Résumé - L'étude des causes proximales des comportements pose la ...

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Résumé - L'étude des causes proximales des comportements pose la ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Dr. Laurent Tarnaud, Cours Magistral-Université Paris 7 / Introduction à l'éthologie animale et humaine
L'étude des causes proximales des comportements pose la question de leur déclenchement. Ces
causes sont à la fois externe (les stimuli) et internes (les cycles endogènes longs déclenchés par des
facteurs abiotiques, les cycles endogènes courts métaboliques et hormonaux). Cette approche
emprunte ses méthodes à la physiologie, la psychologie et la neurobiologie. Du fait de posséder des
organes sensoriels aux sensibilités spécifiques, les organismes perçoivent un monde qui leur est
propre (l'Umwelt) dont seulement certains éléments vont agir en tant que stimuli déclencheur. Une
fois perçus, les stimuli vont être traités par des zones cérébrales spécialisées. Certains traitements
sont très rapides et génèrent des réponses motrices stéréotypées, les réflexes. Les réflexes sont ainsi
déclenchés par des stimuli appelés stimuli agents. Les réponses comportementales associées à cette
catégorie de stimuli sont appelées comportements taxiques ou taxies. Les taxies forment les
réponses comportementales des organismes unicellulaires ou pluricellulaires simples. Elles existent
toujours chez l'homme qui, par exemple, répond à la vue de caractères néoténiques par la
production de comportements parentaux. C'est le principe d'invariance : un stimulus signal
provoque toujours une réponse typique et rapide. Cependant, chez les espèces complexes (les
poissons, les oiseaux, les mammifères), les traitements neuronaux des stimuli sont multi-agents.
L'explication des comportements par l'éthologie classique repose sur la notion de motivation. Dans
le modèle hydraulique de Lorenz, l'énergie motrice spécifique (la motivation) s'accumule dans un
réservoir et, après avoir atteint un certain seuil (le potentiel d'activité spécifique), l'individu produit
un comportement d'appétence (comportement de recherche) qui sera remplacé par un
comportement de consommation déclenché par la rencontre d'un stimulus signal. Ces
comportements forment des schèmes d'actions fixes. Et ainsi de suite. Pour Tinbergen, l'origine des
comportements s'explique aussi par la dialectique motivation-stimulus déclencheur, mais selon une
hiérarchie qui assure la cohérence des chaînes comportementales. A cette approche objectiviste
s'oppose l'approche constructiviste de Maier et Schneirla qui prédit que tout comportement relève
de la maturation psychophysiologique de l'individu. Cependant, la causalité proximale des
comportements est beaucoup plus complexe que ces 3 modèles le proposent. Les comportements
dépendent d'un faisceau de causes exogènes biotiques et abiotiques interagissant avec des facteurs
endogènes. Selon le concept d'émergence, les comportements doivent donc être étudiés en fonction
de ceux qui les précèdent et les suivent, du contexte de leur expression, du statut reproducteur et du
degré de maturation de l'individu...
L'étude des causalités ultimes des comportements (la quatrième question de l'éthologie) répond à la
question suivante : « Pourquoi un animal d'une espèce donnée résout-il un problème particulier
selon une modalité précise alors que d'autres espèces y répondent différemment ? ». Cette question
revient à comprendre l'histoire phylogénétique des comportements. Cette approche est donc
comparative et repose sur le concept d'homologie comportementale. Il faut distinguer les gènes des
systèmes physiologiques et des phénotypes comportementaux car les comportements, en tant que
phénomènes émergents, ne sont pas le produit direct de l'histoire évolutive des espèces. Il n'existe
par un gène pour un comportement. Par contre, les comportements, résultats observables de la
phylogenèse des espèces, sont partagés par tous les membres d'un même taxon (groupe). Cette
phylogenèse a été démontrée chez les anatidés par Heinroth qui a minutieusement identifié les
différents actes des séquences comportementales et déterminé leur position dans les chaînes
comportementales et leur temporalité. Plus les actes, leur position et leur temporalité sont proches
(partagés), plus les espèces qui les produisent sont apparentées. Inversement, les comportements
peuvent aussi permettre de construire des phylogénies. Les comportements de reproduction ont
ainsi été utilisés avec succès pour différencier les familles des urodèles et des anoures. Il existe des
pièges. Les comportements de ritualisation sont composés de comportements de premiers ordres
(des actes détournés de leur fonction initiale) et de deuxième ordre (les communications. Ces actes
sont devenus des éléments des communications, des signaux). Ces deux ordres ont très certainement
évolué de manière indépendante et parallèle. Les mimétismes comportementaux des perdrix et des
Dr. Laurent Tarnaud, Cours Magistral-Université Paris 7 / Introduction à l'éthologie animale et humaine
avocettes simulant une blessure pour entraîner à l'écart du nid un prédateur en sont un exemple.
Ces comportements ritualisés sont apparus dans des taxons phylogénétiquement éloignés. Ils ne
sont pas homologues mais analogues (ils remplissent la même fonction mais n'ont pas la même
origine).
L'étude de la causalité adaptative des comportements revient à déterminer leur valeur de survie, ou
poser en quoi les comportements favorisent-ils la survie d'un individu et celle de sa descendance ?
Quelle est leur fonction ? Ce domaine de recherche est celui de l'écologie comportementale. Il faut,
ici, distinguer l'adaptation génotypique (génétique) de l'adaptation phénotypique qui est réversible
au cours de la vie de l'individu, de ses étapes de développements et qui est issue de l'interaction
entre maturation physiologique et expérience. Les adaptations comportementales permettent donc à
un individu de répondre aux conditions imposées par son environnement.
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