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Publié le : lundi 11 juillet 2011
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Marie-Antoinette la véritable histoire
Marie-Antoinette n’a jamais dit du peuple affamé de Paris : “S’ils n’ont pas de pain qu’ils mangent de la brioche !Et pourtant combien de générations d’élèves l’ont-elles cru ? Bel exemple du destin post mortem de cette reine de France à la biographie encombrée de mythes. Pour l’histoire, elle est devenue une créature insaisissable, éminemment romanesque tant sa vérité fut si souvent recouverte de masques successifs. Chantal Thomas, directrice de recherche au CNRS et auteure de deux livres sur la reine, Jean-Claude Carrière et le réalisateur Yves Simoneau ont voulu nous raconter sa véritable histoire dépouillée des oripeaux qui la recouvrent encore. A partir de sa correspondance, des documents authentiques de l’époque, des dernières recherches historiques, ce film nous invite à comprendre comment et pourquoi la reine la plus aimée de France devint l’objet de la haine la plus violente et l’emblème d’un régime détesté. Le film nous raconte comment, au sein de la beauté émouvante et singulière du monde qu’elle s’était créé à Versailles, Marie-Antoinette vécut entourée d’intrigues, de complots et fut l’objet de l’une des premières et des plus violentes “campagnes de presse” de l’histoire. Il retrace l’évolution de la jeune princesse, trop tôt appelée à régner, le luxe effréné dont elle s’entoura et finit par s’étourdir, l’affaire du collier, son emprisonnement, son procès et sa mort. Mais il nous décrit aussi une cour de Versailles qui ne sut pas percevoir à temps les mouvements telluriques de l’histoire. Marie-Antoinette, la véritable histoireest le fruit de deux ans de travail historique et d’une coproduction franco-canadienne portée par GMT, mais aussi un exploit en terme de technologie et d’effets spéciaux. En incarnant Marie-Antoinette, France 2 poursuit une politique forte en matière de docu-fiction, pour offrir au public la vision renouvelée d’une part essentielle de son histoire.
Patricia Boutinard RouelleetFabrice PuchaultFrance 2
Rêvons un instant, nous sommes en 1789, à l’époque de la Constituante. Une des rares périodes où la liberté de la presse a été totale. Le rédacteur en chef de Révolution 2 – chaîne de service publique de l’époque et future France 2 – reçoit du service de presse de Versailles l’autorisation de faire un portrait de la reine. En cette époque troublée, le moment est venu de faire connaître la souveraine au bon peuple de France. Une équipe part tourner à Versailles, elle va suivre la reine avec toutefois des consignes précises de sa rédaction. Interrogez-la sur tous les sujets : son enfance, son arrivée à Versailles, ses rapports avec Louis XVI (amoureux bien sûr), ses enfants, ses dépenses, la construction du hameau, les pamphlets, ses amitiés avec Fersen évidemment, etc. Eh bien curieusement, c’est ce que nous avons fait aujourd’hui. Retracer la vie de Marie-Antoinette, son quotidien, ses états d’âme – un peu comme si, caméra au poing, nous la suivions dans son intimité aux détours des couloirs de Versailles – est un objectif de ce film. Bien sûr, nous ne prétendons pas détenir la vérité sur les moindres détails de ses pensées, mais le travail important de documentation fait sur le scénario grâce à l’apport passionné de Chantal Thomas et à l’écriture de Jean-Claude Carrière nous permet d’être sur un point de vue historique non pas interprétatif. En donnant accès au réel, la fiction devient l’un des meilleurs serviteurs de l’histoire.
Jean-Pierre Guérin, GMT Productions
Marie-Antoinette la véritable histoire
Un film réalisé parYves SimoneauetFrancis Leclerc,écrit parJean-Claude Carrière,commentaire écrit parMarie Guilmineau,dit parCharles Berling, conseillère historiqueChantal Thomas,musique originaleChristophe La Pinta, produit parGMT productions, Emergence International, France 2, France 5etTélé-Québec,production déléguéeJean-Pierre Guérin et Véronique Marchat,direction littéraireSylvain Proust,production exécutiveChristophe Valette, directrice de l’unité Magazines et Documentaires de France 2Patricia Boutinard Rouelle, chargé des Documentaires de France 2Fabrice Puchault .
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Chantal Thomas, conseillère historique
i monstrueuse ni martyre”
e Essayiste, spécialiste du XVIII siècle et directrice de recherche au CNRS, Chantal Thomas s’est d’abord intéressée au personnage de Marie-Antoinette à travers l’image monstrueuse qu’en renvoyaient les pamphlets, avant de lui consacrer un roman sensible et intime,Les Adieux à la reine. Nourrie de ces expériences, elle a guidé l’équipe deMarie-Antoinette, la véritable histoire. Rencontre.
Comment expliquer, selon vous, l’engouement que suscite encore aujourd’hui Marie-Antoinette ? Indéniablement, cet engouement participe de la passion commune pour les grandes figures historiques féminines. Une fascination pour les reines malheureuses” disait Guitry. Dans le cas de Marie-Antoinette, se mêle également, à mon sens, une certaine forme de culpabilité, de mauvaise conscience par rapport à son personnage. Pendant longtemps, elle est apparue sous deux formes contradictoires : l’incarnation du mal absolu et la sainte sacrifiée. Peut-être est-on passé à côté d’elle en tant qu’être humain. Dans la biographie e qu’il lui a consacrée au début du XX siècle, Stefan Zweig est le premier à l’avoir abordée différemment, à l’avoir posée comme une femme complexe. Ni monstrueuse ni martyre. Il y a, depuis, un désir d’essayer de comprendre qui elle était d’une manière plus humaine.
Pourquoi ce désir de réhabilitation est-il si présent, maintenant ? Peut-être parce que Marie-Antoinette représente la fin d’un monde et que nous pouvons y trouver un écho.
Voyez ce raffinement obstiné, cette attention à la mode, à la beauté… à un moment où tout bascule. Marie-Antoinette est le symbole de cette détermination : poursuivre jusqu’au bout un certain art de vivre alors que le reste du monde est à feu et à sang.
Personnellement, comment vous êtes-vous intéressée à Marie-Antoinette ? Par le versant négatif : je l’ai “rencontrée” en étudiant les pamphlets extrêmement violents qui lui ont été consacrés. Elle y apparaît comme la femme bouc émissaire, monstre féminin total, mal absolu de l’Ancien Régime. Ce qui est très bien montré dans notre film, soit dit en passant. J’ai été choquée, intriguée, fascinée par ce déchaînement : comment une femme peut-elle focaliser autant d’intensité haineuse, c’est-à-dire autant de passion ? Femmes humiliées toutes à travers elle” a écrit Madame de Staël qui était pourtant politiquement farouchement opposée à la reine. Il est vrai que la manière dont elle a été traitée — jusqu’à l’ultime accusation d’inceste ! — est révélatrice d’un certain état de pensée masculine. Aujourd’hui, on
réhabilite Marie-Antoinette comme victime, non seulement d’une politique et d’une xénophobie, mais aussi d’une misogynie.
Après de nombreux essais, vous consacrez votre premier roman à la reine… Personnellement, je ne m’obsède pas tellement de sa psychologie. Je suis surtout sensible aux ingrédients matériels, physiques, palpables : le frôlement des robes, l’exiguïté des appartements, etc. J’aime sentir et partager ce que le passé détient encore de secret, de mystérieux, de lointain. C’est, je crois, ce qui a séduit le producteur Jean-Pierre Guérin et l’a conduit à faire appel à moi. Dans mon roman, il aimait cette manière dont, par la fiction, j’essayais d’intégrer le maximum d’éléments tangibles. C’est ainsi que je suis devenue conseillère historique du film, suivant pas à pas les différentes étapes du scénario de Jean-Claude Carrière.
Que pensez-vous du résultat final ? Ma vision de Marie-Antoinette est très intimiste. Le film d’Yves Simoneau et Francis Leclerc opte pour un champ plus large, plus complet, avec ce souci
de porter un regard extrêmement nuancé, sensible, retenu, sans s’avancer sur certaines hypothèses et sans porter de jugement. A mon avis, il rend très bien compte des diverses facettes du personnage : la toute jeune fille ; la jeune mère ; l’orpheline délivrée de la surveillance de son imposante mère, l’impératrice d’Autriche ; puis, enfin, l’épouse fidèle. Enfin, je trouve que Karine Vanasse a parfaitement su intégrer ce désir de montrer une Marie-Antoinette humaine. Elle joue avec une sensibilité vibrante.
Le grand défi du film était de tourner dans les décors mêmes de l’action… Les lieux étaient très importants pour Marie-Antoinette. Elle a vraiment cherché à s’approprier l’espace, à personnaliser et marquer son règne. C’est peut-être un caractère féminin… Ce qui est passionnant à travers ce film, c’est que la vision de Versailles s’enrichit. De même que le personnage de Marie-Antoinette a gagné en complexité, le château de Versailles est sorti du mythe flamboyant du Roi Soleil.
Retrouvez l’intégralité de l’interview de Chantal Thomas sur , au moment de la diffusion
Q uelques chiffres 450costumes 250perruques 3 500images de Versailles 926plans en image de synthèse
Un tournage en décor virtuel cMoaurireLd-aAnntsodineesttdeé, lcaorvsértiotaubslaeuhtihsteonitrieesqumpcoy,alaofsiedliveimererèruopalntmopreimescommeirselslpsuitn a vie en vert celui de la chambre royale. Ce film a donné lieu à un tournage résolument... révolutionnaire.
D’un côté la France et la société GMT, de l’autre le Québec et la société Emergence. D’un côté les décors, de l’autre les acteurs. D’un côté la flamboyance 2 de Versailles, de l’autre un gigantesque studio de 600 m peint en vert. Marie-Antoinette, la véritable histoireest en effet le premier film de 90 minutes entièrement tourné en décor virtuel. D’habitude, la technique du compositing permet de faire voler Superman, rebondir Spiderman. Là, grâce aux subtils effets spéciaux de la société québécoise Hybride, salons versaillais et acteurs québécois sont réunis dans une même image. Les célèbres tableaux de Gautier d’Agoty ou de Vigée-Lebrun reprennent soudain vie. Marie-Antoinette et ses contemporains retrouvent la pleine dimension de leur époque. Pour la première fois, nous les voyons tels qu’ils étaient. Condition indispensable pour découvrir leur véritable histoire.
Du vrai avec du faux Le réalisateur et une équipe de tournage réduite ont filmé à Versailles tous les “plans arrières”, reconstituant ainsi intégralement l’environnement dans lequel s’est déroulée l’Histoire. Tous les mouvements, tous les découpages, tous les angles ont été pensés en amont et les plans sommairement assemblés pour guider le tournage qui a eu lieu en studio sur fond vert. Cela était nécessaire pour que les angles, l’éclairage, les emplacements des acteurs, tous les paramètres coïncident avec les plans arrière. Cela permettait aux réalisateurs de pressentir le résultat escompté et de le partager avec les acteurs sur un moniteur de contrôle installé dans le studio. Il fallait être capable de guider les acteurs dans cet immense décor vert, figurant alternativement le Petit Trianon, la galerie des glaces ou encore la Conciergerie. Là, un marquage au sol représente une fenêtre, plus loin c’est une porte, etc. “On a parfois l’impression d’être un gang de fantômes traversant les murs”, s’amuse Olivier Aubin (Louis XVI). “Il faut faire confiance aveuglément”, explique Karine Vanasse (Marie-Antoinette). L’actrice, jeune star montante du Québec (Séraphin, Head in the Clouds), s’est investie avec application dans le rôle, s’imprégnant des gestes, des mouvements, des inflexions de la reine maudite. Enfin, dernière étape, pendant plus de 5 mois, représentant 2546 jours/homme de travail, 23 infographistes ont “intégré” c’est-à-dire assemblé les images du tournage en studio et les plans arrière. En tout 926 plans (86 minutes de film) dont ils ont harmonisé les éclairages, pour lesquels ils ont recréé les ombres etc. 926 plans en image de synthèse pour être au plus près de l’Histoire. Ou encore faire du vrai avec du faux !
R ésumé
16 octobre 1793 : Marie-Antoinette vit sa dernière journée. A la Conciergerie, dans sa cellule, le bourreau et ses aides sont venus la préparer pour son exécution. 23 ans plus tôt, jeune princesse autrichienne, elle arrive en France sous les acclamations. Elle vient épouser le dauphin, Louis-Auguste, qui sera bientôt roi sous le nom de Louis XVI. A Versailles, la future reine de France, se trouve isolée, exposée aux hostilités diverses de la cour, auprès d’un mari distant. Il lui faudra sept longues années pour lui donner un premier enfant…
Peut-être est-ce à cause de cela que Marie-Antoinette se réfugia dans un monde où seul son plaisir comptait ? On la disait dépensière, joueuse, et frivole sans doute pour échapper à une vie régie par trop de contraintes étouffantes. 23 ans plus tard, cette même femme, déchue de son titre de reine, est menée à la guillotine. Elle est vieillie avant l’âge. Ses cheveux sont gris. Les cris qui s’abattent maintenant sur elle sont des cris de haine. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette mort ?
Fiche artistique Marie-AntoinetteKarine Vanasse Louis XVIOlivier Aubin Madame de PolignacMarie-Ève Beaulieu Marie-ThérèseChloé Rocheleau Comtesse de La MotteMathilde Lavigne Cardinal de RohanDavid Lahaye Comte d’ArtoisVincent Guillaume Otis Madame de NoaillesGina Couture Bijoutier BöhmerLuc Bourgeois Monsieur de La MotteJules Philip Sosie de Marie-AntoinetteMarie-Ève Gamache Comte de FersenDanny Gilmore Madame du BarryHélène Florent e 2 fils de Marie-AntoinetteCharles Dury Louis XVPaul Savoie Comte de ProvenceVincent Champoux Madame AdélaïdeMaryse Gagné Madame VictoireMyriam Poirier Louis-JosephRaphaël Dury Rose BertinMarie-Josée Forget LéonardPaul Ahmarani
l’air est plus vif sur
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