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Approche interculturelle et intermédiale du documentaireGénéralitésPlanning :- 8 octobre- 15 octobre- 29 octobre- Evaluation : 5 novembre (dissertation)Thématiques :- La question du style dans le documentaire- La question du genre (hybridation)- La question de lʼintermédialité et de lʼinterculturalitéBibliographie :- ADDOC, Le style dans le cinéma documentaire, LʼHarmattan, 2006- ADDOC, Cinéma documentaire, Manière de faire, formes de pensée, Yellow Now, 2002- COLLEYN Jean-Paul, Le regard documentaire, Centre Pompidou, 1994- LIOULT Jean-Luc, A lʼenseigne du réel, penser le documentaire, P.U Provence, 2004- LANCIEN Thierry et DELAVAUD Gilles (sous la direction de), Dʼun média lʼautre, Médiamorphoses n°16, INA, 2006- NINEY François, Le documentaire et ses faux-semblants, Klincksieck, 20091. Le point de vue au coeur de la définition du genre- Documentaire / fiction : du cinéma- 3 clichés sur le documentaire :- Ennuyeux, informatif / didactique : offre peu diversifiée dans la grande distribution- Mythe de lʼobjectivité : réalité premier ordre (réelle) / second ordre (perçue)- Enregistrement / monstration du réelConférence de Patrick LEBOUTTE (INSAS - Belgique) sur la monstration du réel :- Le réel transformé par un regard- Un art du lien- Une promesse- Le geste documentaire : une expérience artistiqueOn fait bien la différence entre la captation et la transformation : un documentaire ne montre pas la réalité du monde mais cette même réalité mise ...
Publié le : vendredi 23 septembre 2011
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Généralités
Planning :
- 8 octobre
- 15 octobre
- 29 octobre
- Evaluation : 5 novembre (dissertation)
Thématiques :
- La question du style dans le documentaire
- La question du genre (hybridation)
- La question de lʼintermédialité et de lʼinterculturalité
Bibliographie :
- ADDOC,
Le style dans le cinéma documentaire
, LʼHarmattan, 2006
- ADDOC,
Cinéma documentaire, Manière de faire, formes de pensée
, Yellow Now, 2002
- COLLEYN Jean-Paul,
Le regard documentaire
, Centre Pompidou, 1994
- LIOULT Jean-Luc,
A lʼenseigne du réel, penser le documentaire
, P.U Provence, 2004
- LANCIEN Thierry et DELAVAUD Gilles (sous la direction de),
Dʼun média lʼautre
,
Médiamorphoses n°16, INA, 2006
- NINEY François,
Le documentaire et ses faux-semblants
, Klincksieck, 2009
1. Le point de vue au coeur de la définition du genre
- Documentaire / fiction : du cinéma
- 3 clichés sur le documentaire :
- Ennuyeux, informatif / didactique : offre peu diversifiée dans la grande distribution
- Mythe de lʼobjectivité : réalité premier ordre (réelle) / second ordre (perçue)
- Enregistrement / monstration du réel
Conférence de Patrick LEBOUTTE (INSAS - Belgique) sur la monstration du réel :
- Le réel transformé par un regard
- Un art du lien
- Une promesse
- Le geste documentaire : une expérience artistique
On fait bien la différence entre la captation et la transformation : un documentaire ne
montre pas la réalité du monde mais cette même réalité mise en scène au travers du
regard du réalisateur. Au delà même du discours porté par le montage, le documentaire
doit être vu comme un art du lien puisquʼil sʼagit de capter des expériences, des paroles,
pour les restituer au spectateur. Cʼest la relation entre le réalisateur et le spectateur,
semblable à une promesse. Le documentaire est ainsi un art du raccord.
Lʼexpression du geste documentaire désigne ce que chaque cinéaste investit de lui même
pour construire son film. Ce geste est une expérience artistique, on insiste sur une
rencontre avec le réel, une rencontre du spectateur. Lʼexpérience artistique qui naît de
cette rencontre crée de lʼémotion. Lʼécriture implique une sorte dʼinvestissement,
dʼengagement de la part du réalisateur.
Jean VIGO : « Le documentaire est avant tout un point de vue documenté ».
Approche interculturelle et intermédiale du documentaire
Une forme dʼécriture particulière
Distinction reportage / documentaire : étape dʼorganisation des données recueillies sur le
terrain (repérages, entrevues...), cʼest la notion dʼinvestissement de soi qui change tout.
- Recherches documentaires sur le sujet
- Pré-entrevues / repérages
- But : sʼimprégner
- Trame / Positionnement
- Planning de tournage
Synopsis / Note dʼintention / Note de traitement
2. La question du style
- Le style en littérature, en art
- Ensemble de traits caractéristiques
- Reconnaissance de la touche personnelle dʼun artiste
- Le style au cinéma
- Vision du cinéaste sur le monde
- Tisser des liens entre les événements
- Une forme, un regard (BAUDON)
- Mise en scène du réel
- Un jeu sur les niveaux de lecture
- Un espace de connivence entre cinéaste et spectateur
- La singularité (SIMAR)
- Posture
- Façon de faire sensible
- Question artistique
Chats Perchés, by Chris MARKER
- Co-production :
- Les films du jeudi
- Arte France
- Budget : 150 000€
- Stratégie de distribution : Sortie TV / DVD simultanée
Porosité entre documentaire et fiction
- Profilmique et afilmique
- Tout cinéaste intervient dans la réalité quʼil filme. Dans un documentaire, on
travaille à partir de la réalité, cʼest ce travail de création qui se transforme en
double filtre inévitable : le tournage et le montage.
- « Lʼopposition essentielle entre documentaire et film de fiction fait partie de la convention
qui a établi une distinction absolue entre représentation des faits et représentation de
lʼimaginable. »
William GUYNN,
Un cinéma de non-fiction, le documentaire classique à lʼépreuve de la théorie
, 2002.
Approche interculturelle et intermédiale du documentaire
- On a tous intériorisé les normes du film de fiction. Même dans le JT, on trouve des
codes comme le spectaculaire, le suspense, la narration...
- Contexte de domination de la fiction dans notre espace communicationnel (ODIN)
- Intégration de la fiction renforce la dimension discursive du documentaire
- Documentaire = positionnement énonciatif clair et assumé
- Documentaire pas seulement descriptif mais aussi analytique
- Exemple : documentaire dʼinteraction (GUYNN)
- Progression du film sur le mode de lʼenquête
- Posture investigatrice assumée
- Pierre CARLES / Michael MOORE
La seule manière de distinguer le documentaire de la fiction se trouve dans le
positionnement énonciatif : il est clair et assumé dans le docu.
La sémio-pragmatique (ODIN)
- Film = espace de communication entre un réalisateur et son spectateur
- Plusieurs modes de lecture :
- Documentarisant : on attribue un statut de pertinence à la source.
- Fictionnalisant : on reçoit le film sur le mode de la fiction, de lʼimaginaire.
- Spectacularisant : ce qui compte cʼest de recevoir le film comme un spectacle.
- Argumentatif : on le reçoit comme une argumentation.
- Esthétisant : le plaisir de réception se trouve dans la dimension esthétique.
- Énergétique : même chose au niveau de lʼexpérience perceptive.
- Privé : on reçoit le film comme si ça nous concernait intimement.
On considère que le réalisateur et le spectateur sont deux instances qui produisent du
sens.
Le genre : un espace de dialogue entre réalisateur / spectateur
« Lʼespace du genre est le théâtre dʼun affrontement entre le réalisateur - qui essaie de
déjouer les attentes du public - et le spectateur - qui tente de déjouer les pièges, tout en
aimant se faire attraper. Tout film est une mosaïque de conventions et dʼinventions. »
Bernard PERRON,
Une machine à faire penser
, IRIS n°20
- Hybridation des genres cinématographiques
- Le labyrinthe de Pan (Guillermo DEL TORO)
- Secretos de lucha (Maïna BIDEGAIN)
3.Le documentaire historique
Archives & Témoignages
Ernesto « Che » Guevara : Le Journal de Bolivie
(Richard DINDO, 1994, 1h25)
Structure en 3 parties :
- 1ère partie 10 minutes, le passé du Che avant lʼécriture de son journal. Suite
chronologique dʼévénements et dʼimages dʼarchives qui explique pourquoi le Che est
entré dans la clandestinité.
- 2ème partie 1h, le corps du film, adaptation cinématographique du journal intime.
Approche interculturelle et intermédiale du documentaire
- 3ème partie 20 minutes, la capture du Che jusquʼà décortiquer lʼordre de lʼassassiner.
Ecriture de la ressucitation, puisque tout lʼintérêt de ce film est de trouver des idées de
réalisation pour adapter un journal intime. Moyens : témoignages, photos dʼarchives,
retour sur les lieux, jeu sur les voix : une voix féminine qui raconte lʼhistoire, et une voix
masculine qui joue le rôle du Che. Pas de musique, pas de sons extra-diégétiques, la
plupart du temps seulement des ambiances.
Plusieurs plans subjectifs, le champ de la caméra correspond à celui du Che et au texte
du journal. Les témoins reviennent sur les lieux exacts de leur présence avec le Che,
toujours dans lʼoptique de travailler sur la reconstitution.
Fusion des regards du réalisateur et de son personnage.
4. Le documenteur
Détournement des codes du genre.
Lʼintérêt du documenteur est le questionnement sur le rapport à lʼhistoire et à sa
représentation. Il permet dʼinvestir de nouvelles possibilités dʼexploitation.
Opération Lune
(William KAREL, 2002, 52 min)
Plusieurs séquences intéressantes :
- Lʼinfluence de
2001 Lʼodyssée de lʼespace
, ce qui crédibilise le travail de Kubrick.
- Détournement des interviews en introduisant un faux témoin : gros travail de montage
avec le fil conducteur de lʼactrice qui joue le faux témoin.
- A la fin la supercherie est révélée au spectateur, pendant le générique.
Le film est construit comme un vrai documentaire, on nʼa aucun moyen de savoir qui est
vrai ou faux témoin, et le montage permet de lier le tout.
Résumé
1. Mélange des genres et interculturalité
- Mélange des genres = phénomène ancien
- Expo « Planète Métisse », Musée du Quai Branly. Serge Gruzinski : circulation dʼobjets
métis dès la 1ère mondialisation du 16ème.
- Cinéma mexicain et cinéma asiatique
- Echanges Asie / Hollywood
- Les 7 samouraïs
(1954, KUROSAWA)
- Les 7 mercenaires
(1960, STURGES)
-
Regard de lʼAsie sur les Amériques
- Happy Together
(1997, KAR-WAÏ)
- Le secret de Brokeback Mountain
(2004, LEE)
Genre : «
centre
dʼune toile où se rejoignent, se composent et se
recomposent
les fils
des
influences
les plus diverses,
actuelles
ou plus
anciennes
,
cinématographiques
ou
culturelles
. »
Raphaëlle MOINE,
Les genres du cinéma
, Nathan, 2002 Paris
Approche interculturelle et intermédiale du documentaire
2. Interculturalité et cinéma
- Interculturalité : rencontre entre des individus de cultures différentes
- Communication interpersonnelle directe & communication médiatisée (cinéma)
- Cultures nationales, transnationales (diasporas) et sous-cultures (Cultural Studies)
3. Niveaux dʼinterculturalité dans un film.
- Personnage : interculturalité dans la diégèse
- Spectateur : expérience de la rencontre de lʼAutre au travers dʼun film
- Réalisateur : pratiques cinématographiques entrecroisées
Anthropophagie culturelle : processus de digestion dʼinfluences extérieures, articulation
entre global et local dans le but de créer un produit composite nouveau.
- Intermédialité : relations entre les médias, emprunts
- Nouvelles formes de discours, transferts
- Mémoire intermédiale
- Texture / scénographie / montage
-
Elephant
(VAN SANT, 2003) : intermédialité avec le jeu vidéo
-
Babel
(INARRITU, 2006) : effet-clip
4. Personnes, personnages
- Construction dʼun personnage dans le discours du documentaire
- Documentaire contemporain : outils de la fiction
- La personne : « être de chair, un corps qui agit, lʼAutre »
- Le personnage : « être de lumière et dʼombres avec qui le spectateur entre en vibration »
ADDOC,
Cinéma documentaire, Manière de faire, Formes de pensée
, Yellow Now, 2002, p.195
Le cinéma documentaire agit comme un révélateur entre les personnes et les
personnages que lʼon veut montrer.
Super Amigos
Voir sur Google « Super Amigos »
« Out of the ring and into the streets »
- Arturo PEREZ-TORRES (scénariste et réalisateur)
- Diffusé au FIPA en janvier 2007, au FI du documentaire à Marseille à lʼété 2009
- Format image : BetaCam Digital
- Budget : 1 million de dollars
- Co-production canadienne (+ fonds propres au réalisateur mexicain)
- Pitch : Mexico DF. 5 activistes politiques, déguisés en super-héros masqués, protègent
leur ville de lʼinjustice. Ils se battent contre la corruption, lʼhomophobie, la pollution, la
pauvreté et pour les droits des animaux.
Cinéma mexicain contemporain :
- INARRITU, REYGADAS, DEL TORO, CUARON, PEREZ-TORRES
Approche interculturelle et intermédiale du documentaire
- Bricolage de références personnelles, nationales et transnationales
- Négociation, détournement des genres et moyens dʼexpression du cinéma
hégémonique hollywoodien
- DEL TORO : « Etre mexicain, cʼest avoir la liberté de pouvoir mélanger »
- Particularité nationale des genres mexicains : « La dérive du cinéma mexicain
dʼépouvante a abouti à une étrange combinaison avec les séries de catcheurs,
produisant ainsi un genre typique du Mexique :
le film de catcheur de Lucha Libre
, à la
fois
symbole sportif et social
. »
Moises VINAS, les genres au Mexique, Cinémas dʼAmérique latine n°1
Données contextuelles sur le Mexique :
- Géographique : entre-deux, lisière de 2 civilisations
- Economique et symbolique : contexte de production des films (international)
- Historique : image et religion au 16ème ; une porte ouverte aux syncrétismes et
métissages
+ Culture cinématographique globalisée :
Images déterritorialisées
e
t
Esthétique
transnationale
(Amanda RUEDA)
Approche interculturelle et intermédiale du documentaire
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