La crise Consommation Le marché français Les mesures phares et le ...

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La crise Consommation Le marché français Les mesures phares et le ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Lettre n°3 – Janvier 2005
La crise La campagne 2004 avec 58,5 millions d’hls a été importante en France, en hausse très sensible en Europe par rapport à 2003 ainsi que dans le reste du monde, à de rares exceptions près. La crise structurelle met en difficulté plus particulièrement les pays européens traditionnellement producteurs, vraisemblablement à cause d’une inadéquation entre leur offre et la demande, les vins des pays du « Nouveau Monde » gagnant des parts de marché sur les pays étrangers plus sensibles à des vins de qualité constante, parfaitement positionnés et marquetés. Ainsi en France, l'analyse de la conjoncture sur les 5 premiers mois de la campagne 2004/2005, montre que le retard de commercialisation constaté pour tous les vins français ne se résorbe pas, malgré une activité soutenue depuis la fin décembre. Au niveau du commerce extérieur, selon la FEVS, le recul global de tous les vins se confirme en 2004 tant en volume (-7 %) qu'en valeur (-9 %). Loin de se résorber, la crise se confirme et s’étend aux grandes régions AOC (appellation d’origine contrôlée).
Consommation
Au niveau mondial, la tendance est à une stabilisation depuis 1998, la baisse de consommation dans les pays traditionnellement consommateurs étant jusqu'ici compensée par l’augmentation dans les pays nouveaux consommateurs. Qu’en sera-t-il à l’avenir ?
Une hausse de la consommation est prévue dans les pays de tradition anglo saxonne (Grande Bretagne, Etats-Unis) ou en Scandinavie. La France semble bien mal positionnée sur ces marchés que cela soit en terme de qualité, de prix et de marketing. Les marchés asiatiques seront également porteurs, avec comme souhait de développer eux-mêmes les productions qui satisferont cette demande.
Le marché français
De 32,6 millions d’hls en 2004, soit une baisse de 3% due principalement aux vins de pays et vins de table qui tombent à 16,4 millions d’hls de vins consommés, les VQPRD sont stables à 16,3 millions d’hls.
La consommation par tête diminue: les achats de vins tranquilles par les ménages à fin juin 2004 sont en retrait de 4 %, la baisse des ventes en grande distribution (hors hard discount) est de 2,6 % - tendance de trois campagnes successives - mais elles restent stables en valeur.
Parallèlement, il faut constater que les vins se démarquant (effervescents, rosés) plus simples à reconnaître et souvent marquetés différemment se portent bien.
Les excédents : le «sur stock» français pour cette campagne est estimé de façon provisoire entre 2,5 et 4 millions d’hls, dont environ 50 % en AOC Bordeaux, 25 % dans les autres AOC (Bourgogne, Côtes du Rhône et Pays Nantais) et le reste dans les autres vins.
Les mesures phares et le début d’une gestion par bassin de production
La RQD (reconversion qualitative différée), mesure d’aide à la reconversion du vignoble en Languedoc Roussillon permettant d’arracher sous condition de replantation dans les 5 ans, a été reconduite en 2003/2004 pour des engagements sur 3 500 ha (lors de la campagne 2002/2003, ce dispositif avait concerné 10 000 ha).
La région Bordelaise a déjà adopté d’autres dispositifs plus drastiques dont l’accord pour l’arrachage définitif assorti d’une prime européenne abondée localement. Les besoins estimés portent sur10 000 ha, mais les demandes déposées ne portent à l’heure actuelle que sur 200 ha.
Le Plan Bussereauactuellement en négociation laisse les professionnels très sceptiques tant sur le montant que la forme des aides. Les mesures conjoncturelles sont en effet constituées d’aides exceptionnelles à la trésorerie (8,5 M€ promis) et de prêts à la consolidation (annoncés : 40 M€ pour les viticulteurs et 15 M€ pour les caves coopératives). 500 aides au départ en pré-retraite seront financées dès 2005. De plus, 3,5 millions d’euros supplémentaires seront versés les aides à l’exportation. La profession et le gouvernement souhaitant conjointement une gestion de la production par bassin, le gouvernement conditionne déjà le régime européen d’arrachage définitif à la présentation d’une demande collective par bassin.
Karine Vignal - Cer Languedoc Roussillon
Conjoncture
Contexte général
Cette campagne se présente sous le signe de fortes récoltes mondiales, européennes et françaises. C’est l’abondancepour de multiples productions :
-Blé -maïs -colza -soja
UE à 25, USA, Argentine, Canada USA, Argentine UE à 25, Canada USA, Argentine et Brésil.
L’augmentation de production est supérieure à l’augmentation des besoins.
Le deuxième point marquant de cette campagne est la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, qui handicape les exportations françaises de blé, de colza et de pois protéagineux.
Blé : marché français très lourd et prix déprimés
Les cours français ont régulièrement baissé depuis le mois d’août dans un marché très morose. Fin août 2004, le "rendu Rouen" cotait 110 €/t base juillet, inférieur de plus de 20 €/t à celui de 2003. Au 10 février 2005, il est à 100 €/t : c’est le prix leplus bas des quatre dernières campagnes.
Depuis le début de cette campagne, la pression à la baisse des cours a été forte. 2004/2005 s’annonce difficile, deux situations différentes en portuaire et en marché intérieur : en portuaire: l’exportation vers les pays tiers pourrait donner un petit regain sur les cours mais la Commission n’est pas généreuse en restitutions. Avec 4 €/t de restitutions, les attentes ont été déçues. Selon l’ONIC pour contrer la concurrence du blé argentin, il faudrait de 15 à 20 €/t. Et l’Ukraine pourrait réapparaître au printemps. sur le marché intérieur : lesmises à l’intervention se sont accélérées en janvier. La baisse est maintenant limitée par l’intervention.
Pour la deuxième partie de la campagne, si les mises à l’intervention sont massives, la réduction de l’offre sur le marché libre peut momentanément apporter un regain sur les cours. De même, l’exportation peut tirer les prix en portuaire. Mais la pression baissière peut se maintenir sur les blés non interventionnables et non stockables. Le bilan s’équilibrera par les exportations ou les mises à l’intervention (déjà élevées). L’ONIC prévoit une augmentation dustock de report en juin 2005. Il en sera de même pour l’UE à 25.
Perspectives pour 2005-2006: la récolte mondiale 2004 abondante est exceptionnelle. Elle permet une certaine reconstitution des stocks mondiaux qui malgré tout resteront bas.Mais le CIC annonce une augmentation des ensemencements pour la récolte 2005. Il faudra être vigilant.
Une tension sur les prix peut semanifester si les perspectives de récolte 2005 suscitent des craintes: intentions de semis en baisse, conditions climatiques défavorables, gel, sécheresse, ce qui n’est pas le cas présentement. Les producteurs qui ne sont pas au prix moyen organisme stockeur auront à se positionner sur des offres contractuelles d’achat ou bien suivront lescotations MATIF pour des opérations de couverture.
Orge : exportations avec restitutions
Forte augmentation de la production mondiale mais les besoins progressent. Au plan européen, lasituation est lourde en orge fourragère. Les disponibilités sont modérées en brasserie.
L’excédent européen est estimé à environ 5 MT.
Les orges européennes sont chères et l’écart de prix par rapport aux cours mondiaux est important. Aussi, la Commission accorde t'elledes restitutions à l’exportation, 13,98 €/t fin janvier et jusqu’à 18,80 €/t précédemment. Exporter rapidement sur l’Arabie Saoudite est impératif car l’Ukraine pourrait être présente après l’hiver.
En brasserie, les orges européennes sont peu compétitives, trop chères actuellement.
Cours mouture départ. Marne (base juillet) : juillet 2004 "93/94 €/t" et début février 2005 "92/95 €/t".
Maïs : incertitudes
Récolte record aux Etats Unis qui pèse sur le cours mondial. En Europe, la situation est très difficile. La récolte est bonne chez tous les pays producteurs de l’Union Européenne à 25. La Hongrie serait excédentaire de 4 MT et le devenir de cet excédent pose question. L’Allemagne concurrence la France sur le nord de l’Europe. Le prixdu maïs français est au niveau de l’intervention. Dans l’immédiat, les perspectives de hausse paraissent trèslimitées par l’ampleur de l’offre de blé, les contingents d’importation avec abattements à destination de l’Espagne et du Portugal et l’incertitude sur le devenir du maïs hongrois : intervention ou marché libre ?
Même remarque que pour le blé : la récolte mondiale s’accroît de 65 Miot. Les consommationsmondiales et US (éthanol) augmentent. Les stocks mondiaux devraient rester bas. Le bilan pourrait être plus tendu pour 2005/2006 avec une récolte revenant à la normale en 2005.
Cours maïs Fob Creil (base juillet) : juillet 2004 "110€/t" et début février 2005 "98 €/t".
Oléagineux Pois jaunes alimentaires: contrairement aux campagne précédentes, pas de demande du sous continent indien. Le Canada a fait une très Faiblesse des cours des graines de soja, de colza et des tourteaux. bonne récolte et revient sur la scène internationale, favorisé par la Fermeté des cours des huiles résultant de stocks bas et de la demande faiblesse du dollar . mondiale soutenue. Cours départ. Marne : juillet 2004 "138 €/t" et début février 2005 "105 €/t".
Soja Les disponibilités s’annoncent pléthoriques pour 2004/2005 : récolte abondante aux USA et conditions climatiques favorables en Amérique du sud. Les rumeurs d’arrêt d’achats de la Chine, les exportations américaines décevantes et la perspective de stocks pléthoriques aux USA pèsent sur les cours qui ont baissé de moitié entre janvier 2004 et janvier 2005. Le contexte est donc baissier pour les graines et le tourteau.
Colza : orienté à la baisse
Augmentation de la production en Chine, au Canada, (hausse de la production mondiale + 10 %, de l’UE à 25 + 40 % par rapport à la campagne précédente). Le bilan européen est excédentaire, l’exportation est impérative pour un bilan équilibré mais les graines européennes sont trop chères pour les pays importateurs. Les perspectives sont pessimistes.
Les cours: Fob Moselle s’est maintenu entre 200 et 220 €/t jusqu'en janvier, soutenu par la demande allemande en biodiesel, effritement des cours en janvier. La deuxième partie de la campagne s’annonce plus difficile dans la perspective d’un stock de report de 1,5 million de T dû à la concurrence du canola canadien.
Colza Matif au 8 février 2005, échéance mai "190,50€/t" (rendu Rouen). Cours colza Fob Moselle : juillet 2004 "229/230 €/t" et début février 2005 " 190€/t".
Tournesol : cours soutenus
Les cours sontbien orientés en ce début de campagne du fait du recul de la production mondiale et del’absence de concurrence en origine mer noire. Le tournesol français est incontournable actuellement. Le cours de l’huile augmente. La demande peut continuer à se manifester et les cours à se maintenir en attente de la provenance d’Argentine au printemps ou bien jusqu’à ce que les acheteurs se détournent d’un produit trop cher.
Cours tournesol rendu Dieppe : juillet 2004 "230 €/t" et début février 2005 "233 €/t".
Pois : marché atone
Pois fourragers : la faiblesse des cours du blé et du maïs, les bas prix des tourteaux, le bon taux de protéine des blésnuisent à la demande qui se fait par à coups. L’exportation sur le nord de l’UE reste modeste.
Sucre : malgré un certain raffermissement, cours toujours bas
Prévision de déficit de production pour la campagne 2004/2005 selon l’OIS : 2,8 miot et selon "certains analystes" : 4 à 6 miot. La Chine et l’Inde sont attendus aux achats (besoins de l’Inde estimés à plus de 2 miot). Forte progression de la production de canneau Brésil, une part importante de cette augmentation devrait être destinée à l’alcool. Comme souvent,le Brésil (offre), l’Inde et la Chine (demande) influenceront l’évolution des cours sur le marché mondial.
Les spéculateurs et les fonds d’investissement alimentent eux aussi fermeté et baisse des cours. Une envolée trop rapide des cours pourrait décourager la demande.
Début février, le cours mondial du sucre permet une valorisation des betteraves hors quota, légèrement supérieure à 11 €/t, une rémunération peu attrayante.
Jean-Claude Latru – Cer Marne
Ventes de produits alimentaires bio aux Etats-Unis
Source : Agri Us Analyse d'après OTA (1997-2003) et Packaged Facts (2004-2009)
Conjoncture
2004 aura été pour toute la filière laitière française une année de profondes mutations, d’incertitudes et d’inquiétudes appelant de nécessaires adaptations tant au niveau des exploitations que des industries de transformation.
Le lait n’est plus un long fleuve tranquille
Au niveau Européen, l’accord de Luxembourg de juin 2003 s’est traduit dès 2004 par une modification radicale de la politique laitière, dont les effets les plus visibles sont d’une part la baisse des prix d’intervention en beurre et en poudre, et d’autre part l’arrivée d’une aide directe laitière pour les producteurs.
Avec une telle réforme en point de mire, certaines entreprisesavaient dénoncé dès le mois d’octobre 2003, l’accord interprofessionnel concernant le prix du lait qui datait de 1997. Le premier semestre 2004 auraainsi été caractérisé par une absence de prix de base interprofessionnel. Cette nouvelle politique laitière européenne, cette absence d’accord interprofessionnel et surtout les prévisions les plus alarmistes les unes que les autres des experts sur le prix du lait ont conduit l’ensemble dela profession laitière à un réel sentiment de pessimisme et de morosité. Un accord, plusieurs prix Finalement, un nouvel accord a pu être trouvé en septembre 2004. Il prend désormais en compte, outre les Produits Industriels (PI) à l’export, les PGC (Produits Grandes Consommation) à l’export et sur le marché français, un indice de compétitivité (qui se calque sur le prix allemand) et un indice de flexibilité. Ce dernier permet aux entreprises les moins bien positionnées en terme de valorisation (au moins 35 % du CA en produits industriels) d’adapter l’évolution du prix du lait à la tendance donnée par ces marchés. Pour l’année 2004, du point de vue du producteur, la baisse décidée au niveau national aura été de 9,1 €/1000 l (-11,8 €/1000 l pour les entreprises flexibles), tandis que pour cette première année de réforme, l’aide directe laitière (ADL) s’élevait à 12,2 €/1000 l. Près de six mois après l’entrée en vigueur de ce nouvel accord, on peut classer les entreprises laitières en 3 catégories : -Lesentreprises dans l’accord nationalont suivi la qui recommandation de prix. -Lesentreprises flexibles qui,compte tenu de leur positionnement marché, ont appliqué une baisse supérieure du prix du lait. -Lesentreprises, peu nombreuses,hors de l’accord quimalgré l’indice de flexibilité n’ont pas été en mesure de respecter l’accord et ont dû littéralement décrocher. Au final, on ne peut désormais plus parler de prix interprofessionnel unique tant les situations entre bassin laitier d’une part et entre entreprises d’autre part sont fort disparates. Par ailleurs, cet accord qu’on pourrait qualifier de façade est déjà remis en cause par certaines entreprises, et non des moindres, alors même que la conjoncturesur l’année 2004 a été plus favorable que prévu.
En effet, une production mondiale progressant moins vite que la demande solvable, une collecte européenne en baisse,des exportations vers des pays tiers bien orientées et une croissance de la fabrication de fromages auront été autant d’éléments favorables à la bonne tenue des cours sur les marchés mondiaux, que ce soit en beurre ou en poudre.
Alors pourquoi, à ce jour, l’accord interprofessionnel ne paraît pas durable ?
- Aujourd’hui, de nombreuses laiteries spécialisées dans le lait de consommation sont en grandes difficultés. Elles ont demandé lors des négociations interprofessionnelles une baisse spécifique supplémentaire de 2 €/1 000 l qui n’a pas été acceptée par les producteurs.
- Dans le même temps, et alors même que les marchés sur lesquels les craintes étaient les plus fortes sont demeurés bien orientés, au moins jusqu’à la fin de l’année 2004, on a assisté dans le paysage français à une véritable guerre des prixsur les Produits Grande Consommation, notamment en emmental et en lait liquide sous MDD (Marque De Distributeur).
Certaines entreprises pouvant appliquer l’indice de flexibilité ont ainsi essayé de prendre ou de consolider des positions sur ces marchés. D’autres entreprisesprésentes sur ces marchés mais ne pouvant appliquer l’indice de flexibilité se sont ainsi retrouvées concurrencées par des opérateurs achetant le lait aux producteurs près de 3 €/1000 l de moins. Ils menacent clairement de dénoncer l’accord pour distorsion de concurrence.
Ainsi, au-delà de l’effet domino (réorientation d’une partie de la production beurre/poudre vers des PGC) que tout le monde pressentait, un effet de distorsion de concurrence «supposé ou réel» dans un marché des PGC France déprimé (ex : Consommation de lait liquide en baisse de 5 % sur 2004 par rapport à 2003) pourrait justifier d'entamer fortement la durabilité de cet accord.
Une nouvelle fois, malgré une conjoncture mondiale et européenne plutôt bien orientée, la dispersion des industriels face à la grande distribution conduit à rendre l’accord interprofessionnel très vulnérable.
Pour le premier trimestre 2005, l’accord va se traduire par une diminution du prix du lait payé producteur de 4,55 €/1000 l dont la quasi-totalité (4,5€/1000 l) est imputable à l’indicateur de PGC France. L’indicateur PGC et PI à l’export baissant de 0,05 €/1000 l tandis que celui dit « de compétitivité » (/prix allemand) est nul. Enfin, les entreprises flexibles pourront baisser le prix de 2,4 €/1000 l supplémentaires.
Sur l’ensemble de l’année 2005, et même s'il est trop tôt pour être précis, et sans retournement majeur sur les marchés, il est probable que la baisse du prix de base du lait sera inférieure à la nouvelle hausse de l’aide lait (à nouveau +12 €/1000 l).
Plus généralement, la restructuration de la filière laitière apparaît plus que jamais comme nécessaire, tant il semble difficile pour certains de demeurer sur leurs marchés sans atteindre une certaine taille critique. A ce jour, hormis certains opérateurs, nombre de laiteries ne semblent pas avoir une stratégie clairement définie en la matière.
lain Le Boulanger – Cer France-Normandi
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