Chez le tailleur du pape

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Chez le tailleur du pape

Publié le : mardi 5 juillet 2011
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28DÉCOUVERTES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 FÉVRIER 2005 Chez le tailleur du pape La via Cestari t est unerue S -Honoré pour cardinaux et évêques
ENVOYÉ SPÉCIAL EN ITALIE EDDY PRZYBYLSKI
ROMELe simple pèlerin se fournit aux alentours immédiats de la place Saint-Pierre où les mar-chands du temple installent, cha-que jour que Dieu fait, leurs étals, leurs livres touristiques et leur biblo-terie. Dans les rues voisines, il y a aussi des commerces généralistes ou spécialisés. Les timbres émis par le Vatican. Des médailles. Les euros. Attention !On compte 120 de nos euros à nous, pour une pièce de deux euros du Vatican ! On connaît moins la rue plus spé-cifiquement fréquentée par les pro-fessionnels de l'Eglise. Elle se situe dans le quartier historique de Rome, pas très loin de la célèbre fontaine de Trevi où, pour les caméras de Fel-lini et de saDolce Vita, la sculpturale Anita Ekberg avait donné des envies de pécher à tous les hommes de la création. La via de Cestari – c'est d'elle qu'il s'agit – se situe très exactement en-tre la Piazza delle Minerva (Minerve étant une dinivité purement païenne) et la Largo delle Stimmate (la ruelle des Stigmates – stigmates qui nous ramènent à des réalités déjà plus catholiques). C'est ici que les prêtres, les religieuses, les évê-ques, archevêques et cardinaux trou-
Aux petites heures, la place Saint-Pierre est envahie par les pigeons. Mais lorsque le pape est là, ce sont les pèlerins qui viennent par milliers remplir l’espace occupé, en fait, par ce qui est la totalité d’un Etat. Le plus petit du monde.(AP)
vent leur bonheur en matière de mode ecclésiastique. Les vitrines les plus spectaculaires sont assurément celles de la bouti-que De Ritis. Le Dior des prélats! Quatre vitrines en façade. Toutes ca-drées de doré. Mais De Ritis fait aussi dans le simple! Une vitrine, par exemple, est consacrée exclusi-vement aux religieuses avec, expo-sés, les sous-vêtements que portent
Le plus petit Etat du monde ROMECondoleezza Rice, en visite en Europe, a souhaité rencon-trer un responsable du Vatican pour parler de l’Irak. Cela prouve l’atten-tion que l’Etat le plus puissant porte à l’Etat le plus petit du monde. A ne pas confondre : le Vatican : le territoire qui comprend la place Saint-Pierre, la basilique, le musée du Vatican qui lui est perpendiculaire et un ensemble de rues et de bâtiments situés à l’abri de remparts médiévaux. le Saint-Siège : gouvernement de l’Eglise. Le pape en est le chef. Un se-crétaire d’Etat en est le numéro deux. La curie romaine forme ce qu’on pourrait appeler l’ensemble des ministères. Les ambassadeurs ne sont pas nommésprès du Vaticanmaisprès du Saint-Siège. 2 L’Etat du Vatican occupe une superficie de 0,44 kmet compte 860 ha-bitants exemptés d’impôt. 2.500 personnes travaillent à son service. La langue officielle y est l’italien (le latin restant la langue officielle de l’Eglise) mais 40% seulement des habitants sont d’origine italienne. Parmi les autres, les 100 gardes suisses parlent l’allemand. E. P.
Dans sa forme actuelle, l’Etat du Vatican a été créé le 11 février 1929, par les accords du Latran.(AP)
nos nonnes. Il en va ici comme chez tous les pros du vêtement : les ha-bits sont présentés à côté de photos de modèles qui les portent. On a choisi, ma foi, de très jolies filles. Mais ces sous-vêtements observent une rigueur totale et les limites de la décence sont strictement obser-vées. Le tailleur du pape, c’est Gamma-relli, juste à côté. Une boutique mi-nuscule et sobre. Mais quand vous poussez la porte, c’est la toute grande classe. Le patron, Filippo Gammarelli, se tient dans le fond, derrière un petit bureau.“Pourquoi nous et pas les autres, pour vêtir le pape ? Parce que les autres sont des magasins de prêt-à-porter pour prê-tres et religieux. Nous, nous sommes encore de vrais tailleurs, travaillant le sur-mesure. Dans ce domaine particu-lier, nous ne sommes pas nombreux.” L’habit du pape n’est pas spéciale-ment luxueux.“Du coton! Simple-ment !Ce qui le différencie, c’est sa couleur blanc ivoire. Mais, comme
Vespas En remontant la via Venetto
ROMEIl n’y a pas de feu rouge à ce carrefour. Le taxi avance à une belle vitesse. Tout d’un coup, une Vespa débouche de la gauche, sans freiner, et une autre idem, de la droite. Le conducteur du taxi ne bronche pas. Il ne se déplace même pas vers le centre. Pour lui, tout est normal. C’est le passager, seule-ment, qui s’offre une belle frayeur. La circulation à Rome, faut simple-ment avoir l’habitude...
La place Barberini est le lieu cen-tral de Rome. Fréquenté par la jeu-nesse et les étudiants qui y trouvent des possibilités de se restaurer pour pas trop cher. C’est d’ici pourtant que part, en montant solidement, car nous sommes, ne l’oublions pas, dans la ville des sept collines, la Via
tous les prêtres, le pape porte aussi des vêtements aux couleurs liturgi-ques, selon le moment de l’année.” Globalement, le Vatican se four-nit une fois par an. Le prix ? Grand seigneur, Filippo Gammarelli s’en sort par un“le prix de la qualité !”. A la télévision française, Edouard Balladur avait expliqué un jour qu’il aimait les chaussettes pourpres et qu’il se fournissait à Rome, chez le tailleur du pape. L’anecdote fait sou-rire le commerçant :“Monsieur Balla-dur est venu, c’est vrai. Il nous a effec-tivement acheté des chaussettes. Mais, à ma connaissance, ce n’est ar-rivé qu’une seule fois.” Un peu plus loin dans la ruelle, la maison Ghezzi habille également prêtres et évêques. Une chasuble or est exposée en vitrine, avec mitre de grande cérémonie. Le prix de la chasuble : 1.599! Une simple che-mise de prêtre, avec col blanc, est vendue pour 25. En vitrine égale-ment, une crosse d'évêque, de splendides tabernacles en argent,
des encensoirs, des calices... Tous fi-nement sculptés. Les prix ne sont pas exposés. Mais on est ici dans l'univers de l'art sacré. On quitte la rue et on débouche sur la piazza della Torre Argentina où de gros chats paresseux se vau-trent dans un parterre de ruines anti-ques que les touristes ne peuvent que regarder d'en haut. Tout à droite de cette place, une ruelle sombre, la via delle Sudario. Une pe-tite église est intégrée à une de ces larges façades roses si typiques de l'Italie. Sur le fronton, une statue. A gauche et à droite, le blason... de la Belgique. Et notre devise nationale ! C'est lachiesa reale San Giuliano dei Flamminghi. L'église royale des Fla-mands. La vérité, c'est qu'au Moyen Age, ce lieu fut offert au comte de Flandre. En 1830, la Belgique en a hérité. Aujourd'hui, le père Vaner-nem invite la communauté belge de Rome à venir y entendre la messe dominicale. E. P.
et Lamborghini Venetto. tre-publicitéà l’établissement et en Là, ce n’est plus le monde des étu-éloigner définitivement les stars. diants fauchés, mais celui des fils àMais non ! Un lieu où il est de bon papa typiquement à l’italienne.ton de se montrer restera toujours Avec notamment les vitrines du con-un lieu bien fréquenté. cessionnaire Lamborghini et quel-Pendant que, dans les boutiques ques modèles exposés sans les prix.de mode ou les bijouteries si chères On est ici dans le décor de laà nos portefeuilles, madame admi-Dolce Vitade Fellini. C’est dans cerera robes ou petites bagues à quel-film que Mastroianni, journalisteques milliers d’euros, monsieur peoplepourra passer le temps en reluquant, a un complice photographe qui va donner son nom à un pan en-les vendeuses. Ici, elles sont enga-tier de sa profession : paparazzo.gées parce qu’elles sont magnifi-En italien, c’est connu, on ditunques. Mais il ne faut pas s’étonner, à spaghetto, des spaghetti. De lal’heure de la fermeture, vers 20 heu-même manière, unpaparazzoa res,de les voir sortir avec leur vison donné, en se multipliant, despapa-et leur tailleur à l’élégance hollywoo-razziet, une fois sur le trottoir, en-. dienne Sur la gauche, en montant, il y a,filer un casque et enfourcher une pe-sur cette via Venetto, leCafé de Pa-tite Vespa si populaire. ris.Un panneau, en façade, montreLa solution la plus sécurisante les photos de différentes stars ita-pour se déplacer à Rome reste le mé-liennes quasiment occupées à setro et le bus. Un euro la course. battre avec, justement, ces fameuxMais, pour quatre euros, la carte est paparazzi. On pourrait croire que devalable toute la journée. A savoir... telles photos pourraient faire la con-E. P.
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