RÉDUCTION DES RISQUES FICHE D'INFORMATION

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RÉDUCTION DES RISQUES FICHE D'INFORMATION

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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RÉDUCTION DES RISQUES FICHE D’INFORMATION
Garantir l’accès à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH des consommateurs de drogues injectables Le Fonds mondial soutient les interventions basées sur des éléments concrets visant à garantir que les principales populations accèdent à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH. Ce soutien inclut un “ensemble complet (ou intégré) de services de prévention, de traitement et de soin du VIH parmi les usagers de drogues par 1 injection (UDI)”défini par l’OMS, l’ONUDC et l’ONUSIDA. Le présent document décrit comment cet ensemble peut être intégré aux propositions des pays envoyées au Fonds mondial et désigne d’autres enjeux à prendre en compte comme la sensibilisation, le renforcement des systèmes communautaires et la satisfaction des besoins psycho-sociaux. Qu’est-ce qu’un “ensemble complet d’interventions” ?
Pour freiner la propagation rapide du VIH parmi les consommateurs de drogues injectables et prévenir la transmission au reste de la population, une réponse efficace et concrète est nécessaire. Selon l’ONUDC, l’OMS, et l’ONUSIDA, la mise en œuvre d’un “ensemble complet” de neuf interventions de prévention, de traitement et de soin du VIH parmi les consommateurs de drogues injectables est essentiel pour atteindre ces objectifs. Cet ensemble –que l’on appelle également “approche de réduction des risques” –prévoit des interventions dont l’efficacité en matière de réduction de la propagation du VIH est 2 attestée par d’abondantes preuves scientifiques: 1.Programmes d’Aiguilles et Seringues (PAS) 2.Traitements de substitution aux opiacés (TSO) et autres traitements de la dépendance 3.Dépistage du VIH et conseil 4.Traitement antirétroviral (TAR) 5.Prévention et traitement des infections sexuellement transmissibles 1 OMS, ONUDC, ONUSIDA, Guide technique destiné aux pays pour la définition des objectifs nationaux pour l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH/SIDA, 2009 : www.who.int/hiv/pub/idu/targetsetting/en/index.html2 OMS, Evidence for action Series, documents techniques et notes d’orientations politiques sur le VIH/SIDA et les consommateurs de drogues injectables : http://www.who.int/hiv/pub/idu/evidence_for_action/en/index.html(non disponible en français).Fiche d’information du Fonds mondial : Réduction des risques (mai 2010)1
6.Programmes de distribution de préservatifs pour les UDI et leurs partenaires sexuels 7.Information, Éducation et Communication (IEC) ciblées sur les UDI et leurs partenaires sexuels 8.Vaccination, diagnostic et traitement de l’hépatite virale 9.Prévention, diagnostic et traitement de la tuberculose Isolée, aucune de ces interventions ne permettra d’empêcher ou d’inverser la propagation de l’épidémie de VIH. Pour obtenir le meilleur impact possible en matière de prévention et de traitement du VIH, une mise en œuvre groupée de toutes ces interventions est nécessaire. Les interventions doivent s’appuyer sur une série de modalités, dont des 3 activités communautaires de proximité et une action de pair à pair , et doivent être mises 4 en œuvre au sein de la communauté, des prisons et d’autres environnements clos. Les services doivent aussi être fournis selon une approche respectueuse des droits de l’homme et soucieuse de la santé publique, parallèlement aux cadres de soutien (ou au plaidoyer pour élaborer des cadres de soutien) juridiques et politiques, comme détaillé ci-dessous. En quoi proposer un ensemble complet de services est-il important ?
La prévention du VIH, de l’hépatite virale, de la tuberculose et d’autres risques auprès des consommateurs de drogues injectables – ainsi que la fourniture d’un traitement efficace – sont des défis majeurs. Pour répondre efficacement au VIH, il est vital de “connaître son épidémie” grâce à une surveillance et à des recherches épidémiologiques appropriées et de concevoir des réponses sur mesure en fonction des caractéristiques spécifiques de l’épidémie et des besoins des personnes exposées au risque. L’injection de drogues est l’un des principaux vecteurs de la pandémie de VIH. La consommation de drogues injectables concerne 151pays et toutes les régions du globe, 5 soit entre 11et 21 millions de personnes de par le monde . L’infection au VIH parmi les 6 consommateurs de drogues injectables concerne 120pays ,soit au moins 10% des infections au VIH dans le monde (et environ 30% des infections au VIH hors de l’Afrique 7 subsaharienne) . Les consommateurs de drogues injectables des pays à faible revenu et à revenu moyen ne disposent que d’un accès restreint et inéquitable aux services de prévention contre le VIH 8 et aux thérapies ARV . Dans les prisons, l’accès à des services complets de prévention, de traitement et de soins contre le VIH est encore plus limité, malgré la prévalence attestée 9 de la consommation de drogues injectables dans les prisons du monde entier . 3 OMS, Evidence for Action: Effectiveness of Community-Based Outreach in Preventing HIV/AIDS among Injecting Drug Users, 2004 :www.who.int/hiv/pub/idu/e4a-outreach/en/index.html(non disponible en français). 4 OMS, ONUDC, ONUSIDA, Evidence for Action Technical Papers: Effectiveness of Interventions to Address HIV in Prisons, 2007 :www.who.int/hiv/pub/idu/prisons_effective/en/index.html(non disponible en français). 5 Mathers B. et al., HIV prevention, treatment, and care services for people who inject drugs: A systematic review of global, regional, and national coverage, Lancet, 375, DOI:10.1016/S0140-6736(10)60232-2, 2010. (en anglais). 6 Mathers B. et al., The global epidemiology of injecting drug use and HIV among people who inject drugs: A systematic review, Lancet, 372 (9651), 1733-1745, 2008. (en anglais). 7 Cook C., Kanaef N., Global State of Harm Reduction 2008: Mapping the response to drug-related HIV and hepatitis C epidemics, 2008 :http://www.ihra.net/GlobalState2008(en anglais). 8 Mathers B. et al., HIV prevention, treatment, and care services for people who inject drugs: A systematic review of global, regional, and national coverage, Lancet, 375, DOI: 10.1016/S0140-6736(10)60232-2, 2010. (en anglais). 9 OMS, ONUDC, ONUSIDA, Evidence for Action Technical Papers: Effectiveness of Interventions to Address HIV in Prisons, 2007 :www.who.int/hiv/pub/idu/prisons_effective/en/index.html(non disponible en français). Fiche d’information du Fonds mondial : Réduction des risques (mai 2010)2
Soutien du Fonds mondial aux interventions auprès des consommateurs de drogues injectables
Le Fonds mondial est la principale source de financement international de la prévention, du traitement, des soins et du soutien en matière de VIH aux consommateurs de drogues injectables dans les pays à faible revenu et à revenu moyen. Entre 2004 et 2009, il a investi environ 180millions de dollarsUS dans des interventions de réduction des risques 10 lancées dans 42 pays. Il a notamment financé des services de prévention, de soins et de traitement du VIH et de l’hépatite, mais aussi des activités de plaidoyer en faveur de l’amélioration des politiques vis-à-vis de la consommation de drogues injectables et du VIH. Intégration de l’ensemble complet de services dans les propositions au Fonds mondial
Les ressources du Fonds mondial permettent de financer des interventions basées sur des éléments concrets ciblant les principales populations dans les communautés et les prisons, et notamment les interventions de « l’ensemble complet » dédiées aux consommateurs de drogues injectables. La politique du Fonds mondial énonce que les pays à revenu moyen doivent s’assurer que leurs propositions se concentrent notamment sur les populations pauvres et/ou vulnérables –tout comme les pays à faible revenu bien entendu. Le modèle de financement en fonction des résultats du Fonds mondial est conçu pour encourager l’inclusion d’interventions dont l’impact est attesté et mesurable selon des objectifs et dans des cadres définis au niveau national. Pour étudier et concevoir leurs programmes de prévention, de traitement et de soins du VIH visant les consommateurs de drogues injectables – et intégrer “l’ensemble complet” (ou autant d’interventions que possible) dans leurs propositions – les candidats sont encouragés à recourir à l’ensemble des guides techniques et documents de soutien proposés par l’OMS, l’ONUDC et l’ONUDISA. Autres considérations importantes
Implication de la communauté.Il est important que les consommateurs de drogues injectables participent activement à la planification et à la mise en œuvre de la réponse. Les Instances de coordination nationale doivent faire participer cette communauté (voire toute organisation représentant ses besoins) - ou travailler en étroite collaboration avec elle - à la conception de projets, à l’élaboration de propositions et à la mise en œuvre de programmes. Ainsi, impliquer des consommateurs de drogues injectables dans la prestation de services est une occasion de reconnaître et de s’appuyer sur les expériences, les connaissances et les contacts qui leur sont propres. 11 Renforcement des systèmes communautaires. De nombreux services aux consommateurs de drogues injectables sont mieux fournis dans des environnements communautaires, souvent au travers d'activités d'information du public menées par des personnes se trouvant dans une situation semblable. Les candidats doivent envisager d’inclure des interventions de renforcement des capacités, de développement des infrastructures et de renforcement des partenariats dans leurs propositions.
10 Atun R., Kazatchkine M., The Global Fund’s leadership on harm reduction: 2002–2009, International Journal of Drug Policy, 21, DOI:10.1016/j.drugpo.2010.01.002, 2010 (en anglais). 11 Fiche d’information du Fonds mondial sur le Renforcement des systèmes communautaires : http://www.theglobalfund.org/fr/applicantsimplementers/Fiche d’information du Fonds mondial : Réduction des risques (mai 2010)3
Programmation sensible aux questions de genre. Lesconsommatrices de drogues injectables sont souvent confrontées à une stigmatisation et/ou à des barrières en matière d’accès aux services. Les propositions doivent répondre aux besoins spécifiques des consommatrices de drogues injectables et aux compagnes de consommateurs de drogues injectables. Les pays doivent collecter des données décomposées par sexe et exploiter ces données, avec des estimations sexo spécifiques au dénominateur, pour suivre les problèmes et manques/lacunes en matière de services. 12 Prisons..L’emprisonnement est courant pour les consommateurs de drogues injectables Souvent, ils continuent à consommer (ou à s’injecter) des drogues en prison malgré les efforts déployés par les systèmes pénitentiaires. Il est donc essentiel de proposer un ensemble complet d’interventions aux consommateurs de drogues injectables en prison aussi bien que dans la communauté. Des efforts particuliers sont nécessaires pour garantir la continuité des traitements ARV et antituberculeux, mais aussi des TSO, à toutes les étapes – lors de l’arrestation, de la détention provisoire, du transfert vers la prison, au sein du système pénitentiaire et à la sortie. Pour ce faire, l’implication des différents ministères des gouvernements dans l’élaboration des propositions est nécessaire. Garantir un environnement favorable aux interventions.Même lorsque des interventions comme les PAS et les TSO sont mises en œuvre, l’absence d’environnement social et politique favorable et respectueux des droits de l’homme crée souvent des barrières empêchant l’accès à ces interventions, ce qui se traduit par des résultats négatifs sur le plan sanitaire. Par conséquent, les candidats doivent prévoir des interventions visant à rendre l’environnement plus favorable, et notamment : examiner les lois, politiques et pratiques liées à la consommation de drogues par injection et au VIH pour modifier celles qui créent des barrières à une prévention, à un traitement et à des soins efficaces et/ou qui violent les droits de l’homme ; élaborer des programmes de lutte contre la double stigmatisation et la discrimination liées au VIH et à la consommation de drogues ; former et/ou sensibiliser la police, les juges et le personnel pénitentiaire à des approches fondées et respectueuses des droits de l’homme sur la consommation de drogue et sur le VIH ; favoriser la mobilisation sociale et lancer des campagnes à l’attention des consommateurs de drogues injectables pour leur permettre de mieux comprendre les lois et leurs droits ; fournir une aide/assistance juridique aux consommateurs de drogues injectables, idéalement intégrée aux services de santé ; et proposer un soutien visant à garantir que les besoins fondamentaux et vulnérabilités psycho-sociales sous-jacentes sont pris en compte. Autres domaines programmatiques.Par ailleurs, les candidats peuvent réfléchir aux intervenions suivantes, reconnues comme meilleures pratiques internationales, en vue de les intégrer dans leurs propositions : amélioration des systèmes de surveillance épidémiologique, le cas échéant, pour mieux estimer le nombre et évaluer le rôle des consommateurs de drogues injectables dans les épidémies nationales de VIH ; études visant à étendre la base de connaissances sur le VIH et la consommation de drogues injectables et sur l’impact des interventions dans des contextes particuliers ; prévention des surdoses (dans le cadre de l’intervention “information, éducation et communication ciblées” de l’ensemble complet) – et plaidoyer en faveur d’une réforme politique et législative, de la formation du personnel et des pairs, de la
12 OMS, ONUDC, ONUSIDA, Evidence for Action Technical Papers: Effectiveness of Interventions to Address HIV in Prisons, 2007 :www.who.int/hiv/pub/idu/prisons_effective/en/index.html(non disponible en français). Fiche d’information du Fonds mondial : Réduction des risques (mai 2010)4
prévention de la transition de la non-consommation à la consommation de drogues injectables et de la fourniture de naloxone. Suivi et évaluation (S&E).Pour obtenir des données exactes et de bonne qualité, les indicateurs doivent être définis avec précision en fonction des capacités et des systèmes de S&E des candidats. Les points suivants doivent être pris en compte : 1.Un ensemble de services de base (minimum) doit être clairement défini pour chacune des interventions de «l’ensemble complet». Par exemple, quels sont les services fournis ? 2.Des systèmes permettant d’éviter la double comptabilisation des individus doivent être élaborés (à l’instar des “Codes d’identification unique”) pour pouvoir contrôler le nombre d’usagers mais aussi le nombre de rencontres ou de prises de contact. 3.Lors de la communication de la couverture en pourcentage, ce sont des estimations fiables de la population qui doivent servir de dénominateurs. Celles-ci sont 13,14 disponibles dans les rapports mondiauxou calculées en s’appuyant sur les 15 directives disponibles. 4.Lors de la définition des objectifs, les programmes doivent viser une couverture “élevée” des services, c’est-à-dire supérieure à 60% des consommateurs de drogues injectables régulièrement atteints par les PAS, et à 40% des 16 consommateurs de drogues injectables atteints par les TSO. Lectures / ressources complémentaires
Drug Use and the Spread of HIV(“Consommation de drogues et propagation du VIH/SIDA”), fiche d’information de l’ONUSIDA et de l’ONUDC : www.unodc.org/documents/frontpage/Facts_about_drug_use_and_the_spread_of_ HIV.pdf(en anglais) What Is Harm Reduction?(“Qu’est-ce que la réduction des risques ?”) – définition de l’Association internationale de la réduction des risques : www.ihra.net/Assets/2316/1/IHRA_HRStatement.pdf(en anglais) “Guide technique” de l’OMS, l’ONUDC et l’ONUSIDA : www.who.int/hiv/pub/idu/targetsetting/en/index.html(document traduit en français) Evidence for Action Series(“Informations au service de l’action”) de l’OMS (documents techniques et examens des informations) : www.who.int/hiv/pub/idu/evidence_for_action/en/index.html(non disponible en français) Basic Principles for Treatment and Psychosocial Support of Drug Dependent People Living with HIV/AIDS(“Principes de base pour le traitement et le soutien psychosocial des personnes toxicomanes vivant avec le VIH/SIDA”) :www.who.int/substance_abuse/publications/basic_principles_drug_hiv .pdf(en anglais) 13 Mathers B. et al., The global epidemiology of injecting drug use and HIV among people who inject drugs: A systematic review, Lancet, 372 (9651), 1733-1745, 2008. (En anglais). 14 Mathers B. et al., HIV prevention, treatment, and care services for people who inject drugs: A systematic review of global, regional, and national coverage, Lancet, 375, DOI:10.1016/S0140-6736(10)60232-2, 2010. (En anglais) 15 Groupe de travail ONUSIDA/OMS sur le VIH/SIDA et la surveillance des IST, Estimating the size of populations at risk for HIV: Issues and methods, 2003 :http://data.unaids.org/publications/External-Documents/estimatingpopsizes_en.pdf(en anglais uniquement). 16 OMS, ONUDC, ONUSIDA, Guide technique destiné aux pays pour la définition des objectifs nationaux pour l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH/SIDA, 2009 : www.who.int/hiv/pub/idu/targetsetting/en/index.htmlFiche d’information du Fonds mondial : Réduction des risques (mai 2010)5
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