Gena Rowlands et le renouveau des actrices d'âge mûr

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Muse de John Cassavetes avec qui elle a tourné pas moins de sept films, Gena Rowlands n’en demeure pas moins une actrice mystérieuse. Cultivant à la fois la force et la fragilité, la séduction et le mal-être, sa personnalité semble avoir plusieurs facettes qu’elle déploie au fil de sa carrière, de ses rôles. Gena Rowlands n’hésite pas à se mettre à nu, créant une frontière floue entre sa réalité d’actrice et celle de ses personnages. Parmi les aspects abordés dans son jeu, se trouve la question de la maturité, indubitablement. Comment rester sous les projecteurs quand des actrices d’un certain âge en sont écartées ? À travers Opening Night et Gloria notamment, celle que nous surnommerons “la star accessible” s’insurge contre une dictature hollywoodienne liée à l’âge. À ce titre, ces deux films – sortis respectivement en 1977 et 1980 – tentent de réhabiliter la femme de plus de quarante ans, peu avantagée dans le cinéma classique. Ce projet propose donc d’analyser la persona de Gena Rowlands autour de deux rôles phares. Ces derniers amorceront non seulement une évolution dans sa carrière, mais également un renouveau du stéréotype de l’actrice vieillissante créé dans les années 1950, avec des films comme All About Eve de Joseph Mankiewicz.
Publié le : dimanche 21 février 2016
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EAN13 : 9782367160634
Nombre de pages : 140
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Gena Rowlands et le renouveau des actrices d’âge mûr
Collection Thèses/essais
Déjà paru :
L’Hisoire de l’Ialie à ravers l’œuvre d’Eore Scola par Charles Beaud
Trajecoires balzaciennes dans le cinéma de Jacques Rivee par Francesca Dosi
La Révélaion du emps par les figures sonores dans les films d’Andreï Tarkovski e d’Andreï Zviaguinsev par Macha Ovchinnikova
Philippe Garrel une eshéique de la survivance par Thibaul Grasshoff
Le populisme américain au cinéma de D.W. Griffih à Clin Easwood : un héros populise pour unir ou diviser le peuple ? par David Da Silva
Berol Brech e Friz Lang, le nazisme n’a jamais éé éradiqué par Danielle Bleirach
Scénario e scénarise par Gabrielle Tremblay
ISBN 978-2-919070-141-9 ISSN 0753-3454 Dépô légal ocobre 2015
Imprimé dans l’Union européenne Maquee: www.lemoif-graphisme.com Couverure : capure d’Opening Nigh
Édiions LeMoif 105, rue de Turenne 59110 La Madeleine – France Tél. 33 (0)3 66 97 46 78 Télécopie 33 (0) 3 59 35 00 79 E-mail : conac@lemoif.com www.ediion-lemoif.com
Paola Dicelli
Gena Rowlands et le renouveau des actrices d’âge mûr
Remerciements
Je remercie Marguerie Chabrol, ma direcrice de recherche, pour sa profonde genillesse e ses reours oujours consruc-ifs sur mes ravaux. À Jean-Pierre Damiani pour sa générosié. A Alain Kleinberger pour sa bienveillance e son implicaion dans mon parcours. Merci à Anne-Violaine Houcke qui, la première, m’a appris à voir dans un film au-delà des apparences.
A ma mère, pour son souien, sa confiance e pour m’avoir fai connaîre cee acrice exraordinaire qu’es Gena Row-lands. Je iens égalemen à remercier ma famille : Chanal, Fernand, Anne e Charloe, ainsi que mes amis, d’êre à mes côés. Un grand merci à Aurélie Amouroux, d’avoir oujours éé là pour moi… Je remercie chaleureusemen Odile pour sa relecure ainsi que Richard pour sa précieuse conribuion. Merci aussi à Virginie pour son aide. A Amélie Nohomb pour ses conseils e sa présence béné-fique. J’aimerais émoigner oue ma graiude à Florence God-fernaux, don les paroles m’on éé e me son indispensa-bles. Enfin, un immense merci à Gena Rowlands pour son adorable paricipaion e pour avoir répondu à mes quesions.
Introduction
Il n’y a pas de « bon aceur ». Ce qui exise en revanche, c’es une coninuaion de la vie. La façon don vous jouez dans la vie, 1 c’es la façon don vous jouerez à l’écran.
Depuis leur développemen, les sudios hollywoo-diens on fondé leur réussie sur le sar-sysem: pilier du cinéma classique. Ainsi, les années 1920 on vu naîre de grandes figures du cinéma mue, comme Gloria Swanson ou Joan Crawford, qui suscien l’ad-miraion, devenan la représenaion des sudios aux-quels elles son affiliées. Mais, à l’arrivée du parlan, de nombreuses sars peinen à survivre arisiquemen e laissen souven leur place à une nouvelle généraion d’aceurs, parmi lesquels se rouve noammen Bee Davis. Cependan, après la Seconde Guerre mondiale, ces-derniers commencen égalemen à vieillir, provo-quan pour cerains un plus faible engouemen des specaeurs. Dès lors, dans une quêe d’image nouvelle, les sudios les remplacen peu à peu par de jeunes aceurs. Dans les années 1940-1950, nous verrons donc éclore des Marilyn Monroe ou Elizabeh Taylor, façonnées pour devenir des sars déifiées par le public. Tandis que leur présence dans un film es gage de
1. John Cassavees,Auoporrais, rad. de l’anglais par Serge Grunberg d’après Ray Carney, Paris, édiions de l’Éoile/Cahiers du Cinéma, 1992, p. 27.
INTRODUCTION
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succès, les anciennes éoiles luen difficilemen pour donner un nouveau souffle à leur carrière.
Bienô, Hollywood s’empare de ce phénomène des sars nosalgiques de leur célébrié passée. On assise, de ce fai, à l’émergence de films mean en scène ces anciens myhes condamnés à (re)jouer sen-siblemen leur propre rôle. Joan Crawford, connue pour sa silhouee avanageuse, es ainsi réduie à un faueuil roulan dans?Qu’es-il arrivé à Baby Jane d’Aldrich (1962), à la manière de Gloria Swanson, qui s’auo-caricaure en ancienne sar du mue dansBou-levard du crépusculede Wilder (1950). Même si le cas de Bee Davis es un peu différen puisqu’elle se voi confier dès les années 1930 des rôles de femmes plus âgées, elle es ou de même, dans les années 1950-1960, cloisonnée dans des personnages d’acrices nos-algiques de leur jeunesse (The Sarde Heisler,Èvede Mankiewicz ouQu’es-il arrivé à Baby Jane ?). En revanche, si le cinéma classique a beaucoup raié de cee difficulé des sars à se réinvener après le mue ou quelques décennies après leurs premiers succès, le Nouvel Hollywood n’a que raremen abordé la ques-ion de l’âge, mean ainsi de côé une seconde vague de déchéance : celle des icônes des années 1940-1950.
En effe, influencés par les nouvelles vagues en Europe e surou par le vieillissemen de ces sars qui ne fon plus rêver, les Américains évoluen dans les années 1970 vers un idéal d’aceurs beaucoup plus accessibles, auxquels ils peuven s’idenifier. Dès lors, ces nouveaux visages s’aachen à monrer non plus une vie arificielle faie de srass e de paillees, mais
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GENA ROWLANDS ET LE RENOUVEAU DES ACTRICES D’ÂGE MÛR
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