Vendredi 26 novembre 2010 : une joyeuse surprise ! J'ai quitté ...

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Vendredi 26 novembre 2010 : une joyeuse surprise ! J'ai quitté ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Père André Chauvin
Maison Régionale sma,
01 BP 1152 Cotonou (Bénin)
Cel. (229) 97 47 73 19
andre.chauvin@missions-africaines.org
Vendredi 26 novembre 2010 : une joyeuse surprise ! J'ai quitté Cotonou ce matin pour Parakou,
afin de participer aux 50 ans du Monastère de l'Etoile. J'avais demandé de loger au Séminaire Notre
Dame de Fatima qui fête aussi cette année ses 50 ans d'existence. La chambre d'hôte n'étant pas
prête, on m'a donné celle que j'ai occupée pendant 2 ans à mon arrivée en 1965 ! Ce n'est pas une 4
étoiles, mais que de souvenir, 45 ans après ! Je vais essayer, entre 2 visites de séminaristes (ils sont
129 !) de vous donner quelques nouvelles de cette année qui s'achève, avant d'être repris lundi soir à
Cotonou par mon travail.
Inutile de vous parler de ma santé : depuis mon retour de France le 1
er
mai 2008, j'ai laissé de
côté médecins et médicaments, sauf pour les bilans tous les 6 mois qui sont excellents. Heureusement car
notre Eglise du Bénin vit au rythme des 150 ans de son existence et comme archiviste, je suis la mémoire
vivante de tous ce qui s'est passé et je suis sollicité de toute part !
Ce jubilé avait été annoncé dans une grande célébration à Parakou, le 5 décembre 2009,
présidée par Mgr Bonfils, SMA. Le 18 avril 2010, pour les 149 ans de l'arrivée des deux premiers
missionnaires SMA, les pères Borghéro et Fernandez, une grande fête avait été organisée à la Mission
d'Agoué où avait été créée la première préfecture apostolique du Dahomey. Le pèlerinage annuel de
Dassa-Zoumè, les 22 et 23 août a rassemblé une foule plus nombreuse que les années passées. Du 6 au
9 octobre, un colloque retraçait toute l'histoire de l'Evangélisation depuis ses origines jusqu'à nos jours.
On espère bientôt publier les Actes de ce colloque.
Le 14 octobre, commençait une sensibilisation au Jubilé de tous les mouvements, associations,
chorales,… des 74 paroisses du diocèse de Cotonou. Une série de 5 fiches devrait, tous les 2 mois,
inviter chaque fidèle à vivre ce jubilé en profondeur.
Et maintenant, le gros travail est la préparation du Jubilé lui-même le 17 avril 2011, sur la
plage de Ouidah où débarquèrent les 2 premiers missionnaires, célébration présidée par le cardinal
Barbarin, archevêque de Lyon d'où ils sont partis. Cette fête, le jour des Rameaux, sera jumelée avec
les J.M.J., journées mondiales de la jeunesse. Puis le grand pèlerinage de Dassa-Zoumè clôturera les
festivités au mois d'août sous la présidence du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Hier,
Radio Vatican annonçait une visite du Pape Benoît XVI au Bénin en novembre 2011. Nous sommes
vraiment comblés !
Il serait fastidieux de détailler toutes mes autres occupations. Depuis le 2 février, j'ai une
nouvelle voiture, une Opel Corsa, don des enfants de Mme Calvel de Gaillac, qui était venue me voir
en 1984 à Banikoara. Déjà 11 000 km à travers les routes et les pistes du Bénin et du Togo ! Au mois
de mai, j'étais allé faire ma retraite au Foyer de Charité au Nord Togo et au début novembre, je
prêchais la retraite à 28 diacres au Grand séminaire de Lomé. Plusieurs retraites et récollections à
travers le Bénin ainsi que les visites fréquentes dans les séminaires me permettent de vivre davantage
avec l'Eglise locale. Au mois de mai, à l'occasion de l'année sacerdotale, un pèlerinage a rassemblé
près de 500 prêtres du Bénin, sur les 750 qui y travaillent, autour de la Vierge de Dassa-Zoumè.
On nous demande aussi beaucoup d'intervention pour sensibiliser diocèses, paroisses et
communautés à cette grâce des 150 ans de l'Eglise. Et il faut fournir articles, documents et photos
d'époque. Cela nécessite un certain nombre de recherches dans les archives.
Je suis parti hier midi samedi 11 décembre 2010 pour Lokpo avec ma petite Opel jusqu’à
l’hôpital de Zinvié. Là, j’ai retrouvé le curé de Lokpo, Hervé Gougbémon. Nous avons laissé là nos
véhicules et en route pour Lokpo sur le même zémidjan, le chauffeur avec nos deux valises sur le
réservoir de la moto, le curé derrière lui, tenant en main un gros sac d'ananas et d'oranges et moi,
derrière, me cramponnant au porte bagage. 5 km de chemin épouvantable jusqu’à la barque Saint
Ambroise qui nous attendait. Le chauffeur voyait difficilement les trous par-dessus les deux valises ! La
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barque nous emmène à la mission où nous avons passé la soirée ensemble et aidé les servants d’autel à
remettre les briques les unes sur les autres pour faire une clôture à l’église et empêcher les boeufs et les
cabris de venir déranger la prière.
Ce matin dimanche, à 6h30, avec la barque, nous déposons le vicaire à Saint Joseph et je
continue sur l’Eglise du Bon Pasteur où je célèbre à 7h30. Ah ! Où est le père Grosseau pour parler
« fon » ? Messe très animée par une chorale de jeunes avec chants français à 3 voix. Je trouve aussi
lecteurs en fon et traducteur pour l'homélie. Dans cette chapelle, à la dernière crue, l’eau est montée
40 cm au dessus de l’autel. Aujourd’hui, autour de la chapelle, les gens reprennent la culture des
tomates, du piment, du manioc.
Je retourne en barque pour la messe de saint Ambroise, patron de la paroisse qui a lieu à 10
heures. Plus de gens en dehors de la chapelle que dedans. Elle vient pourtant d'être agrandie de trois
travées. Une grande église avait bien été commencée à côté de l'ancienne, mais la crue a renversé les
murs, et tout est à reprendre. Pendant ce temps, le curé est parti dans les stations et ne rentrera qu’à
14 heures. Après un bon repas (riz et poulet) pris ensemble, je reprends la barque avec le vicaire qui
récupère sa moto sur l’autre rive pour m’emmener avec ma valise jusqu’à l’hôpital. Cette fois, le chemin
que nous prenons est encore plus mauvais qu’à l’aller et je chute avec ma valise dans un grand trou
plein de boue noire et collante ! Plus de peur que de mal, mais la belle soutane blanche, pourtant
repliée à la ceinture a pris une autre teinte ! Je ramasse ma valise, nous repartons trempés et je
récupère enfin ma voiture dans laquelle je peux dissimuler ma tenue peu dominicale ! Demain sera jour
de grande lessive. J’ai lavé les chaussettes grises. Il a fallu plus de dix eaux pour enlever la boue noire
qui colle très dur au tissu, et encore, il reste l'odeur !
Une joie de plus pour un missionnaire heureux de sortir de ses archives. Cela ne m'empêchera
pas de retourner la semaine prochaine pour fêter Noël avec mes Tofinous.
Comme chaque année, mon gros travail en cette fin d'année est l'annuaire des diocèses à
mettre à jour. Je vais donc souhaiter à chacun de vous mes voeux de bonne année 2011, uni avec vous
en action de grâce pour notre année jubilaire. Devant le programme chargé de l'année qui vient, je
pense que ma santé me permettra de ne pas rentrer en France et de vivre tous ces événements dans la
joie : cette joie que je souhaite à tous et à chacun de vous.
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