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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Tâche-problème : « Sous le Soleil de Versailles »
- D. AUVERTUS – Ecole du SHAPE
http://www.restode.cfwb.be/francais/profs4/profs4.htm
Tâche-problème
1.
Descriptif
Pour terminer l'étude du classicisme, les élèves de
4e Générale ont écrit une nouvelle ayant pour cadre
spatio-temporel
Versailles,
sous
Louis
XIV.
L'objectif de ce travail est de rendre les élèves
capables de mobiliser, en vue d'une création
personnelle, les informations acquises au cours des
activités précédentes (analyse de textes littéraires,
constitution de dossiers, la visite du Château de
Versailles et la projection de deux films, "Saint-Cyr"
et "Le Roi danse").
On trouvera l'énoncé et l' analyse de la tâche-
problème, le déroulement des activités, les travaux
intermédiaires, deux récits rédigés par les élèves et
deux exercices qui permettent d'utiliser les savoirs
acquis.
En donnant vie à cette époque lointaine, les élèves
ont fait le lien entre lecture et écriture, et ont
synthétisé leurs connaissances sur l'époque, l'art et
la littérature classiques
2.
Compétences et savoirs
2.1.
Enoncé de la tâche :
Ecrire une nouvelle ayant pour cadre spatio-
temporel Versailles, sous Louis XIV. Le récit de
fiction à produire devra informer et distraire le
lecteur. Après correction, les nouvelles seront
imprimées et reliées. Le recueil sera déposé à la
bibliothèque de l'école et consultable par tous les
lecteurs.
Le récit sera inspiré d'une photo prise à Versailles,
lors de la visite du Château et des jardins; ou d'une
image extraite du site Internet du Château de
Versailles. Il intègrera des données factuelles sur le
XVIIe siècle et le règne du Louis XIV
2.2.
Analyse de la tâche :
a.
Les élèves, par groupes, écrivent des
textes informatifs sur le règne de Louis XIV et sur la
construction de Versailles. Il s'agit de choisir,
reformuler, en synthétisant, la documentation
recueillie
(consultation
du
sites
Internet
et
d'ouvrages de référence à la bibliothèque);
d'extraire les données factuelles des "Lettres" de
Mme de Sévigné, des "Caractères" de La Bruyère,
des "Lettres persanes" de Montesquieu, des films
vus ("Saint-Cyr"; "Le Roi danse") ; de résumer les
critiques contenues dans les textes de Saint-Simon
("Mémoires", "Carpes"), de Montesquieu, de
Fénelon ("Lettre à Louis XIV"
DEGRE
: Second Degré
SAVOIRS
: Lire, écrire, parler, écouter
PROFESSEUR
: D. Auvertus
ECOLE
: Ecole du SHAPE
Ces textes aideront à créer le cadre de la
nouvelle, à inscrire l'intrigue dans le contexte
historique.
b. Les élèves rédigent de courts textes à
structure
descriptive
sur
Versailles.
Ils
commencent par décrire l'image qu'ils ont
choisie.
c. Ils établissent un lexique propre au XVIIe
siècle à partir des textes littéraires étudiés.
d. Les élèves remplissent la fiche suivante:
- espèce dominante du texte? ( fantastique,
science-fiction, policier, historique, aventures,
sentimental)
- caractéristiques de la narration: modes de la
focalisation?
- schéma narratif: * Qui manque de quoi? *
Situation
finale?
*
Liste
des
actants
e. A l'issue d'une première correction du récit,
les élèves améliorent syntaxe, concordance
des
temps,
ponctuation,
précision
du
vocabulaire et corrigent l'orthographe. Trois
groupes sur cinq reçoivent des exercices
d'entraînement sur l'emploi des connecteurs de
temps. La correction des fautes de conjugaison
présentes dans les textes est l'occasion d'un
rappel des terminaisons du passé simple et de
l'entraînement à l'utilisation d'un ouvrage de
référence
(dictionnaire,
Besherelle).
f. Ils mettent en page le texte pour sa diffusion.
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2.3.
Objectifs d'apprentissage :
Objectifs d'apprentissage en rapport avec le
référentiel "Compétences terminales et savoirs
requis":
*
Ecrire
:
Toutes les compétences reprises sous la rubrique
"Mettre en oeuvre les phases du processus
d'écriture" sont relatives à la rédaction d'un récit
fictionnel.
*
Lire
:
- L'étude du classicisme est relative à "l'approche de
la vie littéraire et artistique": lecture de textes
littéraires accessibles aux élèves du deuxième
degré, éclairés par l'architecture (Versailles) et mis
en relation avec des oeuvres contemporaines
(films).
- Exercer son esprit critique en distinguant
l'essentiel de l'accessoire, le réel et l'imaginaire.
- Acquérir des connaissances (culturelles et
conceptuelles) en identifiant l'intention de l'auteur.
*
Parler-Ecouter
:
Le travail par équipe est l'occasion de développer
certaines compétences comme écouter pour nourrir
une idée, réagir aux opinions émises, demander et
fournir des explications, critiquer les idées d'un
autre sans agressivité ni complaisance.
3.
Bases de l’évaluation
a. Le cadre spatio-temporel est correctement décrit.
b. Les descriptions sont insérées à bon escient.
c.
Le
lexique
est
judicieusement
utilisé.
d. Le texte est adapté au destinataire et correspond
aux intentions dominantes (informer et distraire).
e. La langue (syntaxe, ponctuation, système des
temps) est correcte.
f.
La
mise
en
page
(titre,
paragraphes,
espacements) est correcte.
Déroulement de l’activité
1. Support
- Textes littéraires: "Lettres" de Madame de
Sévigné, "Caractères" (De la Cour) de La Bruyère,
"Fables" de La Fontaine, "Le Malade imaginaire"
(oeuvre intégrale) et extraits de "Tartuffe", de "L'Art
poétique" de Boileau, de "La Princesse de Clèves";
Fénelon "Lettre à Louis XIV"; Lettres XXIV et XXVII
des "Lettres persanes"; Saint-Simon, extraits des
"Mémoires".
- Dossier constitué pour le cours d'histoire sur l'art
classique
(peinture,
architecture,
musique)
- Dossier constitué à partir du site Internet du
Château de Versailles (ressources documentaires:
http://www.chateauversailles.fr/fr/631_Ressources_
Enseignants.php
)
- Projection de deux films: "Saint-Cyr" de Patricia
Mazuy (2000); "Le Roi danse" de Gérard Corbiau
(2000)
- Visite du Château de Versailles (appartements du
Roi et de la Reine, Galerie des Glaces et jardins)
- Lectures antérieures (A. Dumas)
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2. Etapes de la réalisation :
1. Rédaction par équipe de textes informatifs et
descriptifs.
2. Choix par le groupe d'une ou de plusieurs images
et mise en commun des idées qu'elles inspirent à
chacun.
3. Choix du genre du texte et de sa forme narrative.
Mise au point du schéma actantiel et de la fiche de
synthèse.
4. A domicile, rédaction de la nouvelle, en
respectant les décisions prises en commun aux
points 2 et 3; en s'aidant des textes rédigés en 1.
5. Lecture et comparaison des productions. Choix
du texte à modifier, à enrichir et travail en classe.
6. Après une première évaluation, correction du
récit et exercices d'entraînement (conjugaison,
connecteurs
de
temps,
anaphores).
7. Mise en page (traitement de texte, d'image,
enregistrement sur disquette). Lors de cette étape,
les élèves travaillent efficacement en vérifiant la
correction de l'orthographe et du vocabulaire à l'aide
du
dictionnaire
en
ligne:
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv4/showps.exe?p
=combi.htm;java=no;
Les pages suivantes présentent les travaux
intermédiaires (textes informatifs et descriptifs;
lexique) réalisés par un groupe d'élèves, ainsi que
les deux nouvelles qui ont rallié tous les suffrages.
Deux autres exercices (lettre et texte explicatif: voir
"Prolongement" et "En synthèse") permettent de
réaliser une tâche-problème semblable (écrire pour
informer
et
distraire
en
mobilisant
les
connaissances acquises).
Textes intermédiaires
1. Textes informatifs
* LOUIS XIV ET VERSAILLES
Le futur Louis XIV naît en 1638, fils de Louis XIII et
d'Anne d'Autriche. Il va régner de 1654 (sacré à
Reims) jusqu'à sa mort à Versailles, en 1715.
En 1660, il épouse Marie-Thérèse, la fille de
Philippe IV d'Espagne. Les guerres d'expansion
témoignent de son ambition à concurrencer les
grandes puissances. Il multiplie les mesures qui
marquent son autorité: renvoi du ministre Fouquet,
pouvoir accordé à Colbert et Vuban; révocation de
l'Edit de Nantes, revendication du Palatinat.
Son pouvoir avait besoin d'un cadre à sa mesure: il
entreprend de construire Versailles, ajoutant des
ailes au pavillon de chasse de son père. Le Roi se
montre exigeant et capricieux: les plans de Le Vau
et Mansart seront souvent modifiés avant d'atteindre
une unité qui sera saluée par le monde moderne.
Les jardins confiés à Le Nôtre sont des oeuvres
d'art, Colbert dirige le chantier qui durera quarante
ans. Charles Le Brun dessine les statues et les
fontaines. Quant aux ingénieurs, ils créent un
réseau de drainage. Un hydraulicien Arnold de Ville
et un charpentier wallon Rennequin construisent la
"Machine de Marly" située sur la rive gauche de la
Seine à Port-Marly,
et qui va
acheminer
quotidiennement
jusqu'à
3200m3
d'eau
par
l'aqueduc de Louveciennes. Versailles devient le
centre
du
gouvernement
de
la
France
Cependant, à partir de 1697, les caisses de l'Etat
sont vides, les difficultés s'accumulent et le royaume
est ruiné.
* LES DIVERTISSEMENTS
Dans son enfance, le fils d'Anne d'Autriche et de
Louis XIII a connu la Fronde et en a gardé un
souvenir suffisamment fort pour chercher à s'attirer
l'appui de la noblesse pendant son long règne. C'est
ainsi qu'il n'a eu de cesse de divertir les courtisans
qui, grâce à l'extension de Versailles, peuvent vivre
à
demeure
près
de
lui.
Louis XIV confie l'organisation des fêtes au Premier
Gentilhomme
de
la
Chambre:
chasses,
promenades, collations, jeux d'adresse et de table,
représentations théâtrales et concerts. A la Cour,
Molière, Lully et Racine sont les artistes les plus
renommés.
En outre des "Menus-Plaisirs" quotidiens, l'histoire a
retenu de grands divertissements, comme ceux de
1674 qui dureront six jours, avec à l'affiche les
représentations du "Malade Imaginaire" et d'
"Iphigénie",
ainsi
que
des
spectacles
pyrotechniques impressionnants. Les mariages ou
les victoires militaires sont aussi l'occasion de
grandes
fêtes.
Les préséances étaient fixées par des règles
précises, de sorte que la société de Versailles était
très hiérarchisée.
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* MADAME DE MAINTENON ET SAINT-CYR
Françoise d'Aubigné est la veuve de l'écrivain
Scarron. Belle, intelligente et pieuse, elle fréquente
la Cour où Mme de Montespan, favorite de Louis
XIV, la remarque et lui confie l'éducation des
bâtards royaux. Elle devient la maîtresse du Roi qui
la fait "marquise de Maintenon". Il l'épouse
secrètement en 1683, à la mort de Marie-Thérèse.
Le film "Saint-Cyr" raconte la genèse et l'évolution
de l'institution pour jeunes filles que Mme de
Maintenon dirige jusqu'à sa mort en 1718.
Pratiques religieuses et travaux féminins alternaient
au programme d'études de Saint-Cyr avec la
musique, le calcul, la grammaire et le théâtre.
Cependant, Mme de Maintenon vieillissant est
préoccupée par le salut de son âme et resserre la
discipline en faisant régner dans l'institution une
pensée religieuse dont l'orthodoxie est rigide.
2. Textes descriptifs
*
VERSAILLES
ET
SES
JARDINS
C'est de la Galerie des Glaces, de l'une des dix-sept
fenêtres qui répondent aux dix-sept miroirs, ou du
haut de l'escalier monumental devant la façade que
l'on peut découvrir la plus belle vue sur le parc de
Versailles. Reflets de l'esthétique classique, les
jardins à la française ont un tracé géométrique et un
plan architectural. L'axe central, vertical d'Est en
Ouest, attire d'abord le regard jusqu'à l'horizon, à
l'extrémité du Grand Canal. Les miroirs d'eau de
1670 mètres de long créent une perspective
équilibrée, harmonieuse et lumineuse; ils reflètent le
ciel et les bosquets voisins de sorte que les
éléments même semblent se confondre. Les
parterres qui s'étendent devant les façades sont
également des oeuvres d'art par le travail en
arabesques des buissons.
Pourtant, à côté de ces allées rectilignes et de cette
rigueur architecturale, il existe une vraie fantaisie
dans la conception des Cabinets de verdure qui
abritent des salons de plein air comme "la Salle de
bal", "le Bosquet de l'Encelade", celui de la
Girandole ou encore de la Colonnade. Ces "salles"
dissimulées, comme les bassins et les fontaines,
étaient le cadre des spectacles et de la collation
quotidienne. Les fêtes qui s'y donnaient rappelaient
à la Cour celles de la Renaissance italienne
organisées, elles aussi, en plein air. Le thème de la
décoration est d'ailleurs emprunté à la mythologie
gréco-romaine. Apollon, Bacchus, Latone, Neptune
ont leur bassin.
Après 1682, le Château "neuf" peut accueillir de
nombreux invités, trois fois par semaine. Le Grand
Appartement du Roi, composé de sept pièces
consacrées chacune à un astre, est aménagé pour
ces réceptions: concert, danses, jeux se succèdent
jusqu'au repas public, "le Grand
Couvert".
Le roi et la reine s'installent dans des fauteuils
devant une table rectangulaire; les convives sont
placés sur les côtés, en demi-cercle ou derrière,
selon leur titre de noblesse et l'étiquette. La
cérémonie du repas peut alors commencer: les
"Officiers de la Bouche" défilent pour différents
services. Au menu: rôts, porc clouté de girofle,
chapon avec des huîtres parfumées à la cannelle,
salade, chicorée, légumes du potager, fruits,
melons...
Les mets sucrés étaient surtout réservés à la
"collation" (goûter) pour laquelle, selon une
description de 1678, les buffets ployaient sous les
caramels, les massepains, les chocolats, les fruits
confits et les melons.
*
PORTRAIT
CRITIQUE
DE
LOUIS
XIV
Louis XIV aimait les arts - la danse, la musique, le
théâtre essentiellement -, les jeux et la chasse mais
plus que tout, il aimait la grandeur. Son goût
immodéré pour le cérémonial, le faste et les
possessions va de pair avec les guerres
d'expansion qu'il mène jusqu'à la fin de son règne.
On pourrait voir dans la Galerie des Glaces le
symbole du narcissisme royal: dix-sept miroirs et un
plafond où Le Brun a peint trente compositions tout
à la gloire du souverain qui y figure en empereur
romain.
De
même,
l'omniprésence
de
la
représentation d'Apollon, à l'intérieur comme à
l'extérieur du Château, en dit long sur l'ambition du
roi.
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Ce dieu complexe est le symbole de l'ascension
humaine mais on peut douter que Louis XIV ait vu
dans le mythe la maîtrise de soi et la recherche de
la spiritualité. Pour lui, Apollon est celui qui traverse
les cieux sur un char éblouissant (sculpture du
Bassin
d'Apollon,
exécutée
par
Tuby).
Le pouvoir absolu et l'orgueil du Roi-Soleil ont fini
par épuiser le royaume. En 1692, une ordonnance
royale retire aux sujets la pleine propriété de leurs
biens. Aussi, La Bruyère s'interroge sur l'utilité des
richesses pour le "berger" qui conduit son troupeau;
Fénelon reproche à Louis XIV d'avoir abusé de
l'amour et de la confiance du peuple en le réduisant
à la misère par les impôts pour ses guerres.
Saint-Simon blâme son indifférence et son goût
pour les dépenses qui s'est communiqué à toute la
Cour comme "un cancer". Montesquieu, enfin, le
décrit en despote capricieux et manipulateur.
Lexique :
(
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s
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)
Les élèves soulignent dans les textes lus le
vocabulaire spécifique au XVIIe siècle. Ils en
précisent le sens et établissent une liste personnelle
qui servira à ancrer leur récit dans la réalité. Ci-
dessous le lexique établi par un des groupes de
travail:
Abîmé
Perdu, ruiné complètement ("je suis abîmé).
Ajustement
Habillement, toilette ("être recherché dans son
ajustement" = soin excessif accordé à son
apparence).
Appartement (un jour d')
Il s'agit d'un jour où le roi, à Versailles, donnait des
divertissements.
Cabale
Manoeuvres concertées pour faire réussir un projet.
Classique
Est classique toute production qui vise à instruire
tout en divertissant, qui suit les préceptes de la
raison, qui s'inspire de l'Antiquité et qui est fidèle
aux règles de la vraisemblance et des bienséances.
Coche
Carrosse sans suspension
Collation
Repas léger entre le dîner (à midi) et le souper.
Collet ("petit collet")
Rabat de lingerie sans ornement au lieu de dentelle.
Dévot
Personne dévouée à Dieu, qui s'attache avec
ferveur à l'esprit et aux pratiques de la religion.
Connotations
péjoratives:
fanatique;
hypocrite
("Tartuffe")
Le "parti des dévots" critique les dérives de la
"jeune Cour" jugée trop libertine.
Gazette (La)
Créée par Renaudot en 1631, elle devint l'organe
des informations officielles.
Grand (un)
Titre donné aux princes de sang et aux nobles du
plus haut rang.
Gratter
L'étiquette impose de gratter de l'ongle aux portes
des
appartements
du
roi
et
des
grands.
Gueux
Être méprisable
Medianoche
Souper avec viande qui se fait après minuit, après
un jour maigre.
Passe-pied
Danse à trois temps d'un rythme rapide.
Peuple
Ensemble des sujets par opposition aux "grands".
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Postillon
Celui qui monte sur un des chevaux de l'attelage
d'un carrosse pour le diriger.
Relation
Récit détaillé d'un événement
Superbe
Qui manifeste de l'orgueil
Tabouret
A la Cour, l'étiquette accordait des tabourets aux
dames d'un certain rang, les fauteuils étant réservés
à des personnalités de très haut rang. Le siège
pliant vient en dernier.
Titres nobiliaires
Prince - duc - marquis - comte (privilégiés de
naissance,
par
opposition
à
la
"roture").
Ville
Ensemble des bourgeois et des classes sociales qui
n'ont pas accès à la Cour (résidence du souverain
et son entourage). Le bourgeois (ou citoyen) est
l'habitant de la ville, par opposition aux courtisans et
aux villageois.
Nouvelle : « Drôles d’oiseaux »
T
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Madame de Sévigné aurait écrit que "tout était
parfumé de jonquilles" dans les jardins que Le Nôtre
avait conçus pour satisfaire le rêve grandiose de
Louis XIV. Pourtant, en ce printemps naissant, les
esprits étaient agités par l'arrivée insolite de
corbeaux qui semblaient jeter une ombre sur tant de
richesses. Leur plumage noir se détachait sur le
pastel tendre des arbres en fleurs. C'était surtout
leur attitude lugubre qui intriguait. Les oiseaux,
perchés sur les branches ou les statues, restaient
immobiles et paraissaient attendre. On avait beau
tenter de les effrayer, de les chasser avec des
cailloux, ils s'éloignaient à peine dans un
croassement retenu et quelques instants plus tard,
revenaient se poser au même endroit, dans la
même posture.
A l'heure de la collation, les courtisans, qui
d'ordinaire bavardaient joyeusement autour du
bassin d'Apollon et se promenaient dans les allées
en étoile, devenaient plus réservés et ne
s'entretenaient que de cette présence inhabituelle.
Peu à peu, un phénomène étrange s'accomplit
quotidiennement. Il passa d'abord inaperçu aux
yeux de sa Majesté qui continuait, en compagnie de
Madame de Maintenon, à s'abriter sous les arcades
pour goûter aux montagnes de massepain et au
caramel qui faisaient le bonheur des convives. Mais
au fil des jours, Louis XIV et son épouse
constatèrent qu'ils étaient de plus en plus seuls à
partager ces plaisirs. Le couple s'avança donc dans
les allées et ce qu'ils virent ne manqua pas de les
surprendre: la foule des courtisans semblait figée, le
regard dirigé vers le ciel. On ne parlait plus, on ne
mangeait ni ne buvait; on semblait attendre dans
une sorte de méditation.
Le Roi s'inquiéta de cette fascination pour quelques
oiseaux noirs et convoqua les princes de sang. Ils
ne surent que répondre, sinon que ces corbeaux-là
n'étaient pas les oiseaux ordinaires des villes et des
campagnes. Agacé, Louis XIV, qui n'aimait pas la
morosité, décida d'organiser une grande chasse qui
aurait pour but d'éliminer ces volatiles importuns.
Cependant, à l'aube, quand les chasseurs se
réunirent, les corbeaux avaient disparu et on ne les
revit plus de toute la journée. Dans l'après-midi,
Louis XIV, ses proches et la plupart des princes et
des ducs, se mirent en route pour Chambord.
A Versailles, les courtisans profitèrent de la douceur
de l'air et s'attardèrent fort tard dans les pavillons et
les bosquets, retrouvant leur gaîté insouciante. Les
liqueurs
servies
à
volonté
les
rendaient
particulièrement
bavards
et
dissipés.
Aussi,
personne n'aurait pu dire à quel moment l'inconnu
avait rejoint la joyeuse assemblée. C'était un
homme grand, au visage en lame de couteau.
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Il ne portait pas de perruque mais ses longs
cheveux sombres tombaient sur ses épaules. Son
costume, surtout, aurait attiré l'attention en d'autres
circonstances: alors que les courtisans arboraient
des tenues surchargées, cet homme portait un habit
sobre et entièrement noir. Bien qu'il se déplaçait
entre les groupes, son pas était tellement mesuré
qu'il semblait immobile. Les premiers qui le
remarquèrent lui adressèrent un signe de tête sans
interrompre leur conversation. Pourtant, sans qu'on
sût pourquoi, les rires lentement s'étouffèrent, les
chuchotements remplacèrent les exclamations et le
silence finit par s'installer au moment même où la
nuit tombait.
Quand le Roi rentra de son séjour à Chambord, il
trouva Versailles bien vide. Les deux tiers des
courtisans qui y logeaient étaient absents. Il restait
les plus âgés qui ne participaient plus que rarement
aux plaisirs et divertissements royaux. Interrogés
sur ces derniers jours, ils ne purent fournir
beaucoup de renseignements. Le matin suivant le
départ du Roi, certains avaient vu les jeunes gens
partir en carrosse et faire suivre leurs bagages. Un
détail curieux revenait dans les témoignages: ils
étaient tous vêtus noir et avaient un air lugubre.
En entendant cette relation que lui fit Louis XIV,
Françoise de Maintenon, qui dirigeait déjà Saint-
Cyr, réprima un sourire… Ainsi, le royaume
comptait désormais de nouveaux dévots zélés qui
un jour, prieraient pour le salut de son âme.
Le lendemain, le Roi organisait une "soirée
d'Appartement", invitant les courtisans qui le
sollicitaient depuis longtemps. La fête, mise au point
rapidement par l'officier chargé des "Menus-
Plaisirs", fut une réussite et se termina par un bal où
des couples se formèrent. Louis XIV les invita tous
à séjourner au Château. Les intrigues reprirent,
comme
les
concerts,
les
ballets
et
les
représentations théâtrales.
Seule, la marquise de Maintenon levait souvent les
yeux vers les arbres où s'étaient posés les
corbeaux. Alors, une ombre fugitive passait sur les
fontaines, les buffets surchargés, les allées en étoile
et s'attardait quelques secondes sur la foule en
dentelle.
"Des intérêts du Ciel pourquoi vous chargez-vous?
Pour punir le coupable a-t-il besoin de nous?"
("Tartuffe")
Nouvelle : « Don du ciel »
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Comment cette table, pièce unique d'un ébéniste
marqueteur, a-t-elle pu entrer dans la vie misérable
d'Eden, homme pauvre et inculte? Nous ne le
saurons jamais...
Elle était là, au matin de ses trente ans, devant la
porte de sa masure; il pleuvait mais l'eau ne
semblait pas l'atteindre. Eden, qui avait peu de
meubles, ne se posa pas de question et entreprit de
la faire passer par l'entrée étroite de son abri. Dans
cette seconde moitié du XVIIe siècle, les pauvres
n'avaient pas les moyens d'être honnêtes... Le
meuble devint donc le sien et avant de s'apercevoir
que la table était une oeuvre d'art, il eut une autre
surprise de taille. Le soir même, l'estomac vide, il
s'accouda sur le bois sombre et verni, en soupirant
qu'il mourait de faim. Il s'endormit peut-être
quelques minutes. C'est le fumet d'un rôti qu'il sentit
d'abord. L'obscurité l'empêchait de distinguer d'où il
montait. Mais dès qu'il eut formulé cette pensée,
deux chandeliers ciselés éclairèrent les mets dont la
table était couverte. Trop affamé pour s'interroger, il
mangea
d'abord,
découvrant
des
saveurs
inconnues. Comme dans un rêve, il gagna sa
paillasse
et
dormit
jusqu'au
matin.
Les jours suivants, le phénomène se reproduisit
chaque fois qu'Eden émettait un souhait. Il avait soif
ou faim, la table y pourvoyait. Il en profita, acceptant
le miracle comme le geste de Dieu envers un
malheureux.
Rassuré sur son sort, il pensa aux autres et ce fut
sans doute un tort. En 1684, Paris comptait un
grand nombre de déshérités et Eden voulut leur
venir en aide. Le cercle de ses protégés s'élargit
rapidement et du matin au soir, la table était
couverte de plats copieux qui se remplissaient selon
le voeu de chacun. Mais Paris n'était encore qu'une
petite ville en chantier et la nouvelle du prodige se
répandit très vite au-delà du quartier populeux de la
Bastille,
au-delà
même
de
l'enceinte
de
l'agglomération, jusqu'à Versailles enfin où Louis
XIV menait grand train. C'est ainsi qu'à l'heure de la
collation, un jeune noble entra en se courbant dans
la pauvre demeure d'Eden. Il était grand, très mince
et pâle; il parla peu mais il observa attentivement le
miracle devenu ordinaire pour les convives réunis.
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Tâche-problème : « Sous le Soleil de Versailles »
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On se poussa et il prit place devant une assiette qui
n'allait pas tarder à se garnir.
Puis, malgré son teint poudré et ses riches habits,
l'assemblée joyeuse l'oublia tant la table était, ce
jour-là, généreuse. Quand le jeune homme se leva
brusquement, renversant l'assiette vide, Eden eut
juste le temps d'apercevoir une araignée qui courait
sur la nappe. L'invité de marque sortit sans un mot
et on ne le revit plus.
Cependant, quelques nuits plus tard, Eden fut
réveillé par des jurons et le bruit de chaises
culbutées. Il trouva des gardes royaux occupés à
sortir la table de chez lui. Il ne protesta pas sachant
que sa vie n'avait aucun prix aux yeux de ces
hommes. Il se retrouva seul et son existence de
miséreux reprit son cours.
Quant à la table, elle fit son entrée à Versailles, au
petit matin; on l'installa dans la Galerie afin que tous
puissent la voir. Exceptionnellement, Louis XIV
abrégea le rituel de son lever et vint admirer le
meuble magique. Il aimait le beau et son élégance
lui plut. En connaisseur, il se mit à caresser l'or et le
bois précieux mais le froid qui le pénétra le surprit. Il
fit reculer ses courtisans et exigea que la table se
couvre de mets les plus rares. Rien ne se produisit.
Il se pencha donc pour regarder de plus près cette
belle surface lisse. C'est alors qu'au lieu de son
reflet, il vit nettement des scènes de guerre, des
champs de bataille dévastés, des villages incendiés.
Il se vit enfin, vieux, triste et seul. Soudain, Mme de
Maintenon poussa un cri, en désignant une marre
rouge qui s'étendait autour du Roi. C'était la table
qui pleurait du sang.
Louis XIV n'était pas homme à se laisser
impressionner. Il chassa vite de sa mémoire cet
épisode désagréable qu'aucun historiographe ne
mentionne. Il fit transporter la table à Trianon. Puis,
il reprit fêtes et conquêtes.
Eden mourut trois ans plus tard. On ne retrouva son
corps décharné que plusieurs mois après car
personne ne lui rendait plus visite depuis
longtemps.
* "La France entière n’est plus qu’un grand hôpital
désolé et sans provisions." Fénelon (1694) *
Prolongement
1. Distraire et informer
Rédiger une lettre dans laquelle vous racontez
l'intrigue de la nouvelle "Drôles d'oiseaux". Comme
les Persans de Montesquieu, votre narrateur est un
étranger qui s'adresse à un de ses concitoyens.
Intentions
dominantes:
informer
et
distraire.
Vous enrichissez la narration des événements par
vos connaissances du lieu et de l'époque.
Facultatif: votre narrateur peut formuler une critique,
des sentiments implicites (intention: persuader).
Bases de l'évaluation:
¾
Le cadre spatio-temporel est enrichi.
¾
Le compte rendu des éléments fictionnels
est correct.
¾
Le plaisir du lecteur est pris en compte.
¾
La langue (syntaxe, temps, ponctuation,
vocabulaire) est correcte.
¾
Bonus: le récit contient une morale
implicite.
2. Texte
(
T
e
x
t
e
d
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E
m
i
l
i
e
A
n
s
c
i
a
u
x
)
À Melle de Kerbons
A Paris, jeudi 2e janvier [1689]
Eh! Mon Dieu! Ma soeur, voici trois mois que je vis
à Versailles! Te souvient-il combien j'étais inquiète
en arrivant dans ce pays étrange? Je craignais la
mode turbulente de la cour, moi qui aime tant la
simplicité. La vue des grands se bousculant avec
vanité pour être remarqués du roi me bouleversait!
Mais alors que je commençais à trouver toute cette
agitation moins horrible, je fus témoin d'une bien
curieuse affaire.
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Dès que le soleil adoucit l'air, il est ici une habitude
quotidienne à laquelle tous s'astreignent: après
dîner, les courtisans suivent le roi dans le parc. On
se promène dans les allées, on s'éloigne dans les
bosquets, on s'attarde près des fontaines. Les
jardins sont un enchantement pour la vue et un
repos pour l'esprit. Imagine, mon amie, les parterres
fleuris brodés de buis, les arbres taillés avec art, les
statues de dieux antiques en marbre blanc! Mais
songe aussi, hélas, au trouble que jette sur tant de
beauté une cour exubérante en rubans et dentelles!
Comme je soupe régulièrement à la table du roi, j'ai
fait la connaissance de Mme de Maintenon qui a
l'esprit aimable et droit. Elle aime mes manières
retenues et nous sommes devenues inséparables.
Aussi, lors de ces promenades, je marche à ses
côtés en bavardant de mon pays et de nos moeurs
simples qui l'intéressent beaucoup.
C'est elle qui attitra mon attention sur la présence
d'oiseaux au plumage noir, qui ressemblent aux
corbeaux de nos campagnes. Ils était arrivés sans
bruit et s'étaient posés sur les statues et les arbres
du parc. Rien d'étonnant, penses-tu? C'est que le
noir n'est pas de mise à Versailles, encore moins
l'attitude sinistre de ces oiseaux que rien ne
parvenait à écarter. Dans une cour de gens oisifs et
futiles, les plus petites choses prennent vite une
importance démesurée. Bientôt, on ne parla plus
que de ces corbeaux.
Un jour, entourée des princes, dans le sillage du roi,
je dégustais le massepain et le chocolat que les
domestiques avaient dressés en montagne sous les
arcades, quand Louis s'inquiéta de voir si peu de
courtisans autour de lui. La marquise lui proposa de
rejoindre l'allée centrale. Je les suivis et avec eux, je
découvris un spectacle étonnant: une foule
silencieuse et figée, les yeux levés vers les oiseaux,
allant jusqu'à adopter leur pose recueillie! Le roi eut
un geste de dépit et convoqua sur le champ les plus
grands de la cour. A la suite de cet entretien, il
décida d'organiser dès le lendemain une chasse qui
le débarrasse de ces volatiles importuns. Je
m'alarmai de ce massacre et m'en ouvris à Mme de
Maintenon qui apaisa mes craintes d'un sourire
maternel. Elle avait raison: à l'aube, avant que ne
commence la chasse, les oiseaux avaient disparu.
Nous partîmes alors à Chambord pour quelques
jours. Le roi et ses proches avaient oublié l'incident
et notre séjour se déroula au mieux. Cependant,
une surprise nous attendait au retour: Versailles
était vide!
Où étaient donc les jeunes courtisans qui animaient
nos divertissements? Le roi s'adressa aux plus âgés
qui restaient à l'écart des amusements bruyants. Il
apprit que le lendemain de notre départ, les jeunes
nobles, habillés de noir, avaient quitté en silence le
château, emportant leurs bagages. On murmurait
que la veille, au clair de lune, un personnage
étrange par ses habits foncés et son comportement
austère s'était introduit dans le parc. Voilà tout ce
que je sais. Te dire le lien entre ces derniers
événements et les corbeaux, je ne saurais.
Aujourd'hui, les bals et les concerts ont repris. Je
dois bientôt assister à la représentation d' "Esther"
qu'un auteur souvent critiqué, un certain Racine, a
écrit pour les pensionnaires de Saint-Cyr. Mme de
Maintenon, qui aime le théâtre autant que sa
Majesté, veille cependant sur l'éducation religieuse
et morale des jeunes nobles qui lui sont confiées. Je
l'ai souvent entendue les mettre en garde contre les
dangers
des
plaisirs
et
de
la
séduction.
Elle et moi avons repris nos promenades: nous
nous entretenons souvent de questions religieuses
et nous nous enflammons pour tel homme d'église
que nous prenons pour maître. Parfois, elle
s'attarde à l'endroit où les corbeaux se réunissaient
et son visage s'illumine comme si l'espoir lui
revenait.
J'aimerais tant que tu sois ici! J'ai parlé de toi à la
marquise: elle souhaite te connaître. Sachant la
pureté de ton âme et l'austérité de ta vie, elle pense
que ta présence ici nous soutiendrait dans la lutte
contre le libertinage de Versailles.
Adieu, ma chère! A l'avenir, guette le ciel qui, peut-
être, t'enverra à toi aussi de drôles d'oiseaux qui te
décideront enfin à tout quitter pour nous rejoindre.
Chantal de Kerbons
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SYNTHESE – INFORMER
1. Augmenter la lisibilité du texte ci-dessous en le
séparant en paragraphes et en ajoutant un titre.
JEAN STAROBINSKI, 1964
"Construisant des palais pour y loger sa cour, ses
ministres, ses maîtresses; des avenues pour y faire
défiler ses carrosses ou ses gardes; des théâtres
pour s'y divertir; des manufactures pour augmenter
ses revenus; des églises pour s'y soumettre à son
Dieu, le monarque du XVIIe et du XVIIIe siècle se
comporte comme une personne aux besoins
illimités. Les bâtiments édifiés «par ordre du roi»
sont au premier chef des bâtiments «pour le roi».
S'il élève une ville, comme Louis XIV à Versailles ou
Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg, c'est avant tout
pour en faire sa capitale ou sa résidence. Le patron
royal se comporte comme le premier destinataire
des ouvrages qu'il a commandés; il les veut à la
mesure de sa grandeur, il veut y lire l'image
sensible de son pouvoir. De fait, tout lui renvoie son
emblème, ses devises, les chiffres et les armes de
sa race, l'image de ses volontés obéies. S'il a fait
construire, s'il cède à la «bâtissomanie» dont parle
Catherine II, c'est parfois pour se donner les
moyens pratiques d'une nouvelle politique, c'est
toujours pour être en mesure de rencontrer à tout
instant les preuves visibles et constamment
renouvelées de l'efficacité magique de son désir. Un
monarque absolu ne peut guère demeurer dans le
logis de ses ancêtres, sinon en y aménageant de
nouveaux appartements, où s'actualisera sous ses
yeux la marque personnelle de son règne. Mais ce
rapport «narcissique» du prince et des ouvrages
dont
il
s'entoure
se
transmue
presque
instantanément en acte public et en étalage de
souveraineté. Les monarques du XVIIIe siècle,
jusque dans les petites cours d'Allemagne, suivent
en cela une tradition baroque d'ostentation
fastueuse. Et le spectacle, du moins dans sa forme
ancienne, est plus qu'un spectacle; il n'admet pas
que les spectateurs demeurent distants et libres,
c'est une entreprise d'éblouissement qui captive et
envoûte ses témoins, qui les fait participer à un rite
de. soumission: démonstration rayonnante d'une
volonté irrésistible. Le faste n'est pas seulement le
signe de la souveraineté: il est l'expression d'un
pouvoir qui se matérialise sous des espèces
sensibles, et qui est capable de renouveler sans
cesse les dehors sous lesquels il se manifeste.
L'image du prince, solennisée par ses atours et
mirée par ses demeures, appelle un témoin
universel. Le rapport personnel du monarque et de
ses domaines a lieu à la face du monde: le mythe
du pouvoir absolu voudrait que cette gloire
expansive, sitôt perçue, conquière le spectateur, le
transforme en sujet reconnaissant et l'englobe dans
le cercle des possessions royales. Ainsi le rapport
possessif du prince à la Cour et au Palais constitue
l'image analogique de son rapport souhaité avec
l'univers entier."
2. Résumez le texte de Starobinski en reformulant
avec objectivité les idées principales.
3.
Illustrez
ces
idées
en
mobilisant
vos
connaissances sur Louis XIV et Versailles. Votre
texte final sera informatif, à structure explicative.
Bases de l'évaluation
¾
Le découpage en paragraphes est correct.
¾
Le titre ajouté traduit le sens du texte.
¾
Le résumé est correct (présence des idées
principales).
¾
La reformulation des idées est objective.
¾
Les idées principales sont expliquées par
des exemples (mise en perspective du
cours)
¾
La
langue
(syntaxe,
ponctuation,
connecteurs) est correcte.
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