III) La France dans les années 30

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III) La France dans les années 30

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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III) La France dans les années 30
Les années 30 sont une période difficile pour notre pays. Il doit affronter une crise à la fois économique, sociale et politique. En 1936, le Front Populaire, l'alliance des gauches, parvient au pouvoir. Son bilan est mitigé mais cette période de deux ans reste gravée dans la mémoire nationale. Quelles sont les caractéristiques des difficultés de la France dans les années 30 ? Quelle a été la politique de FP ? Pourquoi a-t-il tant marqué l'histoire politique française ?
A) La France en crise La crise qui touche la France durant cette période est multiforme. Aux problèmes économiques puis sociaux vient s'ajouter une véritable crise politique.
1) Des difficultés économiques et sociales
a) une crise économique Les années 20 ont été une période de prospérité économique. La France s'est assez rapidement redressée de la 1ere Guerre Mondiale. D'ailleurs, elle n'est tout d'abord pas touchée par les effets de la crise de 1929. Les Français pensent en être à l'abri car leur économie est peu intégrée au niveau international. Mais à l'automne 1931, l'industrie française subit ses effets : les exportations chutent. Cela a des conséquences sur l'ensemble de l'économie : faillites d'entreprises, baisse des prix agricoles.
b) qui devient une crise sociale Le chômage concerne 10% de la PA en 1936 ( Hatier), il y a également beaucoup de chômage partiel. La crise touche les ouvriers, les paysans et également les classes moyennes. La misère se développe ( marches de la faim, soupes populaires) d'autant plus que la protection sociale est insuffisante.
c) des gouvernements impuissants Les gouvernements successifs mènent tous la même politique économique de déflation qui s'avère être inefficace : réduction du déficit budgétaire par la réduction des dépense publiques ( baisse salaires, pensions) et l'augmentation des impôts. Cela conforte la baisse de la consommation. Ils refusent d'essayer la politique keynésienne de relance de la consommation et de la production par le déficit budgétaire et les investissements publics .....
2) Les institutions de la IIIe République de plus en plus critiquées
a) La crise économique provoque la crise politique. L'impuissance des gouvernements provoque le doute et le mécontentement parmi la population et parmi les bases sociales mêmes de la IIIe République : agriculteurs et classes moyennes. La démocratie libérale montre de plus son incapacité à répondre à des aspirations sociales. L'instabilité ministérielle qui sévit durant la période fait également douter de la viabilité de ce régime : 17 gvts en 10 ans. Le modèle républicain avec son régime d'assemblée montre ses limites. Certains français ont le sentiment d'un déclin du pays.
b) La montée de l'antiparlementarisme De nouveaux systèmes politiques apparus en Europe proposent des alternatives : le communisme, le fascisme, le nazisme. La démocratie est donc attaquée à droite et à gauche : ( "entre poings levés et mains tendues") - Par les Ligues d'extrême droite allant du nationalisme traditionnel au fascisme. ( souvent xénophobie et antisémitisme). Elles sont antiparlementaristes. Jeunesses patriotes, Croix de feu, Action française, Solidarité française, Francisme. - par les communistes (le PC).
c) le 6 février 1934 L'antiparlementarisme a aussi été alimenté par une succession de scandales politico-financiers dont le principal a été l'Affaire Stavisky. Elle éclate en janvier 1934 : on retrouve "suicidé" Stavisky, un homme soupçonné d'escroquerie et bénéficiant d'appuis politiques.
C'est l'occasion pour l'opposition antirépublicaine d'accuser de corruption les parlementaires dans une violente campagne de presse et par de multiples manifestations. Le 6 février 1934, les ligues d’extrême-droite manifeste autour du Palais-Bourbon, le jour ou Daladier présente son nouveau gouvernement à la Chambre. La police débordée tire dans la foule : 15 morts et 1500 blessés."Journée Sanglante" . Parmi la population cette journée développe la peur de la guerre civile.
Les partis de gauche interprètent l'évènement comme une tentative de coup d'Etat fasciste .Ils parviennent alors à s'unir ( communistes, socialistes et radicaux) pour créer une alliance de gauche, un Front Populaire pour les élections législatives de 1936. Cela est notamment possible car Staline demande aux PC européens de s'allier aux autres partis de gauche, devant la montée du fascisme en Europe. Ils font campagne avec le slogan : pain,Paix, Liberté. ( lutte contre le fascisme, dissolution des ligues, défense du droit syndical, nationalisation des industries de guerre, intervention de l'Etat dans l'économie).
B) Le Front Populaire (juin 1936- avril 1938) Le Front populaire gagne les élections de mai 1936. (378 voixpour le FP / 220 à leurs adversaires) . C'est la SFIO qui est le groupe parlementaire le plus important (147 élus) (radicaux : 106, communistes : 72, divers gauche 51). Leon Blum devient le premier socialiste président du conseil. Le gouvernement est composé de socialistes et de radicaux. Les communistes soutiennent mais ne participent pas. Ce gouvernement suscite des réactions passionnées : peur de la révolution à droite et euphorie à gauche.
1) Quellepolitique a-t-il menée ?
Leur programme est de fournir « une solution aux injustices sociales les plus criantes [...], sans toucher aux structures de la société » Les premières mesures du FP ont lieu dans le contexte du vaste mouvement de grèves générales qui se déclenchent spontanément en soutien au nouveau gouvernement. Les ouvriers occupent les usines (grèves de la joie). 2 millions de grévistes. Début juin 1936 ont lieu des négociations entre l'Etat, les syndicats et le patronat. Les accords de Matignon sont signés après 2 jours de négociations (6-7 juin). : Les premières mesures du FP sont liées à la vague de grèves générales qui se déclenchent spontanément en soutien au nouveau gouvernement. Les ouvriers occupent les usines (grèves de la joie). 2 millions de grévistes. Début juin 1936 ont lieu des négociations entre l'Etat, les syndicats et le patronat. Les accords de Matignon sont signés après 2 jours de négociations (6-7 juin). : hausse des salaires (7 à 15%) création des conventions collectives reconnaissance du droit syndical, des délégués syndicaux. Fin juin, le gouvernement légifère sur le temps de travail : 14 jours de congés payés, semaine de 40 heures. Une politique d'accès à la culture et aux loisirs est également menée : obligation scolaire portée à 14 ans, création d'un secrétariat d'Etat aux sports et aux loisirs : construction d'installations sportives, créations des auberges de jeunesse, billets de train à tarif réduit, etc Pour lutter contre les effets de la crise économique; le gvt décide d'intervenir davantage dans l'économie : il crée l'Office du Blé pour en fixer le prix et garantir le pouvoir d'achat aux agriculteurs, il prend le contrôle de la Banque de France jusqu'ici privée. Les industries d'armement sont nationalisées pour les soustraire à l'influence des grands marchands d'armes. Mais rapidement le gouvernement doit faire face à des mécontentements à gauche comme à droite : à droite, le patronat craint l'interventionnisme économique et social du gvt (peur du communisme, de la révolution); Les attaques de la presse de droite sont virulentes.(haine, antisémistisme). Les ligues sont dissoutes mais elles renaissent en partis : ex : croix de feu : parti social français Les soutiens au FP se divisent sur le plan de la politique étrangère et économique : Sur la question du soutien aux républicains espagnols en guerre civile contre les franquistes. Léon Blum et les autres démocraties européennes décident la non intervention armée pour ne pas provoquer une guerre en Europe. Cela déçoit notamment les communistes. Sur les réformes économiques et sociales : Blum décide une pause dans les réformes en février 1937 car la situation économique ne s'améliore pas : fuite des capitaux, hausse des prix, chômage fort, etc.
La montée des périls extérieurs (Anschluss mars 1938) et les divisions internes à la gauche provoquent un déplacement de majorité, c'est la fin du FP en avril 1938. Léon Blum démissionne. Le gvt Daladier se rapproche de la droite. La politique déflationniste est reprise. Les conquêtes sociales reculent ( « remettre la France au travail ») : En novembre 1938, un décret permet d'allonger la durée du temps de travail sur décision du chef d'entreprise. La production industrielle repart mais les conflits sociaux sont rudes. (grève générale du 30 novembre 1938 lancée par la CGT; échec; 10 000 licenciements).
2) Pourquoi le FP a-t-il marqué la mémoire collective ? Le FP est devenu un temps fort de notre mémoire nationale car -cette période politique a jeté les fondements d'une république sociale sans rupture avec la démocratie libérale : l'Etat tente de corriger les inégalités de richesse, augmente son interventionnisme dans le domaine économique, culturel, des loisirs, etc. Cela annonce l'évolution de la démocratie française après la 2e guerre mondiale. -Le FP a été sacralisé par la gauche : cela a été un mouvement de grande mobilisation sociale ( « grèves de la joie » du printemps et de l'été 36) qui a abouti a de grandes réformes sociales. Cela a été un moment d'embellie et d'espoir au vu des conditions de vie difficiles de la classe ouvrière de l'époque, conditions qui s'étaient encore assombries avec la crise. ( hausse de salaires, 40h, congés payés, etc)
3) La France à la veille de la guerre
a) Une France affaiblie A la veille de la guerre, la France est affaiblie et les Français doutent de la puissance de leur pays : - la dépression économique n'est pas surmontée : fort chômage - crise morale : divisions entre les français : La droite est effrayée par l'agitation populaire, la gauche est découragée par l'échec du FP. Les extrêmes se radicalisent.
b) Une France pacifiste De plus le pacifisme domine depuis 20 ans.Face à Hitler et à ses violations répétées du traité de Versailles, la France n' a pas réagi. ( mars 1936: remilitarisation de la Rhénanie; mars 38 : Anschluss). Abandon de notre allié tchécoslovaque à la conf de Munich sept 1938 : munichois majoritaires : La France ne veut pas la guerre et ne se sent pas prête à la faire. La stratégie militaire est celle de la défensive (construction de la Ligne Maginot1929-1934) L'armée française n'est pas prête à affronter la guerre moderne (avions, blindés) que lui prépare Hitler. L'état-major imagine une guerre comme en 1914 (de position); les investissements pour moderniser l'armée ont été insuffisants et tardifs. La France entre en guerre le 3 septembre 1939 très différemment de 1914 : pas d'élan national, pas d'Union sacrée. Elle attend l'agression allemande jusqu'en mai 1940 et signe l'armistice après 1 mois de combat.
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