Opinions sur la guerre et guerre d'opinions

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Opinions sur la guerre et guerre d'opinions

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Opinions et guerre
sur la guerre dÕopinions
Septembre 2003 www.ipsos.com / ideas
Avec la globalisation Èconomique croissante et la suprÈmatie
des Etats-Unis, seule ´ hyper-puissance ª mondiale, les
citoyens du monde vont exercer une pression toujours plus forte
aÞn que leurs institutions politiques sÕalignent sur les
nouvelles rÈalitÈs Èconomiques et militaires.Lire lÕarticle page 3.
Bush peut-il compter sur sa rÈÈlection ? Il doit encore
convaincre les indÈcis qui restent sceptiques face ‡ sa politique
Èconomique, et leur prouver quÕil sait ce quÕil fait.
Lire lÕarticle page 7.
La popularitÈ conÞrmÈe de Georges Bush anesthÈsierait
toute forme dÕopposition politique crÈdible ‡ la PrÈsidence
amÈricaine.Lire lÕarticle page 8.
Manifestation en faveur de la paix, Londres, le 15 fÈvrier 2003
Opinions sur la guerre, et la guerre des opinions Par Darrell Bricker et Pierre Giacometti
Ipsos Ideas
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Il ne fait aucun doute que lÕÈvÈnement gÈopolitique majeur du 20e siËcle fut la ConfÈrence de Paris pour la Paix en 1919, qui aboutit au controversÈ TraitÈ de Versailles. Pour Margaret MacMillan, auteur deParis 1919, les six premiers mois de cette annÈe-l‡ furent rÈellement ´ six mois qui changËrent le monde ª. Cependant, en dÈpit de son talent, il manqua ‡ son analyse un pan entier de la rÈalitÈ de lÕ e.
ue pe n sa i e nt vra i m e nt le s Q peuples du monde Ð et singuliËrement ceux des pays concernÈs Ð des dÈcisions prises ‡ Paris ? Margaret MacMillan en est rÈduite ‡ analyser les dÈpÍches diploma-tiques et les reportages dans la presse de lÕÈpoque, ainsi quÕ‡ dÈcoder les manifestations et les rÈsultats des Èlections comme autant dÕexpressions de la vox populi.
Les historiens de demain nÕauront pas les mÍmes difÞcultÈs pour connaÓtre lÕopinion de nos contemporains. En effet, les spÈcialistes de lÕopinion publique sÕemploient ‡ mesurer et enregistrer des donnÈes Þables sur ce que nous pensons des grands sujets de notre temps.
QuÕenseigneront nos sondages aux historiens sur lÕopinion et la guerre en Irak ? Au printemps 2003, ‡ la veille de la guerre, Ipsos a consacrÈ son enquÍte rÈalisÈe chaque trimestre sur lÕopinion publique mondiale ‡ ce sujetÔLes puissances mondiales face ‡ la guerreÕ.LÕenquÍte a ÈtÈ effectuÈe en neuf jours, dans neuf pays, auprËs de 9 000 personnes. Les neuf pays en question, que nous appelons les ´ Neuf puissances ª, correspondent aux nations du G7 : Etats-Unis, Italie, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Japon, plus la Russie et lÕEspagne.
Ensemble, ils font partie des pays les plus riches du monde, les plus puissants militairement et les plus inßuents au plan politique. Ils pËsent prËs de 70 % de lÕÈconomie mondiale et jouent un rÙle stratÈgique dans les processus de
mondialisation, dÕexpansion du commerce international et du dÈveloppement de la consommation. Mais il est un autre ÈlÈment dÈterminant qui caractÈrise ces pays : parce que ce sont des Ètats dÈmocratiques, lÕopinion des citoyens faÁonne les positions et les engagements de leurs exÈcutifs.
Que pensaient les citoyens des Neuf Puissances ‡ la veille de la guerre ? Notre enquÍte montre que, pour ce qui est de lÕopinion publique, les Etats-Unis Ètaient isolÈs. Le prÈsident Bush traduisait peut-Ítre lÕopinion dÕune majoritÈ dÕAmÈricains (61 % dÕentre eux pensaient que Saddam Hussein devait Ítre destituÈ dËs que possible, par la force si nÈcessaire) mais aucune des populations alliÈes traditionnelles que sont le Canada, la France ou le Royaume-Uni nÕÈtait de cet avis.
LorsquÕil fut demandÈ aux personnes interrogÈes de ces quatre pays de choisir entre destituer Saddam Hussein dËs que possible ou prolonger lÕinspection de lÕONUdÕau moins quatre mois, la majoritÈ au Canada (53 %), au Royaume-Uni (55 %) et en France (66 %) choisit la prolongation des inspections de lÕONU plutÙt que la destitution immÈdiate de Saddam Hussein par la force. En revanche, aux Etats-Unis, seulement un tiers (33 %) des AmÈricains Ètaient favorables ‡ la poursuite des inspections.
Destituer Saddam Hussein dËs que possible, par la force si nÈcessaire inspection de lOÕNUdÕau moins et peut-Ítre de beaucoup plus
EtatsUnis 61% 33% 2% 2% 2
Canada 41% 53% 1% 3% 2
RoyaumeUni 39% 55% 2% 3% 1
France 28% 66% 1% 1% 4%
Sondage rÈalisÈ en mars 2003.
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Opinions sur la guerre et guerre dÕopinionsÉ.
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Choix entre se rapprocher ou sÕÈloigner -
SÕÈloigner des Etats-Unis er des Etats-Unis
France 67% 22% 3% 8% Japon 61% 29% 5% 5% Espagne 60% 13% 14% 13% Canada 54% 38% 6% 2% Ro 52 36 7 6 All 44 46 5 5
Ita 40 37 14 9 Ru 37 25 29 10 Et 15 76 5 4
Sondage rÈalisÈ en mars 2003.
p r Ë s le d È c le nc h e m e nt de s A hostilitÈs en Irak, Ipsos a rÈalisÈ une nouvelle vague dÕenquÍte. Les rÈsultats ont montrÈ que, dans tous les pays, une forte majoritÈ (y compris 50 % des AmÈricains) pense que ´ aucun pays ni aucune organisa-tion mondiale ne peut empÍcher les Etats-Unis de faire ce quÕils veulent aujourdÕhui ª. En outre, dans tous ces pays, une forte majoritÈ (45 % aux Etats-Unis) convient que ´ nous avons besoin dÕune nouvelle organisation internationale qui fasse contrepoids ‡ la puissance croissante des Etats-Unis dans le monde ª.
Aucun pays ni aucune organisation mondiale ne peut empÍcher les Etats-Unis de faire ce quÕils veulent aujourdÕhui.
DÕaccor
Opinions sur la guerre et guerre dÕopinionsÉ.
Il faut une nouvelle organisation internationale pour faire contrepoids ‡ la puissance croissante des Etats-
DÕaccor
Sondage rÈalisÈ en juin 2003.
Ensemble, ces donnÈes montrent que si les Etats-Unis ont remportÈ la guerre sur le terrain en Irak, ils ont visiblement perdu la bataille la lus im ortante celle des c urs
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beaucoup plus efÞcaces. Notre hypothËse est que le gouvernement des Etats-Unis sÕefforÁait de gÈrer cette nouvelle force que reprÈsente lÕopinion publique mondiale. AujourdÕhui, comme le montre notre enquÍte effectuÈe aprËs la guerre, le gouvernement amÈricain a visiblement ÈchouÈ dans ce domaine. Mais, tout dans son comportement nous indique que lÕopinion publique internationale est aujourdÕhui une variable qui inßuence et sa rÈßexion et ses actes.
¥Un nouveau pouvoir a fait irruption sur la scËne internationale : lÕopinion publique mondiale. Nous savons aujourdÕhui la mesurer (‡ lÕexception de rÈserves non nÈgligeables dont nous parlerons plus loin) et comprendre ses consÈquences, du moins ‡ lÕÈchelon national. Mais ces consÈquences nationales sont-elles rÈellement importantes ? Pour lÕinstant oui, puisquÕil nÕest possible de voter que pour ou contre un gouvernement national (laissons pour lÕinstant de cÙtÈ lÕUnion europÈenne). Mais, avec la globalisation Èconomique croissante et la suprÈmatie des Etats-Unis, seule ´ hyper-puissance ª mondiale, les citoyens du monde vont exercer une pression toujours plus forte pour que leurs institutions politiques sÕalignent sur les nouvelles rÈalitÈs Èconomiques et militaires.Allons-nous voir lÕÈmergence de nouvelles institutions politiques mondiales Èlues, reprÈsentatives et responsables ? CÕest ce que devrait rÈclamer tÙt ou tard lÕopinion mondiale.
¥Tenir compte de lÕopinion publique mondiale et lÕinßuencer sont deux choses diffÈrentes. Le gouvernement Bush aura du mal ‡ surmonter le ressentiment ‡ lÕÈgard de lÕunilatÈralisme militaire amÈricain ou ‡ dissuader ceux qui rÈclament une puissance militaire de contrepoids. Quand Ipsos a demandÈ quelle inßuence les Etats-Unis exerÁaient sur les affaires mondiales actuelles, entre 66 % et 75 % des interviewÈs ont qualiÞÈ cette inßuence de ´ forte ª.
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est convaincue que la poursuite am caine unilatÈrale des intÈrÍts politiqu amÈricains est une bonne chose, parce quÕelle permet la destitution
Pierre Giacometti
Dar Bri
t
Darrell Brickerest PrÈsident et COO dÕIpsos Public Affairs, la division nord-amÈricaine dÕIpsos dÈdiÈe aux Ètudes dÕopinion publique. Il a rejoint la sociÈtÈ en 1989 aprËs avoir occupÈ des postes ‡ hautes responsabilitÈs, notamment au sein du Cabinet du Premier Ministre Canadien, en qualitÈ de Directeur des Etudes dÕOpinion. A lÕinstar de son collËgue Pierre Giacometti, Darrell est souvent invitÈ ‡ commenter lÕactualitÈ dans les mÈdias, notamment les questions de politique intÈrieure ou internationale et les cam-pagnes Èlectorales. Il a publiÈ un certain nombre dÕouvrages, dont le plus rÈcent Ètait intitulÈ ´ Searching for Certainty ª. Vous pouvez le joindre par e-mail ‡ lÕadresse suivante :darrell.bricker@ipsos-na.com.
est lÕun des meilleurs spÈcialistes des Ètudes dÕopinion et du suivi des campagnes
Èlectorales en Europe. Au sein du groupe Ipsos quÕil a rejoint en 1995, il a dÈveloppÈ cette activitÈ ‡ lÕinternational avec la crÈation de programmes dÕenquÍtes multi-pays. Avec Darell Bricker, son homologue en AmÈrique du Nord, il travaille ‡ la mise en place dÕune offre dÕÈtudes globale dans le secteur des Ètudes dÕopinion et des Ètudes Corporate & Management. Pierre est Ègalement Directeur GÈnÈral dÕIpsos France. Vous pouvez joindre Pierre Giacometti ‡ lÕadresse suivante :pierre.giacometti@ipsos.com.
rre cometti
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