DOSSIER Les réseaux d'eau potable en France

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DOSSIER Les réseaux d'eau potable en France

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L ltt d l Fdto ofoll d t d l’
48J 2010L’, l d l« o t»tous les professionnels des métiersde l’eau ont pleinement conscience,pour faire écho aux propos deJean-Louis Borloo, que certainssecteurs de l’économie ont un rôleclé à jouer dans la « révolutionverte » que le ministre appelle de sesvœux. Le service de l’eau est, à cetitre, identifié comme un vrai relaisde croissance, basé sur sa capacité àcréer de la valeur et du sens tout à lafois autour de ses missions liées à lapréservation de l’environnement ausens large et à sa capacité à être unincubateur d’emplois permanent.Partie prenante au Grenellede l’Environnement, la FP2E a faitpart de ses positions, surles aspects environnementaux bienentendu, mais également sur lesvolets sociaux associés. Afin desoutenir cette « croissance verte »,les entreprises de l’eau s’appuierontsur leurs 33 000 collaborateurs, maiselles souhaitent également mettreen avant l’apport des seniors, autravers d’un accord de branche,et anticiper sur les actionsde formation pour accompagnerla nécessaire évolutiondes compétences de tousles professionnels du secteur.La prise de conscienceenvironnementale à laquellenous assistons est une formidableopportunité pour stimulerl’innovation dans notre profession,afin que notre mission de servicepublic au service du public soit laplus « verte » possible.Ol BoVice-président
 Retrouvez l’actualité de la FP2E sur www.fp2e.org et sur www.lesentreprisesdeleau.com
dossier  L  d’ otbl  FPermettre l’acheminement d’une eau saine à toutela population, telle est la raison d’être des réseaux d’eaupotable en France, un patrimoine estimé à 200 milliardsd’euros.prenons-nous suffisamment soin de ceréseau ? Est-il en bon état, y a-t-il tropde fuites dans les réseaux en France ?Ces questions, qui reviennent de façonrécurrente dans les médias, déclenchentparfois des polémiques qui n’appor-tent pas vraiment de réponse éclairée.L’analyse est souvent courte et incom-plète, la conclusion hâtive : la fuite d’eauest mauvaise pour le porte-monnaie etpour l’environnement, les « mauvais élè-ves » sont pointés du doigt ; quiconquedépasserait un seuil « acceptable » seraitun mauvais gestionnaire et accusé du« gaspillage » intolérable de la ressource.Mais la réalité n’est pas aussi simple et ilconvient de creuser sous les angles struc-turels, techniques, économiques et éco-logiques pour s’apercevoir qu’il ne peuty avoir de pensée unique en la matière :chaque service d’eau potable a ses pro-Renouvellement sans tranchée d’une canalisation d’eaupres spécificités.potable•••
Avec ce numéro d’AquAe : le rApport BipeTot l do oo, ol t otl l  bl d l’ t d l’t  F.
chiffre clé1,4 C’est le nombre d’emplois générés dans l’économie par 1 emploi dans lesentreprises de l’eau. Ainsi, ce sont plus de 46 000 emplois en France (fournis-seurs, prestataires et effets induits) qui sont créés par les activités des opéra-teurs et leurs 33 000 salariés.
2
•••Des réseaux enTerrés De pLusDe 850 000 kiLOmèTresLa France compte 850 000 kilomètres de canali-sations d’eau, soit plus de deux fois la distance dela Terre à la Lune ! Un réseau immense, donc, quis’est considérablement développé, notammentdans la seconde moitié du XXe siècle,pour couvriraujourd’hui la totalité du territoire. Plus qu’unréseau, c’est un patrimoine qu’il faut entretenirpour garantir la continuité du service public del’eau ; un patrimoine estimé à plus de 200 mil-liards d’euros.Première observation : il s’agit d’une somme deréseaux locaux souvent non interconnectés, etnon pas d’un seul réseau national, contrairementà l’électricité par exemple,car la distribution d’eauest un service public local utilisant une ressourcelocale.La pose des réseaux en France a été très hété-rogène dans le temps, ce qui explique un âge trèsvariable selon les collectivités. Les réseaux urbainsen centre-ville se sont majoritairement construitsavant la Première Guerre mondiale et les réseauxruraux se sont plutôt développés dans les années1960 à 1980. Certaines collectivités urbaines ontainsi des réseaux très anciens,tandis que des collec-tivités rurales ont des réseaux plus récents.L hff l d  fç850000kilomètres(3500000enEurope)•20￸ 000￸services￸d’eau•300￸ 000￸kilomètres￸gérés￸par￸les￸entreprises￸de￸l’eau￸ Moins￸de￸fuites￸dans￸les￸réseaux￸gérés￸en￸DSP￸ :￸ les régies comptabilisent des pertes en eau de 20 % supérieuresaux￸services￸délégués￸(source￸ :￸étude￸BCG￸2006)•Année￸médiane￸de￸pose￸ :￸1980￸(âge￸moyen￸de￸30￸ans)Tauxmoyenderenouvellementestiméà0,6%;àcerythme, lesréseauxsontentièrementremplacésen170ans (source Rebeix 2001)Investissementsthéoriquementnécessaires:1,5milliarddeurospar￸an￸(OIEau￸2003)Des réseaux D’âges variaBLes,FaiTs De Divers maTériauxeT suBissanT Des cOnTrainTesvariaBLesUne observation structurelle qui en entraîneune autre, technique celle-là : les matériaux uti-lisés sont différents selon les époques : 55 % desréseaux sont en fonte (grise ou ductile), 38 % enPVC, le reste dans des matériaux divers tels quel’amiante-ciment, l’acier ou le polyéthylène. Desmatériaux qui réagissent différemment à l’usurenaturelle, aux vibrations, aux mouvements deterrain ou à la topographie… Là encore, lescollectivités ne sont pas sur un pied d’égalité :montagne ou plaine, ville ou village, forte oufaible densité, état de la voirie, aménagement
urbain… tout peut jouer sur la durée de vie descanalisations.Ainsi, il n’est pas rare de voir des conduites cente-naires poser moins de problèmes que des canali-sations plus récentes : l’âge des conduites ne peutpas être le seul critère de décision concernant lerenouvellement des réseaux.Car les questions de rendement et de renouvel-lement sont bien le nœud du problème, lorsqu’ilest pris sous l’angle économique : quelle néces-sité d’investissement ? Quels choix de gestion depatrimoine ?renOuveLer Ou réparer?cOmmenT DéFinir La BOnnepOLiTique De gesTiOn paTrimOniaLe?Changer un mètre de réseau (de diamètre< 100 mm) coûte environ 150 euros, soit150 000 euros le kilomètre. La réparation d’unefuite coûte, quant à elle, environ 1 000 euros. Sil’on raisonne avec le seul critère économique, ilfaudrait donc 150 fuites au kilomètre (soit unetous les 7 mètres !) pour que le renouvellementsoit rentable. Ce calcul mène à réaliser un mini-mum de renouvellements et à réparer beaucoupde fuites, générant autant de perturbations pourles consommateurs et pour la voirie.La « bonne » politique de renouvellement se situe àmi-chemin des deux solutions :elle vise à optimiserla durée de maintien en service des réseaux, c’est-à-dire à choisir en permanence entre renouveler etréparer les réseaux. Le critère de choix du niveaud’investissement nécessaire est donc essentielle-ment la performance souhaitée du service d’eaupotable en termes de qualité de l’eau distribuée,decontinuité de service et de pertes en eau.Ce dernier point nous amène à la croisée des che-mins économiques et écologiques. Quel rende-ment viser ? Le plus haut possible ?Quoi qu’il arrive,il est vertueux de chercher à amé-liorer la performance des réseaux : tel est l’espritdu Grenelle de l’Environnement. Toutefois, atten-tion aux idées reçues en la matière, notammentsur la notion de « gaspillage ». L’eau qui fuit descanalisations a certes été ponctionnée dans la res-source brute et traitée inutilement, mais elle n est
Inspectionvidéodescanalisationspartunneliertéléguidé.
L ot  ot êt àobl to l o-f tt o d l ollttà ttd l objtf fi.pas « perdue »: elle ne disparaît pas et réintègre lecycle naturel de l eau.Ensuite,il ne faut jamais perdre de vue l’optimuméconomique : il y a un seuil à partir duquel le gaind’un point de rendement a un coût dispropor-tionné par rapport à l‘économie générée (mêmeen quantifiant un coût complet d’utilisation de laressource) ; une augmentation qui peut en outres avérer inacceptable pour le consommateur.Et ceseuil est variable selon les services.Le greneLLe, De nOuveLLesexigences pOur Les cOLLecTiviTéseT Leurs OpéraTeursLe Grenelle de l’Environnement a donc prévula mise en place de plans d’actions lorsqu’unecollectivité enregistre un taux de perte supérieurà un taux défini localement selon des caractéris-tiques de ressource et de service.D tholo   d t d ootLes technologies développées aujourd’hui par les entreprises de l’eaupourlentretienoulerenouvellementdesréseauxsontdevenuestrèssophistiquées.Par exemple, les techniques de recherche de fuites par corrélationacoustique ou encore l’inspection vidéo de l’intérieur des canalisationsont permis de gagner en efficacité et en rapidité d’intervention.Lasectorisationdesréseauxamèneunemesureplusnedesdébits et des pressions 24 heures sur 24 et une localisation plus rapidedes￸problèmes.Deplus,ilestdésormaispossibledeposerunenouvelleconduite (ou￸de￸renouveler￸une￸canalisation￸existante)￸sans￸ouvrir￸de￸tranchée￸ :￸lestravauxsefontgrâceàdesmini-tunneliersdecreusement,desrobots téléguidés d’intervention et des procédés d’extraction, évitantainsi les gênes pour les usagers et les riverains, tout en préservant leurcadre de vie.Enn,lessystèmesdetélé-relevédescompteursdeaupermettent de suivre en temps réel les consommations et donc la performanceduréseau,toutenaméliorantleserviceauclient:pasde dérangement,carpasdaccèsphysiqueaucompteur,unefacturebasée sur la consommation réelle et non estimée, la détectionde fuites révélées par les surconsommations, la consultationdelaconsommationsurInternet
On le voit, la gestion des réseaux d’eau potableen France doit être considérée au cas par cas, enfonction de nombreux paramètres, et la prise dedécision en la matière n’est pas simple.À ce jour, 28 000 communes déclarent avoir lesplans à jour de leur réseau : parmi elles,15 000 dis-posent d’un système de repérage informatiquepour au moins une partie de leur réseau.Les opérateurs privés sont prêts à mobiliser tousleurs savoir-faire et expertises pour aider lescollectivités à atteindre les objectifs fixés. Ils sesont engagés, au travers d’une charte pour la ges-tion du patrimoine, à proposer aux collectivitésles outils adaptés de connaissance et d’aide à ladécision, ainsi que les solutions technologiquesqui garantiront, sur le long terme, le niveau deperformance du service qu’elles souhaitent.Une mission de conseil et d’aide à la décision, quicontribue à atteindre l’optimum économique/écologique et à offrir aux usagers un service per -formant au meilleur coût.
rdt d  d l d t :à l dt  fi ?Le rendement du réseau correspond au ratio(exprimé en pourcentage) entre les volumesconsommés et les volumes d’eau mis endistribution dans le réseau.Un￸rendement￸de￸80 ￸ %￸(eau￸consommée/eau￸distribuée=80%)traduitdoncunécart de 20 % entre la tête du réseau et le robinet.De￸fait ￸,le￸rendement￸varie￸fortement￸en￸fonction de la consommation et de la longueurtotale￸du￸réseau￸ ;￸un￸réseau￸ayant ￸,par￸exemple,￸une consommation élevée aura un rendementmécaniquement plus élevé qu’un réseau moinssollicité.L’indice linéaire de perte traduit quant à luile￸volume￸d’eau￸perdu￸par￸unité￸de￸longueur￸ :￸ ilsexprimegénéralementenmètrecubeparjour￸et￸par￸kilomètre ￸.Il￸supprime￸donc￸ les effets des facteurs « longueur totale duréseau » et « quantité des volumes distribués »  sur le résultat.Le rendement est ainsi une notion plus facileà appréhender, car comprise du grand public.Toutefois,enrapportantlevolumedeperteaulinéaireduréseau,lILPestplusreprésentatiftechniquement. L’élaboration de plans d’actionsvisant à améliorer la performance du réseaudevra se baser sur l’évolution dans le tempsde ces deux indicateurs.
La lettre de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E).83avenueFoch,75116Paris.Tél.:0153701358.Fax:0153701341.E-mail:fp2e@fp2e.orgSiteInternet:www.fp2e.orgDirectricedelapublication:BéatriceArbelot.Responsabledelarédaction:IgorSemo.Comitéderédaction:YannickAstesana,BernardJouglain,LaurentMaillard,TristanMathieu,AnnedePassoz,AlainTiret,DanielVillessot,MartineVullierme.Créditsphoto:©VeoliaEau,LyonnaisedesEaux,GraphixImage-VéroniquePaul.Conceptionetréalisation:ConnexConsulting.Imprimésurdupapierrecyclé.L Fp2e o l ot d’alt, Lyo d e, nt d e s, sd, s, sfo, sodo t vol e.
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L hb d’lt t l t d l’t  oto d ootoAfin de contribuer à la lutte contre les pollutions Une dizaine de sites ont fait l’objet d’enquêtesdiffuses (notamment par les nitrates et les produits auprès des parties prenantes locales : collectivités,phytosanitaires) en amont des captages d’eau agriculteurs,chambres d’agriculture et entreprisespotable, la FP2E et l’Assemblée permanente des de l’eau.chambres d’agriculture (APCA) ont signé, le Les données ont servi à l’élaboration d’un guide29 octobre 2009, une convention de coopération : méthodologique, conçu sous la forme de recom-c’est une première en France qui réunit acteurs du mandations de bonnes pratiques entre acteurssecteur agricole et entreprises de l’eau autour d’une locaux de la préservation des ressources en eau,problématique environnementale majeure. qui sera diffusé avant l’été 2010.l
 L olltt dot do fo l ddtd l t d lto d offle Conseil d’État a rendu un important arrêt donc pas tenue de fixer une pondération ou unele 23 décembre 2009 (Établissement public hiérarchisation des critères.de Versailles) par lequel il rend obligatoire, Cet arrêt doit conduire les collectivités à unepour toute procédure de délégation de service réflexion,en amont du lancement des procédurespublic, l’annonce par la collectivité de critères de délégation de service public, pour définir aude sélection des offres. Toutefois, le Conseil d’État cas par cas quelles sont leurs attentes en matièreprécise que « la collectivité choisit le délégataire au de performance et de qualité du service délégué ;regard d’une appréciation globale des critères sans ainsi, elles pourront choisir le candidat retenuêtre contrainte par des modalités de mise en œuvre sur la base de critères qualitatifs et non sur le seulpréalablement déterminées ». La collectivité n’est critère du prix.l
ctl l o  oo ot l’ d obtle 17 février 2010, la marque d’eau en bouteille mettant « systématiquement en cause de manièrea été condamnée par le jury de déontologie non justifiée la qualité et la potabilité de l’eaupublicitaire, instance issue de l’Autorité de du robinet ». France Nature Environnement, àrégulation professionnelle de la publicité. Le l’origine de cette condamnation, a demandé lejury a dénoncé les documents publicitaires qui retrait de jeux publicitaires dénigrant l’eau dudonnent une image « déformée » de la réalité en robinet.l
u  d obt d lt t t otôlle reportage diffusé sur France 3 le 17 mai dernier cas de dépassement,des restrictions temporaires dea mis en cause, de manière alarmiste et tronquée, consommation de l’eau pour certains usages,voirela qualité de l’eau du robinet distribuée en France, l’arrêt de la distribution, sont décidées.suscitant de nombreuses protestations dont L’eau n’est pas la voie majeure d’exposition auxcelles, vigoureuses, des ministères de la Santé et nitrates, aux pesticides, à l’aluminium ou à lade l’Écologie. radioactivité, contrairement aux résidus dansL’eau délivrée au robinet est très surveillée, à l’air et dans les aliments. Rappelons que, lorstous les stades : le contrôle sanitaire de l’eau, mis d’une précédente polémique, l’Institut nationalen œuvre par les agences régionales de santé, du cancer affirmait : « Cette focalisation surcouvre chaque étape du circuit de l’eau, soit l’eau est suspecte, tant sont faibles ses apports310 000 prélèvements et 8 millions de résultats de substances hypothétiquement nuisibles paranalytiques. rapport à d’autres sources de polluants. »Pour chaque substance contrôlée, la norme est L’amélioration de la communication sur lesétablie afin que chaque personne,surtout les sujets données relatives à la qualité de l’eau (affichageles plus sensibles (femmes enceintes, personnes en mairie, diffusion avec la facture d’eau, portailâgées et nourrissons), puisse boire 2 litres d’eau national www.eaupotable.sante.gouv.fr) s’imposechaque jour pendant toute une vie sans risque pour donc comme un objectif sur lequel l’ensemble dessasanté.Elleprévoitunelargemargedesécurité.En partenaires est collectivement engagé.l
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