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Publié le : lundi 11 juillet 2011
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LOUIS XIV
Louis XIV en costume de sacre, tableau de Hyacinthe Rigaud, 1701.
Ce chapitre est la première étude d’une forme de gouvernement. Il permet la mise en place de notions politiques essentielles du programme de quatrième : la notion de gouvernement, d’Etat central, de source de la souveraineté. Le tableau de Hyacinthe Rigaud illustre la théorie de la monarchie absolue. Document er e e patrimonial, il est le 1 d’une série de portraits officiels que les élèves étudieront en 4 et 3 .
I)
Hyacinthe Rigaud (Perpignan 1649- Paris 1743)
est le portraitiste attitré de Louis XIV. Parti pour Montpellier dès l'âge de quatorze ans, le jeune Rigaud travaille dans l'atelier de P. Pezet, puis dans celui d'Antoine Ranc, qui lui révèle l'art de Van Dyck. Il se rend à Lyon à dix-huit ans et arrive en 1681 à Paris, où il devient élève del'Académie royaleet obtient rapidement, en 1682, le premier prix de peinture avecCaïn bâtissant la ville d'Enoch.Il renonce au séjour à Rome, pourse consacrer entièrement à l'art du portrait; il travaille alors avec François de Troy et Nicolas de Largillière. Il se fait rapidement une solide réputation dans ce domaine.Il sera reçu académicien en 1700avec 2Portraits du sculpteur Desjardins(l'un au Louvre, peint en 1692) et gravira dès lors tous les échelons de la carrière académique, jusqu'à devenir,en 1733, directeur de l'Académie. Sa clientèle s'accroît vite : bourgeois, banquiers ou financiers. Sa renommée devient éclatante lorsqu'il peint, en 1688, le portrait deMonsieur,frère de Louis XIV, et, l'année suivante, celui de son filsPhilippe d'Orléans,le futur Régent. Le roi lui-même désire poser pour le peintre : portrait en armure du Prado (1694), portrait en costume de sacre du Louvre, tableau resté le plus célèbre de Rigaud et véritable emblème de la monarchie française, peint en 1701, peu après lePortrait de Philippe V d'Espagne(1700, auj. à Versailles), unanimement admiré. L'artiste donnera ensuite de brillants portraits officiels du petit Louis XV (1717,id.) et du même souverain un peu plus tard (1730,id.). Sa carrière, qui se déroula sur quelque soixante années, fut glorieuse et féconde; il n'est guère de personnage important, à la Cour ou à la ville, qui, à la fin du règne de Louis XIV, sous la Régence ou au début du règne de Louis XV, ne soit passé dans son atelier. La production de l'artiste se monte à environ 400 tableaux : Rigaud tenait un " Livre de raison ", heureusement conservé (bibliothèque de l'Institut), qui aide l'historien à identifier les modèles et à dater les œuvres. Sa clientèle devient vite européenne :Portrait du roi Auguste III(Dresde, Gg),Portrait du comte Sinzendorf(Vienne, K. M.). Souvent le peintre, surchargé de commandes, a recours à des collaborateurs pour l'aider dans l'exécution des parties secondaires de ses vastes portraits : ainsi lePortrait de Bossuet(Louvre), peint en 1702 avec la collaboration de Sevin de La Penaye ; d'autres fois, il confie un morceau à tel de ses grands contemporains, par exemple Joseph Parrocel, qui brosse le fond de bataille de sonPortrait du duc de Bourgogne(1704, Versailles). Rigaud est à l'aise dans les portraits éclatants et somptueux, ambitieusement mis en scène, dont il s'est fait une spécialité. Certaines toiles atteignent au chef-d'œuvre dans l'emphase décorative et le pittoresque somptueux, comme lePortrait du marquis de Dangeau(1702, Versailles), dans son théâtral manteau de grand maître de l'ordre de Saint-Lazare, ou le cocassePortrait de Gaspard de Gueidan jouant de la cornemuse(1735, musée d'Aix-en-Provence), tout orné et chamarré. Mais un Rigaud plus détendu, davantage " peintre " et par là plus proche de nous se révèle parfois : avec lePortrait de Marie Serre(1695, Louvre), étonnant double portrait de la mère de l'artiste, vue de profil et de trois quarts, conçu de cette sorte pour servir de modèle à un buste de marbre de Coysevox, Rigaud livre une œuvre sobre et strictement dépouillée, d'une fine pénétration psychologique, d'un caractère " intime " tout à fait exceptionnel. Rigaud s'affirme par ailleurs dessinateur raffiné, avec de très fines études de mains ou de draperies sur papier bleu (San Francisco, California Palace of the Legion of Honour ; musée de Besançon ; Cologne, W. R. M.). La manière ample et vigoureuse, la mise en page brillante, la noblesse des attitudes des modèles, le sens du faste et de l'éclat, toutes qualités servies par un métier pictural consommé, expliquent le
succès des portraits de Rigaud. Virtuose des tissus, le peintre affectionne les draperies froissées et brillantes, les rideaux chatoyants dans de forts contrastes de lumière et d'ombre qui révèlent le velours, la soie ou la dentelle. Ses portraits, surtout masculins, orchestrent ces éléments somptueux et variés autour d'un visage à la fois aimable et hautain, souvent mi-souriant, à l'expression fine et lointaine. La célébrité même de ses modèles, l'emphase versaillaise de beaucoup de ses toiles ont pu faire sous-évaluerRigaud, en réalité créateur d'un art tout original, celui du portrait d'apparat, e qui devait se répandre dans les cours européennes dans la première moitié duXVIIIs. Ce type de portrait dontPhilippe Vet leLouis XIVoffrent les plus typiques exemples, doit beaucoup aux œuvres e génoises et anglaises de Van Dyck, peut-être à l'art florentin duXVIs. et certainement à Pourbus et à Philippe de Champaigne.Mais l'apport de Rigaud reste essentiel, et son rôle est capital dans l'histoire du portrait français.  D’après Larousse.
II)
Le portrait de Louis XIV : les symboles de la royauté.
Louis XIV a commandé ce tableau en 1701 à H. Rigaud pour son petit fils Philippe d’Anjou, nouveau roi d’Espagne. Le portrait lui plut tellement qu’il le garda et en commanda une copie pour l’Espagne. Ce portrait est devenul’archétype du portrait officiel: le sujet est peint en pied et de trois-quarts, sur une éminence, devant son trône. Il est magnifié par la présence de tous les attributs de son pouvoir (ouregala). Il n’offre pas une représentation réaliste, mais exalte la monarchie de droit divin, le roi de guerre, de justice et la théorie de double corps du roi. La monarchie de droit divin est rappelée par le manteau du sacre (qui rappelle le manteau des évêques) avec lesrégalaremis par l’archevêque de Reims lors de la cérémonie du sacre : sceptre, épée, main de justice et couronne, la coiffure royale par excellence. Le roi de guerre est évoqué par l’épée et le collier de grand maître du Saint-Esprit, ordre de chevalerie créé en 1578 par Henri III, qui fait de lui le premier des chevaliers du royaume. Louis XIV a agrandi le royaume de France. Le roi de justice est évoqué par la main de justice. Le sceptre symbolise le commandement des hommes. Il rappelle la houlette, le bâton du berger ou la crosse épiscopale. Même si depuis le XVème siècle le dauphin devient roi dès la mort de son prédécesseur, le sacre continue de conférer au roi de France son caractère divin. La différence entre le visage du vieillard de 63 ans (ce qui est pour l’époque un âge assez avancé), perclus de goutte qu’est Louis XIV à l’époque de la réalisation du portrait et son corps vigoureux (c’est celui d’un jeune chevalier qui a servi de modèle) renvoie « aux deux corps du roi » : on oppose le roi physique, mortel et humain au roi symbolique, détenteur de la fonction royale. Comme cette fonction royale ne peut pas être interrompue, la cour va dès la mort du roi s’incliner devant son successeur. De même, pour les funérailles du roi défunt (qui ne représente plus alors que le roi physique) sont relativement discrètes. Voici une fiche d’exercice pour apprendre à reconnaître ces symboles.
LOUIS XIV : UN ROI ABSOLU DE DROIT DIVIN.
(Manuel Hachette 2006, tableau 2 p 29) A)Rappel : où et quand le roi reçoit ces insignes ? B)A l’aide des mots situés sous le tableau, complète les cases en nommant les 7 objets portés par le roi. Insignes de la royauté : Leur signification :  Le pardon des fautes (l’absolution)  La puissance militaire, le défenseur de l’Eglise  Le pouvoir de commander  Souvenir du couronnement de l’empereur Charlemagne  Comme celui des évêques et du grand prêtre dans l’Ancien Testament  Emblème des Capétiens  Membre de la chevalerie Les gants Comme un évêque L’alliance Le lien entre le roi et son royaume ¤ La main de justice ¤ L’épée du sacre ¤ Le sceptre ¤ La couronne ¤ Le manteau bleu doublé d’hermine ¤ La fleur de lys ¤ Le collier de l’Ordre du Saint-Esprit C)Identifieles vêtements du XVIIe siècle: 1= lourde perruque 5= poignet de dentelle 2= bas de soie 6= culotte 3= jarretière 7= chaussures à talons hauts et à boucles 4= jabot de dentelle D)Complète, dans chaque rectangle, avec les mots : Sujets / Dieu / Roi Et trace une direction de flèche pour indiquer le sens du pouvoir. E)SI nécessaire…Les réponses du tableau Insignes de la royauté : Leur signification : La main de justiceLe pardon des fautes (l’absolution) L’épée du sacreLa puissance militaire, le défenseur de l’Eglise Le sceptreLe pouvoir de commander La couronneSouvenir du couronnement de l’empereur Charlemagne Le manteau bleu doublé d’hermineComme celui des évêques et du grand prêtre dans l’Ancien Testament La fleur de lysEmblème des Capétiens Le collier de l’Ordre du Saint-Es ritMembre de la chevalerie Les gants Comme un évêque L’alliance Le lien entre le roi et son royaume
III)La représentation de l’absolutisme : Louis XIV a été sacré roi à Reims en 1654 à l’âge de 15 ans. Le tableau de Rigaud commémore l’évènement sans en référer à la cérémonie religieuse, avec l’objectif de glorifier la majesté royale. De petite taille, le roi est représenté avantageusement portant dessouliers à talons rouges, symbole de noblesse, et coiffé d’une longueperruquefrisée qui tend à lui allonger le visage. Sa silhouette se découpe sur unetenture pourpre, couleur assimilée au pouvoir politique depuis l’époque romaine. Le roi est revêtu dumanteau d’apparat de velours bleu, semé de fleurs de lys d’or, et doublé d’hermine, la fourrure royale par excellence. La signification des fleurs de lys est sujette à caution. Emblême des Capétiens, ou fleur que Clovis reçut du Ciel à son couronnement, ou elles rappelleraient le prénom du roi qui s’écrivait alors « Loys ». Le souverain s’appuie de la main droite surle sceptre, qui est l’héritier des bâtons de commandement que l’on utilisait pour représenter le pouvoir depuis la plus haute Antiquité. Derrière, sur le coussin fleurdelisé, est poséela couronne, cerclée de fleurs de lys. Elle est le symbole de la souveraineté terrestre, le signe que le pouvoir royal est d’essence divine. Elle est accompagnée dela main de justice, bâton surmonté d’une main ouverte avec trois doigts étendus en signe de bénédiction que les rois de France tenaient en main gauche lors de certaines cérémonies solennelles. Elle rappelle la consécration divine de l’autorité royale à laquelle est dévolue une mission de justice selon la Bible. A la taille est ceintel’épée dite « de Charlemagne »dont le fourreau est gemmé de pierres précieuses : elle symbolise la double fonction militaire et judiciaire du souverain, qui disposait du droit de vie et de mort que le Ciel lui avait confié. Sous le jabot de dentelle fine, le roi portele collier de l’ordre du Saint Esprit. Créé en 1578, cet ordre de chevalerie était réservé à la plus haute aristocratie et aux serviteurs les plus éminents du gouvernement monarchique. Le roi était le grand maître et chaque année, il accueillait quelques chevaliers supplémentaires qui recevaient le même médaillon portant la colombe représentant le Saint Esprit. Grâce à cette distinction, le monarque pouvait récompenser les familles les plus fidèles en les élevant au-dessus de tous les autres courtisans. Ce portrait deviendra la matrice de toute une série de portraits royaux jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Louis XV et Louis XVI se feront en effet peindre dans la même posture, revêtu du même costume et des mêmes attributs pour exalter l’absolutisme royal.
IV)
Autres portraits :
1654 : le sacre de Louis XIV,à 15 ans.
Louis XIV (15 ans) est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims mais il laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu’il continue sa formation militaire auprès de Turenne.
On trouve déjà les symboles de la royauté : manteau d’apparat de velours bleu, semé de fleurs de lys d’or, et doublé d’hermine, le sceptre, le collier de l’ordre du Saint Esprit, mais une discrète couronne… Le jeune souverain est représenté en hauteur.
Portrait de Louis XIV (1638 - 1715), par Charles Le BrunL'enfant du miracle selon certains, Louis-Dieudonné de France est né le 5 septembre 1738 après vingt-trois ans de mariage pour Louis XIII et Anne d'Autriche. Roi à quatre ans et demi en 1643, Louis XIV doit essuyer la Fronde (révolte des Grands et des Parlements). En1661il gouverne seul son royaume sans premier ministre. Multipliant les conquêtes et les guerres, il devient le plus grand roi d'Europe. Il épouse le 9 juin 1660 l'Infante d'Espagne Marie-Thérèse. Le Roi-Soleilcollectionna les favorites et se rangea après la mort de la reine en 1683 date à laquelle il épousa sa maîtresse Françoise de Maintenon a qui il resta fidèle. Il laisse à son arrière petit-fils une France puissante et stable. Après avoir vu mourir toute sa famille, le Roi-Soleil s'éteint le 1er septembre1715.
Portrait de Marie Thérèse d'Autriche, par Henri et Charles Beaubrun, XVII° siècle, château de Versailles, Versailles.
Marie-Thérèse d'Autriche, Infante d'Espagne est née le 20 septembre 1638.
Cousine de Louis XIV, elle l'épouse le 9 juin 17660 et lui donnera six enfants dont seul l'aîné parviendra à l'âge adulte. Reine effacée et mélancolique, elle accepte les maîtresses de son mari et sa disparition est à peine remarquée et pleurée le 30 juillet 1683.
Les portraits qui suivent s'inscrivent dans la tradition des grands portraits équestres qui ornent diverses salles du château de Versailles.
Pierre Mignard (1612-1695),Louis XIV couronné par la Victoire, e huile sur toile, XVII siècle, château de Versailles.
Pierre Mignard,Louis XIV à cheval couronné par la Victoire, e devant Namur, huile sur toile XVII siècle, château de Versailles.
Pierre Mignard (1612-1695,Portrait équestre de Philippe d’Orléans, Monsieur, frère de Louis XIV,huile sur toile - 60,5 x 50,5 cm Versailles, Musée national du Château (sous réserve de confirmation de la préemption) Photo : Sarl Binoche et de Maredsous Ce modello, jusqu’ici inédit et dont on ne sait si la version définitive a été réalisée, est fort proche de la célèbre toile de Mignard, conservée à Versailles, représentant Louis XIV devant le siège de Namur. Les compositions des deux œuvres sont semblables : la même victoire couronne le roi et son frère, qui montent un cheval identique. Les costumes sont cependant légèrement différents et l’arrière-plan montre deux scènes de bataille distinctes. La bataille de Cassel fut le seul fait d’arme de Philippe d’Orléans, aussitôt privé de toute responsabilité par son frère qui craignait qu’il ne lui fasse de l’ombre. C’est cette bataille qui est représentée sur notre tableau. On reconnaît les moulins de la ville de NoordPeene, située en hauteur, ainsi que la rivière de la Lyncke, en contrebas. Le fait que le grand tableau montrant Philippe en vainqueur n’ait probablement pas été réalisé peut s’expliquer pour cette raison. On a suggéré que le tableau représentant Louis XIV a été exécuté après ce modello, mais il n’exclut pas l’inverse, soulignant que ce dernier était peut-être préparatoire à une estampe. Il reste peu probable que Louis XIV ait pu accepter que son frère soit représenté, ainsi victorieux, dans une posture véritablement royale.  C. Jacrot, collège Victor Hugo.
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