La guerre du fou

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LA GUERRE DU FOU Ou comment mettre le feu dans le bureau du psychiatre… D’après une bande très originale de ... Georges Staddelfrau Mais qui est Georges ? La femme de la ville ? L’homme à femme ? Et si, en fait, Georges n’était pas moins qu’un travesti, un caméléon, un psychanalyste de psychiatres en errance, un patient impatient, un éternel voyageur au gré des neuroleptiques éternels ? Comprimé, résolument il l’est, au désidérata de son ordonnance : « Je t’ordonne de te taire »… Certes, Georges maîtrise le silence avec lequel il compose ses partitions mais ce musicien imparti n’a de caisse de résonnance que pour son tambour psychologique. Son ventre sonne le creux et son assiette est lobotomisée, dépourvue de personnalité, aseptisée de toutes saveurs, c’est à croire que Lucifer est au fourneau mais… Précisément, Georges, tu es dans l’antre de Satan et ta vie est désormais un enfer !! Loin de lui l’idée de rencontrer des âmes botritrisées, le cinéréa s’est vu cette année, tout comme les précédentes, ravagé par le phylloxéra. La biodynamie n’est pas d’usage, seuls les maux sont employés et la disette est très littéraire car bien argumentée. Les phénomènes sont fictifs, le paranormal tourne les pages blanches parcourues d’encre noire et Georges se fait le sérial killer de ses idées les plus sombres, la sémantique est colorée par les tons obscurs. Dresser le tableau de sa pathologie n’est pas chose facile, ses pinceaux s’emballent sur des toiles douteuses.
Publié le : vendredi 23 août 2013
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LA GUERRE DU FOU
Ou comment mettre le feu dans le bureau du psychiatre…
D’après une bande très originale de ...
Georges StaddelfrauMais qui est Georges ? La femme de la ville ? L’homme à femme ?
Et si, en fait, Georges n’était pas moins qu’un travesti, un caméléon, un psychanalyste de psychiatres
en errance, un patient impatient, un éternel voyageur au gré des neuroleptiques éternels ?
Comprimé, résolument il l’est, au désidérata de son ordonnance : « Je t’ordonne de te taire »…
Certes, Georges maîtrise le silence avec lequel il compose ses partitions mais ce musicien imparti n’a
de caisse de résonnance que pour son tambour psychologique.
Son ventre sonne le creux et son assiette est lobotomisée, dépourvue de personnalité, aseptisée de
toutes saveurs, c’est à croire que Lucifer est au fourneau mais… Précisément, Georges, tu es dans
l’antre de Satan et ta vie est désormais un enfer !!
Loin de lui l’idée de rencontrer des âmes botritrisées, le cinéréa s’est vu cette année, tout comme les
précédentes, ravagé par le phylloxéra. La biodynamie n’est pas d’usage, seuls les maux sont
employés et la disette est très littéraire car bien argumentée.
Les phénomènes sont fictifs, le paranormal tourne les pages blanches parcourues d’encre noire et
Georges se fait le sérial killer de ses idées les plus sombres, la sémantique est colorée par les tons
obscurs.
Dresser le tableau de sa pathologie n’est pas chose facile, ses pinceaux s’emballent sur des toiles
douteuses. Le fugitif des états d’âme y dévoile sa personnalité aux méandres suspects : c’est le ton
sur ton qui s’impose sous toutes ses coutures.
Du style, il en faut pour paraître. Etre, le problème est là, le biais est roi et les accessoires règnent en
maître. Les artifices d’une psyché extravertie. La bobine et son dévidoir ont perdu le fil, le parfum des
sens directionnels.
La route des épices est toute indiquée à ceux qui ont perdu les chemins de la foi, la fougère des sous
bois pour les ballades, la paille pour la sieste, le tilleul pour s’apaiser, la cannelle pour sucrer ses
pensées et les agrumes pour zester son quotidien et l’eau doit être tonique.
Scénario n°1 : Le blues
Scénario n°2 : La recette du bonheur
Scénario n°3 : Les vendanges pluvieuses
Scénario n°4 : Le grand livre de la jungle
Scénario n°5 : L’impression d’un tableau
Scénario n°6 : Un portrait tiré à quatre épingles
Scénario n°7 : Carpe Diem, l’essence !
Scénario n°8 : La pause-café du psyLe Blues
Cam int, écl jour.
Plan moyen
Mélodie entre en consultation avec sa guitare, elle ouvre la porte avec un tonus
extraordinaire et enchaine les accords de sa composition et pousse la chansonnette :
« Bonjour Doc’ ! Je suis folle de joie ! Cette nuit, j’ai pondu un méga blues, c’est à
pleurer tellement c’est triste, d’ailleurs, si j’aimais pas ma guitare, je crois que j’y
couperais les cordes pour me pendre tellement que c’est mortel ! »
Le psy en voix off : Gros Plan
« Ouh là là ! Qu’est-ce qu’elle me fait-elle ? Euphorique et triste, bon, dépakote, ça
va la stabiliser. Je la trouve speed ! J’hésite : Tertian ou loxapac, ah ! plutôt Loxapac,
ça va la faire dormir, elle est surmenée, c’est pas possible ! Et encore cette tendance
suicidaire qui persiste : dois-je confisquer sa guitare ? Les cordes quand même…
Mélodie, gros plan :
« J’ai le titre de l’album : « Mountain of disaster » : c’est de la bombe, Doc’ : rien que
du bon gros méchant fléau qui tue le mort grave ! L’instrumental, c’est pire encore !
J’ai le médiator qui fume tellement que ça gratte le bordel ! Et Doc’ ? Vous croyez
que j’ai des morpions ? »
Le psy, en voix off, gros plan :
« Ouh ! La salope ! Elle se fout de ma gueule ! Je confisque le médiator, le thunder,
c’était la semaine dernière mais celle-là, elle commence à me taper sur le système. »
Mélodie balançant sa guitare sur le bureau du psy, à califourchon sur sa chaise,
prenant le médiator en guise de cure-dent :
« Bon, parlons de choses sérieuses : on est pas là pour rigoler ! Alors voilà, j’hésite :
dans mon texte et pour faire chialer à mort entre faire mourir la périp’ d’une OD ou si
elle flingue son mac’ avec un gun et qu’elle se retrouve en tôle et qu’elle se fait violer
à mort ? Qu’est-ce que c’est le mieux ?
La psy, en voix off, gros plan :
« Bon, le Prozac a merdé, elle part vraiment en live, le stablon, c’est bien trop léger
pour sa pathologie lourde alors elle, c’est séroplex 40 mais je me tâte : bipolaire, elle
va nous faire une crise de démence. Comment je la stabilise celle-là ? Allez Tertian
et loxapac pour la calmer plus ergothérapie obligatoire, argile, perles et dessin :
qu’est-ce qu’elle a encore dans la tête ? »Mélodie, gros plan :
« Alors Doc’ ! J’fais quoi ? Comment je les flingue ? Ben dîtes moi ! Vous savez
vous ! »
La psy, gros plan :
« Vos idées de mort ne vont pas en s’arrangeant et la musique n’adoucit pas vos
mœurs, je confisque la guitare et je vous prends rendez-vous chez le dentiste. Vous
êtes bipolaire et en phase maniaque, vous aurez une petite injection qui va vous
calmer et des gouttes pour vous apaiser. Vous aurez exceptionnellement accès à
votre chambre quand vous le souhaiterez et je vous conseille d’écouter le printemps
de Vivaldi, je confisque vos CD. Plus de guitare, plus de papier, plus de crayons :
vous trouverez tout ça à l’ergothérapie, tous les matins de 10 à 12 . Passez une
bonne journée et reposez-vous, au revoir ! »
Mélodie en gros plan :
« Super Doc’ ! L’album ; ça va marcher à fond la caisse, ‘faut que j’appelle mon
prod ! à plus dans l’arrêt de bus ! »Tous au réfectoire !
Cam int, écl jour, plan d’ensemble :
Le styliste :
« Gentes dames et damoiseaux, permettez-moi d’ouvrir le bal et n’oubliez pas votre
entonnoir ! On va se gaver avec les p’tites pilules magiques ! »
Le peintre :
« Comme promis, mon Xanax contre votre dessert ? »
Le styliste :
« Tiens, ben justement ! Voilà le charriot de Barbie et sa poupée vaudou : faîtes bien
attention, elle va nous mettre chiffon et je garderai les épingles ! »
La Chef de cuisine :
« à midi, c’est choux de Bruxelles : on sera gazés et pas chiffon ! Il ne manque plus
que de l’ananas en dessert pour les bons p’tits rototos ! »
L’écrivain :
« Cela nous donnera une autre vision de l’alphabet dans la sémantique de la
digestion flatulente… »
Le parfumeur :
« Quelle essence allons-nous donc composer là ? »
La musicienne :
« En tous les cas, ce ne sera pas un super sans prouts ! »
L’œnologue :
« Moi perso, je troquerais bien mes valliums contre des gouttes de Lysanxia au goût
de Pastis pour me casser les papilles avant ces infâmes repas ! »
Le peintre :
« Ah ! Mais si vous ne voulez pas de votre vallium, cela peut s’arranger et m’aiderait
pour mon archipel cet après-midi ! »La musicienne :
« Je prendrai ma harpe pour vous accompagner mais il faudra me donner votre
entrée parce que le tertian me donne la dalle ! »
L’architecte :
« C’est vrai qu’ici, nous la creusons tous ensemble et qui sait ? Peut-être qu’en
dessous nous y trouverons la crypte de nos idées noires ? »L’impression d’un tableau
Cam int, écl nuit, plan d’ensemble.
Dans la salle de vie, le peintre et l’œnologue converse sur leur sujet favori, en
l’occurrence, les pigments.
Le peintre, plan moyen :
« Ah, cher ami, nous voici devant cette toile vierge de toute émotion et j’y suggère un
souffle de renouveau : j’entame donc la sphère de la brise marine et je vais y faire
naviguer un trois-mâts »
L’œnologue, gros plan :
« Vous avez bien raison, cher ami et savez-vous, par ailleurs que la voile est
conseillée pour les âmes torturées ? Nous apprécierons là un peu de quiétude ! »
Le peintre, plan moyen :
« Mince alors, je pensais tout de même y tourmenter les flots, une tornade, quelques
tourbillons, de jolies méduses, des chasseurs de gentilles baleines bleues pour
contraster avec de grosses vagues vermeilles, tirant sur le jade, du bleu obscur et
juste l’écume en blanc : la colère de Neptune ! »
L’œnologue, se grattant la tempe droite, gros plan :
« J’aurais plutôt vu, à défaut de ne pouvoir le boire, un cristal de Spiegelau
embellissant la robe jaune teintée d’or d’un Riesling Vendanges tardives 1989 mais
je me tâte : un Spiegelau ou un Stork ? Le pied vert du Stork est trop banal pour une
telle rencontre et ce monologue interposé est sur le point de venir à bout de ma
patience, sacrilège ! Il n’y a rien à boire là-dedans ?? »
Le peintre, plan moyen :
« Oh et puis zut ! Les femmes me manquent et ici, je vois tout en noir alors, je vais le
faire à la Rembrandt et ce sera un remake de « L’origine du monde »
L’œnologue :
« Ah non alors ! Je préfère de jolies Bacchantes, mettons-nous donc au travail ! »Le peintre :
« D’accord, mais elles tiennent le comptoir et c’est du top-less et on verra bien
combien de temps ce bromure va faire effet ! Ce sera le tableau de Raphie ! »La pause-café du psy
Cam int, écl jour, plan d’ensemble :
Le psy, le gynécologue, le chirurgien recto-anal :
« Salut Raphaël ! Alors, t’as vu du beau monde aujourd’hui ? »
« M’en parle pas, David ! J’ai encore saturé quelques ordonnances et posé quelques
diagnostics pas piqués des vers ! »
Serge :
« Super ! Des vers ! Bon ! Admettons : c’est pas de la poésie ce que je vais te dire
mais si le vermifuge est inefficace, je suggère la gousse d’ail plantée dans l’anus
mais c’est risqué… Tu comprendras bien que ce n’est pas compatible avec un joli
collier d’hémorroïdes ou alors un vilain GBS*! »
David :
« Ouais ! Ben moi, mes patientes, elles n’ont pas ce problème mais les cueillettes de
champignon, c’est verni, je rentre jamais bredouille ! »
Le psy :
« Tiens, des champignons ! C’est bien ce qu’il faudrait à mon anorexique : elle se
plaint toujours des repas mais en fait, c’est un super Chef, elle nous sortirait peut être
un truc sympa ! »
Serge :
« Et ton Œnologue, il en pense quoi des champignons ? Une sélection de grains
nobles ou une simple vendange tardive ? »
Le psy :
« Ah lui ! Je t’arrête tout de suite, je l’ai thermo régulé à grands coups de Revia, on
est tranquille pour un petit bout de temps, du coup, il discute avec le peintre et il
colore ses toiles avec du marron aux pigments de plomb dans le vermillon, un
Château Margaux 76 ! Dans ce pavillon, il y a à boire et à manger et en plus, ils sont
logés ! »
David :
« Ça a du bon les accessoires virtuels, ça booste et ça ne sape pas le moral ! »Le psy :
« Sinon, en parlant de sape, j’ai vu le styliste et il m’a complimenté sur mon
Burlington et ce matin, j’ai mis mon p’tit caleçon Prince de Galles et mon trench
Ecossais. Les Brits, ils ont la classe aussi, demain, j’essaie les rayures pour voir ce
que les Dalton vont en penser ! »
Le psy :
« Bon, je vous laisse les gars, mon biper me rappelle à l’ordre ! »
 GBS : Gay BowelSyndrom

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