Réponse à l’article intitulé « Un ex-FN engagé comme professeur et viré » paru dans la DH

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RÉPONSE À L’ARTICLE INTITULÉ « UN EX-FNENGAGÉ COMME PROFESSEUR ET VIRÉ»PARU DANS LADHDE CE7FÉVRIER2014. Ce vendredi 7 février 2014, paraissait dans le quotidien « La Dernière Heure », en version papier et en version internet, un article intitulé « Un ex-FN engagé comme professeur et viré ». Il faisait référence à mon engagement, trois jours plus tôt, comme professeur de français et d’histoire à l’athénée Alfred Verwée, à Schaerbeek. J’avais été appelé, dans cette école à discrimination positive, à remplacer, au pied levé, une enseignante tombée malade, sur pied de l’article 20 de l’arrêté du 22 mars 1969. J’ai été le premier surpris par cette parution, étant donné que la journaliste,Pauline Deglume, n’avait pas pris la peine de m’interroger préalablement à la rédaction et la publication de son article. A la demande de mon conseil,Me Sébastien Courtoy, elle m’a toutefois permis de m’exprimer, mais trop brièvement, dansune édition suivante de la Dernière Heure. C'est pourquoi je tiens à apporter un complément d’information. En réalité, je n’ai pas été «renvoyé» de ma fonction de professeur de français/histoire. Le préfet m’a fait convoquer par un éducateur, qui est venu me chercher en classe, durant le cours d’histoire que je donnais le vendredi matin à 08h05 à une classe de 4ème année professionnelle (classe de garçons qui étudient le travail du bois).
Publié le : samedi 27 décembre 2014
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RÉPONSEÀLARTICLEINTITULÉ « UNEX-FNENGAGÉCOMME PROFESSEURETVIRÉ»PARUDANSLADHDECE7FÉVRIER2014.
Ce vendredi 7 février 2014, paraissait dans le quotidien « La Dernière Heure », en version papier et en version internet, un article intitulé « Un ex-FN engagé comme professeur et viré ».
Il faisait référence à mon engagement, trois jours plus tôt, comme professeur de français et d’histoire à l’athénée Alfred Verwée, à Schaerbeek. J’avais été appelé, dans cette école à discrimination positive, à remplacer, au pied levé, une enseignante tombée malade, sur pied de l’article 20 de l’arrêté du 22 mars 1969.
J’ai été le premier surpris par cette parution, étant donné que la journaliste,Pauline Deglume, n’avait pas pris la peine de m’interroger préalablement à la rédaction et la publication de son article. A la demande de mon conseil,Me Sébastien Courtoy, elle m’a toutefois permis de m’exprimer, mais trop brièvement, dansune édition suivante de la Dernière Heure.
C'est pourquoi je tiens à apporter un complément d’information. En réalité, je n’ai pas été «renvoyé» de ma fonction de professeur de français/histoire. Le préfet m’a fait convoquer par un éducateur, qui est venu me chercher en classe, durant le cours d’histoire que je donnais le vendredi matin à 08h05 à une classe de 4ème année professionnelle (classe de garçons qui étudient le travail du bois).
A aucun moment, il n’a évoqué ni ma condamnation ni mon appartenance politique pour justifier mon écartement de ce poste. Il m’a, au contraire, expliqué qu’il avait reçu un appel du service des désignations du Ministère l’informant qu’une personne possédant le titre pédagogique, donc prioritaire, avait manifesté son intention de prendre la place que j’occupais et qu’il était donc contraint de mettre fin à mon engagement pour que je lui cède la place, ce qui est tout à fait légal. Ce n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai appris la vérité en parcourant la presse et en découvrant l’article paru dans la DH.
Le secrétariat m’a donné les papiers officiels d’entrée et de sortie de fonction, sans qu’à aucun moment, la question ni de mon casier judiciaire ni de mon engagement politique antérieur ne soit évoquée.
Contrairement à ce qui avait été exposé dans le premier article de la DH, et que j’ai rectifié
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dans une édition ultérieure, ma journée de cours du jeudi 6 février et ma première heure entamée le vendredi 7 se sont bien déroulées, dans l’ensemble. C’est ça que j’en retiens et qui m’importe réellement.
Il ne faut pas oublier, indépendamment de toute considération politique, que j’ai été engagé comme « article 20 » et donc comme personne ne possédant pas le titre pédagogique. Je compte, dans cette école, plusieurs amies enseignantes qui sont, elles, titulaires d’un diplôme d’enseignante, et qui reconnaissent que les classes avec lesquelles j’ai eu du fil à retordre sont difficiles, au point qu’elles-mêmes ont également parfois des problèmes pour y donner cours.
Chaque fois que je me présentais aux collègues enseignants, en précisant que je remplaçais Madame Wouters, on me répondait, invariablement, « bon courage » avec un sourire entendu. Lorsque j’ai débarqué dans l’implantation « Masui » de l’Athénée, les éducateurs m’ont tout de suite précisé que cet endroit était une « poudrière » qui pouvait « exploser à tout moment » en me faisant comprendre que les bagarres entre élèves étaient fréquentes et les éducateurs régulièrement appelés à jouer les agents de sécurité. Dans ce contexte, je pense que je ne me suis pas trop mal débrouillé !
De plus, j’ai été « lâché dans la nature », dès le premier jour, sans que quiconque ne m’informe du règlement de l’école ni me communique les documents pédagogiques et encore moins les programmes à enseigner. Pourtant, j’avais fait de mon mieux pour préparer mes leçons puisque j’avais non seulement pris contact téléphoniquement avec la personne que je devais remplacer mais également avec une autre professeur de français de cette école, que je connaissais préalablement. J’avais même organisé une réunion la veille avec une professeur de sciences – la jeune femme qui m’avait recommandé – pour faire le point sur les classes que j’allais avoir, puisqu’elle leur donne également cours.
C’est dire que j’ai fait le maximum, avec mes amies profs, pour préparer soigneusement mon arrivée sur place, dans le meilleur intérêt des élèves, qui, bien souvent, n’étaient eux-mêmes pas en ordre au point de vue cours ou même journal de classe.
C’est dans ce contexte-là que j’ai été amené, ne connaissant rien ou presque du fonctionnement de l’école, hormis ce que mes amies m’en avait dit – et on ne sait pas tout apprendre en un jour, sachant que j’ai été engagé le mercredi matin pour commencer le jeudi -, à devoir envoyer des élèves qui ne voulaient pas se tenir calmes à l’étude. C’est devenu que j’avais « viré la moitié de la classe » dans la DH, en oubliant que dans d’autres classes, moins nombreuses, le contact avait été très positif, au point que les élèves ont spontanément dit le plus grand bien de moi au professeur qui leur donnait cours après moi, qui n’était autre que… l’amie qui m’avait recommandé !
Voici un exemple de dialogue positif que j’ai pu avoir avec des jeunes réputés difficiles en 4ème professionnelle bois, en cours d’histoire : loin de leur parler, ainsi que certains ont l’air de fantasmer, de la Seconde Guerre Mondiale, l’objet du cours (que je ne fixe pas : on suit le programme, évidemment) était l’émancipation des villes au Moyen-Age. Un élève m’a demandé ce qu’était un évêque, dont on parlait dans un texte qu’ils devaient lire (et
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que je lisais moi-même, d’ailleurs, vu les difficultés des élèves à le faire). Je lui ai expliqué ce qu’était un évêque en comparant la structure de l’Église catholique avec l’Islam, où, comme vous le savez, chaque croyant peut devenir imam et diriger la prière, au contraire du culte catholique. L’intérêt des jeunes était réel parce que je leur ai parlé de quelque chose qui les intéressait et les touchait, leur religion, pour qu’ils apprennent quelque chose en rapport avec le cours d’histoire.
J’ai beaucoup apprécié le contact que j’ai eu l’occasion de nouer, trop brièvement, avec ces jeunes gens. J’avais déjà eu des échos de la situation dans cette école via mes amies qui y donnent cours et je suis heureux d’avoir pu mieux en connaître les élèves. Si l’on prend un tant soit peu la peine de s’intéresser à eux, on peut constater qu’ils ont chacun une histoire, une vie, des conditions d’existence parfois difficiles, et que, surtout, leurs lacunes sont énormes dans des matières de base aussi fondamentales que la langue française (ou les mathématiques, bien que je n’aie pas eu l’occasion de leur enseigner cette branche).
En conclusion, il me semble que l’on juge une personne plus sur ses actes que sur ses paroles.
Dès lors, le fait que je vienne enseigner le français (et l’histoire, et les méthodes d’apprentissage, aussi) dans une école à discrimination positive peuplée d’enfants d’origine étrangère, sur recommandation d’une enseignante d’origine marocaine, musulmane, en dit, je pense, plus long que n’importe quel discours sur l’idéologie qui pourrait être la mienne aujourd’hui.
Source :http://www.tonnelier.be/reponse-a-l-article-intitule-un-ex-fn-engage-comme-professeur-et-vire/
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