BUC EN YVELINES PRES VERSAILLES

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BUC EN YVELINES PRES VERSAILLES

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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BUC EN YVELINES près Versailles
Je suis arrivée à BUC (ancienne Seine et Oise) aujourd’hui dans les Yvelines, en octobre 1954. Je venais de quitter une ville de la périphérie parisienne où mes parents tenaient une pâtisserie et, je me retrouvais soudainement dans un entourage de conte de fées, devant un château magnifique entouré d’un parc immense ! Le bonheur quoi… pas tant que ça au début…. Mais quel était donc ce château ? Le château du Haut-Buc (photo Ch.Tétard ©) NOTREMAISON,ELLEAUSSIA SONHISTOIRE.Dans le fond de la vallée de la Bièvre se trouve donc une petite bourgade s'étendant en un long ruban. Elle est traversée par une construction tricentenaire que l'on doit à l'Ingénieur GOBERT et qui lui conserve l'image d'un passé, certes révolu, mais ô combien prestigieux ! Ce village BUC se trouve à quelques pas de VERSAILLES, et, s'il a désormais sa propre identité, il fut, jadis, du temps de ses seigneurs, partie intégrante duGRAND PARCdont l'enceinte l'englobait avec d'autres villages alentours. Cet aqueduc est, il est vrai, un véritable monument mais, cette petite ville garde, également, parfois cachées aux yeux des promeneurs, quelques maisons dignes d'une HISTOIRE par comme les autres ! Depuis plus de vingt ans, BUC est devenu une ville où, semble-t-il, il fait bon vivre, bourgade moderne possédant encore quelques beaux spécimens de châteaux ou demeures somptueuses dont certaines arrivent tout droit de l'époque où Louis le Treizième parcourait la campagne en quête de giboyeux terrains de chasse, montrant à son fils du bout de sa lorgnette l'étendue de ses domaines, ce qui donna ma foi à ce jeune futur roi, l'envie de s'y faire construire le plus magnifique des châteaux, digne de sa propre magnificence, lui qui se prenait pour le SOLEIL en personne … Certaines de ces belles demeures ont subi des ravages, furent même mises à bas, pour renaître, sous d'autres temps, figurant à nouveau la splendeur de jadis en des agencements que l'Art, même s'il n'est pas tout à fait authentique, a malgré tout touché de son aile. Cette maison où nous venions d’arriver, peu après la seconde guerre mondiale, je l'ai aimée, pour ma part, passionnément ! Maintenant qu'elle n'est plus, que des machines meurtrières ont abattu ses pauvres murs lézardés pour ne laisser qu'un paysage au relief façonné et, il est vrai, agréablement agencé, il est juste de se pencher sur son passé au travers d'une recherche qui me conduisit à sa genèse ou presque… Peut être, que toutes les âmes immortelles qui ont laissé leurs traces invisibles dans ces murs évanouis, vagabondent encore au-dessus de ce sol planifié… Je ne sais, mais une chose est certaine,
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elles ont du hurler de peine de se voir arracher de cet abri qui les empêchaient encore de sombrer tout à fait dans l'oubli !
Notre maison de BUC, avant sa destruction envahie déjà par la nature qui inexorablement reprend sa place (Photo de Christian TÉTARD 1990© ) La nouvelle demeure qui nous avait été octroyée était quasi inhabitable en l'état : parquets soulevés par les champignons, papiers dépeints datant du déluge…carreaux brisés aux fenêtres BREF ! Nous arrivions dans une "maison" laissée telle qu'elle par l'ancien occupant allemand durant la dernière guerre. L'employeur de nos parents qui mettaient« gracieusement »ce logis à notre disposition avait certes…oubliéde le réaménager ! Je ne sus pourquoi, cependant, cette maison m'envoûtait déjà, dès la première seconde où nous y posâmes le pied j’eu un véritable coup de foudre pour ces vieux murs. J'avais l'impression d'y avoir toujours vécu et, bizarrement les lieux ne me semblaient pas étrangers… Chacun des recoins du domaine devenait une retrouvaille.. !! J'y revivais comme une seconde naissance qui allait déboucher sur mon adolescence. Cette maison était plus que belle, elle avait une âme ! Nous avions toujours vécu en ville, dans un immeuble sans cachet où, seuls, les bruits de guerre, puis plus tard ceux de notre rue multiples et besogneux accompagnaient nos souvenirs. Découvrir là, en pleine débauche de verdure, ces vieux murs parlants était comme si un passé merveilleux en ressurgissait, était source de joyeuses découvertes. Qu'importaient les murs sales, les toiles d'araignées et ces nauséabondes moisissures, je mettais le pied dans un grand"H"etma passion de l'histoire naquit bien ce jour là…Mais, replaçons cette demeure dans son milieu naturel comme élément d'un ensemble baptisé «Les communs du château». BUC ou BUCH tire son origine, parmi d'autres inexpliquées, du latin BUCCUM puis BUSCUM et BUSIRUM qui signifie, selon lamonographie de 1896 de Monsieur DELMAS Instituteur: LE BUIS… Et, il est vrai que ce village de BUC offrait, autrefois, une quantité de ces arbustes à petites feuilles très odoriférantes. Le parc du château, lui-même, y possédait son quota de massifs parfaitement agencés faisant haie autour des bassins et, à l'arrière de la bâtisse seigneuriale où ils étaient aussi drus que gênant pour la découverte des lieux.
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Également nous en trouvions le long des allées boisées où ils harmonisaient des parterres foulés, autrefois sans doute, du sabot des chevaux royaux. Le soir, au couchant, ils dégageaient leur puissante odeur mystérieuse, y mélangeant musc et encens que les« faunes » entourant la pièce d’eau, semblaient apprécier sous leur énigmatique sourire de pierre figé sur l'éternité. La naissance de ce village, autrefois englobé dans le grand DOMAINE ROYAL, remonte selon les ème sources historiquessiècleau 13 . Les seigneurs qui l'eurent en fief, ne semblent cependant pas très nombreux. Je les cite, tels que les ARCHIVES DÉPARTEMENTALES des YVELINES à VERSAILLES les ont conservés en mémoire(c/ monographie ci-nommée). : Adam de BUCH d'origine flamande semble-t-il, fut sans doute le premier de ces derniers puis lui succédèrent : Perrine de BOIFFE Jean de la TRINITÉ Jean de VIZE Jean de BELLIEVRE Jean d'AUGHUN ou d'ANGEZION Jean de HILLERIN Vincent HÉBERT qui acquit en 1643 le fief de BUC puis Guillaume HÉBERT et son fils le dernier des seigneurs de BUC : Pierre HÉBERT Duc de la FEUILLADE et de la GUÉRINIERE En 1692, Louis XIV rattacha la seigneurie et tous les autres fiefs à sa terre de VERSAILLES. Le HAUT-BUC, site qui nous intéresse, était autrefois sur une zone appelée«L'ANTÉCHRIST».Je n'ai pu trouver d'explication plausible à cette surprenante appellation qui veut peut être signifier un lieu où la sorcellerie a joué un rôle. Ce nom curieux aurait-il un rapport direct avec les évènements assez bizarres que nous avions vécus dans notre maison à colombages… Qui sait ? Mais, laissons là l'ésotérisme, pour le concret de notre recherche. Ce plateau du Haut Buc, en fait, réunissait les petites communes voisines entre elles, par le truchement des exploitations agricoles. A ce sujet, il est bon de noter que BUC offrait, en1896:819 Hectaresde terrain dont420de terres labourables et370 Hectaresl'aspect d'un village d'Ile de Francede bois, ce qui démontre, aisément, encore loin de ressentir avec ses737 HABITANTS, l'appel de la maison individuelle qui se traduit aujourd'hui par les modernes zones pavillonnaires qui ont, depuis plusieurs années, poussé comme des champignons sur la commune et sur toute la zone autrefois réservé à l’aérodrome de Buc. Elles ont, en effet, envahi une partie de ces terres qui n'ont plus de labourables que le nom. Disparue aussi cette ferme, où nous allions, mes sœurs et moi, à tour de rôle, chaque soir, chercher un grand pot de lait dans un de ces vieux bidons de fer blanc à poignet de bois et couvercle relié par une chaînette et que nous bringuebalions à l'aller en le faisant tournoyer à bout de bras au-dessus de nos têtes mais, que nous ramenions sagement, empli de ce bon breuvage après avoir salué, au passage, les divines bêtes qui nous offraient ce dernier. Plus rien ne subsiste de cette ferme«DAMELAINCOURT», comme elle s'appelait alors du nom de ses propriétaires. A sa place, un Supermarché ! Une auberge et une autre zone pavillonnaire ont
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remplacé les bâtiments ancestraux entourés de hauts murs et les prés où paissaient moutons, bêtes à corne et chevaux, sans compter la ribambelle de poules et de canards qui s'égayaient joyeusement en cherchant le moindre petit bout de vermisseau Ancien corps d'un ensemble plus conséquent encore, dont, seuls, quelques vestiges en ruines, restaient encore visibles en 1954, étrange, détonante avec ses colombages et ses croisillons dans lesquels trônaient des faïences bleues et blanches, elle ne ressemblait à aucune autre maison du village quasiment toutes faites de meulières ou de pierres grises et banalement plantées en enfilade dans le style des vieilles maisons d'Ile de France. Que venait donc faire ce curieux style normand sur cette bâtisse d'un autre âge ? Sur sa gauche, se trouvait également, dans ce même style, un corps d'ancienne écurie ou étable, complètement ruiné, dans lequel nous nous aventurions, surpris de constater qu'un nombre incroyable de carrelages en faïence s'y trouvaient entassés, dans un désordre indescriptible. Les anciennes mangeoires en regorgeaient, comme si une Fabrique s'était débarrassée là de ses rebuts ! Mais n'était-ce pas plutôt la guerre qui, ayant ruiné tous ces bâtiments avait fait que, descendus de leurs murs, ces monceaux de carrelage gisaient ici et là dans un désordre lamentable ? Derrière ces bâtiments, de nombreuses petites niches sorte d'étables et puis, plus loin, un colombier dont il ne restait qu'une armature rouillée(Plans AD 78 - A 89-90-91 Terres de la GUÉRINIERE) Sur la droite, fortement endommagées, d'autres petites étables ou poulaillers et des remises, tout au long d'un mur d'enceinte courant autour du domaine sur une distance d'environ cent mètres. Ce mur était ensuite, remplacé par un grillage laissant apparaître, aux yeux des promeneurs de la route parallèle, une débauche de plantations encombrant le parc laissé à l'abandon depuis 1945 et où de multiples trous marécageux étaient les cicatrices provenant des chutes d'obus meurtriers. L'ancien aérodromeLOUIS BLÉRIOT, à deux pas, expliquant certainement cet acharnement à la destruction d'un terrain inhabité. Puis, incroyable, au milieu de cet enchevêtrement de ronces :« LE PAYS DU SOLEIL LEVANT »Là, un véritable jardin à la Japonaise avait été aménagé jadis, planté d'essences inconnues, parsemé de minuscules rigoles artificielles qui y circulaient en une liberté retrouvée, lesquelles se trouvaient surmontées de petits ponts de bois peints, sur lesquels nous ne nous lassions pas de rejouer « Madame BUTTERFLY »… L'ensemble, gardait malgré les herbes et ronces envahissantes, un charme désuet et une magnificence qui nous appelait au respect. En continuant, nous débouchions au fond du Domaine sur un inattendu« TEMPLE DE L'AMOUR »copie quasi-exacte de celui qui se trouve au PETIT TRIANON à VERSAILLES…
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Le temple de l’amour parc de Buc (photo Ch. Tétard ©) Deux rangées de colonnes ioniques ralliées entre elles par une corniche, formaient harmonieusement de chaque côté du Temple de l'Amour un ensemble d’un autre temps et ajoutaient encore davantage de charme à la splendeur déchue de cette construction érigée là par un amoureux de l'art. Sous la coupole, une statuette de marbre, représentant une jeune sylphide au pied de laquelle un petit « Amour » ailé implorait du regard la belle. Cet endroit devint vite le théâtre de nos jeux où nous aimions rejouer l'Histoire de France et nous imaginer, avec nos nouveaux camarades, les châtelaines d'un gracieux Empire… Enfin, près de notre maison, s'épanouissait le château ! Splendide monument de pierres blanches, surmonté d'une terrasse bordée d'ornements et de gargouilles grimaçantes… Ce dernier fait partie desTROIS CONSTRUCTIONS ROYALESédifiées par Louis XIV pour ses descendants adultérins. Mais,pastiche ou non, de l'une de ces anciennes constructions, il reste pour moi, le vestige d'un passé qu'aucune construction moderne, venue se greffer à deux pas de lui, ne défigurera. En 1696,Louis XIV donne ce pavillonde chasse érigé par son père Louis XIII, et le Domaine à l'un des fils légitimés qu'il a eu de Madame de MONTESPAN:Louis Alexandre de BOURBON le COMTE DE TOULOUSE(né le 6.6.1678 qui fut Grand Amiral de France, et épousa la fille du Duc de Noailles). Il mourut en 1737 à l'âge de 59 ans et à sa mort sa veuve voulut garder le château mais Louis XV en ordonna la démolition. E Le premier avril 1699NOTAIRES),(AD 78 Cote 338 4 par unacte de ventepassé devant le notaire royal Messire GAYOT, Monsieur le COMTE DE TOULOUSE en cède les dépendances et chenils au sieur François CRESPINET et à Marie BERTHAULT, sa femme, à qui est donné droit d'être citée dans l'acte. En 1741, Louis XV qui voit là un gouffre de réparations (le château en effet menace ruines de tout côté depuis 117 ans qu'il fut construit) - en ordonne la destruction pure et simple. Mais les dépendances elles, et les chenils avaient-ils subi le même sort ? Certainement pas ! La vie de cet édifice n'était pourtant pas entièrement terminée… Tant de fêtes, réceptions, jours heureux ou malheureux avaient du jalonner son existence … il en conservait avec une de ses ailes
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non abattue, un certain droit à la vie. Celui-ci, pourtant, ne lui serait redonné que bien plus tard nous allons le voir !Pendant tout ce temps là, s'était construit à BUC,entre 1684 et 1686,l'AQUEDUCqui grandiose traverse encore une partie du village et que toutes les télévisions reprennent en image lorsque le TOUR DE France cycliste termine sa longue boucle pour regagner la Capitale.
l’aqueduc de Buc Cet aqueduc conduisait l'eau puisée aux divers petits étangs de la Vallée de CHEVREUSE jusqu'au Château de VERSAILLES. Le maître d'œuvreThomas GOBERTArchitecte de son état (1630-1708), en assurera la finition en deux années. Le 12 mars 1699, Jules HARDOUIN MANSART (neveu du grand MANSART) confirmera la conservation des travaux des chaussées, étangs, aqueducs et rigoles qui sont dans le canton de BUC sous le contrôle de Monsieur PERRAULT selon l'intention du roi(registre P1.33 Archives communales de Meulan.) VOILA DONC PLANTÉ LE DÉCOR : Le château en 1954 est transformé en une annexe du Lycée PIERRE & MARIE CURIE de VERSAILLES. Par un coup de baguette magique, le beau château renaissait de dizaines d'années de silence, se refaisait une seconde carrière et retentissait de rires, de cris, de larmes aussi parfois en devenant l'INTERNAT pour jeunes filles du dit Lycée (plus tard ce seront des garçons qui en seraient les hôtes). Pouvaient-elles rêver meilleur cadre, ces demoiselles pour y suivre des études qui les passionnaient certainement moins que l'immense parc où elles s'ébattaient en joyeuses débandades et où même, certaines, s'aventuraient peut être un peu plus qu'il n'aurait fallu jusqu'aux hauts murs les séparant d'un quartier militaire occupant l'ancien aérodrome BLÉRIOT… Notre demeure elle aussi s'était refait une beauté. Les premiers jours de cauchemar passés, où nous avions du chasser deux ou trois indésirables bestioles qui avaient pris l'habitude d'y demeurer la nuit et qui, dépités soudain de trouver porte close, grattaient chaque nuit à notre porte, nous avions retrouvé nos habitudes écolières, la sérénité de l'enfance et une joie sans pareille d'habiter dans l’ancienne « LAITERIE » du château au grand dam de nos nouveaux camarades de classe ! Un plan que j'ai consulté aux Archives Départementales des Yvelines (déjà cité plus haut AD 89/90/91) fait état de bâtiments situésface à la maison seigneuriale de la GUÉRINIERE, autre bâtisse des seigneurs de BUC et dont l'antériorité doit dater d'avant l'époque du Comte de TOULOUSE.
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BUC EN YVELINES près Versailles Ce plan, représente effectivementTOUS LES PETITS CORPS DE BÂTIMENTSj'ai décrits plus que avant, comme longeant le mur d'enceinte et donc par conséquent la route (Louis MASSOTTE). Pourtant, un fait est troublant sur ce plan :NOTRE MAISON "LA LAITERIE" N'Y FIGURE POINT !!!!Était -elle donc postérieure aux anciennes dépendances du château des seigneurs de la GUÉRINIERE =ème Toutes celles-ci, au 17 siècle, appartiennent à Monsieur HÉBERT et se présentent ainsi en 1696  Domaine du château du haut-Buc  1 - PRESSOIR  DU B 2 - BERGERIE  1 3 - MAGASIN  4 - BERGERIE  8 9 5 - ESTABLES PARC CHÂTEAU  1 2 3 4 5 6 7 6 - BERGERIE  7 - GRANGE  DE LA GUÉRINIERE 8 - ESTABLES  9 - ESTABLES  Route 10 - COLOMBIER  CC Ne figurent pas Sur ce plan :A -en pointillé figuration de notre maison
B- en pointillé figuration des petits corps de bâtiments longeant le mur d'enceinte C- MAISON du GARDIEN et CHENILS existants encore en 1954 et datant du COMTE DE TOULOUSE Les représentations iconographiques retrouvées, également d'anciennes cartes postales de 1910/1914, montrent un aspect neuf pour notre maison. Entre les colombages, des carreaux de faïence sont uniquement apparents au premier étage, alors que ceux du rez-de-chaussée restent inexistants. N’ont-ils d'ailleurs jamais existés car, en 1954, point non plus de carrelage à cet endroit ! Des stores ornent chacune des fenêtres bordées de fleurs. Les trois « chiens assis » du toit sont également flambant neuf. L'autre corps de ferme latérale, écurie ou grange à fourrage, sont également à colombages et permettent de constater qu'une activité agricole importante réside dans tout l'entourage avec poules, vaches et fermier prenant la pose pour le photographe ! Cette maison semblait neuve à n'en pas douter au début du siècle ! Et pourtant, de quelle légende émanait le fait qu'elle fut la « LAITERIE DU CHÂTEAU » ? Duquel ? Celui de monsieur le comte de Toulouse où celui du château de la GUERINIERE juste en face ? Comment interpréter ce fait colporté de bouches en bouches par tous les Bucois de notre entourage en 1954 ?
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Ou bien encore, l'était-elle du nouveau châteaureconstruitpar Monsieur THOMAS en 1869 et dont la représentation serait bien celle figurant sur cette ancienne carte postale ? Qui aurait pu répondre à une telle question ? Tous les protagonistes étant morts, personne ne pouvait répondre à cette question, j'allais donc m'atteler à démêler le mystère…. ème Le pavillon style 17 qui garde l'imposante entrée du parc du château du HAUT BUC reste sans nul doute, le seul vestige de l'antique splendeur de l'époque de Louis XIV. Sans doute, quelques bâtiments se trouvant dans le parc dataient-ils, eux aussi, de cette époque. Aujourd'hui disparus, il est particulièrement difficile de se faire une idée exacte de leur date de construction.
La maison à colombage se trouvait là
ème Pavillon 17 entrée du parc Nous faillîmes d'ailleurs loger dans une autre« jolie »maison du parc, mais son état d'alors était plus déplorable que celui de notre nouvelle demeure… ème Cette maison à colombage ne pouvait donc dater de l'époque reculée du 17 , le style en était certes curieux, eu égard les autres bâtiments et même si les boiseries du petit balcon latéral étaient particulièrement vermoulues(nous avons eu la chance de ne pas passer au travers…),elle ne pouvait, tout au plus, accuser qu'une centaine d'années et non 300 comme nous aurions pu le croire. Pourtant, j'ai repéré une maison à BUC, construire sur ce même style : une jolie villa appelée autrefois« VILLA MARIE »et devenue depuis le « VAL MYRIAM »et se trouvant dans le Chemin des ème Marais. Elle fut érigée fin du 18 siècle. Notre maison était-elle copie de cette dernière ? Avait-elle été construite à la même époque, puis abandonnée et remise à neuf pour les nouveaux propriétaires du Domaine et transformée en « LAITERIE » pour le nouveau châtelain, avec sa ferme et ses dépendances ? Les chenils, quant à eux, étaient fort conséquents, de nombreux chiens de chasse devaient s'y ébattre en attente du bon vouloir de leur maître à les lancer sur la piste de quelque gibier… Autant de questions auxquelles il me fallait répondre ! J'appris, pendant cette enquête digne de Sherlock HOLMES, que l'emplacement où se situaient la maison et les terres figuraient bien sur un plan dressé en 1740 par Monsieur l'abbéDE LA GRIVEde la Société royale de LONDRES et géographe de la Ville de PARIS, plan dédié à Monsieur le Marquis de VATAN Prévôt des marchands et à Messieurs les échevins de la dite ville. Cette carte représentant les environs de PARIS, montre bien l'entourage du GRAND PARC DE VERSAILLES et plusieurs villages en son sein et, en particulier, celui de BUC où, figurent, à peine
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visibles, lechâteau et le parc de Monsieur le Comte de TOULOUSE- avant démolition - mais, la minutie avec laquelle ce plan a été dressé ne permet cependant pas de constater la présence d'autres bâtisses aux côtés du dit château ! Sur une vue aérienne du HAUT BUC, réalisée pour les besoins de l'aérodrome LOUIS BLÉRIOT qui fit entrer BUC dans l'histoire de l'aviation, on constate un aspect complet du parc au milieu duquel nous fait découvrir le château, le pavillon d'entrée etNOTRE MAISON A COLOMBAGES…..Nous constatons, en outre, que le parc forme un triangle parfait, maisest entièrement nude toute végétation, puisqu'il n'est qu'un simple pré entouré de murs par endroit ! Seul, le château est noyé dans la profusion de verdure de hauts arbres et les fenêtres des salles de réception donnent ainsi sur des vastes aires de dégagement permettant une vue lointaine sur le décollage des avions de l'aérodrome tout proche.MAIS NUL TEMPLE DE L'AMOUR, NUL JARDIN A LA JAPONAISE, NULS ARBRES NE VIENNENT AGRÉMENTER LE PAYSAGE PARTICULIEREMENT SANS CHARME…. Le 7 mai 1913, le roi d'Espagne : ALPHONSE XIII passe en revue 96 aéroplanes militaires et civils sur cet aérodrome où LOUIS BLÉRIOT a établi, depuis le début du siècle, un aérodrome conséquent avec pistes d'envol et école de pilotage, le pré triangulaire servira alors de pelouse où vont s'ébattre de nombreux curieux qui suivrontles festivités des fêtes d'aviation.
ème ème Donc, fin 19 , début 20 , date de la construction de cet aérodrome et 1954, où nous faisons nos premiers pas à BUC, un parc grandiose va être aménagé avec l'implantation de nombreuses statues, comme on peut en voir dans le parc de VERSAILLES, un temple de l'Amour, un jardin à la Japonaise, des bassins somptueux dont l'un est immense et entouré de vasques fleuries, de nombreuses essences d'arbres y seront plantées, des murs de pierre vont entourer le tout ainsi que des grillages et, l'immense pré va prendre vie et également être blessé par deux guerres mondiales, laissé de nouveau à l'abandon, retrouver un peu de vie entre 1954 et les années 80 et, enfin en 1993, devenir un jardin public où Bucois et touristes aiment à flâner et dont statues, vasques et bassins offrent encore un décor digne au milieu d'un nouveau et savant agencement jardinier.
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Et notre maison à colombages dans tout cela ? Quand avait-elle été érigée ?….
chenil
Toit de la maison à colombage
Sur cette vue ci-dessus le château nous semble resplendissant de santé et de beauté, on y aperçoit également dans le coin droit, le toit de notre maison avec l'un des « chiens assis ». cette vue, sans doute carte postale adressée en 1911, suppose une construction récente et ne pouvait me donner, malgré tout, une réponse exacte quant à la date de construction, il me fallait donc consulter le CADASTRE de BUC et voici ce qu'il me révéla : Le plan dressé le21 octobre 1811, sous l'administration de Monsieur le Comtede GRAVEpréfet et de MonsieurLANDRINalors Maire de BUC, sous la direction de MonsieurLEROYdes Directeur Contributions, de MonsieurCHOPIN Ingénieur vérificateur par MonsieurHÉBERTGéomètre du cadastre (encore un Hébert),montre bienque des bâtimentsexistent exactement à l'endroit où se situait notre MAISON A COLOMBAGES…, également y apparaît le corps de ferme latéral et on constate, juste en face, la petite maison du gardien ce seul vestige de l'ancien château de Monsieur le Comte de TOULOUSE ! Sur une autre Minute de la carte d'ETAT MAJOR IGN datée de 1819, on retrouve également les mêmes corps de bâtiments.CEPENDANT LE CHÂTEAU LUI, EST INEXISTANT ! Curieusement, les lieux portent respectivement deux noms« LA BELLE IMAGE »et« LE CHAMP DU CARNAGE »…. Il faudrait pénétrer plus avant dans l'histoire ancienne de BUC pour en retrouver la signification. Aurions-nous tant vécu sur un lieu empreint de si terrible réputation sans oublier"L'ANTÉCHRIST"qui est lui aussi mentionné. Que de lieux appelant à se poser des questions sur le passé tumultueux de la petite bourgade au demeurant si tranquille d'apparence ! Et le château? Démoli en partieen 1740/41, l'ancienne demeure du fils de Louis XIV devait revoir le jour grâce à l'un des plus riches bourgeois de PARIS qui, dès1869plus de 120 ans après cette soit destruction partielle, redonnait vie à une vaste demeure calquée sur l'ancien modèle… Plus fort contribuable Bucois, il est imposé, ce brave Monsieur THOMAS sur la base de54 fenêtres (l'impôt sur les portes et fenêtres ne sera aboli qu'en 1927 par le Ministre CAILLAU).La propriété s'étend alors sur seulement8 HECTARESet comprend bâtiment, sol et cour, jardins d'agrément, potagers, pièce d'eau, une seule en 1869, bois d'agrément et terres.
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MonsieurTHOMAS ydemeurera jusqu'en 1893. Date à laquelle, il revend sa propriété à Monsieur BARDAC qui, comme de nombreux citadins aimait venir se ressourcer à BUC et dans cette somptueuse demeure. L’un des salons du château nous est montré en 1911 comme un modèle de grâce et de bon goût avec cheminée et meubles richement décorés. Ce brave homme devient même Conseiller Municipal de BUC et restera dans notre beau château jusqu'à la fin de sa vie. Il y sera un hôte fort généreux aidant et soulageant les pauvres et sera également un bon maître pour ses nombreux domestiques qui l'entouraient dans son douillet refuge. Après sa mort survenue en 1918, après la grande guerre, un riche italien se porte acquéreur des lieux MonsieurGENTILI DI GUISEPPEqui s'installa à PARIS mais passionné d'astronomie venait à BUC très souvent et s'y fit ériger dans le parc,UN TÉLÉSCOPE DE 60 Centimètres d'ouverture, instrument de très haute qualité pour l'époque. Dans les années 30, il devint l'un des astronomes amateurs les plus réputés de France. Il quittera BUC en 1929 et le château trouvera de nouveaux acquéreurs : Monsieur et MadameMAC CUNE, lui est ingénieur, américain, qui avec son épouse, eurent à leur service de nombreux Bucois et Bucoises : chambrières, jardiniers, charretiers qui entretenaient parfaitement le merveilleux domaine. Ce fabuleux« PETIT VERSAILLES »qui s'était enrichi sous ses divers acquéreurs de nouvelles statues, d'un grand bassin au milieu duquel on avait dressé une fontaine soutenue de trois énormes dauphins, de ce temple de l'Amour, copie de celui de VERSAILLES, sera particulièrement endommagé pendant la seconde guerre mondiale. En 1954, Monsieur et MadameMAC CUNEle revendent en l'état à L'ÉDUCATION NATIONALE ! Notre maison à colombages s'était refait une belle santéentre 1869 et 1900, mais sans doute ème existait-elle depuis le début du 19 siècle. Peut être était-elle une des fermes appartenant à Monsieur de la GUÉRINIERE après avoir été la LAITERIE du château de Monsieur le COMTE DE TOULOUSE, peut être est-ce tout autre ? Il manque, il est vrai, quelques pièces au puzzle que j'ai tenté de reconstituer mais, elle restera en ma mémoire le théâtre des meilleurs instants de mon enfance même, si parfois, ils furent difficiles à assumer dans un tel entourage ! Cette maison vivait! Elle avait une âme venue du fond des âges! Que s'est-il passé dans et hors ses murs ? Son sous-sol nous révéla bien des surprises mais, de là à imaginer qu’il y eut quelque fantôme dérangé par notre présence… Il y a un pas que je ne me risquerais point à franchir tant le rêve vaut mieux que la réalité ! Cette maison n'existe plus ! Le château lui est toujours là, témoin de nos anciens jeux, témoin d'un passé révolu et qui offre, depuis quelques années son parc immense à la quiétude d'une promenade familiale et aussi parfois son intérieur pour y tourner quelques fictions cinématographiques… Les allées sont toujours bordées de futaies, les faunes rient encore mais pour combien de temps sous leur vasque de pierre si vermoulue que c'est à peine si nous les devinons encore ! Madeleine ARNOLD TÉTARD © Sources AD 78 – et Françoise LE FLOCH ex-archiviste de BUC et sources dans le corps du texte
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