Etude sur les délocalisations

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2013 Délocalisations et corporations Produite par l’Union Royaliste Bretagne Vendée Militaire Sommaire I. Introduction II. Un mot polysémique a. Définition étymologique : la définition des économistes b. Définition dérivée : l’externalisation de la production III. Les principales causes des délocalisations a. Coût de la main d’œuvre b. Contraintes monétaires et taux de change c. Contraintes législatives et règlementaires d. Délocalisations en chaîne e. Rapprochement géographique du marché à développer IV. Les principales conséquences des délocalisations a. Sur le plan social : licenciements et plans sociaux b. Sur le plan économique : décrépitude de la force industrielle du pays c. Sur le plan politique : lois et règlements V. Fausses solutions a. Le libre-échange libéral et la spécialisation nationale b. Le Socialisme d’Etat VI. Vers de véritables solutions a. Développement des biens et services de proximité : les circuits économiques courts b. Protectionnisme et préférence nationale c. Infrastructures et compétitivité d. Recherche et Développement e. Desserrer l’étau fiscal autour des entreprises : dumping fiscal VII. La clé de la réussite : les Associations Professionnelles VIII. Conclusion 2 I.
Publié le : lundi 10 juin 2013
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2013  
Délocalisations et corporations  
Produite par l’Union Royaliste Bretagne Vendée Militaire  
 
 
 
Sommaire  
I.  Introduction II.  Un mot polysémique a.  Définition étymologique : la définition des économistes b.  Définition dérivée : l’externalisation de la production   III.  Les principales causes des délocalisations a.  Coût de la main d’œuvre  b.  Contraintes monétaires et taux de change c.  Contraintes législatives et règlementaires d.  Délocalisations en chaîne e.  Rapprochement géographique du marché à développer  IV.  Les principales conséquences des délocalisations a.  Sur le plan social : licenciements et plans sociaux b.  Sur le plan économique : décrépitude de la force industrielle du pays c.  Sur le plan politique : lois et règlements  V.  Fausses solutions a.  Le libre-échange libéral et la spécialisation nationale b.  Le Socialisme d’Etat   VI.  Vers de véritables solutions a.  Développement des biens et services de proximité : les circuits économiques courts b.  Protectionnisme et préférence nationale c.  Infrastructures et compétitivité d.  Recherche et Développement e.  D esserrer l’étau fiscal autour des entreprises : dumping fiscal   VII.  La clé de la réussite : les Associations Professionnelles  VIII.  Conclusion
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I.  Introduction De PSA à Renault en passant par Lejaby, Valéo ou Molex, les délocalisations ont connu une véritable recrudescence ces dernières années, induisant les conséquences économiques, politiques et sociales qu’on leur connaît. Particulièrement visibles dans les cas hautement médiatisés des grandes entreprises françaises, le phénomène se décline malheureusement sous bien des formes différentes et les économistes eux-mêmes présentent toutes les difficultés du monde à définir précisément ce terme de « délocalisations ». Face à ce phénomène, les réactions pleuvent mais peu de réelles avancées ont pu être constatées. Alors que sur la période 1995-2001, les délocalisations représentaient déjà près de 17 500 pertes d’emplois par an, l’Insee estimait en Mai 2010 qu’elles détruisaient plus de 36 000 emplois par an. Montebourg et sa clique ayant fini de se ridiculiser sur les cas PSA et Mittal, les ouvriers français découvrent donc quotidiennement leur abandon grandissant face au phénomène des « colocalisations économiques », agréable exercice de novlangue du premier ministre Ayrault pour éviter de parler de délocalisation…  Or, il est évident que ce phénomène touchant toutes les sphères de la société française, les conservateurs sociaux devaient fournir à leur tour les réponses à ce phénomène grandissant. Dans cette étude seront donc étudiées tour à tour causes et conséquences pour pouvoir réellement poser les bases d’une réflexion de fond et en sortir les solutions viables pour l’avenir d e notre industrie et, plus largement, de l’économie française.  
« Qu’est -ce qu’un prolétaire ?  Un individu proclamé libre par la loi, mais dont le droit à la vie n’est, pratiquement, fondé sur aucun titre juridique, pour ce motif qu’il ne possède que sa chair. C’est un exproprié ; s’il veut vivre, il doit, chaque jour, vendre ses membres ou son cerveau au prix fixé par la seule autorité patronale, qui garde la faculté de lui retirer quand il lui plaît ses moyens de subsistance. » 1  
  
                                                          1 Firmin Bacconnier, ABC du Royalisme Social 3    
 
II.  Un mot polysémique Dans son rapport Délocalisations : vers un néo-colbertisme européen , François Grignon débutait par ces quelques termes : « Définir les délocalisations soulève de grandes difficultés tant cette notion est polymorphe. A une notion relativement circonscrite s'est substituée aujourd'hui, dans le débat public, une acception beaucoup plus étendue qui en dénature parfois la compréhension . » Comme nous l’avions abordé dans l’introduction, le mot même de délocalisation n’est donc pas évident à définir précisément. Ainsi faut-il d’ors et déjà prendre des pincettes lors d’annonces fumantes de certains médias libéraux, si enclins à vouloir défendre à tort et à travers les effets pourtant dévastateurs de la mondialisation. Dans sa classification, reprise depuis dans le rapport du Sénat de François Grignon, Tapia pose deux types de définitions différentes du terme délocalisation : la définition étymologique et la définition englobant l’externalisation des services, «  l’outsourcing » anglais. A)  Définition étymologique : la définition des économistes La toute première définition que l’on peut donner du terme délocalisation est tout simplement « le changement de localisation d’une unité de production ». Ce type de délocalisation suppose donc l’ouverture d’une unité de production à l’étranger pour de multiples raisons, celle-ci étant concomitante à la fermeture d’une unité locale sans modification de la destination finale des produits finis.
Cette prime définition n’est évidemment pas complète. Pour la parfaire, il serait plus exact de parler d’Investissement Direct à l’Etranger par une entreprise multinationale, phénomène ainsi défini par la Banque de France : « les investissements directs sont des investissements internationaux par lesquels des entités résidentes d'une économie acquièrent ou ont acquis un intérêt durable dans une entité résidente d'une économie autre que celle de l'investisseur . » Ajoutons qu’il est communément admis qu’un IDE représente une participation d’au moins 10% du capital d’une entreprise. Or, dans cette d éfinition déjà restreinte, l’on peut distinguer deux formes d’IDE différents : les IDE de création et les fusions-acquisitions.    
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a)  Les IDE de création Ces IDE, communément appelés greenfield investment , visent à créer de toute pièce une filiale entièrement nouvelle au sein d’une économie autre que celle de l’entreprise initiale. Ce type d’IDE s’accompagne de l’ installatio n de nouveau matériel, ainsi que d’ un recrutement de nouveaux membres du personnel. Ces IDE, s’ils n’ont pas d’effets dévastateurs immédiats sur l’économie française (ils ne « détruisent » pas d’emplois), inhibent tout réel espoir de croissance économique au sein de notre pays car tous les emplois créés à l’étranger sont autant d’emplois français en moins. Ainsi, l’enquête Outward FATS de l’ INSEE estimait que les 800 entreprises françaises et leurs 25 000 filiales étrangères représentaient pas loin de 4 millions d’emplois. S’il faut savoir raison garder face à ces chiffres éloquents, l’on ne peut que penser à l’effet bénéfique d’un rapatrieme nt d’une partie de ces emplois dans l’économie française.  b)  Les fusions-acquisitions Cette forme d’IDE, communément appelée brownfield investment , peut être définie comme l’acquisition d’une entité étrangère déjà existante, se matérialisant principalement par un transfert de propriété des titres de la filiale acquise. Type d’IDE le plus cou rant depuis les années 1980, elles représentent plus de 5 000 milliards par an en 2007, et se déclinent sous de trois principales formes en fonction du but économique : soit intégration verticale  (tous les stades de production et de distribution sont sous la même autorité), intégration horizontale  (extension du réseau d’une entreprise en développant ses activités économiques au même niveau de la chaîne de valeur que ses produits) et la formation de conglomérats  (groupe d’entreprises aux activités très différentes) ayant une simple logique de portefeuille. De très nombreuses raisons peuvent pousser à mettre en place des fusions acquisitions, mais les échecs s’avèrent fort  nombreux également, apportant malheureusement dans leur sillage de nombreuses suppressions d’emplois en cascade. Des études économiques ont ainsi estimé à près de 60 % le nombre d’échec de fusions -acquisitions.   On pourra citer de nombreux exemples fort connus du grand public : Exxon/Mobil (1998/1999), AOL/Time Warner (2000/2001), Glaxo Welcome/Smith Kline (2000), etc…     5  
B)  Définition dérivée : l’externalisation de la production  Dans cette définition dérivée, la délocalisation est considérée comme le recours à une sous-traitance proposée par une société étrangère afin de fournir des biens produits localement auparavant. Connu en France sous le terme d’externalisation («  outsourcing » en anglais), ce phénomène touche tous les types d’entreprises, allant même jusqu’au domaine régalien, comme par exemple dans le domaine de la défense (on pourra lire à propos Le Rapport d’Information sur les perspectives d’externalisation pour le ministère de la Défense  déposé par le député Francina). Si celle-ci reste interne et franco-française, de nombreuses entreprises privées ont adopté l’externalisation. Comme l’écrivait Luc Fayard, directeur de publication du magazine 01 Informatique, en 2004 dans le domaine informatique : « Des pans entiers de l'économie mondiale se modifient profondément à cause de l'offshore. Le mouvement amorcé aux États-Unis a pris de l'ampleur en Grande-Bretagne et en Allemagne. Pour l'instant, il est encore sporadique en France. Mais il est clair, désormais, que peu de pays développés vont y échapper. Selon McKinsey, 40 % des 500 premières entreprises européennes ont commencé à délocaliser une partie de leurs opérations. Rien qu'en informatique, selon une enquête CRM Buyer, 30 % des entreprises interrogées ont prévu de passer leur infrastructure en offshore dans les douze prochains mois, et 30 % sont en phase d'évaluation ; quant au développement de logiciels, deux tiers des répondants pensent l'externaliser d'ici à un an ! » Plus récemment, diverses entreprises publiques ont été épinglées pour avoir eu recours à ce type d’externalisation et, exemple particulièrement m édiatisé, le projet Ulysse de la SNCF. Selon le Parisien, ce sont plus de 500 emplois qui ont été détruits en 2013 par ces externalisations de services…  De manière plus générale, selon une étude de Mars 2012 du groupe Hackett Group au sein d’entreprises américaines et européennes, ce sont plus de 2,3 millions d’emplois qui seront ainsi délocalisés d’ici 2016.  L’externalisation au sein d’un pays n’est pas intrinsèquemen t mauvaise : complémentarité du savoir-faire dans la confection de produits de qualité, créations d’emplois en cascade, etc… Mais, dans une vision mondialisante, l’externalisation internationale pose de nombreux problèmes : délocalisations, transferts de technologies et pertes de savoir-faire nationaux, ce qui pose par la suite l’inéluctable souci de compétitivité des entreprises françaises.  
 
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III.  Les principales causes des délocalisations Comme nous avons pu le voir dans les précédents paragraphes, les multiples formes de délocalisations répondent à des besoins particuliers des entreprises, des causes malheureusement bien nombreuses qui poussent les sociétés françaises à délocaliser. Les évolutions conjoncturelles et l’instabilité politico -économique rendent impossible lénumératio n cartésienne des causes pouvant amener les entreprises françaises à délocaliser. Mais, en prenant une vue d’ensemble de la question, il est possible de regrouper l’ensemble de ces causes autour de 5 grandes problématiques : le coût de la main d’œuvre, les contraintes monétaires et les taux de change, les contraintes législatives et règlementaires, les délocalisations en chaîne et le rapprochement stratégique d’un marché à intégrer.  A)  Le Coût de la main d’œuvre  L’actuelle surmédiatisation de cette problématique du coût de la main d’œuvre appelle à la plus grande prudence dans son analyse. Afin d’éviter toute erreur regrettable, rapportons nous à la définition adoptée lors de la 11°Conférence Internationale des statisticiens du Travail (Octobre 1966) : « La notion statistique du coût de la main-d'œuvre englobe la rémunération du travail accompli, les versements pour les heures rémunérées mais non effectuées, les primes et gratifications, le coût de la nourriture, des boissons et des autres avantages en nature, les coûts relatifs au logement du personnel supportés par l'employeur, les dépenses de sécurité sociale à la charge de l'employeur, le coût pour l’employeur de la formation professionnelle, les services sociaux et divers postes, tels que le transport des travailleurs, les vêtements de travail et le recrutement, ainsi que les impôts considérés comme coûts de main-d'oeuvre. » De nombreux rapports pointent du doigt la réalité tangible du problème du coût du travail en France. Rapport Gallois en tête, tous évoquent non seulement le taux horaire élevé, mais également le phénoménal ensemble de charges sociales qui repose sur le travail. Comme l’écrivait dans son rapport de Février 2013 l’Institut Européen des Statistiques : « Une heure de travail en France en 2011 -tous secteurs confondus- coûte 34,20 euros charges sociales comprises, contre 20,1 euros au Royaume-Uni, 10,1 euros au Portugal ou encore 7,6 euros en Hongrie. Autre tendance confirmée, l'écart avec l'Allemagne se creuse. En 2008, l'heure de travail en France coûtait 3,4 euros de plus qu'en Allemagne. Désormais, cet écart est de 4,1 euros puisque l'heure de travail coûte 30,1 euros outre Rhin. »
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Bien évidemment, ces chiffres sont à tempérer, tant les différences de calcul sont importantes entre les instances officielles (Insee, Eurostat, OCDE, etc…), mais le phénomène est réel : le coût du travail français, loin d’être légitime par rapport aux prestations offertes, plombe littéralement la compé titivité française en ôtant aux entreprises toute véritable flexibilité financière.  En temps de crise économique, où les entreprises françaises sont de plus confrontées aux aléas économiques des marchés financiers et à la progressive baisse du pouvoir d’achat des contribuables français (également surtaxés), cette surcharge fiscale devient un véritable mur à franchir… Comme le montrait d’ailleurs un sondage Ipsos de Novembre 2012 qui soulignait que pour 84 % des patrons estimaient que le coût du travail était un handicap déterminant ». « B)  Contraintes monétaires et taux de change Si cette donnée peut apparaître insignifiante aux yeux d’un grand nombre de nos concitoyens, elle est pourtant cruciale pour une multitude de multinationales, l’évolution des contraintes monétaires et du taux de change influençant grandement les bénéfices ou les pertes de l’entreprise.  Ainsi, l’actualité semble t’elle régulièrement remettre au goût du jour l’aussi étrange qu’énigmatique exclamation «  l’Euro est trop fort ! ». Bien évidemment, il s’agit ici implicitement de dire que l’Euro res te trop fort par rapport au dollar. Alors, euro trop faible ou euro trop fort ? Aucun des deux : tout dépend de quelle type d’entreprise il est question.  Pour les entreprises exportatrices, un Euro trop fort est profondément handicapant car les prix des biens et services exportés montent en flèche. Ce phénomène plombe littéralement leurs marges, en plus de couler encore davantage la balance économique globale du pays. Le « bon » côté d’une meilleure appréciation de la monnaie européenne, c’est la diminution des prix des biens et services importés, ce qui avantage grandement les entreprises importatrices. Pour les entreprises exportatrices, un Euro trop faible est une excellente nouvelle : les prix des biens et services exportés baissent, donc les exportations augmentent.  Ce phénomène serait par contre à atténuer si les exportations sont intra-européennes, les échanges se faisant en euros… Mais une dépréciation de la monnaie européenne pénaliserait les entreprises importatrices, les prix des biens et services importés grimpant en flèche. Mais cette dépréciation relative de la monnaie ne serait elle pas l’occasion de pousser au développement d’entreprises nationales dans la production de biens et services aujourd’hui importés ? Les échanges ayant lieu au niveau national, cette dépréciation monétaire n’aurait aucune influence sur la compétitivité des entreprises…  Les contraintes monétaires ont donc à l’évidence un rôle crucial dans les choix économiques des différentes entreprises. Plus encore, elles déterminent l a compétitivité internationale d’ un pays, son attractivité en matière de flux d’Investissement Direct à l’Etranger  et enfin influencent grandement l’équilibre de sa balance commerciale.  
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C)  Contraintes législatives et règlementaires Cette donne est particulièrement sensible dans les domaines particulièrement spécialisés : chimie, pharmacie, etc… En effet, l’Union Européenne a décidé, dans bien des domaines, de poser un certain nombre d’interdictions de biens ou de matières premières qui, dans d’autres zones ind ustrielles du monde, restent utilisables. Dans l’industrie chimique par exemple, de nombreuses règlementations ont vu le jour et compliqué l’existence d’un grand nombre d’industries nationales. L’une des plus connues et des plus conséquentes reste la règlementation REACH (Enregistrement, Evaluation, Autorisation et Restriction des Produits Chimiques) : adoptée le 18 Décembre 2006, elle vise à supprimer les substances chimiques les plus dangereuses. Mais elle a évidemment porté de nombreuses industries à opter pour des matières premières moins dangereuses (si possible) ou à modifier complètement le processus de fabrication de leur produit fini. Ainsi, certaines entreprises, au lieu de se conformer à cette règlementation européenne, ont pu choisir de délocaliser dans des pays comme les USA ou la Chine qui ne possède pas de règlements aussi complexes…  S’il faut se garder de jeter la pierre sur la bonne volonté de l’Union Européenne face aux substances dangereuses, il est cependant malheureux qu’elle le fasse de manière si bureaucratique, onéreuse (la première vague d’enregistrement de REACH a coûté 2,1 milliards d’euros) et uniforme à toutes les professions, sans de réelles prises en compte des incidences sur les emplois des filières concernées . Le coût estimé de la mise en œuvre de cette réglementation chimique dans les entreprises est estimé entre 50 000 et 1 million d’euros, et il apparaît évident que toutes les entreprises ne peuvent supporter cette surcharge financière. Mais surtout, ce qui pèse littéralement sur les entreprises européennes, c’est l’absence de suivi des autres grandes puissances internationales : pour les USA, REACH est un « anti-modèle » expliquait Jean Pelin, Directeur de l’Union des Industries Chimiques…  En clair, par cet exemple de la règlementation REACH, il est évident que les contraintes règlementaires et législatives ont certes l’avantage de garantir un minima de sécurité aux européens, mais pèsent littéralement sur les entreprises européennes en posant des carcans bureaucratiques qui peuvent à eux seuls susciter l’envie de délocaliser à un grand nombre de multinationales ou, malheureusement, peuvent également clore nette certaines filières industrielles.
 
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D)  Délocalisations en chaîne De nombreuses entreprises fonctionnent sur des réseaux restreints de clientèles, voir même sur un système dit de « client unique ». Sous-traitants dans la plupart des cas de tâches du client final, leur sort est profondément lié au sien. Dans les cas de PSA ou de Renault par exemple, les conséquences sur les sous-traitants sont dramatiques : quand PSA annonce la suppression de 1 400 emplois en Bretagne, « ça représente environ 17 000 emplois indirects rien qu'en Bretagne, dont 80 % sont concentrés en Ille-et-Vilaine » estimait un spécialiste de la filière automobile dans le journal Ouest France. Dans ces cas automobiles, les sous-traitants ont dû mettre directement les clés sous la porte, augmentant ainsi exponentiellement le nombre de chômeurs, le client final ayant fait le choix de sous -traitants locaux lors de la délocalisation de sa production, préférant rogner sur la qualité pour privilégier la chute des coûts. Mais dans le cas de production de matières premières qui requièrent un savoir-faire exclusif, le client final peut soit continuer à s’approvisionne r à distance, soit inciter son fournisseur à délocaliser son savoir-faire dans un pays à moindre coût de production. Dans ces transferts de technologies, de nombreuses solutions existent aujourd’hui et, en premier lieu, les joint -ventures : des entreprises de pays différents s’ associent sur un projet, en mettant en commun leurs technologies et connaissances. L’avantage dans ce cas est certain pour les deux entreprises : le fournisseur transfère son savoir-faire à une entreprise à plus faible coût, stoppant ainsi progressivement son activité mais ayant assez de temps pour pouvoir développer un nouveau produit ou marché. Mais l’ensemble participe à la décrépitude industrielle du pays initial : perdant la première entreprise par sa délocalisation, il perd également son savoir-faire par le transfert de technologie de la seconde. E)  Rapprochement géographique du marché à développer Au sein de l’actuelle mondialisation économique, la saturation de certains marchés (automobiles, textiles, etc…) au sein des pays développés n’est plus une limite : au lieu de se limiter à un entretien régulier de ce marché, les multinationales poursuivent la logique libérale de l’offre et de la demande, ayant donc dans leur viseur les marchés où la demande dépasse encore l’offre, c'est -à-dire les pays en voie de développement. Or, pour pouvoir optimiser cette conquête de marché encore en friche, les multinationales cherchent à maximiser leur puissance industrielle en minimisant les freins : coûts du travail, règlementations et tant d’autres… et tout particulièrement les coûts et délais de transport. Ainsi, cette volonté de conquête économique se concrétise t’elle en général par la délocalisation de l’entreprise à proximité ou au sein même du marché à développer. Pour l’économiste Barreiro,  en prenant l’exemple de la filière automobile, «   Il devient rationnel de déplacer les productions les moins rentables vers les infrastructures des pays émergents. » Par conséquent, progressivement, des segments entiers du marché automobile pourraient être délocalisés, « seules les activités à haute valeur ajoutée, comme la R&D, le design ou encore la production de véhicules très haut de gamme, demandant une main d'œuvre très qualifiée, seraient maintenues dans les pays d'Europe de l'Ouest ». 10   
Si l’un des e xemples les plus flagrants reste Renault et sa Dacia produite directement en Roumanie, l’une des industries les plus adeptes de ce type de délocalisation reste l’industrie chimique et pharmaceutique, avec près de 20% d’entreprises concernées.  IV.  Les principales conséquences des délocalisations Si les médias français ne cessent de montrer quotidiennement les dramatiques conséquences sociales des délocalisations, ce phénomène économique touche également d’autres domaines de la vie des français, apportant dans s on sillage encore d’autres dommages collatéraux…  A)  Sur le plan social : licenciements et plans sociaux La quasi-totalité des français a pris conscience de l’ampleur du phénomène des plans sociaux via les exemples très médiatiques de PSA ou encore de Renault . Une majorité d’entre eux a encore conscience de l’incidence de ces plans sociaux sur les sous-traitants de ces mêmes entreprises qui, à leur tour, fourniront d’autres plans sociaux. Mais tous les salariés ont pu sentir l’influence réelle de ces délocalisations en série sur la sécurité même du travail. Et l’on ne peut s’empêcher de relire à profit sur ce sujet ce texte tiré de l’ABC du Royalisme Social de Firmin Bacconnier : « Qu’est -ce qu’un prolétaire ?  Un individu proclamé libre par la loi, mais dont l e droit à la vie n’est, pratiquement, fondé sur aucun titre juridique, pour ce motif qu’il ne possède que sa chair. C’est un exproprié ; s’il veut vivre, il doit, chaque jour, vendre ses membres ou son cerveau au prix fixé par la seule autorité patronale, qui garde la faculté de lui retirer quand il lui plaît ses moyens de subsistance. » L’absence de protection de l’ouvrier du début du XX°Siècle a donc été remplacée par la mondialisation de l’emploi, mais les conséquences restent les mêmes sur l’emploi : une insécurité croissante menant tout droit vers une instabilité professionnelle, avec toutes les conséquences sociales évidentes sur le moral des familles françaises. Mais, comme pour nier l’évidence, certains économistes estiment que les délocalisations so nt bénéfiques et créent même des emplois en France (on pourra lire par exemple le livre de Renaud Chartoire En finir avec 20 idées reçues sur l’économie française)… Logique pour eux : ces nouveaux emplois à bas coûts, plus nombreux que les précédents, néce ssitent davantage d’emplois de logistique en France.    11  
 
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