
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En conséquence, les relations sociales ne peuvent se déduire que des réalités terrestres, Une vie après la mort et une résurrection sont aujourd’hui scientifiquement invraisemblables. Dans une vie intérieure, on peut penser ce que l’on veut, mais on ne peut imposer l’invraisemblable aux autres.
Il est à noter que cet essai ne cherche pas à présenter un système de pensée. Il s’agit de composer un tableau avec des collages, dont la place et la matière pourraient refléter un peu de lumière cohérente.
1.2-Des fondements
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On peut préférer les restanques aux cavernes. La lumière plutôt que l'ombre... Pour illustrer les fondements de ces réflexions, on va donc parler de restanques. Vues de dessus, elles donnent l'image d'un champ. Vu de face, et à distance, elles paraissent constituer un mur de 25 mètres de haut et de 100 mètres de large. Vu de côté, on voit simplement des terrasses en escalier, de 5 à 10 mètres de large. En combinant ces vues, on peut restituer l'aspect des restanques en 3 dimensions. Mais cet aspect ne reflète pas leur structure et leur fonctionnalité. Un parisien pourrait croire que le mur retient la terre. Pour comprendre, utiliser, améliorer cette forme de terrain, il faut l'imaginer en coupe, à peu près comme ceci :
En fait, la terre (en jaune) est soutenue par un remblai de caillasse. Le mur en pierre sèche n'est qu'un parement (qui s'appuie su le remblai tout en le confortant) ; si le mur s'appuyait directement sur de la terre non stabilisée, il ne tiendrait pas longtemps debout. L'eau de pluie tombe sur une surface horizontale, s'infiltre progressivement et en cas de saturation, percole de terrasse en terrasse. Il n'y a pas de perte d'eau par ruissellement de surface. Ce qui fait que les restanques résistent au temps est ce remblai de pierre, invisible. Ce qui fait leur fertilité est le trajet de l'eau de pluie, invisible lui aussi. Au-delà de la simple apparence, ces 2 traits permettent une connaissance réelle des restanques. Elle est apparue en considérant l'objet du point de vue de l'ordre (de l'organisation des constituants) et de la logique (de la compréhension du fonctionnement). On a identifié un ordre logique. D'une manière générale, même en 3 dimensions, les images ne permettent pas de connaître les choses. La raison en est simple : on ne peu assembler des images par des "et", des "ou", des "non", des "quelques", des "si... donc". L'expérience montre que l'on ne peut construire un raisonnement avec des images. Il faut des mots et des
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symboles pour constituer une information vraie, un modèle transmissible de la réalité. C'est pour cela qu'un monde, où les communications sont dominées par les images, ne cherche plus à différencier les informations fausses des informations vraies. Il se concentre sur les émotions. Même si cela n'est qu'un aspect des réalités, considérer une relation sociale du point de vue de l'ordre et la logique est évidemment intèressante. Dans ces réflexions, on va plus loin. L’hypothèse est que dans le champ des relations entre des gens qui ne se connaissent pas directement, seule une relation fondée sur l'ordre et la logique est réaliste. Les gens peuvent se connaître par médias interposés. Mais cette connaissance virtuelle n'est pas faite de chair et de sang et rien ne permet de mesurer si elle reflète la vraie vie ou la fiction. Bien évidemment, l'art constitue une exception. Sa forme lui permet de transmettre à la fois des émotions et des pensées, "comme si c'était en vrai". Mais les journaux télévisés, les prêches du dimanche, les séries policières, les reportages sportifs, les publicités et les propagandes relèvent rarement de l'art. Tout simplement parce que l'art repose toujours sur une création personnelle, le média n'étant qu'un outil soumis au pouvoir de l'artiste. La validité de cette hypothèse peut paraître contestable, à première vue. Elle ne prend pas en compte l'affectivité, l'esthétique, la sensualité, la communion, les passions et bien d'autres paramètres qui nous caractérisent. Cependant, ces paramètres relèvent essentiellement de la sphère individuelle, c'est-à-dire des relations personnelles avec des gens que l'on rencontre physiquement et avec qui l'on a des échanges directs. De fait, hormis le cadre des relations artistiques, la mise en œuvre de paramètres émotionnels par des médias a presque toujours caractérisé l'instrumentation de la population...
1.3-De l'ordre
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Au sens de la thermodynamique l'ordre correspond, en quelque sorte, à un moindre désordre. "Quand la température absolue (ou l'énergie moyenne par atome) d'une substance s'accroît, celle-ci passe d'abord de la forme solide la plus ordonnée à la forme liquide qui est caractérisée par un degré d'ordre intermédiaire ; quand la température s'accroît encore plus, elle passe de cette forme liquide à la forme gazeuse qui est la plus complètement désordonnée."(F.Reif, Berkeley, Cours de physique statistique). A la température du zéro absolu le désordre serait minimal. Les atomes seraient dans leur état fondamental. Il n'y aurait plus d'agitation thermique et l'entropie serait nulle. Le mouvement au hasard des particules, qui correspond à l'énergie thermique (à la chaleur), disparaîtrait. Mais le monde est chaud. De tout temps, des hommes ont donc cherché à utiliser le désordre résultant de la chaleur pour créer localement de nouveaux arrangements d'atomes. Ils ont fait du feu, des objets, des œuvres d'art, de l'agriculture, des villes, des armées, de l'industrie, etc. Contrairement aux conservateurs, ils n'ont pas cherché à supprimer le désordre, c'est-à-dire à maintenir l'ordre existant, à défaut de pouvoir tendre vers le froid du zéro absolu. Les hommes de progrès ont créé de l'ordre à partir du désordre.
Comment transformer le désordre en ordre ? C'est la question à laquelle répond la thermodynamique (ou physique statistique). "En fait, dans quelle mesure est-il possible de prendre de l'énergie distribuée au hasard parmi de nombreuses molécules dans une substance (du charbon ou du pétrole) et transformer cette énergie en une forme moins désordonnée où elle pourra être utilisée pour déplacer des pistons soumis à des forces résistantes ? En d'autres termes, dans quelle mesure est-il possible de construire les machines à vapeur ou les moteurs à essence qui sont à l'origine de la révolution industrielle ? De même, dans quelle mesure est-il possible de prendre l'énergie distribuée au hasard parmi de nombreuses molécules de certains composés chimiques, pour la transformer en une forme d'énergie moins désordonnée où elle peut être utilisée pour produire des contractions musculaires ou des systèmes de molécules polymères hautement ordonnés tel que les protéines ? En d'autres termes, l'énergie chimique peut-elle être utilisée pour rendre possible les processus biologiques ? Une bonne compréhension du concept de désordre nous permettra d'obtenir des résultats substantiels concernant toutes ces questions."(F.Reif, Berkeley, Cours de physique statistique) La thermodynamique sait quantifier le désordre et déterminer comment il est possible, au prix d'un accroissement général du désordre, de créer localement une action ordonnée. Pour comprendre (et apprendre) la thermodynamique le lecteur devra se reporter à un ouvrage tel que celui cité précédemment.
De fait, des hommes (de progrès...) ont développé l'ordre vivant créé par la nature. Ce type d'ordre est différent d'une simple diminution locale du désordre, selon les lois du hasard. In fine, cet ordre est bien sûr construit en organisant l'énergie du système solaire, qui est stockée dans la matière terrestre sous forme d'énergie gravitationnelle, d'énergie cinétique, d’énergie nucléaire et d'énergie électromagnétique. Mais son principal trait est d'être orienté : Il poursuit le développement de la vie.
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En d'autres termes, il préserve et développe les êtres humains. Etant entendu qu'un être humain se compose de la matière contrôlée par son cerveau. Que celle-ci constitue son corps ou soit externe à son corps et qu'elle soit biologique ou artificielle. Au fil du temps, le corps externe a pris de plus en plus d'importance. En général, instrumentés par un chef, les hommes ont constitué des corps sociaux (villes, armées, administrations, entreprises, etc.) qui conditionnent leur existence. En retour les organismes individuels ont été profondément modifiés. Le cerveau diffère du cerveau primitif par les acquisitions culturelles (éducation scolaire) et matérielles (ordinateurs personnels). Le corps est complété par des machines qui rendent la force musculaire quasiment inutile (sauf pour les jardiniers...). En d'autres termes, les automobiles ou les téléphones mobiles ne sont pas des gadgets, mais des "extensions de nos corps". Leurs fonctionnalités sont devenues vitales et ceci explique leur développement.
 Pour durer, ce type d'ordre actif et orienté, ne peut être maintenu par les forces naturelles agissant au hasard. Cela se pourrait théoriquement, mais avec une probabilité extrêmement faible. Des forces humaines organisées paraissent nécessaires. On peut en effet observer que toutes les sociétés qui ont créé de l'ordre, n'ont pu faire l'économie d'une armée et d'une administration. La notion d'ordre, utilisée dans ces réflexions, est liée à l'organisation de structures qui s'accordent pour favoriser le développement humain, culturel et matériel. Cela inclue les forces armées et administratives, mais leur objectif ne sera plus le maintien de l'ordre (des managers...). Le but visé est de permettre de faire de l'ordre. L'exigence étant que cet ordre soit logique, c'est-à-dire que les structures soient compréhensibles et n'engendrent pas des actions contradictoires, qui annihileraient leurs capacités de production.
1.4-De la logique
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La logique déductive est une science. Dans ses formes les plus achevées, la logique canonique et la logique mathématique, elle est la science exacte. Ou bien elle ne comporte aucune contradiction (logique canonique) ou bien elle comporte des contradictions sous contrôle (logique mathématique). La logique canonique est la seule œuvre parfaite de l'esprit : elle est complète (on ne peut rien retrancher ou ajouter sans la détruire) et sans contradictions. Il est probable que la logique opère dans les cerveaux des autres animaux, mais l'exclusivité humaine est d'en avoir fait un outil formel. D'avoir construit une forme orale ou écrite qui n'est pas limitée à un cerveau, mais qui peut être apprise et appliquée par des échanges entre les cerveaux. Cette forme permet la division du travail de penser et la capitalisation des résultats de la pensée. Sans cette logique, nous ne serions, aujourd'hui, qu'un tout petit nombre de bêtes apparentées aux singes et survivant difficilement. On s'accorde à reconnaître l'homme à sa capacité à réaliser des outils. Dans leur état primitif, la création de ces outils a pu comporter une part de hasard, mais le perfectionnement de ces outils caractérise la logique.
La forme logique s'est construite dans la langue naturelle, dans la combinaison des sons. Puis, elle s'est développée dans la langue écrite jusqu'à créer ses propres langages et ses propres symboles. A l'aide de quelques citations de W.V.Quine, extraites de "la philosophie de la logique", et pour illustrer ce que j'entends par logique, je vais rappeler des éléments de la logique symbolique (dont dérive l'algèbre de Boole, qui a permis de concevoir les circuits des ordinateurs...). En citant un extrait de "l'autre côté du miroir " de Lewis Caroll, W.V. Quine donne une définition de la logique par ostension : "Au contraire,poursuivit Twideuldie,il se pourrait que ce ne fut pas faux ; et si cela n'était pas faux, cela devrait être vrai ; mais comme ce n'est pas vrai, c'est faux. Voilà ce que c'est que la logique." Il définit aussi la logique par sa grammaire : "...Il y a une catégorie de prédicats à une place, ou verbes intransitifs ; Une catégorie de prédicats à deux places, ou verbes transitifs ; éventuellement aussi une catégorie de prédicats à trois places, et ainsi de suite. En plus de ces catégories de prédicats, il y a une catégorie infinie de variables, " x ", " y "," z ", " x' ", " y' ", " z' ", ' x" '', etc. "...La logique consiste en d'autres constructions grammaticales. L'une d'elles est la prédication d'un prédicat à une place. Elle consiste à joindre un tel prédicat et une variable, ce qui produira un énoncé. Par exemple, le prédicat peut être le verbe "marche" et la variable la lettre" x " ; alors la prédication produit l'énoncé " x marche ". Le résultat et un énoncéatomique...C'est par ailleurs un énoncé ouvert, à cause de la variable. Il est vrai pour certaines valeurs de la variable, à savoir pour les objets qui marchent, et faux pour d'autres valeurs, mais en lui-même, il n'est ni vrai ni faux." "Une autre construction est la prédication d'un prédicat à deux places. Elle consiste à joindre un tel prédicat, disons le verbe transitif " aime ", et deux variables, ce qui produira - à nouveau - un énoncé ouvert atomique : " x aime y ". "...Le reste des constructions consiste en des constructions d'énoncés à partir d'énoncés. Une construction de ce genre est la négation qui consiste à préfixer le symbole " ~ " ou " non " à un énoncé de manière à former un énoncé. Un autre est la conjonction, au sens logique de ce mot. Elle consiste à joindre deux énoncés au
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moyen de la particule " et ", ou en notation symbolique au moyen d'un point et produit un énoncé complexe." "Enfin une troisième construction qui porte sur des énoncés est laquantification existentielle.et à une variable et produit unElle s'applique à un énoncé ouvert énoncé. On met la variable, par exemple la lettre " x ", dans ce que l'on appelle un quanteur de la manière suivante " ]x ", et ce quanteur est préfixé à l'énoncé ouvert de la manière suivante : " (]x) (x marche) ". L'énoncé qu'on obtient affirme qu'il y a quelque chose qui marche."  "La grammaire logique contient aussi des constructions redondantes : disjonction ("ou"), conditionnel ("si"), le biconditionnel ("si et seulement si"), les noms, les foncteurs, etc."
Pour deux énoncés p et q, prenant les valeurs V (Vrai) et F (Faux) il existe 16 fonctions de vérité possibles :
Valeurs des Valeurs des fonctions  énoncés p q (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16)
V V V V V V V V V V F F F F F F F F V F V V V V F F F F V V V V F F F F F V V V F F V V F F V V F F V V F F F F V F V F V F V F V F V F V F V F
(1) : Tautologie (2) : Disjonction (p "ou" q) (5) : Conditionnel (p=>q) (7) : Bi-conditionnel ou Equivalence (pq) (8) : Conjonction (p "et" q) (9) : Incompatibilité (non "et") (10) : Alternative (non (pq)) (12) : non(p=>q) (15) : Rejet (non "ou") (16) : Contradiction
Mais la logique ne se limite pas à la grammaire. Voici, ce que dit W.V. Quine à ce propos : "Logiciens et grammairiens se ressemblent en ce qu'ils ont l'habitude de parler d'énoncés. Mais nous savons par quoi ils diffèrent. C'est qu'un logicien ne parle d'énoncés que comme de moyens en vue d'accéder à la généralité dans un domaine qu'il ne peut embrasser en quantifiant sur des objets. Le prédicat de vérité lui conserve un contact avec le monde, où est son cœur."
La notion de vérité est au cœur de la logique. Sa définition est complexe, mais pour mon propos, je vais la rapporter à deux niveaux : -au niveau scientifique (ou technique), une affirmation est vraie si ses conséquences ont été validées, avec une probabilité déterminée, par un modèle mathématique vérifié par l'expérience
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-au niveau du jugement, une affirmation peut être considérée comme vraie "a priori", si elle n'est pas contradictoire avec des règles établies ou des faits démontrés. Comme il n'existe pas de modèle mathématique du monde, beaucoup de vérités élémentaires de l'univers quotidien, ne sont pas scientifiques et relèvent du jugement.
Dans la "Critique de la raison pure" Kant dit à propos du jugement : "...On voit donc que si l'entendement est capable d'être instruit et armé par des règles, le jugement est un don particulier qui ne peut pas du tout être appris, mais seulement exercé. Aussi le jugement est-il la marque spécifique de ce que l'on nomme le bon sens (Mutterwitzes)au manque de quoi aucun enseignement ne et peut suppléer ; car, bien qu'une école puisse présenter à un entendement borné une provision de règles, et greffer, pour ainsi dire, sur lui des connaissances étrangères, il faut que l'élève possède par lui-même le pouvoir de se servir de ces règles exactement, et il n'y a pas de règles qu'on puisse lui prescrire à ce sujet et qui soit capable de le garantir contre l'abus qu'il peut en faire quand un tel don naturel lui manque. C'est pourquoi un médecin, un juge, un homme d'état peuvent avoir dans la tête beaucoup de belles règles de pathologie, de jurisprudence ou de politique, à un degré capable de les rendre savants professeurs en ces matières, et pourtant se tromper facilement dans l'application de ces règles, soit parce qu'ils manquent de jugement naturel sans manquer cependant d'entendement et que, s'ils voient bien le généralin abstracto,ils sont incapables de distinguer si un cas y est contenuin concreto, soit parce qu'ils n'ont pas été assez exercés à ce jugement par des exemples et des affaires réelles." Le fait qui justifie logiquement la démocratie, est que la plupart des vérités élémentaires ("atomiques") de la vie sociale dépendent du jugement. A condition d'avoir connaissance des faits, la justesse de ce jugement ne dépend pas du niveau d'instruction ou d'intelligence. Chacun a une compétence égale pour déterminer les vérités sociales élémentaires. Ceci n'enlève rien à l'importance du raisonnement. La multiplicité des vérités (et faussetés) élémentaires liées à une action, doivent être combinées pour accéder à des généralités qui permettent de valider l'action.
 Je n'ai rappelé ici que des éléments permettant d'illustrer ce que j'entends par logique. Mais pour comprendre la logique, le lecteur devra se reporter à l'ouvrage de W.V.Quine, en son entier. Pour apprendre la logique du premier ordre (à laquelle j'ai fait référence) ou la logique mathématique (théorie des ensembles), il lui faudra se reporter à un cours de logique tel que " l'Introduction à la logique" de René David, Karim Nour et Christophe Raffali. Il est à noter que cette "introduction à la logique" ème s'adresse aux étudiants du niveau Licence 3 année, Master, CAPES, Agrégation. Ceci en dit long sur l'état de l'enseignement de la logique en France...
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