Conceptions de l'autisme - Le concept d'autisme et les différentes ...

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Conceptions de l'autisme - Le concept d'autisme et les différentes ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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LEFEBVRE LUDOVIC Psychologue enfance adolescence ludovic.lefebvre@waika9.com
Le concept d'autisme et les différentes conceptions
C'est en 1943 qu'un prénommé Léo Kanner publie un article où il identifie un ensemble de signes chez des enfants qu'il regroupera sous le terme d'autisme.
Hans Asperger, un allemand, publie en 1944 un article où il regroupe des signes similaires pour parler d'autisme chez de jeunes enfants.
Ces 2 médecins ne se connaissaient pas. La publication de Kanner sera la plus conuue (Asperger étant allemand et sa publication sort durant la seconde guerre mondiale en allemand).
Ils emploient tout les deux le terme « autistique ». Terme emprunté à Bleuler (1911) qui fait référence à l'une des perturbations de base de la schizophrénie (le rétrécissement des relations avec les autres et le monde extérieur). Autisme vient du grec « autos » qui signifie « soi ».
Le terme syndrome de Kanner est associé à l'autisme avec déficience intellectuelle importante. Le syndrome d'Asperger est lié à un autisme moins sévère avec des particularités spécifiques et un niveau intellectuel plus efficient.
Kanner décrit 3 grandes caractéristiques : L'isolement autistique (incapacité pour l'enfant d'établir des relations normales avec les personnes et de réagirnormalement aux situations depuis le début de la vie)
Le désir d'immuabilité (répétitions des actes et des paroles) Les îlots d'aptitudes Les deux premières caractéristiques sont reprises par les classifications actuelles (DSM IV) : Déficience qualitative de l'interaction sociale réciproque Déficience qualitative de la communication verbale et non verbale, et de l'imagination. Répertoire nettement restreint d'activités et de centres d'intérêts.
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Le diagnostic d'autisme s'effectue à l'heure actuelle à l'aide de deux classifications DSM IV et
CIM 10 (Classification Internationale des Maladies 10ème version). Il est possible de s'aider de certains outils mais l'étude clinique des signes est fondamentale. Le diagnostic est plus délicat avec des enfants ou des adultes qui ont un bon niveau de fonctionnement intellectuel.
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Les différentes conceptions de l'autisme
La psychanalyse Dans les années 40, moment où le terme autisme à été utilisé, la théorie explicative qui va se répandre et dominer le champ de l'autisme jusque dans les années 60 est psychogénétique (ce qui signifie que les causes sont psychologiques).
C'est Bruno Bettelheim qui va formuler les hypothèses les plus utilisées. Il croyait que les mères d'enfants autistes étaient des femmes d'une grande froideur qui nourrissaient à l'égard de leur enfant des « impulsions meurtrières ». Bettelheim avaient construits son système à partir de ces prétendues observations durant son internement dans les camps de concentration. On sait à l'heure actuelle que ces observations sont pour la plus grande partie fausse, Bettelheim ayant inventé une grande partie de sa vie (des expériences, des diplômes, des résultats, etc). Conséquence de cette conception : l'enfant doit être retiré à sa mère et celle-ci doit suivre une psychanalyse pour connaître ses conflits inconscients qui l'ont amené à agir de la sorte avec son enfant. A la suite de Bettelheim, beaucoup de psychanalystes ont proposé des théories sur ce modèle de la culpabilité maternelle. Kanner lui même parlait de « réfrégiration affective ». Anna Freud : « spectre de la mère rejetante ». Eisenberg pense que l'enfant se réfugie dans l'autisme et ainsi « punit les parents pour leurs exigences et leur froideur ». La psychanalyse en tant que modèle d'explication de l'autisme a totalement disparu des thèses actuelles mais ces idées sous toujours sous jacentes dans certains pays comme la France et d'autres.
La psychologie comportementale Conception ancienne de l'analyse des comportements humains (début du 20ème siècle) Thorndike : un comportement est fonction de ses conséquences Watson : la psychologie c'est l'analyse des comportements en non pas l'analyse de la conscience et de l'esprit. Utilisation du conditionnement répondant Skinner : formalisation de l'analyse opérante. Programmes de renforcement.
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Pas d'explication globale de l'autisme en psychologie comportementale. Les chercheurs en psychologie comportementale se rallient à l'idée que les causes sont avant tout neurologiques et génétiques. Pas de causes relationnelles. La psychologie comportementale va alors s'attarder à analyser, comprendre et modifier les comportements d'une personne autiste avec son environnement physique ou social. Ceci fait de la psychologie comportementale une approche pauvre en explication causale de l'autisme globale mais riche en explication de petites unités de comportement et riche en intervention. Une hypothèse a été formulée par Lovaas (publication en 1979) : la sur sélectivité. Les enfants autistes ne seraient pas capables de prêter attention à des informations présentées simultanément, par conséquent ils choisiraient qu'un aspect très étroit des informations.
La psychologie comportementale (ou ABA = Analyse Appliquée du Comportement) a permis aux chercheurs et aux psychologues de terrain de mettre au point des méthodologies spécifiques permettant de développer les compétences des enfants autistes. A ce jour, ce sont ces méthodologies qui ont donné les résultats les plus prometteurs mais aussi ce sont les chercheurs en psychologie comportementale qui publient le plus sur les méthodes éducatives chez les enfants autistes.
La psychologie cognitive cognition = processus de pensée et de traitements de l'information Théories mentalistes qui diffèrent des théories comportementalistes. En psychologie cognitive, un comportement n'est pas analysé pour lui-même mais parce qu'il est le signe d'un processus psychologique qui le sous tend. Par exemple, dire le nom d'une personne que l'on n'a pas vu depuis longtemps n'est pas analysé en temps que tel mais est le point de départ de l'analyse d'un concept plus général qu'est la Mémoire. Analyse des théories cognitives dans l'autisme trop vastes pour tenir sur ce seul papier. Beaucoup d'utilisation de concepts différents. Peu de cohérence conceptuelle entre les chercheurs. Conception de la psychologie dominante à l'heure actuelle. Exemple de théories issus de la psychologie cognitive : théorie de l'esprit Les enfants autistes ne seraient pas conscients de l'existence d'états mentaux chez les autres
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Cette théorie permettrait d'expliquer une partie des comportements de la personne autiste
Autre théorie : théorie de la cohérence centrale Les personnes autistes auraient beaucoup plus de difficultés à générer un sens global de ce qu'ils vivent d'où une fixation sur des détails.
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Aspects neurologiques et génétiques de l'autisme
L'autisme correspond à un diagnostic complexe, les signes sont multiples, d'ailleurs on parle souvent de spectre autistique. Cette multiplicité des signes entraîne des difficultés diagnostiques qui elles mêmes viennent complexifier l'analyse neurobiologique. Néanmoins, beaucoup de signes tendent à promouvoir une approche biologique : Taux élevé de déficience mentale associée à l'autisme Taux élevé de crises d'épilepsies associées à l'autisme Anomalies dans l'électroencéphalogramme Altérations structurales dans des régions variées du cerveau Influences génétiques : taux de concordance élevé chez la progéniture d'autistes ainsi que chez les jumeaux monozygotes
Les causes de l'autisme sont multifactorielles. Cela signifie que l'analyse génétique ou neuronal seule n'est pas suffisante. Il existe une interaction entre les facteurs génétiques et environnemenatux qui influent sur le développement cérébral et entraîne les dysfonctionnements liés à l'autisme. De toutes les hypothèses sur les causes de l'autisme, l'hypothèse d'anormalités neuroantomiques est la plus vraisemblale car la plus documentée. Plusieurs structures majeures du cerveau sont concernées :
Le cervelet
Structure nerveuse située en arrière du tronc cérébral et au-dessous des hémisphères cérébraux. Le cervelet est impliqué dans le maintien de l'équilibre, dans la régulation du tonus musculaire et le contrôle de l'exécurion des mouvements et dans la préparation des mouvements (en relation avec les aires motrices du cortex cérébral). De façon générale, le cervelet joue un rôle fondamental ans la régilation des activités motrices. Les atteintes dans le cervelet anomalies cérébelleuses : Certaines études ont montré une atteinte de la taille des neurones dans le cervelet ansi que dans
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la densité et les ramifications dendritiques. Réduction de la densité en cellules à grains et en cellules de Purkinje. Cette perte cellulaire n'est pas asociée au phénomène de gliose (sûrement lésion apparue dans les premiers stades de développement embryonnaire).
Le lobe temporal Apparition de comportements autistiques suite à des lésions du lobe temporal Incidence élevée de l'épilepsie localisée et de l'augmentation de la taille du lobe temporal chez les personnes autistes
Cortex associatif Relations sociales et raisonnement complexe sont liés au cortex. 25% des personnes autistes ont un périmètre crânien augmenté = épaississement du cortex cérébral. L'hypothèse de Akshoomoff et al (2002) : dysrégulation dévelopmentale des processus qui régulent la croissance du cerveau. Malformations des circonvolutions corticales = défaut de migration des neurones durant les 6 premiers mois du développement foetal. Ceci n'est pas spécifique de l'autisme (autres troubles du développement et schizophrénie).
L'amygdale qui est structure cervicale de la taille d'une amande située dans le système limbique (base des émotions) différe chez les personnes autistes par rapport aux personnes non autistes. Les différences se situent soit dans la taille (plus petite chez les personnes autistes soit par les connexions nerveuss elles-mêmes).
Anomalies neurochomiques Taux de sérotonine trop élevé. La sérotonine est impliquée dans la perception et le tri des signaux sensoriels ainsi que dans l'attachement social. Hypothèse d'un dysfonctionnement des récepteurs cérébraux de la sérotonine. D'autres neurotransmetteurs sont impliqués mais la sérotonine reste le candidat le plus sérieux.
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Aspects génétiques Etant donnée la grande diversité des symptômes del'autisme, les chercheurs soupçonnent l'implication de plusieurs groupes de gênes plutôt que l'implication d'un seul gêne.
Autisme serait la maladie neurodévelopmentale et psychiatrique qui présente le déterminisme
génétique le plus élevé. Si un jumeau monozygote est atteint d'autisme alors la probabilité que le second enfant soit atteint d'autisme est de l'ordre de 90 à 95%. Impact sur la fratrie : si 1 enfant autitse le risque d'avoir un deuxième enfant atteint aussi d'autisme est 100 fois plus élevé que celui observé dans la population générale. Profil génétique de l'autisme pas simple. Participation de 3 à 10 gènes. Gènes qui participent au développement du système nerveux constituent de bons candidats. Gènes intervenant dans le métabolisme de la sérotonine (30% des personnes autistes ont un taux de sérotonine dans le sang anormal). Sérotonine impliqué dans la génèse des émotions.
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