Introduction Un capitalisme inégalitaire et instable

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Introduction Un capitalisme inégalitaire et instable

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Deedescirscirsneescurbisper,iamiedaieulqc,isavnétuibptaéielmsa7,e0.0nLa2 est la réplique du krach Internet de 2000 qui avait marquéla fin de la«nouvelleéconomie».Àl’époque, nombreuxétaient ceux qui avaient mis un grand espoir dans le développement simultanédes nouvelles technologies et des marchés finan-ciers. Les hérauts de cette nouvelleéconomie y voyaient alors les prémices dun capitalisme vertueux, porteur de progrès durables pour lensemble de lhumanité. Grâce aux gains de productivitéprocurés par les nouvelles technologies,àl’éradi-cation de linflation,àlentrée en scène des grands paysémer-gents avec leurs centaines de millions de nouveaux consommateurs, l’économie mondialeétait promiseàune expansion continue et infinie, sans soubresauts majeurs. Cette vision optimiste sest révélée une belle illusion. Sil est vrai que le capitalisme a connu de profondes mutations, ces dernières nont pas apportétous les bienfaits escomptés. Loin de là! La série de crises qui ont secouéla plupart des pays de la planète depuis la fin duXXesiècle, dont la crise dessubprimeest la der-nière en date, en témoigne. Faceàcetéchec des analyses les plus répandues, une nou-velle interprétation du fonctionnement du capitalisme contemporain, et en particulier du rôle de la finance et des nouvelles technologies, simposait.
Introduction
Un capitalisme inégalitaire et instable
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Le savoir et la finance Ce livre part du constat que le capitalisme contemporain repose sur deux piliers : la connaissance qui estàlorigine des nouvelles technologies, et la finance moderne qui contribueàla séfinancement des innovations. Mais, loin dlection et au ’être univoques et vertueuses, les relations entre finance et connais-sance sont en réalité équivoques et complexes. Ainsi, la Bourse et les droits de propriétéintellectuelle répondent aux besoins du capitalisme moderne fondésur lexploitation de la connaissance, tout en exerçant des effets destructeurs sur celui-ci. Les récents développements de la crise dessubprimeillustrent bien les rap-ports ambivalents quentretiennent la finance et la connais-sance dans le capitalisme contemporain. Dans le secteur des biotechnologies, qui constitue lun des secteurs clés de cette nou-velleéconomie de la connaissance, les entreprises doivent lever de largent tous les deux ou trois ans et ne peuvent espérer dif-fuser un médicament avant dix ans de recherche. La finance a permis de lancer ces innovations durant les années 2000 grâceà laugmentation du nombre de sociétés cotées en Bourse. Mais, depuis la crise dessubprime, le secteur des biotechnologies est mis en péril par les dérèglements de la finance. En France, les levées de capitaux en Bourse ont chuté% entre 2007 et 2009 etde 98 les investissements dans les biotechnologies, de 79 %. Par ail-leurs, les investissements en capital-risque dans des sociétés non cotées ont baisséde 27 %. Plus inquiétant encore, ce sont les start-up, porteuses des projets innovants de demain, qui sont le plus frappées par la crise financière1. L’émergence de cette nouvelleéconomie fondée sur la connaissance est liéeàdeux phénomènes qui sinscrivent dans uneévolution de long terme : dune part, la tendance sécu-laireàlaugmentation des ressources consacréesàlaccumula-tion de capital immatériel2, en particulier dans le domaine des connaissances (éducation, formation, recherche et 1 Jérôme PORIER,«Fragilisées par la crise, de nombreuses sociétés de biotechnologie sont menacées»,Le Monde, 7 avril 2009. 2 Le capital immatériel comprend lensemble des actifs immatériels accumulables dans lserieptren.
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Introduction développement [R&D]) ; dautre part, la diffusion massive des nouvelles technologies de linformation et de la communica-tion (TIC), depuis les trois dernières décennies,àlorigine dune troisième révolution industrielle3. Dès 1973, le stock de capital immatériel aurait atteint auxÉtats-Unis la valeur du stock de capital physique. Depuis lors, linvestissement imma-tériel dépasse largement linvestissement physique, comme en témoignent plusieursétudes historiques4. Les conditions mêmes de la production seraient ainsi transformées radicale-ment par la combinaisonétroite des connaissances et de leurs nouveaux modes de production et de transmissionviales TIC.
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Des formes complexes de division du travail Sur les deux piliers du capitalisme contemporain le savoir et la financeplane une sorte dillusion commune aux analyses de la plupart deséconomistes et des journalistes : lidéque les TIC permettraient de supprimer les frontie ères et donc de mettre en contact lensemble des producteurs mon-diaux, de les mettreégalement en concurrence pour le plus grand bien-être des consommateurs. La décentralisation et la déterritorialisation généralisées de la production en seraient alors les conséquences ultimes. Or la réalitéest tout autre : polarisation accrue des activités, margi-nalisation des régions périphériques, déconnexion des anciens pays coloniaux de la mondialisation, inégalités sans précédent des rémunérations entre qualifiés et non-qualifiés, etc.
3 Cest la conception que défend par exemple Dominique FORAY, lun des spécialistes français de l’économie de la connaissance. Voir en particulierL’Économie de la connais-sance, La Découverte, coll.«Repères», nº302, Paris, 2000, p. 18. Voir aussi COMMISSARIAT GÉNÉRAL DUPLAN,La France dans l’économie du savoir. Pour une dynamique collective, La Docu-mentation française, Paris, 2002. 4 Moses ABRAMOVITZet Paul DAVID,«Technological Change and the Rise of Intangible Invest-ments : the US Economyss Growth-path in the Twentieth Century»,Employment and Growth in the Knowledge-based Economy, OCDE, 1996 ; John W. KNERDCIK,«Total Capital and Economic Growth», Atlantic Economic Journal, vol. 22, nº1, 1994, p. 1-8.
Le savoir et la finance La grille de lecture que nous proposons essaie de dépasser ces apparences trompeuses pour sintéresseràla manière dont évoluent les logiques de division du travail, entre les travail-leursàlintédes entreprises, mais aussi entre les entre-rieur prisesàl’échelle planétaire. Deux modèles de division du travail coexistent dans l’éco-nomie capitaliste actuelle : la division cognitive et la tradition-nelle division taylorienne. Le premier, sélectif, se fonde sur des bases dexcellence technologique ou, plus généralement, cognitive. Des mécanismes de concurrence féroce se dévelop-pent entre les entreprises et les pays qui participentàla divi-sion internationale du travail. Le second modèle correspond au principe taylorien de découpage des tâches et de dépossession des savoirs des ouvriers. Ce nouveau taylorisme a justementété réactivéet rendu compétitif grâce aux nouvelles TIC et aux progrès dans les transports et la logistique. Facteur aggravant, sous leffet de la diffusion des TIC et de la libéralisation orga-nisée dans le cadre de lOMC (Organisation mondiale du commerce) par lAccord général sur le commerce des services (AGCS), les activités de services, longtemps restéesàlabri de ce mouvement, sont de plus en plus concernées par les déloca-lisations (centres dappel, services informatiques, centres de R&D). Les firmes combinent donc ces deux logiques de division du travaillorganisation cognitive et le taylorismepour obtenir plus defficacitéet accroître leurs rendements. La plu-part des grands groupes mondiaux concentrent leurs compé-tences sur la R&D, la conception et le marketing, tout en mettant enœuvre une division taylorienne du travailà l’échelle mondiale pour les segments de production standardi-sables et facilement délocalisables.
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Introduction La finance au cœur de l’économie du savoir Le rôle de la finance est fondamental pour expli-quer la dualitéplutôt que lunicitédes modèles productifs post-industriels. Ainsi la finance contribue-t-elleàfavoriser età rendre compatibles ces deux logiques de division du travail. Dun côté, les systèmes financiers contemporains permettent de valoriser, de mettre enœuvre et de financer l’économie de la connaissance. Mais de lautre, du fait de leurs exigences en matière de rendementàcourt terme, les acteurs financiers poussent les firmesàsorganiser de manière finalement très tra-ditionnelle, dans la continuitédu taylorisme. La finance permet de rentabiliser des investissements en R&D incertains. Simultanément, son exigence de rentabilité incite les firmesàfragmenter la chaîne de valeur des entre-prisesàl’échelle mondiale, pour obtenir les coûts de main-d’œuvre les plus bas, puisàrassembler les différents fragments de la production grâce aux TIC. Ces technologies sont donc au serviceàla fois des formes nouvelles dorganisation du travail et des logiques tayloriennes plus anciennes. Ainsi, la finance joue un rôle clédans le processus dhybridation des logiques tayloriennes et cognitives dorganisation de la production et de division du travail. Certains auteurs ont une vision très négative de la finance, estimant que la financiarisation contribueàleffondrement du capitalisme ou du moinsàune perversion accrue, comme semble le suggérer la crise financière qui a débutéen 2007. Dautres se sont faits les hérauts dune vision très optimiste, estimant que la finance doit permettre de développer de nou-velles technologies, de stimuler une croissance beaucoup plus rapide, comme ce fut le cas dans la phase de la«nouvelleéco-nomie»de la seconde moitiédes années 1990. En réalité, la finance moderne est ambivalente. Dun côté, elle joue un rôle central dans l’économie de la connaissance en apportant des réponses au triple problème de l’évaluation des actifs et des entreprises, de lappropriation de
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Le savoir et la finance la richesse produite et de la gestion des risques posés par les connaissances et le savoir. Mais, dun autre côté, le fonctionnement du capitalisme financier recèle de profondes contradictions. La Bourse est sujetteàlinstabilité, du fait des comportements grégaires, mimétiques et court-termistes de ses acteurs. De plus, les entre-prises qui veulent accumuler du savoir pour se développer, et pourêtre plus performantes, doivent sinscrire dans un horizon long alors que les financiers, en quête du maximum de liqui-ditéont de bien plus courtes vues. Cette contradiction entre, les horizons des uns et des autres est un facteur dinstabilité financière. Le krach Internet du début des années 2000 sexplique ainsi par le retournement brutal des anticipations des investisseurs, déçus par des perspectives insuffisantes de profitàterme dans le secteur des nouvelles techno-court logies. Quantàla récente crise dite des«subprime», elle pro-vient en partie des risques excessifs pris par des banques avides de profits rapides. Seconde contradiction du système : loin d’être capable dirriguer lensemble des pays et des acteurs, la finance ren-force les inégalités et induit des phénomènes de polarisation. Ce système fait la part belle aux détenteurs du capital finan-cier, et aboutitàun partage des richesses défavorable au travail. Ce qui a des conséquences néfastes sur la croissance, puisque la principale composante de la demande, celle des ménages, est rendue moins dynamique du fait dune progression du pou-voir dachat des salaires inférieure aux gains de productivitédu travail. Le surendettement des ménages, au centre de la crise dessubprime, est lié àcette insuffisance des revenus salariaux. Au niveau international, la finance se localise en prioritédans les pays les plus riches, ignorant un grand nombre de pays en développement dont le potentiel est pourtant important.
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Introduction Dépasser le simplisme de certaines analysesLoin du«monde plat5»du journaliste américain Thomas Friedman, selon lequel les nouvelles technologies auraient permis dabolir les distances sur la planète, lon assiste plutôtàl’émergence dun monde caractérisépar une polarisa-tion accrue des richesses et des connaissances, entre les nations et en leur sein. Les activités se concentrent géueiqntmeogphra dans les grandes agglomérations qui offrent ce que lesécono-mistes appellent les«externalités de connaissance», cest-à-dire des retombées positives, pour lensemble des entreprises, de lactivitéde recherche et dinnovation et de la circulation des idées réalisées par les différents acteurs localisés dans la même agglomération. On ne peut donc avoir de la mondialisation quune lec-ture très nuancée. Si certains paysémergents, comme la Chine ou lInde, sont entrés dans le processus, ce nest que pour une partie de leur territoire et de leurs agents. Même constat dans les pays développés, qui subissent eux-mêmes les consé-quences de cette polarisation. Leséconomistes qui voient dans la mondialisation une sorte de planétarisation confondent la connaissance et les nouvelles technologies de linformation (les ordinateurs, les logiciels, Internet, etc.). La diffusion des ordinateurs nentraîne pas celle des connaissances. Ces confu-sions aboutissentàune vision réductrice dun monde hori-zontal, organiséen réseaux. Or cest un monde discontinu et très inégalitaire qui se développe sous nos yeux. Lune des caractéristiques du capitalisme contemporain aétéjusquici sa capacité àconcilier ces effets de polarisation avec une crois-sanceéconomiqueélevéedont on sait quelle nest guère sou-tenableàlong terme. La thèse défendue dans ce livre est exposée en quatre étapes. 5 Thomas L. FMDNAREI,The World Is Flat. A Brief History of the Twenty-first Century, Farrar, Strauss and Giroux, New York, 2005.
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Le savoir et la finance La première plante le décor, celui dun monde polariséet inégalitaire. Le chapitre 1 montre que,àrebours des idéesàla mode, le monde nest pas plat, au sens oùles citoyens et les pays de la planète sont loin davoir unégal accèsàla connais-sance et aux nouvelles technologies de linformation et de la communication. Limage du village global pour décrire la mon-dialisation est un mythe. Le caractère profondément inégali-taire de la mondialisation est renforcépar la finance moderne et ses acteurs, dont lemprise sur la sociétéet l’économie est devenue excessive (chapitre 2). La dynamique du capitalisme est conditionnée par les interactions ambivalentes entre finance et connaissance, la connaissance ayant besoin de la finance pourêtre valorisée alors même que laccumulation du savoir est freinée par le comportement court-termiste et préda-teur des acteurs de la finance (chapitre 3). La deuxièmeétape est centrée sur lorganisation de la pro-duction dans le cadre de l’économie de la connaissance. Deux dimensions du capitalisme et de la mondialisation, essentielles mais souvent négligées, sont analysées : la polarisation des acti-vités et des ressources autour dun nombre limitédacteurs et de pays, dune part, et la coexistenceou plutôt lhybridationde deux logiques différentes de division du travail, taylo-rienne et cognitive, dautre part (chapitre 4). Ces deux processus se retrouvent dans tous les grands secteurs de lindustrie et des services. On montre ainsi au chapitre 5 que lindustrie finan-cière et bancaire est elle-même traversée par la combinaison de ces deux modèles productifs. Le rôle de la finance et de ses interactions avec le savoir constitue le thème central de la troisièmeétape. Les principales institutions du capitalisme financierles marchés et lentreprise actionnarialeont pour fonction de répondre aux besoins parti-culiers de l’économie du savoir, cest-à-dire au triple problème gestion du risque,évaluation et appropriation des actifs intan-gibles liésàla connaissanceposépar lexploitation du savoir en système capitaliste (chapitre 6). Nous lavons entrevu, la finance entretient des relations ambivalentes avec le savoir. Dun côté,
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Introduction elle apporte des solutions aux questions posées par l’économie du savoir ; de lautre, elle fragilise les entreprises soumises aux exigences de rendement financieràcourt terme (chapitre 7), et contribueàfreiner laccumulation du savoir, notamment parce que lhorizon temporel des entrepreneursàla recherche dinno-vations est plus long que celui des investisseurs en quête de ren-tabilitéfinancière (chapitre 8). Dans une quatrièmeétape, nous analyserons les méca-nismes et les institutions de la mondialisation qui résultent de la lutte des entreprises et desÉtats pour le contrôle du savoir. Le chapitre 9 montre comment le savoir est mis au service des entreprises par les droits de propriétéintellectuelle (DPI), insti-tution centrale du capitalisme moderne. Comme la finance, les DPI ont un rôle ambivalent : dune part, ils protègent les entre-prises innovantes, mais, dautre part, ils freinent la diffusion du savoir par sa monopolisation par les grands groupes mon-diaux. Le chapitre 10 explique pourquoi, dans cette nouvelle éla connaissance, les migrations constituent uneconomie de dimension essentielle et souvent mal comprise de la mondiali-sation. Les pays développés cherchentàattirer les travailleurs les plus qualifiés et pratiquent des politiques migratoires sélec-tives. Ce qui renforce la fuite des cerveaux oubrain drainet les déséquilibres Nord-Sudmême si les transferts de revenus des travailleurs immigrés vers leur pays dorigine ont des effets plutôt positifs sur ces derniers. Les deux ultimes chapitres, exploratoires, proposent des pistes de politiqueéconomique alternatives en vue de mettre la finance au service de la connaissance, de favoriser l’émer-gence du Sud dans la mondialisation, et de désenclaver la connaissance pour en favoriser une diffusion moins inégali-taire. Pour conclure, un essai de prospective propose deuxsce-nariicontrastés pour lavenir. Lobjectif est denvisager les évolutions possibles en partant de la crise actuelle, qui prend ses racines dans les dysfonctionnements dun capitalisme fondésur la connaissance et dominépar la finance.
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Géographie du postfordisme : polarisation et sélection des périphéries
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Ngsnoitthreèalibeavlosàlsaocnererttnvrusendesoetesntéduc-ot eprésenta-trices de la plupart des analyses du postfordisme. Ces dernières donnent une vision trompeuse du rôle des nouvelles techno-logies et de l’économie de la connaissance dans la structura-tion des firmes et des espaces. En réalité, le capitalisme postfordiste repose sur une cohabitation de modèles productifs anciens et nouveaux souvent complémentaires que la finance tendàcontraindre au mariage.
Une production décentralisée et déterritorialisée ? Les thèses du«tout cognitif»et du«tout techno-logique»concluent toutes deux, concernant la géographie des systèmes productifs,àla déterritorialisation etàla mise en réseau des acteurs, dune part,àla continuiténumérique, dautre part. Cette vision caricaturale tient en partieàla confu-sion entre linformation et son support de transmission, les technologies de linformation et de la communication (ou TIC), dun côté, les connaissances et le travail dit«immaté-riel»lui-même, de lautre. Linformation est un ensemble de données plus ou moins structurées qui circulent notamment grâce aux TIC, alors que la connaissance implique un processus
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