Du dbut du sicle la crise de 1929 : un espace idologique.

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Du dbut du sicle la crise de 1929 : un espace idologique.

Publié le : lundi 11 juillet 2011
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  Fernand DUMONT  Philosophe, sociologue, Université Laval  [1927-1997]  (1974)    IDÉOLOGIES AU Canada FRANÇAIS, 1900-1929  Du début du siècle à la crise de 1929 : un espace idéologique.     Un document produit en version numérique par Réjeanne Toussaint, ouvrière bénévole, Chomedey, Ville Laval, Québec Page web . Courriel: rtoussaint@aei.ca  Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.ca/Classiques_des_sciences_sociales/    Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm
 Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique.. (1974) 2  
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 “Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique.”. (1974) 3  
Cette édition électronique a été réalisée par Réjeanne Toussaint, bénévole, Courriel: rtoussaint@aei.ca   à partir de :  Fernand Dumont,  Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique .”  Un article publié dans l’ouvrage sous la direction de Fernand DU-MONT, Jean-Paul MONTMINY et Jean HAMELIN, IDÉOLOGIES AU Canada FRANÇAIS, 1900-1929 , pp. 1-13. Québec : Les Presses de l’Université Laval, 1974, 377 pp. Collection : Histoire et sociologie de la culture, no 5.  [Autorisation formelle accordée le 7 décembre 2009, par le direc-teur général des Presses de l’Université Laval, M. Denis DION, de dif-fuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]  Courriel : denis.dion@pul.ulaval.ca  PUL : http://www.pulaval.com/    Police de caractères utilisée : Comic Sans, 10 points. Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Micro-soft Word 2008 pour Macintosh. Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)  Édition numérique réalisée le 21 février 2011, revue et corrigée le 2 mai 2011 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, Québec.  
 
 
 
 
Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique. (1974) .  
 
 
 
REMERCIEMENTS
 Nous sommes infiniment reconnaissants à la direction des Presses de lUniversité Laval , notamment à M. Denis DION , directeur général, pour la confiance quon nous accorde en nous autorisant la diffusion de ce livre ainsi que de tous les livres de cette magnifique collection dirigée par Fernand DUMONT : HISTOIRE ET SOCIOLOGIE DE LA CULTURE.  
Courriel : denis.dion@pul.ulaval.ca PUL : http://www.pulaval.com/
Jean-Marie Tremblay, Sociologue, Fondateur, Les Classiques des sciences sociales. 20 février 2011.
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 Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique.. (1974) 5  
  
  
Histoire et sociologie de la culture  Sous la direction de Fernand DUMONT et Pierre SAVARD
OUVRAGES EN PRÉPARATION dans Les Classiques des sciences sociales.  
  1) Sous la direction de Fernand Dumont, Jean Hamelin et Jean-Paul Montminy, Idéologies au Canada français 1850-1900 . Québec: PUL, 1971, 327 pp. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 1.  2) Pierre Thibeault, Savoir et pouvoir. Philosophie thomiste et politique cléri-cale au XIXe siècle . PUL, 1972. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 2.  3) Les religions populaires. Colloque international 1970 . Textes présentés par Benoît Lacroix et Pietro Boglioni. Québec: PUL, 1972. Collection Histoire et sociolo-gie de la culture, no 3.  4) Le merveilleux. Deuxième colloque sur les religions populaires 1971 . Textes présentés par Fernand Dumont, Jean-Paul Montminy et Michel Stein. Québec: PUL, 1974. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 4.  5) Sous la direction de Fernand Dumont, Jean Hamelin, Fernand Harvey et Jean-Paul Montminy, Idéologies au Canada français 1900-1929 . Québec: PUL, 1974, 392 pp. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 5.  7) André-J. Bélanger, L'apolitisme des idéologies québécoises. Le grand tour-nant de 1934-1936 . Québec: PUL, 1974, 392 pp. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 7.  8) Richard Jones, Lidéologie de lAction catholique de 1917 à 1930. Québec: PUL, 1974, 359 pp. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 8.  10) Jean-Paul Hautecoeur, L'Acadie du discours . Québec: PUL, 1975. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 10. [Livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales . JMT.]  
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11) Sous la direction de Fernand Dumont, Jean Hamelin et Jean-Paul Montminy, Idéologies au Canada français 1930-1939 . Québec: PUL, 1978, 361 pp. Collection Histoire et sociologie de la culture, no 11.  12.1) Sous la direction de Fernand Dumont, Jean Hamelin et Jean-Paul Montminy, Idéologies au Canada français 1940-1976. Tome 1er: La Presse et la Littéra-ture . Québec: PUL, 1981, 360 pp. Coll.: Histoire et sociologie de la culture, no 12.  12.2) Sous la direction de Fernand Dumont, Jean Hamelin et Jean-Paul Montminy, Idéologies au Canada français 1940-1976. Tome 2: Les Mouvements sociaux  Les Syndicats . Québec: PUL, 1981, 390 pp. Coll.: Histoire et sociologie de la culture, no 12.  12.3) Sous la direction de Fernand Dumont, Jean Hamelin et Jean-Paul Montminy, Idéologies au Canada français 1940-1976. Tome 3: Les partis politiques  L'Église . Québec: PUL, 1981, 360 pp. Coll.: Histoire et sociologie de la culture, no 12.  
 Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique.. (1974) 7  
 
« HISTOIRE ET SOCIOLOGIE DE LA CULTURE »
 Pendant longtemps au Canada français, soit au moins depuis François-Xavier Gar-neau, l'histoire à occupé le devant de la scène sinon toute la scène des sciences hu-maines. L'histoire politique surtout à connu et connaît encore - renouvelée par les techniques de la sociologie électorale - une riche carrière. L'histoire économique et sociale vient d'être véritablement lancée chez-nous et la vogue qu'elle connaît chez les jeunes chercheurs de même que quelques ouvrages parus témoignent d'un succès promis à durer. Quant à l'histoire culturelle, il ' st oint besoin d'insister sur son n e p intérêt pour un peuple qui s'est tant défini en fonction de la culture et en un temps où, partout dans le monde, on parle de « révolution culturelle ». Ces divers courants de la recherche historique supposent évidemment des dialogues, plus serrés et plus complexes que naguère, entre l'histoire et les autres sciences humaines. Cela est particulièrement évident pour l'histoire culturelle (ou pour ce qu'on appelle aussi l' « histoire des mentalités »). Du moment où on récuse les cloisonnements rigides en-tre l'histoire religieuse et l'histoire littéraire, entre l'histoire des idées et l'histoi-re des attitudes devant la vie, le travail historique fait appel d'une manière infini-ment plus directe à la sociologie et aux disciplines voisines. Par ailleurs, les chercheurs ne croient plus guère à cette illusoire division du tra-vail où le passé et le présent semblaient constituer les domaines respectifs de l'his-toire et de la sociologie. L'histoire s'enracine carrément dans l'interprétation des problèmes d'aujourd'hui de même que la sociologie se fait rétrospective, sans que pour autant on veuille céder au syncrétisme des méthodes ou des perspectives. Cela justifie, il nous semble, celle nouvelle collection consacrée à l'histoire et à la sociologie de la culture. Publiée sous l'égide de l'Institut supérieur des sciences humaines de l'Université Laval, la collection ne se bornera pourtant pas à réunir des travaux effectués au sein de cet organisme. Elle accordera tout naturellement la primauté aux préoccupations interdisciplinaires. Fernand DUMONT et Pierre SAVARD
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Fernand DUMONT  IDÉOLOGIES AU Canada FRANÇAIS, 1900-1929 Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique .”  
  Un article publié dans l’ouvrage sous la direction de Fernand DU-MONT, Jean-Paul MONTMINY et Jean HAMELIN, IDÉOLOGIES AU Canada FRANÇAIS, 1900-1929 , pp. 1-13. Québec : Les Presses de l’Université Laval, 1974, 377 pp. Collection : Histoire et sociologie de la culture, no 5.  
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   IDÉOLOGIES AU Canada FRANÇAIS, 1900-1929.   Du début du siècle à la crise de 1929: un espace idéologique.  par Fernand Dumont  [pp. 1-13.]     Par comparaison avec celles de la seconde moitié du XIXe siècle, on se demande-ra si les idéologies québécoises des années 1900 à 1929 ont quelque originalité. À première vue, les thèmes sont les mêmes, comme si les représentations déjà acqui-ses poursuivaient leur carrière monotone. Après coup, beaucoup d'auteurs ont insisté sur cette continuité ; pour eux, les idéologies n'ont pas eu alors d'autre sens que de se perpétuer et, par là même, de décrocher de plus en plus d'avec les impératifs de l'époque, de masquer les vrais enjeux collectifs. À mon avis, cette impression première est quelque peu illusoire. Les idéologies définitives de la société canadienne-française s'étaient formulées au siècle précé-dent non pas comme une sorte de survol arbitraire des conflits propres à cette so-ciété, mais comme un compromis. Il est vrai que cet arbitrage était devenu un sys-tème : avec sa faiblesse numérique, son isolement, sa pauvreté en capitaux, sa sujé-tion politique et économique, le pays s'était replié sur la tradition et, dans ce repli, il avait même trouvé une mission originale sur le continent. C'est avec ce bagage, un mode de lecture de l'histoire péniblement acquis lors des crises du siècle passé, que le Québec allait affronter de nouveaux défis : l'urbanisation, l'industrialisation, la première guerre mondiale. Cette épreuve pour les idéologies déjà mises en place ne les incitera pas simplement à répéter indéfiniment leur propos : elle les forcera à
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manifester leur virtualité, à dire leur puissance comme leur pauvreté d'assimilation, [2] et ainsi à révéler les contradictions profondes de notre collectivité. Est-il besoin de le rappeler : dans le cas qui nous occupe comme dans tous les au-tres, l'idéologie ne plane jamais au ciel des sociétés. Elle est une procédure de la convergence qui sourd des autres pratiques sociales. On a toujours tort d'en faire une représentation plus ou moins adéquate. Elle est ce qu'une société peut dire d'el-le-même. Comprendre une idéologie ne consiste pas à se demander si elle se trompe ou non mais à la replacer dans le contexte dont elle est à la fois le produit et le com-plément.  
I
 De puissantes forces historiques ont modifié les structures de la société québé-coise dès le début de la période. On a même pu dire que notre économie avait alors connu son takeoff; il est certain, en tout cas, que l'industrialisation et l'urbanisa-tion ont franchi une étape décisive. On trouvera là-dessus, dans un autre chapitre, les indications essentielles. Bien sûr, des bouleversements de ce genre ne sont ja-mais clairement perçus dans aucune collectivité ; ils se produisent toujours dans une sorte d'anonymat où le jeu des forces en présence échappe à la compréhension même de ceux qui en sont les plus proches agents. Cette difficulté à s'insérer lucidement dans les grands axes d'évolution a pourtant revêtu ici des caractères spécifiques qu'il faut tâcher de dégager si l'on veut comprendre quelque peu les idéologies et la vision du monde qui en ont résulté. On se heurte aussitôt, en cette matière comme en tant d'autres, à la pauvreté des recherches historiques. Par exemple, nous ne disposons pas, pour cette phase de l'urbanisation du Québec, d'une étude comme celle qu'a menée Philippe Ariès pour la France et d'autres pays. Quelles strates de la société rurale ont été touchées par les migrations à la ville et selon quelles séquences ? Selon quelle échelle des occupa-tions urbaines s'est effectuée l'intégration au nouveau milieu ? Quels compromis concrets ont été faits entre l'un et l'autre genres de vie ? À ces questions et à bien d'autres, nous ne pouvons encore répondre avec quelque précision. Une chose [3] paraît pourtant certaine : entre ruraux et prolétaires des villes, une continuité des
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attitudes s'est maintenue. Il ne faut pas céder, à cet égard, à la magie des statisti-ques. Quand on nous répète que la proportion de la population urbaine est passée de 40 à 60 pour cent entre 1900 et 1930, il faut au moins se rappeler que le qualificatif urbain recouvre en l'occurrence des réalités extrêmement diverses. Nous avons tous connu, il n'y a pas si longtemps, des quartiers ouvriers où s'étaient conservés des coutumes, des modes de relations sociales qui ressemblaient de près à ce qu on pou-' vait observer à la campagne. Cela a joué ici d'autant plus que, pendant des généra-tions, une grande partie de notre population a vécu dans l'isolement de la folk socie-ty. On ne quitte pas un milieu restreint et bien structuré pour adopter brutalement ailleurs de plus larges horizons et des comportements nouveaux. Surtout que la popu-lation rurale se trouvait, arrivée en ville, non seulement devant un monde du travail différent de celui de la campagne mais aussi, très souvent, devant un univers linguis-tique nouveau. Le milieu urbain et industriel, ce ne fut pas seulement ici la machine ou le cinéma, mais aussi une civilisation différente par le langage qui nommait les choses de la nouvelle quotidienneté et qui incarnait le pouvoir. Par là s'explique sans doute la forme particulière de repli sur soi des urbains que nous fûmes ; en tout cas, on peut y voir un des facteurs de survivance des mentalités rurales. Quand la re-cherche historique nous aura fourni là-dessus des données plus précises, il sera im-portant de les comparer avec des observations faites sur les migrations de travail-leurs étrangers en divers pays ; on comprendra mieux cette réticence à l'urbanisa-tion qui marqua les attitudes avant de se dire ouvertement dans les idéologies. Ce sentiment de l'étrange s'est aussi alimenté à d'autres sources. On n'oubliera que, durant la période qui nous intéresse, l'immigration a déposé sur notre sol des contingents considérables. On le rappelle plus loin pour les Juifs : ils sont 2 703 en 1891 et 50,087 en 1931. Cela n'a pu manquer d'étonner et de provoquer la crainte. J'avais été frappé, à la lecture de la correspondance du poète Charles Gill, par un passage où il fait part d'une rencontre fortuite d'Albert Ferland devant une vitrine de la rue Saint-Laurent. Nous sommes en mai 1911 : [4]
 Le soleil se couchait ; dans une poussière d'or passait la foule cosmopoli-te. Ce soleil au couchant, cette rue que j'avais vue il y a vingt ans toute fran-çaise.... cette foule composée de races hostiles à notre étoile, la diversité des langages, notre race représentée là surtout par ses prostituées de douze ans et ses jeunes ivrognes, tout cela me frappa. Nous étions demeurés près
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