Histoire de la reine Berengere, femme de Richard Coeur-de-Lion et ...

De
Publié par

Histoire de la reine Berengere, femme de Richard Coeur-de-Lion et ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 452
Nombre de pages : 94
Voir plus Voir moins
fpa oN HISTOIRE DE L REINE BERENGERE FEMME DE RICHARD COEUR-DE-LION iT DAME DOUAIRIÈRE DU MANS DPRÈS DES DOCUMENTS intniîs SUR SON SÉJOUR EN FRANGE P HENRI CHARbON 4vocLr Seleocto et AsesAncien Élève de rEcoIn des Chanta, Secrétolce de la Société VAgnlculiu1e 1 de la SonoRe, Membre de Os, Société française drchéologie. LE MANS TYPOGRAPHIE EU. MONNOYER, PLACE DES JACOBINS 4.866 B LI OT#IE OU L),,, ir I (i T &. I li - r 4 1tJ 1 I (Extrait du Bulletin de ta Satiné dAyricutture, Sciences et Iris de ta Sarthe.) .3 t 3 L 4 HISTOIRE DE LÀ REINE BÉRENGÈRE FEMME DE RICHARD COEUR-DE-LION G? DAME .DOUAIRXÈRE DU MANS. INTRODUCTION Jvais dbord songé û publier, au moment des fêtes du Matis (1), une histoire de la reine Bérengre et remettre , en pleine lumière celle figure un peu effacée, cette médaille un peu fruste qui excite et déroute en même temps la curiosité mais ce qul faut aux masses qui se pressent dans les villes à ces époques de bruit et de foule, ce sont de courts travaux de vulgarisation.. Ji pensé que .érudition avec sa démarche lente et sévère serait peut-êlre mai venue dans ce monde bariolé de la fantaisie et de listoire et qulle aurait peine .ù se mettre à lnisson de tous et è prendre elle aussi des airs CAVALIERS; ji donc ajourné le moment où je comptais lssus- citer cette intéressante figure de femme et restituer aux Manceaux une tête de reine assez touchante. (t) Une cavalcade historique représentant lntrée de Béreng&e dans cette ville figurait au programme des fétes du concours égional de Document I I I II Il Dliii! iii 11111 0000005513277 -4-- Il ne faut cependant pas trop laisser lntérêt se refroidir sur la personne de la veuve de Richard Coeur-de-Lion, ni snraciner sur son compte cèr.taines erreurs sorties à tire diles du cénacle des savants pour spanouir au grand air et conquérir droit de hourgeoi.ie. Dreux du Radier, listorien de nos reines, se plaignait, au XVHI° siècle, de ce que cette princesse fùl peu connue dans! notre histoire ces plaintes seraient ehcorede miseaujourdui. On n rien tenté jusqu ce jour pour étendre ou pour éclaircir les raies et vagues no- tiens qun avitur elleau de" siècle, et je ne sache pas que les derniers historiens anglais aient réparé lubli dans lequel nos érudits ont laissé la vie (le cette princesse, qui scoula presque tout entière dans notre Fraiice (I ) Soniinage est moins connue et moins fixée que p,ç_Iit, il y n vingt ans, celle dngeburge, la femme de Philippe-Auguste, avant la mono- graphie deGéraud. Jspère qunlia cette étude pourra faire connaître intimement la.(ep!I du roi Richard, presque aussi. ër- malheureuse que la reine de France, et que le tableau de ses malheurs pourra servir de pendant à ceux de sa contemporaine lu, princesse de .Danemark. On jugera, je pense, que cette reine, ainsi présentée sous un vrai et nouveau joui mérite non-seulement dccuper une place dans te Miroufr ou la Nef des femmes vertueuses, niais qulle a droit de figurer dans a galerie des princesses célèbres du xiii 0 siècle, à qui leurs malheurs ou leur virile énergie au milieu du monde féodal ont valu les pieux hommages de listoire et de la postérité. . . . . . Mao Strichlaiid (1) eule parmi les historiens anglais, (Lices 0f Lue London, Colbrun, in-8, L. Il, p. I & 39) a donnéqueeus !Mo, otizglan, une vie de la reine Bérengère, mais, sauf quelques lignes sur ses démêlés avec Jean Sans-Terre, elle ne dit pas un mot des dramatiques aventures de la princesse en France, pendant son veuvage. Luvrage de M me Strickiand malgré son mérite n malheureusement pas été traduit dans notre langue. N O Ceiliez y a seulement largement puisé pour son Histoire des Reines. O 1856, livre qui nst pas comme son devanci r un ou-d Angletcrre, un t vràgé drudition. de laOn1 véSù vihgt ad, paè &Ytduè les elùtiW la beauté, cduriihercher à trae.rs les mersjeunesse et de mi brilldnt époux, a gldïre dela dièalerie, pouvant croire à un long bonheti et nn oyant saisi e lmbre; car bientôt mari, puis veuve sans enfants,SOU lavoilà délaissée par luttant tout le reste de sa vie sans relâche et sans fin pour , et laconserver qelques lambeaux de sa fortune que lvarice violence sbstinent à lui ,. disputer ; ne, trouvant partout que des ennemis, même dans la ville où elle espérait finir ses souvenir (les .Plantagdnets ne servitjours en repos, et où le , qu exciter davantage encore contre elle 15 jalousies des pouvoirs rivaux ; nyant en face de lnimitié des rois, des seigneurs et du clergé qun seul appui,. Sis celui-là bien puissant, malgré la ligue de tontes les forces (le la féo- dalité, celui de la papauté, In voix dnnocent III et donorius, soutiens de tous lçs droits et de toutes les infûf- tunes, solides remparts contre toutes les violences et toutes les tyrannies. . Pour esquisser à coup sûr lés traits de cette intétessante figure, ji eu le bonheur de rencontrer des documents inédits qui se contrôlent les tins les autres, et sans le concours dès- quels on it pu prononcer sur l3érèigèt un jugement défi- nitif. es uns, provenant des pouvoirs locaux cnieinis de cette reine, tendaient à la faire regarder comme une sorte de comtesse de Pimbesehe, plaideuse aehàiée, obstinément attachée à ses prérogatives, ou mieux comme uie émule dé Pierre Mauclerc pour citer un nom appartenant au xin siè- cle. Les autres, au contraire, font voir eu Bérengére une pieuse princesse, victime du malheur, importune à la société dlors comme le droit et la misère, luttant sans çgsse, au nom de la justice et de la faiblesse outragées dans sa personne, contre la conspiration de tous les pouvoirs unis pour la réduire et lapater, Et ceux-ci sont des témoignages de la plus haute autorité tous émanés dé la éhaicellei&pdhdfi- - eaIelesjeures manuscrites d 'ilono,.itis,lil-dont la Bibliothèque impériale et le Brifisli-musconn possèdent de plcièuses copies (I). Bien qundiquées dans ces deux riches dépôts par Dom Pitraet M: Marchegay (2), celles (le ces lettres qui sont rela ti ves a Ferenger e nvatu]tjamlrs etc mises a profit painos modernes érudits. Les rares , incomplètes et souvent fauUves indications de fla ynaldi, continuateur (Je Baronius, permet- taient seules (le soupçonner In proteciion toute dévouée dont ce pape avait couvert la plnéesse (3). Dans te recueil des lettres donerjus conservé à laEibliotlièque 4e la rûc ifièhelicu, ji trouvé vingt lettres environ de ce pontife a yant lpport à la reine dngleterre; sans parier des bulles (lu même pape qdi :ont encore trait à son histoire. Les autres docUments, émanant dne source moins favd- rable à la reine, sont le résultat dne enquête faite au Mans en 1246 pour bonstater les droits:iscut du chapitre de la Cathédrale: les témoins oculaires, qui y figurent presque au -nombre de cent, donnent tous pour affirmer tes priviléges du chapitre, de nombreux témoignages en faveur di pouvoir de juridiction dont ils ontvu ce- corps toiser • pendant près de trente ans contre flérengère et ses lrorntnès. On a là un- ensemble de dépositions du plus grand intérèt, et.pleines (le celte vie et de ce mouvement qui font si souvent défaut aux documen!s.que nous -a légués le moyen âge. Cette enquête nous o été conservée -la Bibliothèque impériale dans un recueil de pièces concernant lbbaye de là Couture et fèrmé par Gaignières : une copie en existe à-la Bibliothèque du Mans, (1-) Voir au Britisli-Museum leFullairc anglais composé par llLgr Marini, garde des archives du Vatican, et â-la Bih]iothèque impériale six volumes manuscrits des lettres -donorius lu, faisant partie des pièces copiées à Bôme par les soins de La Porte du Theil, F. Moreau 1178-1183. - - (2) V. Archives des Missions scientifiques, 1850, 496, et Bibi. dep. tcote des Chartes, 4" série, t. 108.,. - - - - ' I-1,_p. - -(3) Voir aussi le recueil des ilécrétales dlonorius 111, pùbtiè par Ciron quintacompilalia,. ctc.,1&45.in_foet par Riegger-1762. -•- ! -.L... 7 eicst M! Aijdbult; soit ébngervàieiè honobi, que jndois la counhisandej{) Sans parler des bisquétililité, documents snanuscritsqui mnt été de quelque là ollection de Dom HhusseatC les càitulaires de Philippe (lu chapitre du Mns et de lbbayc de ipau,CCLIX Auguste, jndiquerai comme myant fourni une ample moisson les actes de la chancellerie dnnocent III, publiés malheureusement dne façon incomplète par Baluze et La Porte du Vieil (2), Chartarum . LillcrarumRotuli de Rymer, les les Foedera lapubliés par M. Duffus et Glausarum Hardy, Pa(e,itium collection de D. Maitène, sans oublier le Catalogue des actes de Philippe-Auguste et le Cartulaire normand publiés par M. L. Delisle, dont on ne saurait passer le nom sous silence sans ingratitude toutes les-fois qun parle (le lpoque de Philippe-Auguste et que (le plus on o recouru à sa bienveillance inépuisable comme son érudition. Peut-être en ajournant la publication de cette Etude, aurais-je encore pu glaner ailleurs, surtout dans les documents navarrais et anglais (3), mais ji pensé que déjà ma gerbe était de surie à pouvoir être liée, sauf à la grossir plus tard, grâce à de non- lles recherches et aux bienveillantes communications que je serais heureux de recevoir sur quelques porlieularités encore peu connues de cette vie de la veuve de Richard Coeur-de-Lion. Peut-être même aussi quelques esprits trouveront-ils déjà long et monotone ce récit des malheurs sans cesse renaissants niunicipales 0 199. - Archives du(I) V. Bib. Jmp. fonds Gaigniéres, n Mans, n0 834. Epistolœ Innocenih papœ 111, 1683, etie troisième vo-(2) Voir Baluze, Paris,Diplomata, charter, cd Tes Franeicas speclantia, lume si rare des 4791, in-1o. Une partie de ces lettres relatives aux affaires deFrance n été Jnnocentii 111,reproduite dans le recueil de Dom Bouquet. Voir aussi Migne 1855, et les tables des registres perdus dnnocent 111opera omnia, récemment publiées parle Pére Theiner. reigu o[Riehard the first, eut cdLes Chronietes andrnemoriats or (3) the lViliarnStnbbs, in-8-dans la collection des RerunL brilonnicarum meditby fla Bibi, impériale.«vi scriptores, manquent encore * —8- deFérengère: il était cependant de mon devoir, de,les raconter tous, dès lorsquls étaient reslés jusqu ce jour . jnconnus sauf pins tard à listoire . générale à passer dans son crible lotis ces drarnatïques . cdnser ycr la moelle et lap!sodesà en subitance 4 etù laisser les miettes. IomkT -. -.•-• ..... j . t ... . . ..,, r . -. ..,. •1 . . t. y. 4 .<.» ......" , .. C!IÀPITRE.PREMIER. IW.LA RflNE BEBENGÈRE A LA CROISADE c• ihulippc-Aiiusi i Richard Coei'ide-Lion, parus pour la tiisud, attendaient en Sicile le retoifr du prinLethp, afih (lé pduvoic plus sûrement meitré û la voile et courir ùi déli- toiul3ée, comme .lériisalem, Mivraikè de Stint-Jean-dcre 1 ouvôiide Saladin. inaction avait été fatale b laCeltéJongue ait bonne intelligence qui régnit départ - entre tus deux rois. Deroisàenients, des conflits dtitorité révéiltèrent des que- tellés assoupies, hiéhlôt même dè non veaux incidents rendirent léùraigreur telle, épie les deux rivaux scctisèrentmutuelle7 meht de déloyauté et de trahison, et qud dncieus frères di 1- Mès ils devinrent iiéconciliahles eniiemis. Un (lesderniei de joârs février, 1191, 1Uehaid Coeur-de-Lion entra 'à Irn- proisIe dans la tente du roi de France Vois cette chrtc, lui dit-il, que me fait parvenir Taherède, roi dc Sicile; elle me ïouve tjjie tu me tihis. -Cette ehûrte est (ntissè, répéndit Phitipe-Auguste, et n été irnainéé que pour te servir dé pitexte et rompre ton mariage avec ma soeur Aux. - Je ne méprise pas ta soeur, reprit Ilicliaid mais je ne puis lpouser, car mon pèrè n eu dlle une fille. - A qui donc iLlx-tu qulle se marie? —A qtelquc comte, à quelquebaron. - Alors tu nie rendras sa dot et son douaire qui mc font retour. - Qu cela ne tiende, tu les auras aussitôt mon arri- vée S Angleterre. Mai g tu es mon vassal, et je dois con- iïaitrè le nom de ta notiveltefiancée. - Cst Bérengère de Navarie(2). C&tè partie de la vie de la reine ayant étéhabitcment déérit, saufl) quélùes erreurs, ptr M,e SÉiiiklaûd, jeé àuis attaché à siippléàr part lttrait de la forme au manque de nouveauté; sans prétendiè y réÇéld aucun fait nouveau de quelque iniportance. (2) lleaott de Petêrbdrougli, itd HIC. et fl »1 .. édit. Bouma, Oard 175 t. II, p 642; je me suis servi de la ttâductiè, de N. Leôux de Liik; Juil. des fdm;nà bélebrès de Vandenné V6z, Fiâ hep; âussi Guillauûié Id Breton, Phitijpid,.Dorn Bouquêt,t. XVlljp. f. - - t Tel était, en effet, le nômde la nduille épouse destinée an roi dngleterre par sa mère, la fameuscÉléonore deGuyennc. Toujours désireuse de se venger (le la famille de Fronce et détestant de plus dans AUx une rivale qui avait remplacé, disait-on, auprès du vieilHenri il, son second mari, la belle Roseinond de Woodstook, la jalouse et vindicative Éléonore avait déterminé soi (lis à rimpre avec in 1111e de.Louis Vit, et (les avant le départ pout I) croisade la répudiation din elafi chose arrêtée. Alors ue Richard ntait que comte du Poitou ejL qul brillait dans ces riches cours du midi toutes pleines de princesses aimables et lettrées, et de celte foule de troubadours chevaliers dont il étai ldole et lmitateur, il avi I I eniarque lajeuneBérengère, et, séduit pur llégancedes manières et lf- .lustration de la, race de cette noble fille desximénés, il en avait conservé un amoureux souvenir et désirait toujours de lvoir pomr sa fernm (1). Pendant qul prenait la route deMarseilie et de. Sicile, In vieille Éléonore, que nrrêtaient ni le .poids des années, ni lntempérie de la saison,, et qui puisait des forces, et dans son amour pour son fils, et dans sa baine contre Alix , était allée jusqun Navarre avec de pleins pou- voirs trouver le roi - Sanche VI, et nvni( pas eu de mal à négocier le marige de Bérengère, une de ses filles, ùvce le roi Richard. Puis, ce traité secret une fois conclu, elle emmenait en grande hâte à travers la Provence et litalie cette jeune rineêsse confiée à sa garde, et qui, comme la fiancée de Suénon, cette héroïne de la première croisade, ne craignait pas dller açcpmpmigner son époux à travers les mers et au milieu des armées (2). 1nnonce de lrrivée de Bércngère à C. Vinisauf, Richardi regis itinerar. Hierosoé; apud Gale Yin.(!) angl. scripimes, t. Il, P xxvi. Du Bouchot, . 315, C. Annales dquitaine, dit qul lvait des piétai fiancée. (2) ilérengère de Navarre, l4uil ne faut pas confondre avec ies"Béren- gùre-dc Castille, était , fille de .Sanche Vile Sage, roide Navarre, mort en et de Béatrice , deCastiule, soeur de Constance, seconde femme de Louis VII; roide Franco. lUte devait son nom à sa grandmère B&engère de Castille, et naquit avant I 170.,Elle était soeur de SancbeJl;;ditic
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.