Brochure révisée veille

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Brochure révisée veille

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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INTELLIGENCE STRATGIQUEETVEILLE ¥clairer la ralit, gagner en libert dÕaction intelligence stratgique(notion plus vaste que celle dÕintelligence conomique) recouvre toutes les activits organises qui visent  acqurir une information de valeur stratgique,  lÕinterprter pour la rendre utilisable en vue de lÕaction, et  la faire parvenir aux dcideurs au bon moment. Cette valeur stratgique se mesure notamment  la capacit que confre lÕinformation (ici entendue comme Ç les nouvelles È) de rduire lÕincertitude  laquelle est confront tout dcideur, de lui fournir des lments de choix voire dÕanticipation et de faire gagner du temps et de la libert dÕaction (notamment par rapport  un rival ou  un adversaire). QuÕest-ce que sÕinformer(et information stratgique)? ¥Des informations pertinentes et vraies, un but stratgique et juste  temps La recherche dÕinformation (terme qui peut recouvrir aussi bien des donnes stockes quelque part que des messages circulant, des ÇnouvellesÈ ou des connaissances relies  un ensemble d'autres connaissance) est indispensable pour tout organisation. LÕinformation qui nous concerne ici doit rpondre  des critres de : - pertinence (en quoi elle concerne notre projet stratgique et se traduit, par exemple, en termes de dangers et opportunits) - authenticit (bien maner de la source dsire) et vracit (bien dcrire la ralit) - ÇfracheurÈ (parvenir  temps pour lÕaction) - exhaustivit (bien couvrir lÕensemble du sujet) - etc.. Desqualitsparfois difficiles  concilier avec la dtection des signaux faibles ¥L'information et sesennemis:dsinformation,surinformationAcqurir lÕinformation, cÕest aussi se prserver de plusieurs dangers : ¥ ladsinformationdlibre (La dsinformation consiste  propager dlibrment des informations fausses pour influencer une opinion et affaiblir un adversaire.) ¥ lasurinformationaccrue par la surabondance de texte et images disponibles sur le Web. La surinformation avec ses inconvnients (impossibilit dÕtre exhaustif, problmes de temps, difficult de remonter  la source primaire, confrontation  la circulation circulante de lÕinformation..) prsente un autre danger : lÕabondance cre la redondance. En dÕautres termes, on sÕaperoit souvent que le trs grand nombre documents disponibles recouvre une norme part de rptition et traite souvent des mmes sujets. Lasurinformationrenvoie donc  la msinformation (la situation de celui qui, finalement, en dpit des sources disponibles, nÕarrive pas  savoir lÕessentiel) et  la question de lÕagenda (qui dcide de quoi on parle et ce qui fait dbat ?). Du coup, le vrai pouvoir devient celui de faire l'agendaou d'attirer l'attention. ¥ lesecret prolifrant notre poque
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Paradoxede notre socit dite de lÕinformation et qui se rclame tant des valeurs de transparence : le nombre dÕinformation secrtes (cÕest  dire dlibrment conserves confidentielles par desstratgies, des procdures lgales ou techniques, est en augmentation exponentielle : secret dÕtat, secret technique ou dÕentreprise, informations dites sensiblesÉ ¥ chacun doit aussi tenir compte de ses propresbiais cognitifs(mode de perception, dÕinterprtation ou de raisonnement erron et rcurrent) et ses propres catgories idologiques ¥ Letrajetde lÕinformation : des faits au savoirSÕinformer ne consiste pas  accumuler des donns, mais  les traduire en connaissances oprantes, et surtout  poser les bonnesquestions.La propagation des informations et des ides obit  desrglespropres. ¥Les sources et le sensQualifier les sources, comprendre la nature desmdias: qui mÕinforme, dans quel but, comment a t traite lÕinformation quel sens acquiert-elle pour moi ? etc ¥ SÕinformer dans le monde de lÕimprim: logiques du classementDans la graphoshre (pour employer le vocabulaire de lamdiologie) ou systme de transmission domin par lÕimprim, lÕinformation est fixe sur un support matriel, range quelque part, fixe  une date de publication (livre ou article), dont le contenu est accompagn de tout un appareil dit mta-textuel et son classement obit  un nomenclature fixe. Nous parvenons au texte qui nous intresse par un systme de recommandation (valuation des pairs, citations, opinion de professionnels de la lecture, rputation..) et en fonction de sa place sur "l'arbre de la connaissance". Nombre de connaissances informelles nous aider  valuer a priori la valeur d'un texte.
¥ LÕinformation et lÕimage: les piges de lÕinterprtationLes pouvoirs de lÕimage (gnratrice dÕmotions, toujours construite, particularisante, difficile  mettre en perspective, utilise par des stratgies,manipulable..) on t largementcritiqusRaison de plus pour rechercher un Çbon usage des mdiasÈ
¥ La sphrenumrique: une cartographie de lÕattention Quand lÕinformation est  la fois numrise et en rseaux, nous devons dlguer la tche de recherche (tche qui consiste dsormais non pas  trouver physiquement un livre ou une revue, mais  se dplacer dans des flux dÕinformation) : nous dpendons de Çprothses smantiquesÈ, des machines qui interprtent notre dsir de savoir (comme des moteurs de recherche) mais aussi de lÕopinion dÕautres internautes qui en crant ou recommandant des liens, en participant des classifications collaboratives (folksonomies) etc. dirigent notre navigation. Sur Internet, nous nÕavons pas besoin de cartes (qui indiquent o est quoi) mais dÕquivalents lectroniques des portulans (une carte nautique qui indique surtout des routes  suivre). Dans le Web 2.0 s'ajoute un problme supplmentaire : la prolifration des sources (blog, forums, parfois simples commentaires sur les rseaux sociaux type Twitter ou Facebook...) dont l'opinion peut avoir un impact sur votre activit, mais dont le reprage peut se rvler plus dlicat que celui
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de sites institutionnels.
Veille: buts et techniquesLa veille suppose la surveillance organise de lÕenvironnement, pour y dceler des menaces ou des opportunits. Mme si le terme sÕemploie hors du domaine conomique (Çveille sanitaireÈÉ), il se rencontre surtout dans le contexte de lÕentreprise : la veille sert  dtecter, analyser, faire savoir au sein de sa propre organisation quels facteurs nouveaux peuvent affecter son fonctionnement et ses rsultats. La veille sÕinscrit dans une perspective dÕanticipation au service de la dcision stratgique : d'o l'importance du "nouveau" et du facteur temps. CÕest un lment dcisif de lÕintelligence conomique, mais un lment seulement (avec la protection du patrimoine informationnel -l'aspect scuritaire - et avec l'influence dont il sera question plus loin). En effet, contrairement  la documentation qui est la recherche, le classement et la description de lÕinformation en soi, la veille est centre sur la dtection Ç juste  temps È des signaux dÕactualit ; elle est donc oriente vers le changement.
¥ Brve histoire politique, conomique et culturelle de la veille
Si laveille(comme en gnral le processus cognitif de lÕintelligence conomique) est pratique depuis quelques sicles, elle sÕest dveloppe et systmatise au cours des dernires dcennies en mme temps que les Technologies de lÕInformation et de la Communication (p.e. : la rvolution des sources ouvertes sur Internet) et dans le cadre de lÕconomie de lÕimmatriel. Elle est caractristique de notre socit que lÕon nomme Çde lÕinformationÈ, ÇdurisqueÈ, ÇenrseauxÈ.
Retenons :
- Que cÕest une dmarche volontaire et organise. Il sÕagit de rechercher lÕinformation formelle (le plus souvent fixe dans un document) ou informelle (recueillie  lÕoccasion de contacts ou dplacements) non pour sa valeur culturelle, distractive, esthtique, morale ou autre mais en tant quÕelle rpond  une question explicite ou implicite (elle peut porter sur une tendance lourde, sur la dcision, lÕintention ou la simple prdisposition dÕun acteur, sur de simples opinions que partagent diverses parties prenantes, sur une formule scientifique. La question est spcifique   chaque organisation en veille.
- Que cette question porte sur une valeur, favorable ou dfavorable, danger ou opportunit, en fonction du dessein stratgique - QuÕil nÕest jamais question que du temps. LÕinformation pertinente nÕa de sens que si 1) elle parvient  temps pour prendre la dcision ncessaire 2) si son acquisition prend un temps raisonnable 3) si cette acquisition est conciliable avec la protection de la scurit de ses propres informations. 4) si cÕest aussi est aussi un moyen de gagner du temps. Savoir quelle loi sera adopte, quel type de crise vous menace, comment voluera le march ou la recherche scientifique, ce que fera la concurrence, etc., cÕest conomiser des investissements, des efforts et de lÕintelligence inutiles.
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- Que la veille est une activit continue, chaque rponse trouve appelant idalement une nouvelle question en un "cycle du renseignement" dcrit ailleurs, ce qui la distingue de la simple recherche ponctuelle d'information.
¥ Dtecter,qualifier, valuer, rapprocher, questionnerÉ
La veille est unprocessusqui comprend aussi bien la formulation des recherches, que la collecte de lÕinformation proprement dite, lÕvaluation, le traitement, la diffusionÉ, et qui aide  reformuler dÕautres questions plus fines, dans un mouvement dynamique
Il faut
- Poser les bonnes questions (dterminer des axes de veille, les thmes, les secteurs de lÕenvironnement  surveiller prioritairement et en fonction de ses choix stratgiques) - Collecter lÕinformation ce qui veut dire se la procurer en allant  des sources humaines ou documentaires. Certains y ajoutent aussi les sources dites Ç formelles internes È, pour dsigner les informations que lÕon possde dj quelque part dans lÕentreprise ou lÕorganisation, mais qui nÕont pas t exploites. Nous verrons aussi que lÕon classe lÕinformation en formelle et informelle, blanche, grise et noire... - valuer. Compiler pour compiler nÕa pas de sens : il faut que lÕinformation soit apprcie en termes dÕurgence, de fiabilit, de confidentialit, dÕimportance, etc. CÕest  ce stade que les simples donnes ou nouvelles recueillies commencent  devenir de la connaissance. valuer l'information suppose aussi de qualifier sa source. - Traiter : conserver et classer pour retrouver. - Diffuser : une information qui reste dans une armoire ou sur le bureau du veilleur ne sert  rien. Encore faut-il savoir  qui la faire parvenir, au moment juste, sans enfreindre des rgles de confidentialit, sans surinformer les responsables ce qui quivaudrait  les paralyser. - Le stade suivant est celui de la dcision prise en fonction de lÕinformation rendue cohrente dans son contexte et/ou dÕune nouvelle interrogation qui ouvre une nouvelle rorientation de la veille.
¥ La ou les veilles : types, mthodes et finalits
Il existe toute une nomenclature des diffrentesveilles(technologique, brevet, mdias, concurrentielle, brevets, juridiqueÉ) dont la multiplicit recouvre en ralit quelques grands axes, finalement trs simples.
Selon les cas, on distinguera donc divers types de veille. La liste n'est pas close et varie d'un auteur  l'autre. Mais elle comprend gnralement :
A) La veille technologique Celle-ci porte sur : - les inventions ou innovations qui risquent d'avoir un impact direct sur l'activit - les volutions plus gnrales dans l'univers de la technique (standards dominants, Çkilling applicationsÈ, secteurs porteursÉ) - La veille technologique concerne tout l'environnement scientifique et technique, en tant qu'il peut avoir des consquences
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conomiques positives ou ngatives pour l'entreprise. Certains distinguent de la veille technologique proprement dite, la Ç veille brevets È, qui en est plutt un secteur cl.
B) La veille concurrentielle Elle est trs gnrale et porte sur les produits (leur avenir, leurs qualits, leur comparaison avec ceux qui sont disponibles sur le march) sur les forces et faiblesses des concurrents, sur leurs mthodes de vente, d'organisation, de communicationÉ La notion de veille concurrentielle est trs lie  celle d'analyse comparative (le plus souvent prsente sous l'anglicisme debenchmarking). On emploie galement souvent l'expression Ç meilleures pratiques È. Traduction : que font de mieux nos concurrents et comment pouvons-nous faire aussi bien voire mieux ?
C) La veille commerciale ou marketing Elle est oriente vers l'activit des clients ou prospects mais aussi des fournisseurs et autres partenaires dans la formation du march. Elle recherche quels sont les produits dsirables, quelles sont les capacits des fournisseurs et des partenaires comme les distributeurs, comment se comportera le march (tudes de march). Certains parlent aussi d'une veille produit : connatre les nouveaux produits, leurs forces et leurs prix, les solutions adoptes par les concurrents, le risque et la ralit de la contrefaonÉ Un notion qui, l encore, recouvre trs largement celles que nous venons d'examiner.
D ) La veille rglementaire (dite aussi juridique et rglementaire). Il n'est pas trs difficile d'imaginer de quoi il s'agit : il faut se tenir au courant des lois, des rglements, des volutions de la jurisprudence, des projets de textes normatifs qui peuvent avoir un impact sur son activit. On peut considrer comme un sous catgorie la veille sociale qui porte sur toute la lgislation du travail
E) la veille socitale Cette veille ( ne pas confondre avec Ç sociale È) ou Çsocio-culturelle È recouvre tous les facteurs culturels ou de valeur qui auront un impact sur lÕactivit de lÕentreprise comme toutes les volutions socio-conomiques, gopolitiques. Cela peut comprendre des facteurs comme les modes, les nouveaux besoins ou les nouveaux styles de vie et de consommation, bref les Ç tendances È. Les comportements des consommateurs, leurs nouvelles exigences, leur souci de lÕenvironnement, du commerce quitable ou de la scurit... Toutes les ventuelles actions ngatives contre lÕentreprise, mouvements sociaux, protestations, risques de dstabilisation par lÕinformation rentre dans le mme domaine.
F) La veille financire Son but est de surveiller lÕvolution des marchs, les titres de lÕentreprise et tout ce qui peut en faire voluer la valeur, et bien sr, ceux de la concurrence.
G) la veille mdia Elle dpasse la sempiternelle revue de presse. Le but est de contrler une image, y compris les signaux faibles qui peuvent tre annonciateurs dÕune future crise.
H) Encore dÕautres veilles Certains parlent de Çveille produitÈ ou "veille environnementale" pour tout ce qui concerne lÕaspect lgislatif et rglementaire. DÕautres ajoutent une veille ÇgopolitiqueÈ ou une Çveille paysÈ qui doit dceler les risques internationaux de dstabilisation ou au contraire les opportunits.
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Il faut donner uneplace  part la veillerputationou e-rputation, un secteur qui se dveloppe incroyablement vite sous nos yeux avec desouvragesdontinfluence et rputation,des mthodes desurveillance, desoutilset dessites spcialiss. Ë noter qu'il existe de nombreuxoutils gratuits poursurveiller sa e-rputation. Certains vous permettent de rechercher sur les nouveaux outils des rseaux sociaux, comme Twitter ou Facebook. Il nat de plus en plus de moteurs consacrs  la recherche sur Twitter, Facebook ou autres, donc visiblement avec une vocation  surveiller les rputations numriques (certains reprant mme les mots "positifs" ou "ngatifs" comme Samepoint. Voir par exemple :KurrentlyouPaperliqui agrge des contenus comme un journal, ou encoreIxquick(qui vous permet de vous "anonymiser" au cours de vos recherches en utilisant l'option proxy propose sous chaque lien) Ë noter aussi que la veille de e-rputation amne souvent les entreprises spcialises (et elles prolifrent en ce domaine) ou les logiciels  chercher  identifier les "e-influenceurs" ou encore  qualifier (positif, ngatif, voire dangereux) les buzz naissants, de comparer  la concurrence, etc., ce qui contribue  un faire une veille spcifique.
Les rseaux sociaux et des phnomnes dits "Web 2.0" comme le blogging se sont dvelopps  un tel rythme que les entreprises (et les institutions, voire mme les individus deviennent de plus en plus soucieux d'une image qui peut tre bouleverse trs rapidement sur le Net. Le monde de la veille change incroyablement vite, et pas seulement parce que de nouveaux outils apparaissent ou que d'autres disparaissent ou disparaissent et annoncent qu'ils vont renatre comme feu (?) l'excellentKartoo. Les pratiques des internautes changent aussi tandis que les nologismesfleurissent sur le Web 2.0 mais aussi les nouveaux instruments de veille dont vous trouverez ici unenomenclature.complte de l'excellent Digital Reputation Blog.(ici celle trs
La veille peut tre un remde ou un pralable  une ventuellecommunication de crise. Le tout en fonction de deux facteurs nouveaux : la vitesse de propagation sans rapport avec ce que l'on connaissait autrefois, mais aussi une certaine imprvisibilit : la difficult de savoir d'o "partira" (et avec quel succs) une rumeur ou un jugement influents.
Ë la fois pour se tenir au courant d'un ventuel buzz ngatif, ou des prmices d'une crise et pour comprendre comment son identit est reflte sur la Toile (notamment auprs de clients actuels ou ventuels) et pour choisir les stratgies appropries, l'entreprise s'intresse de plus en plus  ce secteur. De nombreux blogs en traitent avec talent commeCadderputationouE-rputation.orgouopinion-watch.
¥ Lesrglesdu jeu
La diffusion de lÕinformation sur Internet est  comparer  celle desmdiasclassiques et notamment  lÕancienne notion demass media.
D'o l'importance de connatre le mode de production et de circulation de l'information sur ce mdia : voir la question des sources primaires, des responsabilits ditoriales sur le contenu ou le mode d'accs aux documents.
¥ Logique, piges et principes de la veille surInternetLa veille sur Internet nÕest pas quÕune
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affaire de bons logiciels ou de bonnes adressesÈ : face au caractre apparemment inpuisable de lÕinformation disponible, quelques stratgies de gain de temps et dÕeffort.
Ce qui ne peut se faire sans quelquesrecettesque chacun doit adapter  son cas et souvent rinventer en fonction de ses besoins. Dfinissez d'abord uncadre: votre besoin, les hypothses pralables, les dimensions du sujet, ce que l'on sait dj sur le sujet, la mthode du coup de sonde, les mots clefs (en attendant le Web smantique..), les sources prioritaires Le choix desoutilsde recherche : spcialiss, gnralistes ? mais voir aussi les fils RSS, les newsgroups, la fonction alerte, les forums, les blogs.... L'infopushetpull. Les sites qui font le travail  votre place. Par exemple, le systme des alertes peut faire gagner beaucoup de temps : vous recevez l'information slectionne suivant vos critres.Google Alerts,Social Mentioplus orient rseaux sociaux,Surchursont des exemples. Ou encoreTopsypour les alertes sur les mdias sociaux. L'valuation dessources: Pourquoi ce site fournit-il cette information ? Est-il militant ? Dans quel sens va gnralement la conclusion de ses articles ? SÕest-il tromp par le pass ? A-t-il rpercut des rumeurs sans les vrifier ? Est-ce une source primaire ? etc. Comment faire des tests. Enfin et surtout, il faut analyser lersultatde sa premire veille (par exemple en comparant les mots employs dans divers articles). Des ides force doivent trs vite se dgager qui vous permettront dÕaffiner la recherche. viter de suivre tous les liens Ð ce qui quivaut  travailler par association dÕides : ce peut-tre fcond pour trouver lÕinspiration, mais c'est surtout redoutable pour perdre son temps et son fil en chemin.
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Qute dÕinformation : lanouvelle donne
¥Web 2.0: facilits et fragilits
Prsent par les uns comme un concept marketing, par les autres comme une rvolution (la combientime ?), le Web 2.0 est de lÕavis mme de ses inventeurs une notion vague et changeante. Des ralits technologiques qui rencontrent des usages sociaux avec des enjeux conomiques en arrire-plan.
Quelques principes :
- LÕexternalisation et hybridation des fonctions. On sort dÕune logique o les utilisateurs possdent chez eux des machines avec des logiciels, vou chacun  une tche spcifique, puis vont grce  des moteurs de recherche guidant des navigateurs sur des sites plus ou moins stables contenant les donnes susceptibles de les intresser. On rentre dans une logique o selon lÕexpression souvent rpte Çle web devient une plate-formeÈ. Il tend  remplacer les applications par les services en ligne. Avantage collatral : plus besoin dÕutiliser constamment un ordinateur puissant : certaines applications en ligne peuvent trs bien fonctionner avec un tlphone mobile ou un autre appareil. - LÕÏuvre collective. CÕest un mlange de Ç tous metteurs È et Ç tous prescripteursÈ. DÕun ct les possibilits dÕexpression sur les blogs, le forums de discussion, les divers systme de commentaire, sÕlargit. De lÕautre le Web intgre et exploite lÕopinion que lÕon met directement ou indirectement. Nous sommes sans cesse en train de voter pour Çle plus populaireÈ, et, accessoirement, de nourrir  nos frais (au moins en termes de temps pass) une activit commerciale. Nous faisons notre propre marketing. - La Ç production par les pairs È sÕtend aux instruments et vecteurs eux-mmes : ce sont les utilisateurs qui, profitant des sources ouvertes, amliorent les logiciels en perfectionnant les codes publis par les autres, proposent leurs propres logiciels. - La logique du renouveau perptuel et pour le contenu (on ne visite plus des sites, on suit leur volution sur le fil ; on ne se documente plus une bonne fois sur un thme, on reoit des flux dÕinformations au fur et  mesure de leur apparition, on sÕabonne, etc.) mais aussi pour les vecteurs : les logiciels et les services sont en perptuelle rorganisation, toujours en train de changer de version. CÕest le rgne de la Ç version bta perptuelle È.
¥ Savoir dans uneconomie de lÕimmatriel
Les notions de l'conomie de l'immatriel (ou de la connaissance) expliquent l'avantage dcisif que possdera celui qui accde  l'information ncessaire avant le autres.
¥ Veille et risques
Notre socit sÕest longtemps pense dans une perspective de protection croissante des individus, de matrise de la techno-science et de prdictibilit. Or voici quÕil est question dÕune socit Çdu risqueÈ, comme si, aprs la rpartition des biens (socits industrielles librales contre socits communistes) ou aprs la rpartition de lÕinformation, la question cruciale tait devenue celle du
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partage de lÕinscurit et du malheur entre les rgions, les gnrations ou les individus. La notion decrisedevient cruciale, surtout sur leWeb: qu'il s'agisse de sagestion, decommunication, la question renvoie toujours  celle de sa dtection et de son anticipation  l're duWeb 2.0
¥ Enjeux et conflits
Il faut penser cette mutation en terme de conflits depouvoirvoire deguerre de l'information.
¥ De la veille  lÕinfluence
Si, pour l'intelligence conomique, la veille n'a de sens que prolonge par l'influence (la capacit de modifier les perceptions et jugements des acteurs jouant un rle stratgique,  commencer par l'opinion) le Web 2.0 introduit non seulement des facilits pour mieux faire ce qui se faisait autrefois sur le Web 1 (publier, discuter, s'informer, ventuellement lancer des rumeurs ou des mobilisations) mais la logique mme de ce nouveau dit collaboratif en fait unoutil d'influence.
- C'est le rgne du "ne hassez pas les mdias, devenez les mdias". Le Ç tous mdias È. Cela nÕimplique pas seulement que chacun puisse sÕexprimer sur la Toile : les Çsites personnels", les forums, les chats et les groupes de discussion ne datent pas dÕhier. Mais dsormais, en ces temps de journalisme citoyen, chacun peut faire bien mieux que de poser quelque part des textes ou des images que tout internaute pourra consulter. De plus, lÕamateur le moins dou dispose de facilits de documentation que nÕaurait pas eu le directeur du plus grand quotidien il y a quinze ans. Et comme rien ne se perd sur Internet, tout est archiv quelque part, attendant dÕtre ractiv par la mmoire. La technique sÕtant simplifie  lÕextrme, il est enfantin de crer un blog, instantanment modifiable, de lÕillustrer, de crer des liens de rfrences mutuelles avec dÕautres blogs et sites. La ÇcitationÈ y compris la citation en image qui met en ligne de brves vidos, tournes par lÕauteur ou recopie ailleurs, devient trs simple. Enfin les lieux dÕexpression se sont multiplis : quel est le journal qui nÕoffre pas une possibilit de crer son blog ? NÕest pas demandeur des photos numriques dÕactualit des lecteurs ? NÕouvre pas des forums de discussion ? Allons plus loin : notre opinion est perptuellement sollicite.Exprimez vous. Votez. Donnez votre valuation. Recommandez  des correspondants. Indiquez quel est votre site favori. Signalez des liens intressants. Participez  la dfinition des mots clefs qui serviront  rfrencer cette page. Dposez votre photo, votre vido, vos liens favoris et soumettez les au jugement de tous les internautes. Activez vos Çrseaux sociauxÈ.
- Tous mdias implique Çtous expertsÈ. Chacun peut prsenter sa version de la ralit ou exprimer son jugement de faon dÕautant plus gale quÕelle est anonyme. LÕexemple le plus clbre est celui de Wikipedia, lÕencyclopdie collaborative base sur le volontariat et lÕintelligence collective. Mais lÕamateur peut corriger en ligne le texte quÕun spcialiste mrite vient de dposer, le malin placer sa petite publicit, le pervers diffamer, le partisan rpandre ses thses et supprimer celles des adversaires, les groupes organiss infiltrer le trs modeste systme de vrification et scurisation mis en place. Il y a donc lutte entre la stratgie de lÕaltruiste (contribuer pour augmenter la quantit globale dÕinformation vraie et pertinente, la richesse immatrielle commune) et la stratgie du parasite (en profiter pour implanter des donnes favorable  ses
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intrts ou lubies).
- ÇTous mdiasÈ peut aussi impliquer : - Tous stars un quart dÕheure : des flux dÕattention, mesurables en milliers de visites dÕinternautes peuvent se dverser sur une page inconnue ou presque, selon des rgles trs difficiles  identifier. - Tous doubles : chacun peut crer autant de pseudonymes et prendre autant dÕidentits quÕil veut, voire vivre une seconde existence dans Second Life une certaine poque.
- Tous en tribu : le Web 2.0 cÕest le royaume de lÕchange, du miroir, de lÕalliance temporaire, du rassemblementÉ Tout renvoie  tout par rfrence, lien, citation, discussion,É et des communauts sÕagrgent instantanment pour se dissoudre parfois aussi vite. Ces tribus ou plutt ces rseaux ont deux caractristiques. Ils sont dÕabord d'affinit : il faut avoir t attir par un intrt personnel quelconque, partager certaines croyances,valeurs ou au moins des thmatiques pour y entrer. Ils sont ensuite informationnels, en ce sens qu'il ne sÕy change que des discours, des images et des signes. Cette double caractristique leur confre  la fois une puissance de mobilisation et la facult plus inquitante de crer des Ç bulles È informationnelles, fermes  la critique extrieure.
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Approches de la veille Pour complter "s'informer", "information stratgiqueetVeille
Les deux premiers problmes que posent au veilleur sont de trouver lÕinformation, mais aussi de lÕvaluer avant de commencer  lÕexploiter. Il est facile de trouver sur Internet des "guides" qui rcapitulent les principes de base, voire des grilles que chacun peut adapter  sa guise. voir : ¥ ces documents sur la recherche d'informationsur Internet, ¥ les grilles d'valuation dites "sapristi", ¥ ces critres de "netscoring, " ¥ cettemthodeou cetteautrevenues du Canada Nous avons vu combien la qute de lÕinformation a t bouleverse par le passage de lÕimprim  la forme numrique. Il ne sÕagit plus de trouver un Ç objet È, le bon livre, le bon article au bon endroit en suivant une piste dj balise par dÕautres (les critiques, les bibliothcaires, les Ç pairs È qui, dans le milieu universitaire, valident la valeur scientifique dÕun discours par leur Ç revue È). De plus il nÕest dsormais plus aussi facile de distinguer la source primaire ou lÕtat dfinitif du texte, pas plus que sa classification officielle dans lÕensemble des genres ou des disciplines dÕun simple coup dÕÏil (comme on peut le faire en regardant la couverture et dernire page dÕun livre). Ni de savoir immdiatement qui est auteur, diteur, imprimeur, commentateur, quel est le texte mme et les citations, les notes, les rfrences, et ainsi de suite, comme devant un livre. Les trajets qui mnent  lÕinformation numrique peuvent se classer en trois catgories principales : routine (nous avons visit des sites que nous connaissons ou un forumÉ), recommandation (quelquÕun nous a indiqu cette source soit explicitement, soit implicitement par un lien hypertexte ou en participant  sa classification comme dans une folksonomie) ou enfin, algorithme (un moteur de recherche a trouv ce qui correspondait  notre formulation de mots-clefs). Bien entendu, il peut y avoir un mlange des trois (p.e : un fil Rss que nous avons suivi nous a men  un lien qui nous a suggr un sujet dÕintrt qui nous a amen  formuler une requte et ainsi de suiteÉ), parfois en une exploration hasardeuse mais fconde que lÕon a baptise Ç srendipit È). Ds lÕamont, des diffrences peuvent se manifester : - dans la faon quÕa chacun de cerner le sujet de sa recherche, ses limites (nÕoubliez pas que notre seul vrai problme est le temps) - dans le choix des sources et des outils de recherche plus ou moins spcialiss - dans la faon de poser sa question de fond - dans la manire de formuler sa requte. Dans tous les cas, il y a de fortes chances que notre trajet soit diffrent de celui de notre voisin,
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