La crise influence peu les épargnants français

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La crise influence peu les épargnants français

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Hebdomadaire Paris
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GENERALI
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Eléments de recherche :
Toutes citations : - LE CERCLE DES ÉPARGNANTS : association d'étude des produits de retraite - PHILIPPE
CREVEL : Président du Cercle des Epargnants
ÉCONOMIE & FINANCE]
L'ANALYSE
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es decisions d'épargne des menages sont directement
influencées par la conjoncture économique et financière ;
elles le sont aussi
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ar des paramètres psychologiques
L'incertitude économique (face au chômage ou au niveau
des prix, par exemple) a théoriquement un impact positif sur le
taux d'épargne des menages
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ui mobilisent alors
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ne epargne de précaution, selon leur aversion
au risque. En théorie toujours, la baisse du prix
des actifs financiers doit pousser à la
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se le
taux d'épargne afin de reconstituer le niveau de
patrimoine antérieur à la crise , la stagnation des
revenus devrait avoir - a l'inverse - un impact plu-
tôt dépressif sur l'épargne, tout comme la baisse
des prix en raison d'un effet d'encaisses réelles
négatif. Ces effets dépendent quant à eux de la
préference pour le présent des agents.
A pres de 16 % avant la crise, le taux d'épar-
gne français était un des plus élevés d'Europe.
Contrairement aux évolutions observées chez
nos
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s, ce taux a baisse sur les premiers
trimestres de l'année 2008. Il est depuis reparti
a la hausse, maîs de manière tres modérée, la
consommation des ménages demeurant en pro-
gression dans l'Hexagone, et ce y compris au
premier trimestre 2009. L'épargne des menages
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is semble donc peu répondre au motif de
precaution. Il est néanmoins intéressant d'ob-
server ce qu'en disent les Français, notamment
lorsqu'on les interroge sur leur épargne de long
terme, celle qui est destinée au financement de
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ur retraite
L'institut CSA a récemment publie les resultats 2009 d'une
enquête effectuée
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nt et depuis 2006 pour le compte du
Cercle des epargnants ; elle montre des resultats intéressants.
Premièrement, les Français sont assez peu soucieux pour leur
retraite, la part des « inquiets » étant stable, voire en léger repli
d'année en année. Curieusement, le recul de l'inquiétude est plus
fort dans les catégories sociales les plus modestes. En outre, c'est
aux àges médians que l'inquiétude est la plus forte, ce qui montre
une méconnaissance des mécanismes de la retraite (perméabilité au
chômage, décroissance des taux de remplacement avec le temps),
comme l'atteste le pourcentage
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le (30 %), bien que croissant
par rapport
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ux années précédentes, des personnes interrogées qui
déclarent avoir une bonne visibilité sur leur retraite. Cette myopie
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Les Français
ne sont pas
très soucieux
pour leur retraite
ne dispense pas les personnes interrogées de réalisme. 49 % d'en-
tre elles sont prêtes à travailler jusqu'à 62 ans et les plus jeunes se
montrent ouvertes au cumul emploi-retraite (55 % des 25-34 ans),
même s'il s'agit manifestement plus d'un report subi que
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un
report totalement volontaire En outre, ce sont précisément ceux
qui déclarent
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ir une bonne visibilité qui se
montrent les plus inquiets.
Quant au financement, il n'y a apparemment
pas
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et de la crise financiere sur l'appétence
pour un regime par capitalisation puisque la part
des personnes qui pensent que les retraites doi-
vent reposer sur un système mixte ou capitalisé
ne bouge pas depuis 2008. En revanche, l'inter-
vention de l'Etat dans le dossier « retraite » est
plébiscite par 53 % des ménages, soit 4 points de
plus qu'en 2008, et 36 % des menages (+7 points
par rapport à 2008) souhaitent que cela se fasse
via les entreprises. Tout à fait curieusement, ce
sont précisément ceux qui souhaitent travailler
plus tard qui demandent un développement de
l'épargne retraite par les entreprises Soit ces
personnes savent que leurs régimes d'épargne
retraite ont souffert de la crise et veulent repous-
ser l'échéance de liquidation pour voir remonter
le prix de leurs actifs, soit elles n'ont que peu pré-
paré leur retraite ct désirent le faire sur la période
la plus longue possible. La seconde hypothèse
est la
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us vraisemblable ; en effet, ce ne sont
pas les travailleurs les plus âges qui sont les plus
inquiets vis à-vis de leur future retraite. En outre,
la question de savoir a partir de quel âge il
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commencer à la préparer montre une forte « préference pour le
présent » chaque tranche d'âge prétend être celle a compter de
laquelle il
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ut commencer a épargner en vue de la retraite (les
jeunes disent qu'il
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ut commencer tôt, les âges médians aux âges
médians, les plus âgés aux âges les plus élevés).
Si l'idée de préparer sa retraite semble avoir fait un bout de che-
min, le passage à l'acte est encore inabouti (si 55 % des gens disent
préparer leur retraite, 28 % assurent le faire
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risques financiers et leur perception semblent peu infléchir les
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