Dossier Télédoc: Little Miss Sunshine - Little Miss Sunshine

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Dossier Télédoc: Little Miss Sunshine - Little Miss Sunshine

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Little Miss Sunshine
Un film américain
de Johnathan Dayton et
Valerie Faris (2006), scénariode Michael Arndt, avecGreg Kinnear (Richard), Toni Collette (Sheryl), Steve Carell (Frank), Abigail Breslin (Olive), Alan Arkin (Grand Père), Paul Dano (Dwayne). 1 h 39 min
2007 2008
Pour offrir à la petite Olive la chance d'être couronnée reine de beauté lors d’un prestigieux concours en Californie, la famille Hoover se lance dans un périple rocambolesque sur les routes de l’Ouest qui va révéler la véritable nature de chacun. Auréolée d’un grand succès public et critique, l’épopée burlesque de cette famille américaine offre à ses auteurs l’occasion d’écorner l’image de la société du spectacle et les travers de l’american way of life.
CANAL+ MERCREDI 26 DÉCEMBRE, 20h 50
Une famille américaine Éducation au cinéma et anglais, troisièmelycée
La famille Hoover est composée d’une mère qui fume en cachette, d’un père qui a inventé une méthode pour être un gagnant, d’une fillette ingrate qui rêve de remporter un concours de beauté, d’un fils gothique qui a fait voeu de silence et lit Nietzsche toute la journée, d’un oncle suicidaire et spécialiste de Proust et d’un grandpère érotomane et toxicomane! À la faveur d’un concours de beauté pour devenir « LittleMiss Sunshine», cette famille bancale va entreprendre un voyage dans une camionnette sans embrayage pour que la petite Olive puisse concourir. Le voyage semé d’épreuves dramatiques et de situations burlesques sera l’occasion pour les Hoover de renouer des liens distendus et renoncer aux mirages auxquels ils s’accrochaient.
RédactionBarbara Velasco, professeur de lettres modernes Crédit photoTwentieth Century Fox Film Corporation ÉditionÉmilie Nicot et Anne Peeters MaquetteAnnik Guéry
Ce dossier est en ligne sur le site deTélédoc. www.cndp.fr/tice/teledoc/
À l’Ouest! >Identifier dans le film des caractéristiques du western. Le western est «le cinéma américain par excel lence »,il est né aux ÉtatsUnis au début de l’in vention du cinéma et le premier film narratif américain est un western tourné en 1903,Le Vol du rapided’Edwin S. Porter. Les motifs du western ont évolué avec le temps etLittle Miss Sunshine n’est pas un western de John Ford! Néanmoins, nous pouvons retrouver dans notre film des carac téristiques du genre du western. Si l’action se passe avant tout sur la route qui mène la famille Hoover du NouveauMexique à la Californie,Little Miss Sunshinen’est pas pour autant un road movie. Effectivement, ce qui caractérise le road movie, c’est que les personnages sont dans une errance sans but. Il n’y a pas comme dans le roadmovie de fuite ou de rejet de la ville et du monde matériel mais un but à atteindre: faire participer Olive à un concours de beauté pour enfants. Les Hoover suivent donc une trajectoire et un itinéraire définis, entre Albuquerque au NouveauMexique et Redondo Beach en Californie. Little Miss Sunshines’apparente au western en ce sens qu’il y a un désir de conquête et que le film est articulé autour de la notion de mouve ment. Les personnages sont dans l’action, non dans la contemplation. Il y a également une dimension héroïque, car rien ne leur fera arrêter leur convoi vers l’Ouest, quitte à transgresser les lois. Ce sont des héros avec un idéal, certes indi vidualiste, mais qui s’inscrit dans la réalité d’une époque où «le combat pour la vie» n’est plus destiné au mieuxêtre d’un groupe d’individus. Le combi de la famille Hoover qui traverse le NouveauMexique et l’Arizona pour se rendre en Californie dans l’espoir d’y réussir n’est pas sans nous évoquer le mythe de la conquête de l’Ouest. Le combi sans embrayage a remplacé la diligence ou le cheval. Les vastes territoires de l’Ouest américain représentaient alors un espoir de réus site, l’espoir d’une vie meilleure. Mais qui sont e les pionniers duXXILes pionniers d’ausiècle ? jourd’hui sont au bord du divorce, de la faillite ou du suicide. Le film de Jonathan Dayton et de Valerie Faris, sorte de western revisité, nous offre donc l’image douceamère d’une famille améri caine moyenne qui se débat pour survivre dans une Amérique hostile. Parmi lestopoïdu wes tern, nous retrouvons ce déplacement vers l’Ouest, les paysages traversés, le désert princi palement, un restaurant au bord de la route rem
place le saloon, les méchants sont un éditeur cynique, une préposée aux obsèques étrangère à toute compassion et un comité d’organisation du concours de beauté qui défend des valeurs de bienséance conservatrices. Le shérif ne défend plus la veuve et l’orphelin, mais peut être sou doyé avec des revues pornographiques. Le père, à la tête de la caravane, n’arbore pas de colt mais une détermination à toute épreuve. Son duel avec l’éditeur n’est pas à l’arme blanche dans la rue principale de la ville, mais demeure néanmoins un règlement de comptes dans le décor artificiel d’un hôtel de luxe. Ce qui fait de Little Miss Sunshineune sorte de western actuel est le mouvement incessant: les personnages courent, avancent inexorablement vers leur but, persuadés que leur odyssée résoudra leurs manques et les mènera à la conquête d’un dépas sement de soi.
Les gagnants et les perdants >Caractériser les personnages par leurs actions et leurs paroles. L’obsession tout américaine de la réussite est au cœur du film. Mais d’emblée les dés sont pipés car, pour réussir, il faut correspondre à des cri tères préétablis. Or la famille Hoover n’a pas l’étoffe des héros américains. Olive, la petite fille, est loin de ressembler à ces poupées Barbie qui gagnent les concours de beauté. Elle croit pou voir gagner, mais ne voit pas que l’image télévi suelle de Miss America, son modèle, est à l’opposé d’elle. Richard, le père, donne des confé rences qui semblent s’adresser à un vaste public tassé dans un amphithéâtre mais la réalité est autre, il s’adresse à neuf personnes dans une misérable salle. L’oncle Franck ressemble étran gement à Proust, tant physiquement que mora lement, mais reste l’éternel second, abandonné à ses illusions perdues. Quant à Dwayne, le fils, grand lecteur de Nietzsche, ses efforts pour deve nir un surhomme, un pilote de jets en l’occur rence, seront anéantis par un dysfonctionnement
de sa vision – le daltonisme. Le désir ou laLe voyage en volonté ne suffisent plus pour devenir un héros, cinéma l’Amérique a changé, il faut donc aller audelà des apparences pour s’en sortir. Il faut contour«Heureux qui, comme ner voire transgresser les règles pour survivre etUlysse, a fait un beau aller de l’avant. Olive fera un striptease, Richardvoyage» kidnappera la dépouille de son père, Franck sorComme en littérature, le tira de son personnage neurasthénique, etthème du voyage s’est très Dwayne trouvera un moyen de voler sans distintôt imposé au septième art. guer le rouge et le vert. Les pionniers actuels neLe voyage fantasmagorique se battent plus contre les Indiens mais contre(Le Voyage dans la lune, euxmêmes. néanmoinscapable de courir très vite et de donGeorges Méliès), le voyage Richard, le père, est un faiseur de recettes pourner de la souplesse à son corps. Dwayne est unecomme fuite (New York devenir un gagnant afin de «conquérir lecaricature de l’adolescent gothique qui ne parleMiami, Franck Capra), le monde ».Un programme, sorte d’escalier à neufpas et utilise avec une grande dextérité son blocvoyage pour survivre marches, est censé nous faire accéder au somcomme intertitre de film muet. Le père, en héros(Les Raisins de la colère, met du monde. Le film ne nous dit pas si le prode la famille, se retrouve ridicule sur une mobyJohn Ford), le voyage gramme en question est un miracle car ce quilette qui pétarade en pleine nuit sur l’autoroute.révélateur de l’état d’un importe pour exister aux yeux du monde, ce n’estLe grandpère effectue ses rituels de toxicomanecouple (Voyage en Italie, pas d’écrire un livre, c’est d’être «quelqu’un »,en silence et avec des gestes sûrs. Olive, auxRoberto Rossellini), c’estàdire quelqu’un de connu, une célébrité.lunettes aussi rondes que son corps n’a pasle voyage révélateur Seules les célébrités vendent des livres, qu’ilsbesoin de parler pour faire d’emblée naître le rired’une conscience politique soient sur Proust ou qu’ils soient une méthodenotamment lorsqu’elle se compare à Miss America.(Carnets de voyage, Walter pour devenir un gagnant.Little Miss SunshineLe gag récurrent du combi qu’il faut pousserSalles), le voyage qui scelle met en scène des êtres dont l’idéal a été brisérelève également du burlesque. Les gags s’enune amitié (L’Épouvantail, mais qui ne renoncent pas cependant.chaînent, les quiproquos adviennent à pointJerry Schatzberg), le Le grandpère, qui au crépuscule de sa vie anommé. Enfin, le final est un feu d’artifice, unvoyage pour s’éloigner puis connu la guerre, fait figure de sage en rappelantjoyeux désordre qui réunit la famille sur scènese retrouver (My Blueberry à chacun qu’il faut profiter de la vie, la mordre àpour une danse endiablée. La famille devientNights, Wong Kar Wai). pleines dents. Il est peutêtre un mauvais père,alors burlesque en ce sens qu’elle échappe à touteLe film en luimême est mais il sait trouver les mots qui réconfortent auréflexion pour être dans l’action, pour tenterun voyage. Peutêtre parce moment les plus opportuns. Il soutient son filsquelque chose qui s’affirme du côté de la vie:que le mot cinéma vient du lorsque celuici a perdu le goût de se battre, ras« Lespires moments sont ceux qui valent la peinegreckinemaqui signifie sure sa petitefille en lui transmettant des parod’être vécus.»« mouvement ». les d’une grande sagesse: la beauté n’est pasLe cinéma est l’écriture du seulement extérieure, elle est aussi à l’intérieur„mouvement, la caméra de soi. Ainsi, on ne gagne pas à tous les coups,capture ce mouvement en mais la morale de ce film est qu’il faut se battrese mettant ellemême en pour se construire ou se reconstruire.mouvement, notamment avec le travelling, Éloge du rirequi permet de« voyage » >Relever des gags ou des situations comiques quisuivre les déplacements apportent àLittle Miss Sunshinesa dimensionPour en savoir plusdes personnages. burlesque.TESSÉ JeanPhilippe,Le BurlesqueLes petits, coll. « Diminué de ses gags,Little Miss Sunshineauraitcahiers », Cahiers du cinémaSCÉRÉNCNDP, 2007. été un drame: chômage, tentative de suicide,http://www.cndp.fr/Produits/DetailSimp.asp?ID=91593 conflit de couple, dépression de l’adolescent,CHION Michel,Écrire un scénario, Cahiers du mort du grandpère, etc. Et nous aurions beaucinémaINA, 2002. coup pleuré là où nous rions tant! Le burlesqueLes autres diffusions deLittle Miss Sunshinesur est avant tout visuel et le film regorge de gagsla nuit du vendredi 28 au samedi 29 décemCanal+ : sans paroles. Tout d’abord les personnages: Frank,bre, 0h20 (VOSTF); lundi 31 décembre, 13h55; mardi er l’oncle, est l’héritier d’un Buster Keaton avec sonsamedisamedi 5 janvier, 10h 00 ;1 janvier,22 h 15 ; corps si raide et son visage impassible, mais il esth 20.la nuit du lundi 14 janvier, 2h 10 ;12 janvier, 8
D’emblée, des personnages Fiche de travail
En parallèle du« Lesscénaristes ne doivent pas imaginer séparément d’une part les événements qui développement de»forment l’histoire et d’autre part les caractères des personnages. Eugene Vale,The Technique of Screenplay Writing, 1972. l’intrigue, les auteurs d’un scénario doivent définir leurs 1.À partir de l’étude de la première séquence deLittle Miss Sunshine, c’estàdire son personnages. exposition, caractérisez les six personnages principaux en remplissant le tableau suivant. Ces derniers seront l’âme du film qu’ilsActions qui leTraits dominants duRelation auxFonction dans laNom Caractéristiques cellule familialephysiques :âge, caractère(identifia autrespersonnages caractérisent porteront par leur métier, signesbles visuellementet contrastes interprétation et leur particuliers oupar le dialogue) compréhension du rôle. Le père Enfin, ils seront au La mère service de l’histoire Le fils et leurs actions les révéleront. L’exercice La fille ici proposé vise à Le grandpère retracer le travail L’oncle scénaristique effectué pour caractériser les personnages et les 2.Dans un deuxième temps, notez les évolutions de chacun des personnages dans l’histoire, situer les uns par définissez dès l’exposition leur but, désir ou besoin, et précisez s’ils les ont atteints à la fin rapport aux autres dès du film. la première séquence du film. Le personnageBut/désir/besoin Évolutiondans l’histoireRésolution du but/désir/besoin Richard Sheryl Dwayne Olive Edwin Franck
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