ANALYSE DES PRÉLÈVEMENTS RÉSULTANT DE LA CHASSE SUR LES ANATIDÉS ...

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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ANALYSE DES PRÉLÈVEMENTS RÉSULTANT DE LA CHASSE SUR LES ANATIDÉS ET LES LIMICOLES À PARTIR DES INSTALLATIONS DE CHASSE DE NUIT POUR LA CAMPAGNE 2002/2003DANS LE DÉPARTEMENT DUNORD 
Rapport scientifique Novembre 2005
 
 
 
Analyse des prélèvements résultant de la chasse sur les anatidés et les limicoles à parti r des installations de chasse de nuit pour la campagne 2002/2003 dans le département du Nord. Rapport scientifique FDC59/Naturaconst@ _____________________________________________________________________ _________________________
ADES PRÉLÈVEMENTS RÉSULTANT DE LA CHASSE SURNALYSE LES ANATIDÉS ET LES LIMICOLES À PARTIR DES INSTALLATIONS DE CHASSE DE NUIT POUR LA CAMPAGNE 2002/2003DANS LE DÉPARTEMENT DUNORDEnquête et saisie des données :M. François AUROY, Fédération départementale des chasseurs du Nord Analyse et interprétation des données: Dr. Mathieu BOOS, Naturaconst@. Rédaction et relecture :Dr. Mathieu BOOS (Naturaconst@), François AUROY (Fédération départementale des chasseurs du Nord)
Analyse des prélèvements résultant de la chasse sur les anatidés et les limicoles à parti r des installations de chasse de nuit pour la campagne 2002/2003 dans le département du Nord. Rapport scientifique FDC59/Naturaconst@ _____________________________________________________________________ _________________________
Introduction.La chasse aux oiseaux migrateurs est une activité récréationnelle qui revêt une importance toute particulière dans les départements côtiers tel que le Nord. Près de 10 000 chasseurs y pratiquent la chasse de nuit à partir d'environ 1300 installations. Quantifier le nombre d'oiseaux prélevés annuellement par la chasse est devenu un enjeu majeur entre autres dans la perspective d'une gestion raisonnée des populations d'oiseaux à l'échelle de leur aire de répartition (Newton 1998, Johnson et al. 2002) soutenue par l'initiative "chasse durable" de la Commission Européenne. Par ailleurs, la connaissance des prélèvements par la chasse contribue à renforcer les analyses sur les tendances démographiques des populations et permet dans certains cas de réajuster les données obtenues à partir de méthodes de dénombrement classique basées sur les contacts visuels ou auditifs (Sutherland et al. 2004, Boos 2005). A titre d'exemple, une étude menée sur les oies cendrées en Islande indique une incompatibilité entre les données de dénombrements et les informations relatives aux prélèvements (Frederiksen et al. 2004). D'après le nombre d'oies tuées à la chasse la taille des populations dénombrées devrait être deux fois supérieure L'une des hypothèses avancées par les . auteurs serait une sousestimation des dénombrements, justifiée par le fait que des zones accueillant des oies n'ont pas été visitées car non incluses dans la zone d'échantillonnage.La chasse, par la mortalité directe qu'elle induit, peut entraîner une diminution immédiate de la taille des populations (Francis et al. 1998, Newton 1998). Toutefois, en raison des processus de densitédépendance mis en jeu et propre à chaque espèce, il a par exemple été noté chez certaines espèces qu'à une plus forte mortalité par la chasse pouvait correspondre une plus faible mortalité naturelle et/ou un plus fort succès reproducteur (Newton 1998). La dynamique des populations est soumise à l'influence de nombreux facteurs intrinsèques et extrinsèques et la modulation des prélèvements par la chasse est souvent considérée comme un moyen mathématiquement simple, mais toutefois incertain à appliquer (Williams et Johnson 1995), pour agir sur la taille des populations. Si cette position peut aisément se comprendre lorsqu'il s'agit d'espèces ayant déjà atteint un stade de grande vulnérabilité ou menacées d'extinction, la modulation de la pression de chasse demeure cependant un moyen très complexe de conservation des espèces surtout lorsque le prélèvement cynégétique ne constitue pas le facteur majoritaire influençant la taille des populations et que d'autres facteurs dépendants de la densité et/ou agissant sur le succès reproducteur sont fortement impliqués (Williams et Johnson 1995, Francis et al. 1998).
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En résumé, devant les nombreuses incertitudes liées à l'estimation de la taille réelle et à la dynamique des populations, connaître précisément le nombre d'individus prélevés par la chasse devient un élément majeur pour inscrire la chasse dans une démarche d'utilisation durable des ressources naturelles mais également pour amél iorer nos connaissances sur les processus biologiques impliqués dans le fonctionnement des populations. Il faut cependant préciser, qu'à lui seul, un tel recensement ne permet pas de répondre à l'effet de la chasse sur l'état des populations et qu'il ne pe rmet pas, par conséquent, d'établir des conclusions précises sur la manière de moduler le taux de prélèvement pour garantir un état de conservation favorable des populations en raison des nombreux autres facteurs dépendants ou indépendants des mortalités i nduites par la chasse qui agissent sur le fonctionnement et la dynamique des populations (Johnson et al. 2002). Devant ces grandes incertitudes, il importe tout de même de persévérer dans le recueil de données précises relatives aux prélèvements cynégétiques mais pas à n'importe quel prix (Williams et al. 1996). Ceci exige entre autre une relation de profonde confiance entre les chasseurs qui indiquent leurs prélèvements et les personnes chargées d'analyser leurs données dans un souci majeur d'objectivité e t de rigueur scientifique totalement déconnectées des débats idéologiques sur la chasse. Dans cette première étude pilotée par la Fédération départementale des Chasseurs du Nord avec le soutien financier de la Direction Régionale de l'Environnement du Nord/PasdeCalais, il s'agit de répondre à plusieurs objectifs : 1) Initier et promouvoir un programme d'enquête exhaustive de données sur les oiseaux prélevés durant la période de chasse sur les installations spécifiques pour la chasse de nuit, 2) Etablir une comparaison entre un modèle par échantillonnage ou exhaustif de recueil des données, 3) Déterminer la part des espèces prélevées relativement à la taille estimée des populations sur leur aire géographique de répartition au niveau du paléarctique occidental, et 4) Déterminer les relations qui peuvent exister entre des paramètres physiques du milieu et le nombre d'oiseaux prélevés.
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Méthodes.  L'analyse des prélèvements cynégétiques de 2002/2003 est basée sur les données inscrites quotidiennement, sous la responsabilité du propriétaire de l'installation de chasse, dans les carnets de prélèvement adressés et réceptionnés à la fin de la saison cynégétique par la Fédération départementale des chasseurs du Nord. Il s'agit d'une démarche novatrice de recueil des données sur les prélèvements qui a été prolongée depuis en 2003/2004 et 2004/2005. Cette obligation pour les propriétaires d'installation de tenir à jour un carnet de prélèvement est en effet imposée par la loi chasse du 26 juillet 2000 et le décret d'application du 1eraoût 2000.  Les données sont inscrites pour chaque jour de chasse avec une précision du nombre d'individus posés sur la mare (pour les anatidés) et prélevés par espèce. Les informations relatives au lever et au coucher du soleil et de la lune (pour Lille) ainsi que les températures minimales et maximales journalières pour 5 villes européennes (Lille, Londres, Stockholm, Berlin et Varsovie) ont également été recueillies via des bulletins officiels.  La normalité de la distribution des prélèvements a été analysée par le test de KolgomorovSmirnov (logiciel sigmastat version 3.0). Les corrélations entre les espèces et les différents paramètres physiques du milieu ont été réalisées en utilisant la corrélation des rangs de Spearman. L'état de la lune (pleine lune, premier et dernier quart, nouvelle lune) a été codifié afin d'intégrer ce facteur dans les corrélations. Les effectifs prélevés ont été comparés à la taille estimée des populations en hiver d'après les informations compilées dans les ouvrages de Wetlands International (Delany et Scott 2002) et de BirdLife International (2004) pour la zone Europe de l'Ouest et Russie à laquelle appartiennent la grande majorité des espèces stationnant en hiver dans le département du Nord. Une seconde comparaison a été effectuée à partir des effectifs estimés à l'issue de la reproduction (donc avant la période de chasse) et en considérant pour les anatidés 3 ou 6 (sauf pour les rallidés) jeunes produits par femelles (Batt et al. 1992) et pour les limicoles 3 jeunes produits par femelle, le sexe ratio a été considéré comme équivalent à 50%. En résumé pour une production de 3 jeunes/femelle la taille de la population hivernale est multipliée par 2 et pour 6 jeunes/femelle le facteur de multiplication est de 4. Les prélèvements journaliers sont présentés sous forme de courbes ou d'histogramme. La date d'ouverture, variable selon les espèces est matérialisée, par une ligne verte. La date de fermeture commune à toutes les espèces était fixée au 31 janvier 2003.
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Résultats. Sur les 1289 carnets qui ont été adressés aux propriétaires de huttes et de hutteaux, 1011 ont été retournés ce qui équivaut à un taux de réponse de 78%. Cinquante neuf (59) carnets n'ont pas pu être exploités en raison de renseignements trop incomplets. Les 952 carnets exploités révèlent qu'en 2002/2003 la chasse a été pratiquée sur 836 installations (88%), aucune activité de chasse n'ayant eu lieu sur les 116 installations restantes (12%). L'évolution temporelle des paramètres physiques du milieu est présentée dans les figures 1 et 2. La variation des températures minimales journalières durant la période d'hivernage (à partir de la fin octobre) indique une chute brutale des températures en– dessous de 0°C à partir du 5 décembre jusqu'au 25 décembre 2002 dans les villes situées dans l'Est de l'Europe (minima entre le 8 et le 14 décembre) et entre le 31 décembre 2002 et le 12 janvier 2003 (minima entre le 8 et le 11 janvier). Répartition des prélèvements par espèce au cours de la saison(analyse portant sur les 952 carnets exploités).
1. Les anatidés et les rallidés.  Sur l'ensemble de la saison de chasse 2002/2003, 80 697 anatidés, foulques macroules et poules d'eau ont été prélevés sur le département du Nord. Le canard colvert, la sarcelle d'hiver et le canard siffleur représentent respectivement 32%, 23% et 21% des anatidés et rallidés tués (figure 3). Les autres espèces représentent chacune moins de 7%. Parmi les oies, l'oie cendrée représente 64%, l'oie rieuse 29% et l'oie des moissons 7%. C'est en septembre et en décembre que les prélèvements sont les plus importants avec près de 20 000 oiseaux tués pour chacun de ces deux mois. La part relative des espèces prélevées varie selon les mois. En Août et en Septembre, le canard colvert e st l'espèce majoritairement prélevée (79 et 56% des oiseaux tués respectivement, figures 4 et 5). Pour les mois d'octobre à décembre les prélèvements tendent à s'équilibrer entre colvert, sarcelle d'hiver et siffleur (figures 68), cette dernière espèce devenant majoritaire et représentant près de la moitié (44%) du tableau de chasse en janvier (figure 9). En fait, cette variabilité intermensuelle semble liée d'une part à la chronologie des mouvements ou à l'abondance immédiate des populations sur le département et d'autre part au nombre de jours passés à chasser. En effet, le nombre d'oiseaux tués est fortement corrélé au nombre
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d'oiseaux posés et au nombre de jours de chasse (r²>0,80 ; p<0,0001). En moyenne, le nombre d'anatidés et de rallidés tués représe nte 67±4% (moyenne±se)des oiseaux posés avec cependant de larges extrêmes (21% pour l'oie cendrée et près de 90% pour la foulque macroule, le garrot à œil d'or et le fuligule milouinan). La part relative des espèces chassées diffère avec celles des effectifs estimés sur la zone Europe de l'Ouest – Russie (figure 3 et 10). Globalement il n'y a pas de relation directe entre l'abondance des espèces et leur part relative dans le tableau de chasse (figure 11), certaines espèces très abondantes représentent une part relativement plus faible dans les prélèvements (morillons, poule d'eau, sarcelle d'été notamment) et inversement (colvert, siffleur, sarcelle d'hiver). Le taux de prélèvement dans le département du nord représente entre 0,01% et 1,6% (canard chipeau) de l'effectif estimé des populations à la mi janvier (figure 12). Les simulations basées sur le succès reproducteur, indiquent que ce taux serait inférieur à 0,8 ou 0,6% par rapport à la taille estimée des populations après la période de reproduction. Les prélèvements des anatidés et des rallidés ne sont pas constants au cours de la saison de chasse. Le canard colvert, le canard souchet et la sarcelle d'hiver sont des espèces fortement prélevées à l'ouverture (figures annexe 1). Des pics de prélèvements surviennent irrégulièrement mais ils sont particulièrement marqués durant l'une des deux ou les deux périodes de froid pour le canard chipeau, le canard siffleur, la sarcelle d'hiver et la foulque macroule (figures annexe 1). Chez les espèces les plus prélevées, le nombre d'individus tués par la chasse varie significativement (p<0,001) au cours du cycle nycthéméral et cette distribution diffère entre les espèces (Annexe 3). Près d'un quart des colverts sont prélevés au vol (hors nuit), alors que les sarcelle s d'hiver sont plutôt prélevées en fin de nuit et à la passée du matin et les siffleurs à la passée du soir et en début de nuit. Globalement, les prélèvements d'une espèce par rapport à une autre sont faiblement corrélés (rs<0,65 ; p<0,05) sauf entre le canard colvert et la sarcelle d'hiver (rs; p<0,0001 ; tableau 1 et annexe=0,782 2). Les corrélations les plus fortes sont constatées pour les paires : Chipeau/Siffleur, Colvert/Sarcelle d'hiver, Foulque macroule/Morillon, Milouin/Siffleur, Morillon/Sarcelle d'hiver, Oie cendrée/Siffleur, Pilet/Siffleur et Sarcelle d'hiver/Souchet (tableau 1). La température minimale à Berlin et l'heure de coucher du soleil sont, parmi les paramètres physiques, les plus fortement corrélés au nombre d'oiseaux prélevés par espèce (tableau 2). Les corrélations sont majoritairement négatives
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indiquant que plus la température ambiante à l'Est ou l'heure de coucher du soleil est faible plus le nombre d'oiseaux tués augmente. Toutefois, les coefficients de corrélation restent relativement faibles (|rs|<0,60 ; p<0,0001). Pour toutes les espèces, les prélèvements ne suivent pas une distribution normale (ou gaussienne). Par exemple, pour les 3 espèces d'anatidés les plus prélevées (canard colvert, canard siffleur, sarcelle d'hiver), moins de 10 individus de chaque espèce sont prélevés sur 50 à 60% des installations et plus de 115 canards par espèce sont prélevés sur moins de 50 huttes (10% ; figure 13). Plus de 80% des oiseaux appartenant à ces trois espèces sont prélevées sur 40% des huttes seulement, ce qui signifie que moins de 20% sont tués sur 60% des huttes (figure 14). Alors qu'au moins un colvert est prélevé sur quasiment toutes les huttes (98%), la sarcelle d'hiver et le canard siffleur sont prélevés sur 88% et 67% des installations respectivement.
2. Les limicoles. Sur l'ensemble de la saison de chasse 2002/2003, 11 196 limicoles ont été prélevés sur les installations spécifiques à la chasse de nuit dans le département du Nord. La bécassine des marais et le vanneau huppé repré sentent ensemble environ 75% des limicoles prélevés sur l'ensemble de la saison (figure 15). La part relative de chacune de ces deux espèces est variable en fonction des mois, mais cellesci demeurent majoritaires dans le tableau de chasse quelle que soit la période (figures 1621). Le pluvier doré par exemple représente une part relativement constante du tableau de chasse d'un mois à l'autre. Le courlis cendré en revanche atteint sa proportion la plus élevée (18%) en fin de saison. La bécassine des marais et le vanneau huppé qui sont les espèces proportionnellement les plus prélevées sont également parmi les plus abondantes sur leur aire de répartition géographique regroupant l'Europe de l'Ouest et la Russie. Le Chevalier combattant fait cependant exception (figure 22). Comme chez les anatidés, des espèces très abondantes sont moins représentées dans le tableau de chasse annuel et inversement pour la bécassine des marais et le vanneau huppé notamment (figure 23). Globalement, pour l'ensemble des espèces, le taux de prélèvement est compris entre 0,004 % et 0,2 % de l'effectif estimé à la mijanvier (figure 24). Les simulations basées sur le succès reproducteur, indiquent que ce taux serait inférieur à 0,1 % par rapport à la taille estimée des populations aprè s la période de reproduction.
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Les prélèvements des limicoles ne sont pas constants au cours de la saison de chasse. Pour certaines espèces (barge à queue noire, chevalier combattant) les prélèvements maximums se font à l'ouverture (figures annexe 2). Les bécassines des marais et sourde sont majoritairement prélevées entre la fin septembre et la mi octobre alors que des pics de prélèvement sont constatés durant les vagues de froid pour le chevalier gambette et le courlis cendré (figures annexe 2). Les prélèvements d'une espèce par rapport à une autre sont pas ou faiblement corrélés (|rs|<0,62 ; p<0,05), sauf entre le chevalier arlequin et le chevalier gambette (rs; tableau 3). Les prélèvements de la=0,74 ; p<0,02 bécassine des marais et du chevalier combattant sont négativement corrélés à l'heure de lever du soleil (tableau 4), les températures ambiantes n'ayant pas d'influence (p>0,10). En revanche, le nombre de bécassines sourdes, de chevaliers gambettes, de courlis cendrés de pluviers dorés et de vanneau huppé tués est davantage lié aux températures de Londres et/ou de Berlin (tableau 4). De même que pour les anatidés, les prélèvements de limicoles ne sont pas distribués de manière normale. Par exemple, environ 50% et 85% des bécassines des marais et des vanneaux huppés sont prélevés sur seulement 10% et 40% des installations respectivement.
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Discussion. La connaissance des tableaux de chasse devient un élément majeur pour améliorer nos connaissances sur le fonctionnement démographique des populations et pour comprendre comment la chasse au gibier d'eau peut s'inscrire dans une utilisation raisonnable et durable des ressources naturelles (Williams et Johnson 1995). Néanmoins, au recueil, à l'analyse et à l'interprétation de ces informations sont associés de nombreuses difficultés et obstacles. La première difficulté relève de l'acquisition de données quantitatives et qualitatives précises, réelles et suffisantes. Au vu du nombre de chasseurs actifs, une telle démarche de collecte ne peut se faire qu'avec une contribution forte des chasseurs sur la base d'une confiance solide entre le donneur et le demandeur (ou l'utilisateur) de l'information, ce qui est le cas entre les chasseurs du département du Nord et leur fédération départementale. L'analyse des prélèvements sur l'ensemble des installations spécifiques à la chasse de nuit, telle qu'initiée par la Fédération départementale des chasseurs du Nord, selon une méthode dite exhaustive, apporte des informations très précieuses non seulement sur le rôle de la chasse en terme de mortalité directe mais également sur la distribution et la fréquence des prélèvements. La réglementation actuelle sur la chasse de nuit impose à chaque propriétaire d'installation de renseigner annuellement un carnet de prélèvement. Celui proposé par la Fédération des chasseurs du Nord est particulièrement complet (Annexe 5). Le nombre d'individus prélevés de chaque espèce est indiqué pour chaque jour de chasse ainsi que le nombre d'oiseaux posés sur la mare. Les anatidés sont quasiment exclusivement prélevés à partir des installations de chasse de nuit (sauf pour le canard colvert dont une part très faible mais non exhaustivement chiffrée est prélevée en dehors des installations). En revanche les rallidés ainsi que les limicoles sont également tués en dehors des installations signifiant que les données présentées ici pour ces espèces ne représentent pas le prélèvement total réalisé dans le département. Avec un taux de réponse de 78%, cette méthode exhaustive de recensement est jugée comme très efficace, mais il est nécessaire de pouvoir apprécier la signification des cas de non réponse (Asferg 2005). En fait, les 22% de non réponse correspondent surtout à des installations sur lesquelles la chasse se pratique très peu voire plus du tout (Auroycomm. pers.). Comme la quasitotalité des chasseurs de gibier d'eau (10 000 sur les 28 000 chasseurs que compte le département) pratiquent leur activité à partir des installations de nuit, les données recueillies et analysées pour les anatidés surtout
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peuvent être considérées comme très proche des prélèvements totaux réellement réalisés. La part très variable de chaque espèce dans le tableau de chasse souligne la nécessité de différencier chacune d'elle et de ne pas fonder une analyse sur des groupes d'espèces (canards, oies, limicoles par exemple). Ceci est d'autant plus capital que l'abondance relative de chaque espèce dans le peuplement diffère largement et que le taux de prélèvement est très variable d'une espèce à l'autre. Le nombre d'oiseaux tués à la chasse est fonction d'une part de la présence des oiseaux mais également de celle des chasseurs et la contribution à la variabilité des prélèvements de chacun de ces facteurs n'est probablement pas constante selon l'espèce, l'emplacement de l'installat ion et le jour de chasse.De surcroît, nos résultats montrent que la proportion d'oiseaux tués relativement au nombre d'individus posés est également variable. La présence des oiseaux est principalement influencée par la répartition, la stratégie migratoir e et les conditions météorologiques. Certaines espèces comme le canard colvert, le canard souchet, la sarcelle d'été, la barge à queue noire et le chevalier combattant sont principalement présentes à l'ouverture. La majorité des espèces est plutôt mais irrégulièrement prélevée en octobre et novembre au cours de leur passage migratoire, mais certaines davantage lorsque les conditions météorologiques dans le Nord et dans l'Est de l'Europe se dégradent. Ainsi, des pics de prélèvements sont constatés durant les périodes exceptionnels de froid intense pour le canard chipeau, la sarcelle d'hiver, le canard siffleur et le courlis cendré qui sont probablement contraints de fuir leur s zone s d'hivernage habituelles situées plus au Nord et à l'Est. Il faut cependant pr éciser que ces pics ne correspondent pas au maximum cumulé des prélèvements de la saison, la plus grande part du tableau de chasse pour ces espèces (50% pour le courlis cendré à 84% pour la sarcelle d'hiver) étant réalisée endehors de ces accidents météorologiques. A priori, on pourrait envisager qu'un plus grand nombre d'oiseaux est tué durant les périodes de pleine lune qui offriraient davantage de luminosité pour le déplacement des oiseaux et faciliteraient le tir des chasseurs. En fait, ce facteur infl uence très peu le prélèvement des anatidés voire pas du tout celui des limicoles. La distribution des prélèvements ne suit pas une loi normale, ce qui rejoint Fowler et Cohen (1982) qui énonçaient ce même biais lorsqu'il s'agit d'analyser des données correspondant à des recensements (dénombrement d'individus). Comme le montre nos données, la majorité des oiseaux sont prélevés sur un nombre limité d'installations, et moins de 15% du tableau de chasse des espèces les plus chassées est réalisé sur 60% des installations. La distribution des prélèvements induit ainsi un très fort biais dans le
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