L'Action Sociale Corporative

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« Le Travail n’a pas pour but la production des richesses, mais la L’Action Sociale Corporative sustentation de l’homme » René de la Tour du Pin royalismesocial.com royalismesocial.com 1 L’Action Sociale Corporative « Vu l’état où le voltairianisme et les gouvernements ont mis les masses, la République, c’est la démocratie ; la démocratie, c’est le socialisme; et le socialisme, c’est la démolition de l’homme…Le socialisme n’est que la religion de l’Envie…Par l’effet de sa chute, l’homme est à l’état d’envie. Quand le peuple entendit pour la première fois ces mots : « La propriété, c’est le vol », il a senti le raisonnement justificateur de ce qui sommeillait en lui depuis qu’il a perdu la Foi. Et la conscience ainsi faite, il a marché d’un trait dans la Révolution …Le socialisme est plus facile que la civilisation…et consiste à consommer ce que les siècles ont recueillis… » Antoine Blanc de Saint-Bonnet royalismesocial.com 2 L’Action Sociale Corporative "Tu n'étais pas un prolétaire Libre artisan des métiers de jadis.
Publié le : lundi 10 juin 2013
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Chant de Marche des Camelots du Roi


L’Action Sociale Corporative est une association qui se
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donne pour objet de promouvoir les idées sociales au sein d’un
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projet politique royaliste dans la tradition de la pensée des
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catholiques et royalistes sociaux. Créé en octobre 2006 sous la
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forme d’un simple document PDF trimestriel, l’ASC devient une
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association officiellement en octobre 2009. Son but : fédérer les

personnes et les organisations qui poursuivent le même
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objectif, poursuivre le combat que Firmin Bacconnier, disciple
de René de la Tour du Pin, a mené depuis
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Agir parce que l’heure est grave
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L’ASC est dotée d’une structure militante : le Groupe
d’Action Royaliste qui a pour rôle la mise en pratique les
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, disait Lénine.
objectifs de l’ASC. des p e u Fplaecse, dà eu dnée ragicginaentmeesnqtu, ed ee ndtroempirnisaeti odne ddeé ls’harugmeannt,i s(aatvioecn

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Une civilisation ne meurt jamais que par lâcheté : notre
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existence, notre lucidité, notre esprit de décision et notre
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lancent dans l’aventure de la reconquête
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Certes la tâche est immense et il n’y aura pas trop de
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de toutes nos forces, de tous nos trésors de dévouement,
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La question sociale n’a pas disparu avec la société de Le « nouveau prolétariat » comme l’ancien se caractérise
consommation et la prospérité indéniable des Trente par la « dépossession » : aujourd’hui, les ouvriers ou les
Glorieuses comme certains l’espéraient, ni même avec la artisans sont condamnés par une logique comptable qui fait
mondialisation présentée comme la panacée universelle, qu’il est plus simple de fabriquer à grande échelle et à moindre
censée donner à tous les moyens de vivre dignement et «selon coût dans des pays lointains où les règles sociales sont peu
ses besoins ». contraignantes voire inexistantes, que dans notre pays attaché
à une certaine qualité et à la préservation des travailleurs. Ainsi,
Bien sûr, dans le cas français, le niveau de vie des ouvriers de nombreux métiers et savoir?faire disparaissent?ils, dans
tout comme leurs conditions de travail d’aujourd’hui n’ont plus l’indifférence générale, puisque le consommateur ne regarde le
rien à voir avec ceux du début du XXe siècle, et c’est tant plus souvent que le prix de l’étiquette sans penser au deuxième
mieux. Mais la question sociale ne s’est pas éteinte pour coût, beaucoup plus élevé, le coût social : ne pas acheter
autant, et la globalisation (mot plus exact et explicite que celui français quand on en a l’occasion sous le prétexte, fort
de « mondialisation »), en rebattant les cartes de l’économie et compréhensible d’ailleurs, que le « même » produit fabriqué en
des puissances, a entraîné, au sein même de notre société, Chine est moins cher, est, à plus ou moins long terme,
des remises en cause douloureuses et des interrogations sur la suicidaire, comme le signalent certains économistes. Car, à trop
nature des rapports sociaux, sur leur territorialisation ou sur dépendre des productions étrangères, que pourra?t?on vendre
leurs formes. Globalisation rime aujourd’hui, pour les demain à des sociétés à qui nous aurions abandonné toutes
travailleurs français, avec délocalisations tandis que l’Union nos technologies, nos méthodes de travail et pour qui nous
européenne évoque, elle, le terme de libéralisation en insistant aurions sacrifié nos propres outils de production  Le cas
sur son caractère de nécessité absolue, sans prendre en d’Airbus est, à ce sujet, tristement éclairant : désormais les
compte les exigences de la justice sociale et du bien?être moral avions seront construits à l’étranger, en Asie, tandis que la
des populations laborieuses des pays d’Europe. Chine, à qui la société EADS a « transféré » les technologies
de ses appareils, se targue de bientôt vendre à la France et à
Ainsi, la question sociale revient au coeur des l’Europe des… Airbus, chinois bien sûr…
problématiques françaises, comme le souligne l’hebdomadaire
« Marianne » au fil de plusieurs numéros récents. Bien sûr, le Devant cette nouvelle donne qui voit le capitalisme libéral
«nouveau prolétariat » évoqué par ce journal n’est plus celui de sacrifier les travailleurs de France sur l’autel de la rentabilité,
1900, mais, au?delà de ses difficultés présentes, sa nature gémir ne sert à rien : il faut désormais « repenser la Question
reste la même ; c’est?à?dire une masse de travailleurs Sociale », sans vaine illusion ni désespérance. Chercher des
interchangeables sans autre lien avec le Travail que celui que pistes alternatives à ce jeu malsain qui se moque des frontières
les détenteurs de l’Argent veulent et voudront bien lui allouer, à comme des personnes, des familles ou des traditions. Les
titre temporaire, pour en tirer des profits substantiels sans être royaliste fidèles à la méthode maurrassienne de l’empirisme
obligés de les redistribuer à ceux qui en sont les producteurs « organisateur et conscients des enjeux, ne feront pas la
«
de base », mais plutôt et seulement aux actionnaires ou aux politique du pire qui est la pire des politiques » comme l’affirmait
cadres dirigeants, les uns se confondant parfois avec les autres avec raison Charles Maurras. Ils ne doivent pas chercher à
: c’est d’ailleurs là un des éléments forts du «scandale social » créer des utopies mais à imaginer, à inventer de nouveaux
qui voit d’immenses fortunes se bâtir sur de simples jeux modèles économiques et sociaux, sans perdre de vue qu’il
boursiers et non plus sur la qualité du travail effectué en tant s’agit, malgré la difficulté, de remettre « l’économie au service
que telle. des hommes » et non l’inverse.

Il leur revient de rappeler que la nation est la
première protection sociale, que c’est le plus vaste
des cercles communautaires à mesure humaine et
historique et qui offre des solidarités fortes en son
sein, en son espace souverain, au?delà des
différences professionnelles ou culturelles.

Aussi, la question sociale est une question
éminemment politique, et, là encore, le « Politique
d’abord » doit être compris comme la nécessité
d’utiliser ce moyen pour limiter les excès de la
globalisation ; susciter une véritable impulsion de
l’Etat pour les grandes réformes sociales qui sont
urgentes et son arbitrage pour les conflits de
«
légitimité sociale » entre les divers « décideurs »

et les « acteurs du travail », et cela sans tomber
dans l’étatisme ou le dirigisme ; permettre et
accompagner un véritable aménagement du
territoire qui ouvre la voie à une relocalisation de


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Depuis deux siècles, toute la vie sociale du monde que l’expose La Tour du Pin, «
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moderne est dominée et régie par deux conceptions
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idéologiques parallèles : le libéralisme et le socialisme.
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L’économie classique ou libérale définit l’homme comme un
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».
être uniquement tendu vers le bien?être matériel, comme une Cette souveraineté de l’argent aboutit à la lutte sauvage
pure volonté d’enrichissement, et l’humanité comme une pour la domination économique, à la primauté de l’économie, à
mécanique à fabriquer de la richesse. Ayant ainsi isolé dans la production à outrance, au rendement règle de toute chose, à
l’homme la fonction économique dégagée de toute la mécanisation de l’homme, à la prolétarisation sans cesse
préoccupation morale et spirituelle, l’économie libérale étudie le croissant des masses.
mécanisme des lois de la production, de l’échange et de la
consommation des biens, lois invincibles, inéluctables, De plus, comme le montre toujours La Tour du Pin, le
s’imposant, pourrait?on dire, inévitablement et extérieurement à développement de la ploutocratie est un acheminement vers le
l’homme, et qu’il suffit de laisser jouer librement pour socialisme d’Etat, car l’Etat ne saurait se désintéresser des
harmoniser les intérêts. Partant de cette idée juste, qu’il faut grands organismes financiers centralisés : il faut qu’il les achète
faire confiance à l’intérêt personnel de chacun, elle en conclut, ou qu’il soit acheté par eux.
par une sorte de projection dans l’absolu, qu’il faut laisser à
chacun une liberté parfaite, c’est la fameuse maxime : En outre, par la prolétarisation croissante, il engendre une
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armée pour la démocratie, c’est?à?dire pour le socialisme. Celui?
ci est au début une révolte contre la loi d airain imposée par la

Les écoles socialistes contemporaines conçoivent ploutocratie, en vue de rétablir une société protectrice en même
également l’homme comme un être uniquement tendu vers son temps que modératrice de l’individu. Seulement, imprégnée,
bien?être matériel, mais elles considèrent que ce bien?être ne comme nous le verrons, des mêmes idées fausses que ce qu’il
pourra être obtenu que si l’égalité entre tous les hommes est prétend combattre, il aboutit lui?même, par son organisation
réalisée. Or, ce qui forme obstacle à cette réalisation, ce sont artificielle, sous ses formes franches ou plus ou moins larvées,
les corps sociaux traditionnels, en particulier la famille et les à la pire des tyrannies, au gaspillage, et à la destruction des
institutions traditionnelles, telles que la propriété. Il faut donc richesses.
les détruire pour ne laisser subsister qu’un Etat tout puissant,
englobant la société entière, qui établira le nivellement entre Ces deux conceptions, qui s’engendrent mutuellement tout
tous les hommes. en se combattant, sont à la base de la crise dont nous souffrons
actuellement et de tous les désordres sociaux que nous

Or qu’on apporté au monde de telles conceptions  Le subissons.
libéralisme a introduit un capitalisme effréné, c’est?à?dire, ainsi

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Comment pourrait?il en être autrement  Car toutes deux libéralisme et socialisme, imbus de la croyance erronée en la
reposent, au fond, sur les mêmes principes également faux, car bonté naturelle de l’homme, ne se placent pas en face des
ces deux frères, en apparence ennemis, développent deux réalités concrètes, en face de l’homme, être social, encadré
idéologies parallèles s’inspirant de mêmes principes : les dans la famille, dans la profession et dans la nation, formé par
principes individualistes. l’histoire et gouverné par l’expérience. Ils n’envisagent que des
abstractions, l’individu en soi, possédant un pouvoir absolu
La doctrine libérale est celle de l’individualisme pour les simplement limité par un contrat social librement consenti, ou
forts, la doctrine socialiste celle de l’individualisme pour les l’Etat en soi, ne recevant de règle que celle qu’il se donne à lui?
faibles. Comme le dit excellemment M. Gonnard : «
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même. Tous deux oublient en somme, également,
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Dans ces deux systèmes, on part donc d’un abstrait
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inhumain pour tendre vers l’inhumain. Les effets néfastes qu’ils
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ont engendrés ne pourront donc être redressés et réparés que
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si l’on prend le contre?pied des idées qui sont à leur base, c’est?
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à?dire :
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Ce sont exactement ces trois axes principaux qui
C’est que tous deux dérivent, en effet, des idées constituent la base de ce que propose la doctrine corporative
philosophiques du XVIIIе siècle. C’est que tous deux, par le biais de l’A.S.C.
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En clair, et par ces quelques lignes, les soi?disant
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Liberté (abstraite) étranglaient, purement et
simplement,
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Libertés (concrètes) de tous les travailleurs
de France, lesquels pouvaient désormais être exploités,
bafoués et maltraités à l'aise par la bourgeoisie d'affaires, sans
avoir le droit de se réunir entre eux...ni même celui de tenir le
moindre registre exposant leurs doléances.


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Cette Loi Le CHAPELIER, ne sera que le complément d'un Moyen?Âge permettait à un corps de métiers d’exercer un
décret voté le 2 mars 1791 sous la proposition de Pierre monopole par secteur, souvent par ville, et d’avoir un certain
D'ALLARDE. poids politique. Mais elle subissait depuis le début du siècle la
concurrence avec un modèle industriel capitaliste reposant sur

Le décret d’Allarde supprime les corporations, introduisant la libre concurrence. Renforcée par la loi Le Chapelier, ce
un changement radical dans l’économie et l’organisation du décret permet ainsi de modifier l’économie (capitaliste) ainsi
travail. Les corporations étaient des regroupements de que le statut de l’employé (prolétaire). La loi Le Chapelier sera
personnes exerçant le même métier. Cette structure née au aussi l’occasion d’interdire le droit de grève.
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La tour du Pin, dans un l’un des chapitres les plus chargés contesté encore, si l’état d’équilibre fondé la fin du XVIIIè
de substance de son livre : «
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siècle, sur le monopole industriel de l’Europe, s’était maintenu.
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», s’exprime ainsi : Mais cet état d’équilibre ne s’est pas maintenu : l’Europe a
perdu son privilège industriel ; les pays qui, autrefois
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ces matières sur place et sont devenus les concurrents de
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La première est l’école libérale, la seconde l’école
socialiste, la troisième l’école corporative.
Ces lignes eurent peu d’écho à l’époque où elles furent
écrites. Les effets du libéralisme paraissaient encore
supportables à la majorité des gens ; la jeunesse intellectuelle
adhérait au marxisme pour des raisons qu’elle croyait
« scientifiques », et l’idée corporative ne ralliait qu’une élite
assez restreinte.

C’est cette dernière, néanmoins, qui avait raison. Les faits
ont parlé. Ils condamnent le libéralisme et le socialisme et
confirment tout l’enseignement de la Tour du Pin.

L’école libérale considère l’homme comme une chose, en
ce sens qu’elle réduit toute l’économie sociale à la
considération de la production des richesses matérielles,
qu’elle ne tient pas compte de l’homme et de ses besoins
moraux.

Jacques Valdour a écrit que notre civilisation industrielle,
fondée sur ce principe de l’économie libérale que la fin des
individus et des sociétés est la production de la richesse
matérielle, est essentiellement malfaisante. Cela ne fait pour
nous et nos contemporains aucun doute, mais a été contesté
pendant le siècle et demi qu’à duré l’ère libérale.

Cela a pu être contesté parce que la création, à la fin du
XVIIIè siècle, de la métallurgie et la découverte de la vapeur,
ont permis aux pays de l’Europe occidentale de vivre pendant
près d’un siècle et demi sous le signe de la facilité. Cela serait

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8

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l’Europe ; mieux : des concurrents forts dangereux, car leurs l’homme est une chose ; dans le système socialiste, il est une
habitudes de vie étant très inférieures aux nôtres, leurs produits bête, dont l’Etat règle le travail, les loisirs, la nourriture.
sont deux, trois, quatre fois moins chers que les nôtres.
Conséquence : les usines des vieux pays industriels se Seule, l’Ecole corporative considère l’homme comme un
ferment, et trente millions d’ouvriers sont sans travail. frère, parce que, tout en tenant compte des conditions
matérielles de la production des richesse, elle ne perd pas de

Voilà comment, aujourd’hui, les principes de l’économie vue que la richesse est faite pour l’homme, non l’homme pour la
libérale sont mis en question. richesse et, qu’en conséquence, le travail doit être organisé en
Les principes de l’école socialiste le sont aussi, parce que vue de satisfaire les exigence matérielles et spirituelles de ceux
partout où il a été appelé à guérir les maux causés par le qui travaillent.
libéralisme, le socialisme n’a enregistré que des échecs. Il ne
pouvait pas en être autrement. Le socialisme ne pouvait réussir L’école libérale et l’école socialiste font de l’homme un
là où le libéralisme avait échoué, étant donné que l’économie instrument du travail ; l’école corporative en fait le but du travail.
politique marxiste et l’économie politique libérale sont fondée Pour elle, la chose essentielle n’est pas la production de la
sur le même point de vue matérialiste. richesse ; elle subordonne le produit au producteur, oblige la
machine à servir l’ouvrier, au lieu de l’asservir.
Comme le libéralisme, le collectivisme de Marx subordonne
la vie intellectuelle et morale de l’homme à la vie matérielle. Les principes de l’école corporative sont ceux d’une
Pour le socialisme, comme pour le libéralisme, la chose civilisation vraiment humaine. Et c’est assurément ce qui
essentielle est la production de la richesse. Il y a cependant explique le réveil du corporatisme dans notre monde que le
entre le système libéral et le système socialiste une différence, libéralisme a couvert de ruines et que le socialisme a si
celle?ci : dans le système libéral, la production de la richesse cruellement déçu.
n’a d’autre règle que le libre jeu de la « loi de l’offre et de la
demande », tandis que dans le système socialiste, cette
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production est réglée par l’Etat. Dans le système libéral,


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Officier de souche dauphinoise, philosophe, René de la Tour du Pin
Chambly, lieutenant colonel et marquis de la Charce (1834?1924) demeure
pourtant méconnu de nos contemporains. Il sert sous le Second Empire en
Crimée, Italie et Algérie avant d’être fait prisonnier lors de la guerre contre la
Prusse en 1870. En 1871, à l’appel de Maurice Maignen, il s’engage avec
Albert de Mun dans l’œuvre des cercles catholiques d’ouvriers. Son action
s’inspire alors de la méthode sociale de Frédéric Le Play en plaçant la
charité évangélique au cœur de l’action sociale. Il livre le fruit de son
expérience en 1907 au sein de l’imposant recueil Vers un ordre sociale
chrétien. Plus que Félicité de Lamennais, il est l’origine du catholicisme
social consacré en 1891 par l’encyclique
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du pape Léon XIII.
Avocat et historien reconnu du christianisme social, l’auteur fait revivre ici
la destinée de l’homme et détaille la pluralité de son héritage intellectuel et
moral. Réformiste et adversaire résolu des idéologies, la Tour du Pin
demeure un phare d’humanisme syndical face aux défis de la
mondialisation.

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Pierre GAXOTTE
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