Précis d'écriture du scénario

De
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Quelles sont les différentes étapes de l’écriture de votre scénario ?
Comment faire en sorte d’avoir les idées claires, d’avoir répondu à toutes les questions ?
De présenter un scénario optimal ?
Comment amener votre projet devant un guichet cinéma ou télévision avec le plus de chance de son côté ?
N’y a-t-il pas moyen de le rendre plus performant ? De creuser les personnages ? D’aller jusqu’au bout de son potentiel ?
Inclut une carte pour acheter 3 scénarios pour le prix de deux !
Ce petit précis se veut un condensé de certaines méthodes d’écriture, une base de référence pour gagner du temps, de l’énergie dans son travail. Mais surtout, il détaille le processus de lecture d’un scénario et vous aide à chaque étape de votre quête, en prenant conscience du marché français, de ses exigences, ses contraintes et ses limites.
Depuis plus de dix ans, Kevan Stevens a lu et analysé plus de 2.000 scénarios de longs-métrages cinéma et fiction tous formats. Il a notamment travaillé pour M6 Films, Wild Bunch, TF1 Fiction, Arte Fiction, des Soficas, France 2 cinéma, SND, France Télévisions. Il réalise plusieurs courts-métrages dont les scénarios ont été primés et des documentaires. Il intervient régulièrement au Master Pro II de la Sorbonne cinéma, télévision et nouveaux médias dirigé par François Garçon, a encadré un atelier écriture long-métrage à l’École de la Cité de Luc Besson et il est devenu le traducteur de Christopher Vogler (Le guide du scénariste).
Publié le : dimanche 21 février 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782367160429
Nombre de pages : 172
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ISBN 978-2-36716-042-9
Dépôt légal août 2014
Maquette : www.lettmotif-graphisme.com
Éditions LettMotif
105, rue de Turenne
59110 La Madeleine – France
Tél. 33 (0)3 66974678
Télécopie 33 (0)3 59350079
E-mail: contact@lettmotif.com
www.edition-lettmotif.com
www.scenario-film.frPourquoi ?
Soit vous êtes un génie, ou êtes persuadé en être
un et vous refusez sciemment de développer quoi que
ce soit tant que l’argent n’est pas sur la table. Mais dans
ce cas-là, comment pourrez-vous progresser? Et si le
producteur vous demande ensuite une V1 payée? Vous
avez dès lors 9 chances sur 10 de lui ramener un brouet
infâme. Comment développer une V1 satisfaisante si
vous n’avez jamais développé jusqu’au bout un seul
scénario de long-métrage? Le scénario, si l’on cherche à
maîtriser sa technique, ses méthodes d’écriture, son
style, suit le même cheminement complexe que l’écriture
d’un roman. Stephen King avait confié avoir écrit une
dizaine de romans avant qu’un seul d’entre eux ne soit
publié. A priori, à part pour les chanceux, les génies de
l’écriture et les arnaqueurs bourrés de contacts ou de
charme, on ne pond pas un premier scénario lisible en
un mois, tranquillement assis à sa table.
Ce petit essai s’adresse essentiellement
à deux catégories de scénaristes
Ceux qui débutent ou qui veulent sentir le marché
professionnel de plus près, qui cherchent des réponses
précises sur des points d’écriture, qui connaissent un
doute à une étape de leur scénario, de leur dossier, de
leur présentation.
Mais aussi à des auteurs plus chevronnés ou d’autres
membres de la profession qui souhaiteraient, au détour
PRÉCIS D’ÉCRITURE DU SCÉNARIO 7d’une lecture ou d’une phase de réécriture, mettre le
doigt sur une fragilité de leur texte, trouver une
évidence qui leur tournait autour depuis trop longtemps
sans avoir vraiment su la localiser, la représenter.
Parfois, il suffit d’un déclic, du simple bon sens, un
brin de logique ou le simple fait de placer des mots, des
explications sur une lacune, sur ce qui jusque-là nous
échappait, pour soudain se rendre compte ou confirmer
une fissure, un point mou, une fragilité dans son histoire,
ses personnages, sa construction et y remédier.
Un point par rapport
à la formation
Ce précis de lecture scénaristique n’est pas une fin
en soi. Juste un pense-bête, une petite réflexion sur le
texte scénario, un modeste apport dans l’océan de livres
sur le sujet. À la fois précis technique condensé mais
aussi un point d’ancrage pour formuler de la façon la plus
pertinente possible son texte, ses dossiers de présentation,
pour que la (re)lecture de son script et ses possibles
réorientations ou repositionnements soient optimaux.
Nous louons par ailleurs toutes les autres portes
d’entrée possibles, en fonction de la personnalité de
chacun, de ses aspirations, de son parcours personnel.
Les formations universitaires en écriture aussi bien qu’en
théorie, le CEEA, la Fémis, les séminaires de Truby,
McKee, Vogler, Campbell, Lavandier, les essais dont ils
sont tous issus, et notamment les grandes œuvres
théâtrales et poétiques, Aristote, La Bruyère, Molière, la
mythologie sous toutes ses formes, etc. Des approches
8 PRÉCIS D’ÉCRITURE DU SCÉNARIOcomplémentaires, croisées, qui font de toute évidence
progresser. Qui nourrissent à la fois son parcours d’auteur
et ses textes.
Mais après avoir suivi un nombre non négligeable
de ces enseignements, j’ai trouvé qu’il manquait un
précis technique plus condensé, resserré sur le scénario,
et notamment centré sur le scénario en France. Nous
sommes tous subjugués par les modèles d’écriture
anglosaxons. Et c’est une bonne chose puisque Hollywood a
tout écrasé en termes d’écriture, d’efficacité, de
personnages, de méthodes. Mais un film cinéma américain
reste américain. Et les seuls réalisateurs et scénaristes
français qui se sont véritablement imposés soit travaillent
à l’étranger, soit ont réussi à utiliser une base
méthodologique, les outils d’écriture anglo-saxons, des schémas
de narration et de personnages, pour ensuite les nourrir
d’une psychologie, d’une mentalité et d’un environnement
plus européens. La France, à ce titre, ne peut par exemple
pas tout à fait reprendre la base mythologique américaine.
Non seulement parce que le territoire ne s’y prête pas,
en termes de mythes visuels, mais surtout parce que les
sources de financements, les modalités de production,
de diffusion et les publics diffèrent. Et ceux qui rarement
s’y aventurent (on pourrait à ce titre citer Luc Besson,
peu importe qu’on apprécie ou pas ses films, sa force de
frappe commerciale est là pour nous le rappeler)
construisent leur scénario et leur film pour un schéma monde,
international et pas seulement français. Et ce
savoirfaire correspond plus à celui d’un self-made-man, d’un
industriel que d’un auteur isolé.
C’est dans cette optique qu’il est bon d’être cohérent.
Bien sûr, si nous ne sommes pas producteurs, il ne faut
pas penser son projet sous l’angle d’un producteur.
PRÉCIS D’ÉCRITURE DU SCÉNARIO 9Néanmoins, il faut être conscient du scénario, de son
bassin d’audience, de son lieu de tournage, de son
chantier à venir, de son décorum, en termes de coûts,
de possibilités de réalisation. Si vous écrivez un scénario
guerrier qui se déroule au Moyen Âge, avec des batailles
titanesques, combien de producteurs seront prêts à vous
suivre dans cette aventure? Je ne dis pas qu’il faut se
censurer, s’auto-décourager et tous tenter d’écrire Angèle
et Tony, l’excellent Tomboy ou La Guerre est déclarée.
Au contraire. Tous les styles et toutes les aventures sont
jouables, imaginables et il ne faut s’arrêter devant aucune
barrière. Mais juste prendre conscience de ce que l’on
écrit et pour qui on l’écrit. Cela peut éviter beaucoup de
découragement, de peines et de longues périodes
d’errance dans sa retraite scénaristique. n
10 PRÉCIS D’ÉCRITURE DU SCÉNARIOPréface
Avant toute chose, quel que soit le regard critique
rencontré au gré de ces pages, de leur impact sur vous,
vos projets, je vous engage à persévérer, écrire et réécrire,
travailler vos univers, vos émotions, vos personnages,
votre vécu personnel. Voyagez, regardez les gens, sortez
de chez vous, faites des rencontres. Lisez,
nourrissezvous. Et écrivez. Encore et encore, inlassablement, jusqu’à
l’obtention d’une vraie matière, d’une pâte qui ait un
goût, une forme, du corps, du parfum. Une âme. Il
arrivera un temps où votre expérience, votre
savoirfaire, votre style parleront, rencontreront un écho. Même
si cela peut prendre beaucoup de temps.
J’ai travaillé pendant dix ans comme lecteur,
consultant, script doctor, chargé de développement, chargé de
programme, conseiller artistique pour M6 Films, Arte
fictions, TF1 fiction, Wild Bunch, Studio 37, TF1
International, la Sofica Image Plus, TF1/UGC, SND, France 2
cinéma, France Télévisions, ainsi que pour de nombreux
partenaires indépendants. Je me suis aussi spécialisé
pour des consultations personnalisées et du script
doctoring. Je suis également intervenu dans le cadre du
Master Pro 2 de la Sorbonne, cinéma, télévision et
nouveaux médias, ainsi que pour divers partenaires
pédagogiques, dont des ateliers écriture à l’école de la Cité
créée par Luc Besson en 2012.
Toutes ces années m’ont offert deux formidables
outils. Le fait de situer et comparer la progression d’une
PRÉFACE 11écriture, de sujets, d’histoires, dans le flux ininterrompu
des autres histoires, comme une sorte de fleuve s’étirant
à perte de vue, avec un continuum de nouveaux entrants
et de sortants, à raison de 100 à 250 scénarios, traitements,
synopsis de longs, courts, séries télévisées que j’ai eu le
loisir d’analyser chaque année. J’ai ainsi suivi les jeunes
auteurs qui percent, les anciens qui n’ont plus la cote,
les écritures marquées par leur époque, celles à la pointe
de leur temps. J’ai commencé à saisir avec une plus
grande acuité ce qui faisait défaut dans un texte, là où il
pèche, quel est son stade de développement. Mais aussi
son positionnement sur le marché en un temps et une
époque donnés. Réussir à pointer du doigt les endroits
clefs à retravailler. Et, malheureusement aussi, apporter
une sentence de mort. Car nombreux sont nos scénarios
qui doivent à un moment s’arrêter au cours de leur
développement. Qui n’ont pas la force ou ne la trouveront
pas, qui se sont trompés pendant leur cheminement,
ont pris une mauvaise direction, se retrouvent dans une
impasse, sans que ce soit possible de les faire progresser
– dans un temps ou une direction impartis par l’état de
progression du script. Ou parce que les avis sont trop
divergents ou ne se retrouvent pas entre celui qui écrit
l’histoire et celui qui la commandite (ou qui la met en
production, en vente).
Ce livre propose et établit quelques règles
élémentaires, quelques possibilités, fenêtres et outils pour se
projeter dans son script. Je me sens personnellement
proche des cinémas de Béla Tarr, Kitano, Gus Van Sant,
Alex Van Warmerdam, Bergman, Peter Watkins, Jacques
Doillon, Rohmer, Kim Ki-duk, etc., etc. Je ne suis par
contre pas du tout persuadé que le meilleur moyen de
12 PRÉCIS D’ÉCRITURE DU SCÉNARIOdévelopper des films dans un créneau auteur pur et dur
soit de passer par des manuels d’écriture… Mais les vrais
artistes le savent mieux que quiconque. Ce qui ne veut
pas dire qu’on ne peut pas être artiste et artisan du
script à la fois. Ni que l’on perd son talent, sa pureté ou
son innocence stylistique si on décide de respecter un
certain nombre de codes narratifs.
Nous partons simplement du fait ici que le cinéma
est une industrie, et par ailleurs un art. Nous voulons à
ce titre vous offrir des clefs pour positionner votre
scénario sur un registre commercial. Pas simplement
écrire pour soi et éventuellement plaire aux autres. Mais
plus écrire pour placer et vendre son scénario. Ce n’est
pas une offense que de penser un scénario en tant que
produit marchand. Peut-être pas un produit comme un
autre. Mais un produit quand même. Avec des acheteurs,
des clients, une offre et une demande. La loi du cinéma,
à laquelle chacun de nous se confronte très vite.
Nous nous retrouvons ici pour parler de densité,
de calibrage, de technique. Si l’on tombe d’accord sur
un point élémentaire dès à présent: calibrer et densifier
n’est pas édulcorer ni formater. Nous ne vous
demandons pas de vous censurer. Ni de faire rentrer vos
scénarios dans des cases, des schémas préétablis.
Nous voulons surtout parler d’HISTOIRE, le formidable
absent du cinéma français depuis cinquante ans, qui
a eu honte depuis le bouleversement imposé par la
Nouvelle Vague de remettre en selle la vraie notion
de scénariste, d’artisan du script, du faiseur d’histoire,
conteur, griot ou quel que soit son nom, au seul profit
d’un dieu Auteur qui a complètement déstabilisé le
marché, au point de créer une tragique fracture entre
PRÉFACE 13des films arts et essais soutenus à bout de bras par
des financements publics et un cinéma commercial
sans aucune ambition autre que financière. Alors que
le cinéma européen a plus que jamais besoin d’un
relais entre ces deux segments. Un besoin de films de
cinéma et de séries qui veulent raconter des histoires.
Des histoires qui ensuite peuvent devenir profondes,
de véritables œuvres. Mais au départ, de simples
histoires. Sans mettre en avant sa patte auteur, sa
réflexion, sa fibre philosophique. Ou alors peut-être
en la plaçant derrière, comme ombre, comme
soubassement, comme gouvernail. C’est justement sur
cette base, cette envie, que nous espérons commune,
que nous allons nous concentrer. Juste une envie de
raconter et savoir raconter des histoires.
Car une histoire, même si elle peut et doit requérir
style et profondeur, doit avant toute chose connaître,
appréhender, savoir dompter un certain nombre de
techniques, la codification des genres, des schémas de
personnages, de rythme, d’émotions qui ne s’apprennent
qu’en les travaillant, encore et encore, sans relâche. En
lisant et en dévorant avec un regard aiguisé, du recul,
des pauses et des phases de dissection tout film et série
rencontrés, les grands classiques aussi bien que les
nanars, les séries B et les films pointus aussi bien que les
flux mainstream.
À ce titre, ce petit guide ne propose pas de recette
miracle et ne prétend pas représenter LA solution,
forcément inexistante, malgré la volonté de certains de
croire qu’en diluant un sachet de poudre magique dans
un verre d’eau on puisse obtenir un merveilleux scénario
vendeur et prometteur. Mais ce support technique vous
14 PRÉCIS D’ÉCRITURE DU SCÉNARIOpermettra, espérons-le, d’éviter de tomber dans certains
pièges, d’aller de l’avant, de sauter des obstacles. Et
surtout, de GAGNER DU TEMPS, dans la mesure où l’on
arrive à obtenir suffisamment de distance avec son
scénario. Par bien d’autres aspects, il devrait aussi, si votre
projet est travaillé avec opiniâtreté, vous permettre de
franchir certains barrages lors de la présentation de
votre scénario aux différents guichets. On doit avant
tout avec un texte susciter le désir, donner envie, plonger
dans l’univers, les personnages que l’on a choisis, que
l’on a portés… pour que les décideurs souhaitent aller
plus loin et transformer au final les mots en images.
Qu’ils aient envie de mettre tout simplement leur argent
et leur énergie sur votre projet. Telle est aussi la magie
et l’incroyable difficulté du cinéma. n
PRÉFACE 15Lecture
d’un scénario
Une chose est sûre. Si l’histoire, les personnages ou
les intentions sont dès le départ incohérents, mal traités,
sans enjeux… le scénario ne peut pas être sauvé, comme
on dit, « en l’état ». Il doit être entièrement réécrit mais
surtout repensé. Reconsidéré.
Certaines sociétés peuvent commander une simple
lecture, un travail en amont de tamis, d’autres cherchent
à savoir quel est l’état d’avancement de leur projet, en
terme artistique mais aussi commercial. D’autres encore
veulent plus précisément connaître ou avoir confirmation
de la cible à laquelle se destine le film ou simplement si
votre opinion corrobore la leur et ce qu’elle met en lumière
sur le script.
Beaucoup de producteurs, parfois des auteurs,
évaluent le potentiel de leur histoire en termes d’audience,
de sorties. Mais combien se trompent? Combien de fois
m’a-t-on fait lire un projet en pensant qu’il s’agissait
d’un thriller au formidable potentiel spectateurs alors
qu’à la lecture, on sentait au contraire la destination
d’une niche réduite? Que le public ciblé n’était pas celui
escompté? Que les éléments nécessaires à une cible
jeunesse n’étaient pas réunis? Que le potentiel comédie
était inférieur au potentiel dramatique?
LECTURE D’UN SCÉNARIO 17

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