Le premier bilan de la saison touristique estivale 2009 montre la ...

De
Publié par

Le premier bilan de la saison touristique estivale 2009 montre la ...

Publié le : lundi 11 juillet 2011
Lecture(s) : 62
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins
1
1
LE TOURISME ET LA CRISE
HERVÉ NOVELLI,
SECRÉTAIRE D’ETAT CHARGÉ DU COMMERCE, DE L’ARTISANAT, DES PETITES ET MOYENNES
ENTREPRISES, DU TOURISME, DES SERVICES ET DE LA CONSOMMATION
* * *
INTERVENTION PREMIÈRES RENCONTRES NATIONALES DU TOURISME
PARIS – PALAIS DES CONGRÈS – LUNDI 12 OCTOBRE 2009
* * *
Seul le prononcé fait foi
L’année dernière, à l’occasion des assises nationales du tourisme, je promettais une année 2008-2009
riche pour le tourisme français. Elle l’a été, avec d’importants mouvements de réforme, mais aussi
avec un événement beaucoup moins attendu, une crise qui a frappé l’économie mondiale avec une
soudaineté et une violence rare.
Pourtant, à la faveur de la crise, le tourisme français a pu démontrer toute la solidité de son
modèle. Un modèle auto-régulé et qui bénéficie d’amortisseurs automatiques.
En période de crise, les touristes ont tendance à partir « moins cher » et donc à partir moins loin. Ce
qui veut dire que si les touristes étrangers font défaut, les vacanciers nationaux restent davantage
dans leur pays. Comme la France est le pays en Europe avec le plus fort taux de tourisme intérieur,
elle profite très naturellement, et plus que d’autres, de ce phénomène. Les Français sont restés en
France et ont compensé la désaffection des clientèles étrangères. C’est ainsi que, malgré les discours
quasi-apocalyptiques qu’on entendait avant la saison, nous avons enregistré cet été des résultats de
fréquentation remarquable, avec non seulement une stabilité mais même une légère hausse de 1 %
des nuitées, qui ont permis d’amortir largement la baisse des dépenses.
A cet amortisseur structurel de crise, il convient d’ajouter un amortisseur conjoncturel, avec la baisse
de la TVA dans la restauration. Pour certains établissements en difficulté, elle a agi cet été comme une
véritable bouffée d’oxygène.
Premier enseignement donc de cette crise : nous avons un modèle autorégulé et sain.
Deuxième enseignement : la crise n’a pas remis en cause les tendances comportementales lourdes
observées ces dernières années, elle les a plutôt conforté et précisé.
D’abord, pour qui en douterait, la crise nous a appris que les Français sont très attachés à leurs
vacances. C’est une variable qui explique également la solidité de notre modèle touristique. Le
désir de partir demeure fort, malgré les contraintes budgétaires. Nous sommes entrés dans une
ère où, pour beaucoup de nos concitoyens, les vacances ne sont plus un bien superflu mais un
bien considéré comme essentiel.
2
2
Autre tendance, les changements de « timing » dans les vacances. On se décide de plus en plus à
la dernière minute. Il ne s’agit plus seulement de consommation à la dernière minute, pour profiter
d’une offre promotionnelle, mais bien d’une décision de partir ou non, en fonction de la météo, de
ses contraintes personnelles ou de ses envies. Par ailleurs la tendance au fractionnement des
vacances est de plus en plus forte. Autant d’éléments qui sont difficiles à appréhender pour les
professionnels parce qu’ils ajoutent de l’incertitude.
Troisième tendance, on voit l’effet dans le tourisme d’une tendance sociologique profonde, c'est-à-
dire l’envie d’un tourisme nature, rural, terroir, ou tout du moins respectueux de l’environnement.
Cela explique pour partie le succès grandissant de certaines hôtelleries de plein air.
Pour le tourisme, cette crise n’aura donc pas été la révolution copernicienne qu’elle a été pour d’autres
secteurs. Cela doit nous encourager à poursuivre résolument dans la voie de la stratégie « destination
2020 ». J’en rappelle ses objectifs : augmentation de 20 % du poids du tourisme dans le PIB,
augmentation de 30 % des emplois générés par le tourisme, maintien de notre leadership mondial
pour le nombre de touristes accueillis et hausse de nos recettes.
III. Au cours de l’année 2009, l’élément majeur du déploiement de cette stratégie a été la loi de
développement et de modernisation des services touristiques.
Cette loi, ce n’est pas seulement la mienne, c’est celle de tous les acteurs du tourisme, qui se sont
mobilisés et ont joué le jeu de la concertation. C’est une des clés de la réussite de cette loi. La grande
majorité de ses dispositions entreront en vigueur moins de six mois après son vote, c’est à dire avant
la fin de l’année. Cela constitue une forme de record.
La mise en oeuvre de la loi sera un levier important de compétitivité pour l’ensemble de notre industrie
touristique.
Le premier aspect de cette loi concerne la vente de voyages et de séjours.
Cette réforme était
nécessaire du fait de l’obligation de transposition de la directive service avant la fin de l’année 2009
qui impliquait notamment que soit supprimée la clause d’exclusivité de l’activité des agents de
voyages.
Les quatre autorisations existantes délivrées par les préfectures (licence, agrément, autorisation et
habilitation) pour la vente de voyages et séjours sont remplacées par une immatriculation unique des
opérateurs sur un registre dont la gestion est confiée à une commission dédiée au sein de l’agence de
développement touristique de la France.
Afin de maintenir un haut degré de protection du consommateur, les opérateurs qui apporteront leur
concours à des opérations consistant en l’organisation ou la vente de voyages ou de séjours devront
continuer à disposer d’une garantie financière, d’une assurance de responsabilité civile et répondre à
des conditions d‘aptitude professionnelle simplifiées.
La loi apporte ici un réel effet dynamisant pour toute l’activité touristique puisqu’elle donne accès à la
vente de voyages à un plus grand panel d’acteurs, tous ceux qui auraient intérêt de le faire en plus de
leur activité principale : hébergeurs, transporteurs, … Elle a aussi un effet de dynamisation pour les
agents de voyages actuels, qui y trouvent des facilités d’exercer et des leviers de diversification.
3
3
La loi c’est aussi la modernisation du classement des hôtels.
Parce que nous avons voulu conserver de la souplesse, le classement demeure volontaire et puisque
nous voulons de la rigueur pour maintenir la crédibilité du classement, il sera révisé tous les 5 ans.
Nous allons enfin doter la France de
la classification hôtelière digne de la 1ère nation touristique du monde. La nouvelle grille de
référence revue et corrigée, repensée et rénovée avec les professionnels, 22 ans après sa
naissance, aura un double bienfait. Pour les consommateurs, notamment étrangers, elle
redonnera de la crédibilité au classement, améliorera la visibilité de l’offre et une cohérence
dans le niveau de qualité proposé. Pour les professionnels, elle servira d’aiguillon pour les
inciter à moderniser leurs établissements et améliorer le niveau de prestation et de
services.
Cette nouvelle grille de classement marque une montée en gamme, avec la suppression de la
catégorie sans étoile et la création d’une catégorie cinq étoiles. Cette cinquième étoile nous permet de
nous mettre au niveau de l’offre internationale. Elle rejaillira sur l’ensemble du secteur touristique en
attirant des visiteurs notamment étrangers qui ont de fortes contributions journalières.
Je suis conscient que ces exigences nouvelles représentent un défi pour les professionnels, qui
s’ajoutent à des contraintes comme l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, la mise à niveau
en termes de sécurité incendie ou plus récemment le Grenelle de l’environnement. Dans l’hôtellerie,
les besoins d’investissements sur les trois prochaines années sont estimés à 1,5 milliards d’euros.
C’est pour cela que j’ai souhaité accompagner les acteurs dans leurs investissements. J’ai demandé à
la Caisse des Dépôts et OSEO de proposer conjointement une offre spécifique pour aider au
financement de l’hôtellerie française, en fonds propres comme en quasi-fonds propres avec des prêts
participatifs à taux réduit. Ce dispositif qui facilite par un effet d’entraînement le regain d’intérêt des
banquiers pour le secteur, permet à l’hôtellerie de se mettre à niveau sur tous les points d’exigence
signalés à l’instant. Le classement et son accompagnement financier sont les vecteurs de la
modernisation de l’offre hôtelière.
Sur le même modèle, j’ai installé à la l’occasion de la baisse de la TVA un fonds de modernisation de la
restauration, qui offrira aux restaurateurs des conditions privilégiées pour investir et moderniser leur
établissement.
La loi de modernisation a aussi été l’occasion d’une avancée sociale majeure, avec la refonte du
régime des chèques-vacances qui permettra un meilleur accès des Français aux prestations
touristiques. En 2008, les chèques vacances représentaient 1,2 milliard d’euros de volume d’émission.
Mais moins de 1 % des chèques vacances concernaient des salariés d’entreprises de moins de 50
personnes. Cette situation était à la fois injuste socialement et préjudiciable pour l’économie
touristique. En faisant sauter une série de contraintes qui bloquaient jusqu’à présent l’accès des PME,
la loi permettra une diffusion dans les petites structures, que j’espère rapide et massive : 8 M de
4
4
salariés sont concernés. C’est pourquoi je fais mien l’objectif de la Direction générale de l’ANCV de
500 000 nouveaux bénéficiaires dans les trois ans qui viennent.
La logique d’assouplissement des contraintes et de simplification a valu pour l’ensemble de la loi.
Les
Chinois surnomment la France « le pays des lois ». La complexité et l’abondance des règles, je les ai
d’abord subies en tant que chef d’entreprise, puis je les ai combattues en tant que responsable public.
Aujourd’hui je suis heureux que le tourisme bénéficie d’un cadre juridique allégé, car il n’y a rien de
pire que des barrières ou des complexités réglementaires qui découragent l’initiative et la volonté
d’entreprendre. Le projet de décret, qui paraîtra comme je vous l’indiquais avant la fin de l’année,
permettra de réduire de 200 pages la partie concernée du code du tourisme, soit plus d’un quart de
ses dispositions.
La loi de modernisation a aussi permis d’acter la baisse de la TVA.
En outre, je fais partie de ceux qui ont la faiblesse de croire que les élus doivent tenir leur promesse.
La baisse de la TVA a été mille fois promises, par tous les bords politiques. Je suis fier que nous ayons
réussi là où d’autres ont échoué, grâce à une implication forte du Président de la République.
Elle a toute sa place dans une loi
sur le tourisme. La restauration a besoin du tourisme, et le tourisme a besoin de la restauration. Les
nouvelles marges de manoeuvre dégagées par la baisse de la TVA permettront aux professionnels
d’investir et de se moderniser, comme je l’évoquais tout à l’heure. Elles permettront aussi d’améliorer
les conditions des salariés, qu’il s’agisse de salaires, de formation ou de couverture sociale, avec
notamment la création d’une mutuelle pour le secteur. Ce sont là des points essentiels rarement
mentionnés dans les débats sur la baisse de la TVA. Pourtant, il faut garder à l’esprit l’importance de
renforcer l’attractivité des postes, dans un secteur où 60 000 emplois ne sont pas pourvus, et qui
disposent donc d’un réservoir d’emplois important.
Mais j’ai conscience aussi que cette mesure ne pourra être acceptée que si les consommateurs la
perçoivent positivement et y gagnent. En matière de baisse de prix, la moitié du chemin a été faite. Je
veux que les professionnels poursuivent leurs efforts, c’est une question de crédibilité et d’image pour
l’ensemble du secteur.
J’ai souhaité la fusion d’ODIT France et de Maison de la France sur le fondement d’une réflexion
simple : pourquoi ne pas réconcilier l’offre et la demande ? Nous avions d’un côté l’expertise de la
demande, avec l’ensemble des antennes de Maison de la France. Et de l’autre l’expertise de l’offre
avec la technicité et le savoir-faire reconnu d’ODIT France. J’ai souhaité que ces deux compétences
communiquent, échangent, afin que l’offre touristique française corresponde au mieux aux attentes du
public et que sa promotion soit assurée le plus efficacement possible.
Enfin, dernier point de la loi de modernisation sur laquelle je m’arrêterai : l’encadrement des missions
de l’opérateur public unique, Atout France.
5
5
ATOUT France est désormais l’acteur central de définition et de mise en oeuvre de la stratégie
nationale « destination France 2020 ». Avec la loi de modernisation, elle se voit par ailleurs confier
deux missions d’intérêt général :
l’immatriculation de tous les opérateurs de vente de voyages d’une part et des exploitants de
voitures de tourisme d’autre part ;
la conception et la mise à jour des tableaux de classement des offices de tourisme et des différents
hébergements touristiques marchands.
Toutes ces avancées importantes ne doivent pas nous inciter à ralentir le rythme. Il faut au contraire
tenir la cadence et garder le cap en 2010 de la stratégie « destination 2020 », en la déclinant par des
actions concrètes.
IV La déclinaison des ambitions stratégiques de la loi tourisme et de « Destination 2020 ».
Je vous cite le cas de la démarche engagée en mars dernier avec mon collègue de l’Agriculture Michel
Barnier. Nous avons installé le Conseil Supérieur de l’OEnotourisme dont nous avons confié la
présidence à Paul Dubrule. Le but est de faire un partenariat gagnant-gagnant. Gagnant pour les
acteurs du tourisme qui s’appuieront sur les vignobles pour attirer des visiteurs. Gagnant pour les
viticulteurs qui profiteront de l’afflux de touristes pour trouver de nouveaux débouchés. Cela
présuppose une meilleure connaissance du tourisme par les professionnels du vin, et réciproquement
une meilleure connaissance du monde du vin par les professionnels du tourisme.
A / Premier axe : la thématisation de notre offre. Il faut pour séduire s’appuyer sur nos avantages
compétitives et la différenciation. Gastronomie, oenologie, patrimoine, nautisme, haute-montagne :
nous avons des avantages naturels et culturels qui doivent davantage encore alimenter notre offre
touristiques
C’est pourquoi, je vous l’annonce, je souhaite que le Conseil Supérieur de l’OEnotourisme mette
rapidement en place un label des « destinations du vin », pour celles qui sauront se structurer et
présenter aux clientèles touristiques une offre complète et qualitative (hébergement, restauration,
caves, découverte du patrimoine naturel ou culturel,…), sur le thème du vin. J’a demandé au Conseil
Supérieur de l’Oenotourisme de me remettre à la fin de cette année le cahier des charges du label,
dont devront se saisir les différents bassin vinicoles candidats pour arborer cette distinction qualitative
pour le début de la prochaine saison d’été.
C’est pourquoi je signerai dans les semaines qui viennent une convention entre le ministère de la
culture et le ministère du tourisme. Il s’agit de valoriser des sites publics prestigieux du patrimoine
monumental par l’installation d’équipements touristiques.
B / Dans le même esprit, le tourisme doit profiter davantage de notre formidable patrimoine culturel
6
6
Ce projet repose sur l’idée maintenant largement partagée que la sauvegarde et la préservation du
patrimoine monumental historique peuvent se concilier avec une exploitation économique raisonnable
et respectueuse des lieux. En définissant un cadre pour des opérations public-privé, il pourra conduire
à créer dans ce patrimoine des activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de l’évènementiel.
L’exemple espagnol des « Paradors » constituent dans ce domaine une excellente référence dont nous
gagnerons à nous inspirer.
C / Ces différentes initiatives visant à davantage croiser le Tourisme avec d’autres secteurs afin de
trouver des valorisations communes, des innovations en soit, m’amènent au thème de la formation
dans le tourisme.
Le secteur, vous l’aurez compris repose sur un fort potentiel de développement, non seulement
comparativement avec d’autres secteurs de l’industrie traditionnelle, mais spécialement actuellement
avec des populations nouvelles, issues de puissances économiques émergentes, qui accèdent aux
standards de consommation occidentaux. Et dans ce cadre, notre pays fait partie des incontournables.
Mais nous ne sommes pas la seule destination prisée. Le maintien et le développement de nos
positions seront rendus possibles par le renouvellement de notre offre. Nous y travaillons par certains
aspects. Nous resterons leader si nous innovons. Les croisements dont je parlais font partie de ces
innovations. Les nouveaux services à développer auprès des consommateurs aussi. Et qui dit nouvelles
prestations, dit nouveaux métiers. Comment les anticiper en association avec les opérateurs qui les
voient venir ou oeuvrent à leur création ? Comment former les futurs acteurs, et comment faire
évoluer les formations pour répondre aux attentes futures du marché ? Comment organiser l’offre de
formation sur le territoire pour éviter l’excédent ici, et la rareté ailleurs, afin que les filières se
développent en parfaite coordination et dans la proximité des entreprises locales ?
Ce sont autour de ces questions qu’a été lancé l’Institut Français du Tourisme par Paul Dubrule et
Jean-Jacques-Descamps, deux personnalités incontournables et incontestables du secteur.
Je demande au Directeur général d’Atout France d’investiguer très sérieusement cette question de la
formation telle que je viens de l’exposer. Pas question de recommencer ce qui est fait, et bien fait. Je
prône là encore une forme de partenariat public privé.
Un des drames du tourisme français, c’est que c’est un secteur MAJEUR d’un point de vue économique
mais dont la contribution réelle est largement méconnue ou sous-estimée, qu’il s’agisse de création
d’emploi, de richesse, d’impact sur l’urbanisme, d’aménagement du territoire, de transport. Il faut
pouvoir mieux évaluer nos ressources et notre impact sur l’économie, à commencer par le
recensement des hébergements. Une des missions d’ATOUT France sera de définir des indicateurs et
des tableaux de bord permettant d’évaluer et d’orienter ce vaste secteur de l’économie nationale, en
lien avec les services du ministère de l’économie et de l’emploi. L’enjeu est de taille : si nous voulons
D / Autre axe sur lequel j’attends des progrès importants en 2010 : l’intelligence économique dans le
secteur du tourisme.
7
7
concevoir et appliquer des politiques, il faut pouvoir les évaluer. Si nous voulons convaincre de
l’importance du tourisme, il faut en montrer l’impact sur son environnement économique.
E / Un chantier d’importance en 2010 : mieux faire connaître et distribuer notre offre via internet.
En
premier lieu un nouveau site de promotion de la France doit être mis en oeuvre le plus rapidement
possible. Il en va de la promotion du tourisme mais aussi de l’image de la France. Le tourisme étant le
premier secteur sur Internet, naturellement c’est le site de promotion touristique qui apparait en
premier sur les moteurs de recherche. La France doit donc montrer tout son savoir-faire technologique
sur le site qui la promeut le plus et qui sera le plus visité.
Sur un autre domaine, celui de la distribution, nous devons tirer les leçons de l’échec du modèle
économique de la SAS Franceguide. L’Etat n’a pas vocation à commercialiser des produits. D’autres le
font mieux que lui. En revanche il est dans son rôle lorsqu’il fait le lien entre l’amont, c'est-à-dire
l’offre de prestations touristiques, et l’aval, c’est à dire la distribution. L’Etat doit gérer une plateforme,
une sorte de « place de marché ». En amont, les opérateurs touristiques, petits et gros, directement
ou via les chaînes, ou encore par l’intermédiaire des institutionnels déjà investis dans la qualification
de l’offre locale, viendront alimenter la place de marchés de disponibilités. En aval, les distributeurs du
monde entier viendront puiser les offres pour les proposer à leurs clients.
Aujourd’hui, 80 % de la demande se concentre sur 20 % de l’offre. Pourquoi ? Parce qu’une immense
partie de notre offre diffuse est inconnue, cachée, difficile d’accès au monde. Je forme un voeu simple :
qu’il soit possible de connaître en temps réel les disponibilités d’une petite chambre d’hôtes en Poitou-
Charentes comme celle des plus grands hôtels.
Pour cela nous devons poursuivre nos efforts pour développer Tourinfrance, qui permet de formater la
présentation des produits touristiques.
C’est donc sur la normalisation que doit porter notre
effort
, Une fois les échanges entre professionnels normalisés, l’offre France se concentrera plus
facilement, dans tout canal de distribution ayant vocation à la vendre. Et ainsi tous
les
professionnels du tourisme (hébergeurs, opérateurs des loisirs, …) auront accès au monde
entier avec le plus grand nombre possible de canaux de diffusion et de distribution
.
L’enjeu de cette centralisation et distribution de l’offre diffuse est important. Le chantier de mise en
forme de la mécanique ne l’est pas moins. Je vais donc réunir prochainement les acteurs, agissant en
amont et en aval pour lancer avec eux le renouveau de cette initiative qui n’a pu aboutir avec la SAS
France Guide. On ne peut rester sur cet échec. La saison d’été passée a démontré les ressources de
notre offre touristique sous toutes ses formes. Le monde entier nous l’envie. Nous ne pouvons nous
priver de ses débouchés.
Depuis plus d’une dizaine d’années des actions de sensibilisation, de mobilisation et de formation des
professionnels du tourisme ont abouti à une amélioration sensible de la qualité de l’information et de
F / En parallèle de ces différents mouvements initiés sur la qualification de l’offre pour la rendre plus
lisible, de ce chantier pour la rendre plus accessible, il est nécessaire d’activer le chantier de l’accueil.
8
8
l’accueil. Toutefois les études et sondages successifs ainsi que des articles récents sur ce sujet
continuent à souligner la perception d’un déficit d’accueil comme principal handicap de l’offre
touristique et commerciale de la France.
L’accueil ne se résume pas à la sensibilisation de quelques acteurs seulement, mais bien à un
ensemble de professions en contact durant leur séjour avec les visiteurs internationaux.
Les efforts menés d’un côté par les producteurs de l’offre, ne peuvent être relativisés par ceux qui sont
les premiers contacts des touristes. C’est toute la question de la perception de l’importance du
Tourisme pour notre économie.
C’est pourquoi je souhaite réunir à nouveau le « Comité de pilotage pour l’accueil en France » initié en
décembre 2007 par Christine Lagarde et mon prédécesseur Luc Chatel.
Atout France, dans la continuité de Maison de la France, est encore aujourd’hui prioritairement le
logisticien de la prestation de services payants pour le compte de tiers. Cet avantage concurrentiel est
principalement lié à l’existence de son réseau à l’international, à sa capacité à diminuer les coûts
d’intervention liés au volume (contrats d’achat groupés auprès des agences de communication et des
organisateurs de salons) et à son expertise en matière de plans médias et de relation presse.
G / La promotion
La priorité doit être donnée aux 7 leviers stratégiques précisés ci-dessus invitant à faire des choix et à
s’y tenir.
La marque France doit être le symbole du retour en force de la qualité dans l’offre touristique à travers
toutes les démarches engagées, notamment la révision du classement de tous les hébergements
touristiques marchands, l’hôtellerie dans un premier temps, mais aussi les résidences de tourisme et
l’hôtellerie de plein air ensuite. La nouvelle procédure visant désormais une révision tous les 5 ans du
classement de chaque établissement, mais aussi l’évolution du référentiel de classement, donnent de
la crédibilité à cette marque France devant distinguer l’offre touristique de qualité.
Je veux que cette marque France tous les acteurs qui se rangent dans la qualification de l’offre qui
permettra le maintien et le développement de la place de la France au meilleur niveau, s’en saisissent
et la revêtent. Elle doit figurer sur les panonceaux des nouveaux classements de l’hébergement.
Cette marque France doit aussi célébrer les bons produits touristiques dont j’appelle de mes voeux la
mise en oeuvre avec les professionnels, soit dans le cadre de démarche de thématisation comme
l’oenotourisme, ou la valorisation de sites culturels par le tourisme, sans oublier le plan qualité
tourisme qui a cette capacité de dépasser la notion d’hébergement pour aussi distinguer les sites
ouverts à la visite.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.