LE CHATEAU DE COMPIEGNE DANS L'HISTOIRE Un château royal : une ...

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LE CHATEAU DE COMPIEGNE DANS L'HISTOIRE Un château royal : une ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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préparation à la visite FICHE 1DOCUMENTATION GENERALE LE CHATEAU DE COMPIEGNE DANS L’HISTOIRE L’origine du château de Compiègneest indissociable de celle de la monarchie française. Ce château occupe une place essentielle dès l’Ancien Régime et la conserve aux temps de Napoléon Ier et de Napoléon III. Il accède au rang de musée national en 1927. Tel qu’on le découvre aujourd’hui, ce château est le résultat d’une reconstruction lancée par le roi Louis XV et achevée sous les règnes de ses successeurs. Un château royal : une reconstruction ambitieuse Le domaine de Compiègne est attesté depuis le règne de Clovis (482511) et les rois mérovingiens y font construire une résidence (Compendium Palatium). C’est probablement une construction assez simple. L’emplacement de cette première résidence n’est pas connu mais la demeure est mentionnée par Grégoire de Tours. La fréquence des séjours royaux de 627 à 721 prouve l’intérêt que la monarchie lui porte. Après le traité de Verdun de 843, Charles le Chauve fait de Compiègne un lieu de pouvoir et baptise la ville Carlopolis. A partir de 848, il y fait édifier un nouveau palais sur les bords de l’Oise, vraisemblablement sur le modèle du palais impérial de Charlemagne à AixlaChapelle. Compiègne devient centre politique et intellectuel: on y trouve atelier monétaire et école palatine. La chapelle de Notre Dame de Compiègne –plus tard abbaye de Saint Corneille devient le lieu de sacre et d’inhumation de plusieurs souverains. Le palais continue de servir de séjour royal et de base de chasse sous les premiers Capétiens cependant son rôle politique diminue. Néanmoins, par souci de filiation avec la dynastie carolingienne, ces derniers conservent un lien étroit avec Compiègne. Au XIIème s., la ville connaît un développement exceptionnel, qui s’inscrit dans le mouvement de croissanceurbaine qui touche alors l’Europe occidentale. Elle attire les pèlerins autour des reliques de SaintCorneille et profite de sa situation de villeétape sur les routes des grandes foires. Compiègne se voit octroyer une charte communale en 1153. Les séjours royaux contribuent à la prospérité économique de la cité même si les rois en villégiature doivent, en raison de l’altération du domaine royal, se contenter d’une petite demeure construite extra muros à la lisière de la forêt, au lieu dit Royallieu. Saint Louis se défait par ailleurs de la vieille résidence carolingienne des bords de l’Oise, qu’il juge peu confortable. Au XIVème siècle, la résidence royale trouve enfin sa localisation définitive. En 1374, Charles V fait bâtir un nouveau château sur un terrain proche des remparts qu’il rachète aux religieux de Saint Corneille, à l’emplacement précis du château actuel. C’est un logis simple, qui connaîtra des agrandissements successifs. Construit intra muros, il est donc plus sûr. Compiègne entretient des relations privilégiées avec la monarchie française. A l’instar de Versailles et de Fontainebleau, c’est un des lieux d’exercice du pouvoir royal puisque le roi peut y siéger «en son conseil». C’est donc un lieu de gouvernement: nombres d’actes royaux sont datés de Compiègne. Henri IV y prépare le traité de Vervins, Louis XIII y signe un traité d’alliance entre la France et les ProvincesUnies (désigné comme traité de Compiègne), Louis XV y signe deux traités préliminaires au rattachement de la Corse au royaume… Ce domaine reste aussi un lieu de divertissement apprécié, grâce à la présence de la forêt giboyeuse.
Le château devient aussi la halte obligée du roi et de la cour à l’aller ou au retour de la cérémonie du sacre à Reims. Cette tradition est inaugurée par Charles VII: revenant de Reims où il a été sacré en présence de Jeanne d’Arc, il fait une entrée solennelle à Compiègne le 18 août 1429 et y séjourne 12 jours. Le dernier roi sacré à Reims, Charles X, se conformera encore à cette pratique. Pendant les guerres de religion le château reste inoccupé, mal entretenu et devient inhabitable. Lorsqu’il vient à Compiègne, Henri IV préfère loger en ville. L’inconvénient majeur de cette résidence médiévale estson exiguïté : seule la famille royale peut l’occuper avec ses gens, et à l’étroit. Les courtisans doivent loger chez l’habitant (les maisons sont réquisitionnées pour la circonstance) ou dans des habitations louées aux frais du roi. Les princes étrangers et les ambassadeurs sont logés dans les villes voisines ou dans les châteaux des environs. Louis XIII apprécie Compiègne mais Louis XIV considère qu’il y est logé en paysan (alors qu’il se sent traité en roi à Versailles et en gentilhomme à Fontainebleau…). Pourtant, le roi Soleil y fait 75 séjours et y organise plusieurs camps militaires. Les camps de Compiègne sont des manifestations à grand spectacle:grandes manœuvres destinées à la formation des troupes, des officiers et à l’éducation des princes, elles sont l’occasion aussi de fournir un divertissement à la cour et au peuple. Ces camps connaissent un grand retentissement, qui dépasse les limites du royaume. Devenus une véritable tradition, ils se perpétuent jusqu’au milieu du XIXème siècle: de 1666 à 1847, il y aura en tout seize « camps de Compiègne ». C’est au XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XV, que le château s’engage dans un tournant fondamental :c’est le moment de sa reconstruction. Le souverain apprécie cette résidenceet la forêt de Compiègne qu’il découvre en 1728: il y fait des séjours réguliers en été, entre 1745 et 1773. En1770, il y accueille MarieAntoinette, future reine de France. Dès 1733 il y fait entreprendre des aménagements intérieurs puis des travaux d’agrandissement –de 1736 à 1740. Rapidement, l’idée d’une reconstruction totale s’impose. Plusieurs projets voient le jour (ceux de Nicolas d’Orbay ou de Robert de Cotte par exemple) mais les travaux sont finalement confiés à l’architecte AngeJacques Gabriel puis à son élève Le Dreux de la Châtre. Ils se déroulent de 1751 à 1788 et aboutissement à la réalisation de l’un des monuments les plus emblématiques de l’architecture néoclassique française. Le château est touché par la tourmente de la Révolution. Le mobilier royal est ainsi dispersé, lors des ventes révolutionnaires entre mai et septembre 1795. De 1799 à 1806, le bâtiment change même d’usage et accueille une première section du Prytanée militaire, formant avec d’autres éléments l’Ecole des Arts et Métiers. Un château impérial : une résidence au goût du jour Devenu empereur, Napoléon Ier décide la restauration pour son usage personnel du château et du parc. Le 12 avril 1807, il donne l’ordre de remettre la résidence en état d’être habitée. Le 27 mars 1810, il y accueille sa seconde épouse, l’archiduchesse MarieLouise d’Autriche, répétant ainsi le geste dynastique accompli par Louis XV en 1770. Le Premier Empire imprime une forte empreinte sur le château. Napoléon Ier confie les travaux de réhabilitation à l’architecte Berthault. Les réaménagements suscitent aussi la création d’ensembles décoratifs très exceptionnels. Une partie de l’appartement de l’empereur et l’ensemble de celui de l’impératrice reçoivent un décor peint somptueux et coloré réalisé par l’atelier de Dubois et Redouté, qui met en valeur les œuvres de Girodet. Pour remeubler le palais
entièrement vide, d’importantes commandes de mobilier sont passées aux ateliers prestigieux de JacobDesmalter et à ceux de Marcion. De splendides soieries sont réalisées par des artisans lyonnais. De fait, Compiègne est la seule des anciennes résidences impériales à pouvoir présenter aujourd’hui un ensemble aussi homogène de décors et ameublements du Premier Empire. Pendant la Restauration et la Monarchie de Juillet, les souverains effectuent de fréquents mais brefs séjours à Compiègne. Le 9 août 1832, LouisPhilippe y marie sa fille aînée, la princesse Louise d’Orléans avec le roi des Belges Léopold Ier. Cependant, c’est Napoléon III qui rend au château son faste d’antan. L’Empereur y reçoit des souverains étrangers : le roi du Piémont VictorEmmanuel en 1855, le roi de Prusse Guillaume Ier et le roi des PaysBas en 1861, le roi des Belges Léopold Ier en 1863, Louis II de Bavière et FrançoisJoseph d’Autriche en 1867… Compiègne devient surtout un lieu de villégiature privilégié pour la cour impériale. A partir de 1856, Napoléon III et l’impératrice Eugénie y séjournent chaque année trois à six semaines à l’automne, avec la cour, et y organisent les « Sériesde Compiègne». Les invités des souverains sont conviés par «séries » :des périodes d’une semaine pendant lesquelles une centaine de personnes sont logées au château. Se retrouvent ainsi les personnalités qui forment le cercle habituel des monarques: princes, ambassadeurs, ministres, maréchaux et hauts fonctionnaires. Sont également invitées des personnalités des mondes littéraires, artistiques et scientifiques. Participeront ainsi aux séries des artistes comme JeanBaptiste Carpeaux, Thomas Couture, Delacroix ou Winterhalter; des écrivains comme Alexandre Dumas fils, Gustave Flaubert, Théophile Gautier ou Alfred de Vigny ; des musiciens comme Gounod ou Verdi; des scientifiques comme Claude Bernard ou Pasteur… Les invités, distingués pour leur position sociale ou leur mérite, sont conviés par lettre du Grand Chambellan et arrivent à Compiègne en train spécial. L’étiquette y est moins rigide qu’aux Tuileries ou à SaintCloud, ce qu’apprécie l’impératrice Eugénie. Réunions essentiellement mondaines, ces séries sont l’occasion de divertissements variés: outre la traditionnelle chasse à courre, sont organisés des jeux dans le parc ou dans les salons, des représentations théâtrales ainsi que de grands dîners dans la galerie de Bal. C’est à cette époque que le château connaît ses dernières extensions. En 1858, l’architecte Aimé Grisard construit la Galerie Neuve qui coupe la cour des cuisines. Son décor achevé en 1859 est essentiellement constitué par la présentation de peintures de CharlesJoseph Natoire illustrant l’histoire de Don Quichotte. C’est pourquoi elle prendra, peu à peu, le nom de galerie Natoire. En 1867 commence la construction du Grand Théâtre, sur les plans d’Ancelet, architecte qui succède à Grisard en 1864. Interrompue en 1870 par la chute du régime impérial, cette construction reste inachevée. Avec la chute de l’Empire, Compiègne perd sa fonctions résidentielle. La IIIè République transforme le château en musée. Cependant, il joue encore le rôle de résidence, pour accueillir en 1901 le Tsar Nicolas II et la Tsarine Alexandra Feodorovna, sur invitation du président de la République Emile Loubet. Le château est occupé pendant la Grande Guerre, par les troupes anglaise, l’état major allemand, puis devient, de mars 1917 à avril 1918 le siège du Grand Quartier général. De 1915 à 1917, il assure même la fonction d’hôpital. Il en subira de nombreux dommages. Plusieurs incendies se déclarent dont le plus grave, en 1919, lié à l’occupation des salles par l’administration des Régions Libérées, entraîne la destruction de la chambre de l’Empereur et du salon du Conseil. La Seconde guerre mondiale entraîne de nouvelles évacuations de mobilier. Ce n’est qu’après le conflit que l’activité de Compiègne se réorganise, autour de plusieurs musées. C’est à ce moment aussi que des chantiers de restauration de fond sont lancés.
Compiègne : un patrimoine national Le musée national du château de Compiègne présente aujourd’hui à ses visiteurs un ensemble riche et varié d’entités muséales. Il offre, bien entendu, la perspective de découvrir une résidence royale et impériale, et permet d’illustrer, à travers le cadre de vie des souverains,les différentes facettes de leurs pouvoirs. Dans cette optique, la visite des Appartements historiques permet de parcourir les pièces aménagées selon une méthode dite de «restitution des états historiques», qui redonne à leur ameublement leur cohérence d’origine. Pour les appartements du château de Compiègne, trois époques de restitution ont été retenues : la fin du règne de Louis XVI, le Premier Empire et le Second Empire. L’un des plus beaux exemples de ces restitutions est la chambre de l’Impératrice (état restitué 1811), ensemble décoratif des plus représentatifs du Premier Empire. Les Musées du Second Empire et de l’Impératrice témoignent de la place très particulière que Compiègne tient dans l’histoire et dans les arts décoratifs de cette période. A partir de premiers éléments réunis pour certains avant la Première guerre mondiale et pour la plupart en 1927, les collections ont été largement enrichies d’oeuvres existant dans les collections nationales –ainsi en estiil des dépôts des collections Second Empire du musée national de Malmaison ou d’une partie des collections de S.A.I. le prince Napoléon. Musées d’ambiance, ils présentent chacun leur spécificité. Le Musée du second Empire regroupe de nombreux objets et œuvres d’art témoins de cette époque etle Musée de l’Impératrice, lui, rassemble des souvenirs de la famille impériale. Les parcs et jardins du château de Compiègne, remarquables pour euxmêmes, sont aussi le prolongement naturel des visites à l’intérieur du château. Conçus comme écrins de la résidence, ils traduisent aussi les transformations engagées à Compiègne selon les époques successives : du jardin à la française au jardin paysager, avec les moments forts du XIXème siècle –percée de la fameuse allée des BeauxMonts ou création du jardin des Roses. Ils recèlent aussi une riche collection de sculptures, dont l’installation finale date du Second Empire. Le Musée National de la Voiture et du Tourisme est un autre moment phare d’une visite à Compiègne. Né en 1927 de la volonté du TouringClub de France d’offrir des locaux à de riches collections consacrées à la locomotion et au tourisme, ce musée est sans comparaison possible en France dans le domaine de la locomotion routière. Il offre un panorama des évolutions techniques et sociales, autour de véhicules très variés. Il permet ainsi de faire découvrir, dans ses détails concrets, un aspect important de l’histoire des civilisations. Accès:DeParis, autoroute A1, sortie n°9, Compiègne sud (à l’entrée de Compiègne,  directionSoissons). Par le train, départ de Parisgare du Nord.  DeLille, autoroute A1, sortie n°10, Arsy. Horaires:Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h(dernière admission à 17h15). er  Du1 novembreau 28 février, les Grands Appartements sont ouverts de 10h à 15h45(dernière admission). er er Château fermé les 1janvier, 1mai, 25 décembre et certains jours feriés.
Groupes:Réservations obligatoires au 03 44 38 47 02.Musées et domaine nationaux du château de Compiègne Place du Général de Gaulle - 60200 Compiègne - Tel : 03.44.38.47.00 www.museechateaucompiegne.fr
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