ALICE COCEA (1899-1970) DE LA GLOIRE A L'OUBLI

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Alice COCEA (1899 - 1970) DE LA GLOIRE A L'OUBLI SINAIA (Roumanie) SAINT-BRISSON (Loiret) Gérard DAMION Alice COCEA (1899-1970), d'origine roumaine, fut une actrice de cinéma et une comédienne de théâtre parmi les plus connues et les plus adulées des années 1920-1930. Devenue célèbre grâce à l'opérette PHI-PHI, elle va enchaîner succès sur succès, jouer avec les plus grands acteurs de l'époque et faire régulièrement la une des journaux. Côté coeur, on peut dire qu'elle a eu une vie sentimentale plutôt compliquée : d'abord elle fait un mariage de rêve avec un comte issu d'une très grande famille et devient par ce fait comtesse. Quelques années plus tard, c'est le divorce, puis une liaison tumultueuse avec un jeune officier de marine, héros de la Croisière Jaune CITROEN, qui va se suicider par dépit amoureux. A la fin des années 30 c'est avec un individu peu recommandable qu'elle va s'afficher. Enfin, son dernier amour sera un jeune résistant qui, arrêté par les allemands, perdra malheureusement la vie au sinistre camp de Mauthausen. Durant l'occupation. Alice COCEA devient directrice du Théâtre des Ambassadeurs laissé vacant par un juif exilé aux ETATS-UNIS. C'est une des choses qu'on lui reprochera, la Libération venue, mais, comme toujours, elle réussira à rebondir et à retrouver les grâces du public.
Publié le : jeudi 21 novembre 2013
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    SINAIA
Alice COCEA
(1899 - 1970)
DE LA GLOIRE A L'OUBLI
 (Roum
anie)
                                                                          SAINT-
Gérard
DAMION
BRISSON (Loiret)
 Alice COCEA (1899-1970), d'origine roumaine, fut une actrice de cinéma et une comédienne de théâtre parmi les plus connues et les plus adulées des années 1920-1930. Devenue célèbre grâce à l'opérette PHI-PHI, elle va enchaîner succès sur succès, jouer avec les plus grands acteurs de l'époque et faire régulièrement la une des journaux.
 Côté coeur, on peut dire qu'elle a eu une vie sentimentale plutôt compliquée : d'abord elle fait un mariage de rêve avec un comte issu d'une très grande famille et devient par ce fait comtesse. Quelques années plus tard, c'est le divorce, puis une liaison tumultueuse avec un jeune officier de marine, héros de la Croisière Jaune CITROEN, qui va se suicider par dépit amoureux. A la fin des années 30 c'est avec un individu peu recommandable qu'elle va s'afficher. Enfin, son dernier amour sera un jeune résistant qui, arrêté par les allemands, perdra malheureusement la vie au sinistre camp de Mauthausen.
 Durant l'occupation. Alice COCEA devient directrice du Théâtre des Ambassadeurs laissé vacant par un juif exilé aux ETATS-UNIS. C'est une des choses qu'on lui reprochera, la Libération venue, mais, comme toujours, elle réussira à rebondir et à retrouver les grâces du public.
 Mais les temps ont changé, une nouvelle génération d'actrices émerge et Alice COCEA se rend compte qu'elle n'est plus la jeune première de PHI-PHI qui croulait sous les applau-dissements. Un dernier film de VADIM, une dernière pièce de SAGAN, et c'est la retraite.
 Elle quitte ce monde en 1970, pratiquement seule et oubliée. Elle repose depuis dans un petit cimetière du Loiret, à SAINT-BRISSON-SUR-LOIRE.
INTRODUCTION
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 L'histoire pourrait commencer ainsi : « il était une fois une jeune roumaine qui rêvait d'être comédienne, et qui, venue tenter sa chance à Paris, avait juré, avant son départ, de devenir un jour .. célèbre...
 11 novembre 1918, dans l'allégresse générale, les Français apprennent que l'Armistice vient d'être proclamé. L'ALLEMAGNE est vaincue. A PARIS les rues sont noires de monde, on s'embrasse, on chante, bref on fête comme il se doit le retour de la paix. A la Chambre, Georges CLEMENCEAU (passé du « Tigre » au « Père la Victoire ») prononce un discours enflammé, suivi d'une Marseillaise entonnée avec enthousiasme par tous les parlementaires.
 11 novembre 1918, c'est précisément ce jour là que devait avoir lieu la première de " PHI-PHI", opérette en 3 actes d'Albert WILLEMETZ et Henri CHRISTINE. Naturellement, pour cause d'armistice, "PHI-PHI" ne sera jouée que le lendemain, mardi 12 novembre, en matinée, aux Bouffes-Parisiens.
 Les Parisiens ont besoin de se distraire après tous les événements qu'ils ont vécus, aussi, la foule se presse pour le spectacle. Le Tout-Paris des Arts et du Spectacle est aux premiers rangs. On reconnaît, entre autres, Anna de NOAILLES, Henri BERGSON, Maurice CHEVALIER, Félix MAYOL, Cécile SOREL...
 Cette opérette, prévue pour ne durer que quelques semaines, durera en fait...3 ans ! C'est un succès considérable, dû bien sur au talent de WILLEMETZ et CHRISTINE, mais aussi à la prestation des interprètes dont Pierrette MADD, FERREAL, DREAN, Alice COCEA, Michel BARRE, André URBAN.
 Si le rôle principal (celui de PHILDIAS) est tenu par André URBAN, le rôle d'ASPASIE, arpète, est interprété par une adorable créature de 19 ans, aux airs d'ingénue, pratiquement inconnue du public : Alice COCEA.    Outre sa grâce et son talent naturel, on va s'apercevoir qu'elle a aussi un beau brin de voix, chantant à ravir les airs de "PHI-PHI", sans en comprendre la plupart du temps les sous-entendus grivois !
 Et c'est le début de la gloire pour Alice qui va enchaîner succès sur succès, et devenir en peu de temps la coqueluche du Tout-Paris et le symbole même de la parisienne frivole, toujours à la dernière mode, portant de magnifiques robes spécialement créées pour elle. Elle connaîtra des amours tumultueuses qui animeront les potins mondains, et elle fera la une des journaux en épousant un comte, et pas n'importe lequel. Et lorsque plus tard, un de ses amants se suicidera pour elle, l'émotion sera à son comble. Bref, en cette période d'euphorie pour la France, notre petite ingénue est devenue une idole qui fait fantasmer les hommes et qui agace sérieusement ses rivales.
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 Ce qu'elle veut, Alice, c'est jouer. Théâtre ou cinéma qu'importe. En tout cas, tout le monde s'est fait à cette idée : un film ou une pièce de théâtre avec Alice COCEA, c'est le succès assuré. Mais que sait-on au juste d'elle, de son passé, de sa famille ? Peu de choses en vérité, mais son livre publié en 1958 « MES AMOURS QUE J'AI TANT AIMEES » répond en grande partie à notre attente.
 Ce qui est sûr, c'est après avoir été adulée, et avoir avoir tenu longtemps le haut de l'affiche, Alice COCEA va connaître bien des drames et des désillusions, et que, progressivement, son souvenir va s'effacer des mémoires et qu'étrangement, de nos jours, son nom n'évoque plus grand chose. Comme quoi la célébrité est une chose éphémère !
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I
UNE ENFANCE GATEE
 Sophie Alice COCEA naît le 28 juillet 1899 à SINAIA (Roumanie), ville du contrefort des Carpates méridionales, dans une famille de la grande bourgeoisie roumaine. Son père Dimitri COCEA, monarchiste convaincu, est un général qui a le privilège d'avoir été le précepteur du roi. C'est donc un personnage important et respecté, ayant à son service pas moins de 9 ordonnances.
 Le roi de Roumanie, à cette époque, c'est CAROL 1er. Son épouse Elisabeth de WIED est une femme très cultivée, écrivain, qui a beaucoup favorisé le développement des Arts et des Lettres en ROUMANIE. Le pays est une monarchie constitutionnelle : le roi, symbole de l'indépendance, de la souveraineté et de l'unité, règne mais ne gouverne pas.
 Les relations entre la ROUMANIE et la FRANCE sont intenses et le français est parlé par toute l'élite du royaume. L'intérêt pour la langue française ne s 'est jamais démenti, et, de nos jours la ROUMANIE fait partie de la Francophonie dont elle est membre à part entière.
 Quant à la capitale, BUCAREST, on la surnomme « le petit PARIS des Balkans ». Il faut dire que la plupart des architectes roumains sont venus faire leurs études à PARIS.
 C'est donc dans ce contexte où l'on constate que le développement culturel est très influencé par la France que va évoluer Alice COCEA et que va se forger son destin.
 Sophie Alice avait un frère aîné Nicolaï, qui, lui, avait des idées totalement opposées à celles de son père : antimilitariste, antimonarchiste et revendiquant des idées que l'on pourrait qualifier aujourd'hui d'extrême gauche, il est l'un des piliers de la presse socialiste. Ce qui, dans ce milieu bourgeois ne pouvait que choquer, d'où les fréquentes frictions avec son général de père ! Elle avait aussi une soeur, Florica, qui épousera un diplomate français, et dont elle sera toujours très proche.
 Choyée par sa mère Cléopâtre NICORESCO, et éduquée par des gouvernantes françaises, anglaises et allemandes, Sophie Alice connaît donc la vie d'une petite bourgeoise gâtée à qui on ne refuse rien, dès lors qu'elle donne entière satisfaction dans ses études.
 Alice - appelons la simplement Alice, car elle déteste ce prénom de Sophie qu'elle va reléguer au second plan – (plutôt « Alice aux Pays des Merveilles » que « les Malheurs de Sophie ») est une petite fille adorable, très jolie, plutôt espiègle, mais première en classe. Et très tôt on détecte chez elle quelques talents artistiques qui ne demandent qu'à s'épanouir.
 Un jour, sa mère part à PARIS avec Florica qui devait y faire entre autres des études musicales). Quant à son père, il est affecté à un commandement en Moldavie où se déroule une importante révolte paysanne et où il convient de rétablir l'ordre. De ce fait, pas d'autre solution pour Alice que de se retrouver interne dans un pensionnat pour jeunes filles réputé pour sa discipline. Dotée d'un solide caractère et multipliant les incartades (les professeurs diront d'elle qu'elle est une rebelle), elle fera tout pour en sortir car elle déteste l'endroit et ses contraintes. Compréhensif, son père accepte qu'elle quitte la pension, et il l'emmène avec lui en Moldavie. Et là, c'est la belle vie : repas pris avec le général à la popote des officiers qui n'ont d'yeux que pour la petite mademoiselle qu'ils appellent leur "petite princesse". Elle apprend à monter à cheval, à ramer sur la rivière, et elle s'adonne à différents sports. 3
 Son père étant muté pour un poste important à BUCAREST, Alice retrouve avec joie la maison familiale. Elle ne va plus à l'école, mais elle a droit à des cours particuliers. Il y a pour cela les gouvernantes, mais aussi un professeur qui vient lui donner des cours à domicile. Ses résultats étant excellents, son père lui fait cadeau d'un petit cheval arabe, ce qui la comble de bonheur. Dans les mêmes moments une de ses gouvernantes lui apprend à nager, tandis qu'une autre lui donne le goût de la lecture et du théâtre.
 L'été, Alice part en vacances à CONSTANZA, sur les bords de la mer Noire. Elle vient d'avoir 14 ans et il n'est pas rare qu'elle surprenne quelques chuchotements à son sujet, du genre : « elle est bien faite, elle sera très jolie plus tard, cette petite... ». Autant dire qu'elle apprécie ce genre de compliment !
 Puis arrivent les premiers émois amoureux. Elle s'intéresse tout particulièrement à un ami de son frère qu'elle voit souvent et avec qui elle aime bien discuter. Elle le trouve très beau, galant et plein d'esprit. Il s'appelle TILICA et c'est le plus jeune député de la Chambre. Elle tombe follement amoureuse de lui, qui bien sûr ignore tout de ses sentiments d'Alice à son égard. Hélas, elle apprend qu'il est déjà fiancé à une très jolie femme. Première déception amoureuse dont elle se remettra facilement !
 Un jour, son frère Nicolaï qui s'occupe beaucoup d'elle l'emmène voir au théâtre une pièce française intitulée "LA PARISIENNE". Elle est éblouie , et c'est en voyant jouer REJANE qu'Alice a comme une révélation; son avenir c'est ça : faire du théâtre, jouer la comédie et faire aussi bien que REJANE !
 A partir de là, Alice se met à dévorer les livres des grands écrivains français comme BALZAC, Anatole FRANCE, VOLTAIRE, SAINT-SIMON, Jean-Jacques ROUSSEAU etc... Elle étudie le théâtre et s'exerce à déclamer certaines tirades célèbres devant ses proches, et à réciter les fables de LA FONTAINE. Entrée au Conservatoire de Musique et d'Art Dramatique de BUCAREST, elle suit les cours de la célèbre tragédienne roumaine Aristizza ROMANESCU, entre à la Société DAVILA (fondée par Alexandrescu DAVILA) et obtient des petits rôles dans des pièces jouées au Théâtre National de BUCAREST : « MAMAN COLIBRI », « YUYU », « POUR ETRE AIME »....
 Un jour elle décide soudainement de partir pour PARIS afin d'y rejoindre sa mère et Florica, et elle en fait la demande à son père. Celui-ci, d'abord stupéfait et réticent, finit par accepter, et voilà la jeune Alice, heureuse comme tout, embarquée dans l'Orient-Express, à destination de la capitale française.
 Malheureusement le séjour à PARIS est plutôt bref. La guerre est sur le point d'éclater et il faut rentrer dans l'urgence. A peine de retour à BUCAREST, Alice apprend que son pays, la Roumanie, entre en guerre aux côtés de la France. C'est devant la gravité de la situation, et craignant de voir la Roumanie envahie, que leurs parents décident de renvoyer Alice et Florica à PARIS où elles seraient, pensent-ils, plus en sécurité.
 Mais le voyage s'avère plus compliqué que prévu. L'ambassade d'Allemagne ayant refusé le visa de leurs passeports, il faut donc contourner l'obstacle et partir par le nord de la Russie, traverser la Suède, puis la Norvège, et embarquer à destination de l'Angleterre avant de rejoindre PARIS.
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 C'est au cours de ce périple qu'elle fait la connaissance dans le train d'un beau jeune homme âgé de 21 ans,le Prince Nicolas VADBOLSKY, lieutenant de la Garde et fils du gouverneur d'ODESSA. Entre eux commence alors une belle histoire d'amour (cette fois les sentiments sont réciproques). D'ailleurs, pendant plus d'un an an, ils vont s'écrire des lettres enflammées, jusqu'au jour tragique où le jeune soldat trouve la mort au champ de bataille. A nouveau le chagrin ! C'était en fait son premier grand amour. Elle l'écrira plus tard dans ses mémoires.
 Arrivée en France, Alice est absolument ravie. Revoir PARIS qu'elle a eu tout juste le temps de découvrir, c'est un vrai bonheur, malgré ses craintes pour les siens restés à BUCAREST. Mais la ville est un peu différente de celle qu'elle avait connue précédemment, la guerre étant passée par là.
 Mais, ce qui est sûr, c'est que, à partir de ce moment là, la jeune fille va s'imprégner totalement de la vie parisienne. Elle va s'intégrer au monde du spectacle et travailler d'arrache-pied jusqu'à la consécration. Elle ne retournera en Roumanie qu'épisodiquement, sa vie étant désormais en France.
 Après que le "Rideau de Fer" soit tombé sur la Roumanie et sur les autres nations du bloc de l'Est, Alice n'aura plus la possibilité de revoir son pays d'origine. Heureusement, elle a sa sœur Florica. Quant aux autres membres de sa famille, elle ne les reverra pratiquement plus.
 Alice COCEA fait partie de cette longue lignée de roumains venus à PARIS, femmes et hommes de lettres, acteurs, peintres, musiciens, chanteurs etc... qui marqueront profondément notre culture. Parmi eux, on peut citer :
- Eugène IONESCO (écrivain et dramaturge) - Anna de NOAILLES (poétesse) -Tristan TZARA (fondateur du Dadaïsme) -Elvire POPESCO (immense comédienne de théâtre et de cinéma) -la princesse Marthe BIBESCO (écrivain) -Jean YONNEL (sociétaire puis doyen de la Comédie Française) -Marcel MIHALOVICI (compositeur) -Edouard de MAX (sociétaire de la Comédie Française) -Marie TANASE (la PIAF roumaine) -Marie VENTURA (de la Comédie Française) -Paul CELAN (poète) -Iulia HASDEU (poétesse) -Mitty GOLDIN (directeur des "Capucines" et ancien collaborateur au journal de Nicolaï COCEA)
etc... etc...
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 La liste est très longue et je n'en ai cité qu'une infime partie. En tout cas, c'est bien là la preuve de l'amour que les roumains ont porté et portent toujours à notre pays.
 A tous ceux que ça peut intéresser, je ne peux que recommander le livre de Jean-Yves CONRAD : « ROUMANIE, CAPITALE … PARIS » (Oxus 2003). On y trouve des choses extrêmement intéressantes sur tous ces roumains devenus français et sur les lieux qu'ils ont fréquentés.
 Alice COCEA, comme tous ses compatriotes était fascinée par ce PARIS qu'elle admirait véritablement. Pour elle, PARIS c'était la "ville lumière", la ville des artistes et des intellectuels venus du monde entier, la ville où chacun pouvait exprimer son talent et réussir, bref, la plus belle ville du monde !
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 Mon frère avait entrepris sa campagne pour l'entrée en guerre de la
 ROUMANIE aux côtés de la FRANCE. Ses articles violents, passionnés comme il
 l'était lui-même rencontraient l'adhésion de tout un peuple.
 Il faut avoir vécu, à certaines époques, en ROUMANIE, pour connaître
 jusqu'où allait cet amour s
 qu'il a persisté.
 
pontané des Roumains pour la FRANCE. J'ai la conviction
 Alice COCEA
 "Mes Amours que j'ai tant aimées" (1958)
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SINAIA ville natale d'Alice COCEA , en province de Valachie, se trouve à 45 Kms
au sud de BRASOV et à 63 Kms au nord-ouest de PLOIESTI . SINAIA est souvent surnommée « la perle des Carpates »
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II
 DEBUTS A PARIS  Arrivées à PARIS, Alice et Florica s'installent dans un petit appartement rue Bassano. Alice n'a qu'une idée en tête, prendre des cours de théâtre. Huit jours après, elle se présente au concours d'admission au Conservatoire, et, comme les autres, elle doit déclamer comme il se doit « le petit chat est mort ». Elle s'en sort si bien qu'elle est reçue deuxième sur deux cents ! Plus tard, après avoir fréquenté la classe de LEITNER, elle obtient un premier accessit.
 Curieusement c'est le cinéma (muet) qui va la solliciter pour tourner dans un film de Jacques de BARONCELLI : « LE DELAI », aux côtés de Gabriel SIGNORET, Henri BOSC, et Denise LORYS. Ce n'est pas un véritable triomphe, mais beaucoup de spectateurs découvrent avec plaisir le joli minois d'Alice et voient déjà en elle une future star cinématographique. Des films elle en a fait, certes, mais sa grande passion, c'est le théâtre.
 En 1917, elle obtient un petit rôle au théâtre du GYMNASE, dans « LA PETITE REINE » de WILLEMETZ, avec Victor BOUCHER, Harry BAUR, Jeanne RENOUARDT et Nelly COURON. N'ayant pas froid aux yeux, et bien décidée à montrer de qu'elle sait faire, Alice se rend au théâtre des Bouffes-Parisiens pour voir si le directeur peut l'engager dans une pièce. Le directeur en question, c'est Edmond ROSE, et il est suffoqué par tant d'audace. Est-ce le culot d'Alice qui l'a impressionné, peut être. En tout cas 15 jours après il la convoque et lui propose de jouer dans une reprise de Sacha GUITRY, « LE SCANDALE DE DEAUVILLE » ou l'Art d'être Pépère, avec pour partenaire dans le rôle principal la célèbre comédienne Gaby MORLAY, symbole de la femme libre des « années folles ». Sans se faire prier, elle accepte et tout se passe merveilleusement bien, à tel point que GUITRY qui se trouvait dans la salle avec à ses côtés Yvonne PRINTEMPS, se dit impressionné et tient à la féliciter chaleureusement. Alice est aux anges !
 Un soir Edmond ROSE entend chanter Alice dans sa loge. Surpris par cette jolie voix de soprano, fraîche et juste, il lui propose de jouer trois scènes de revue à l'ABRI, théâtre installé dans une cave d'un immeuble de 6 étages (en cas d'alerte, on était à l'abri, d'où son nom), non loin du boulevard Poissonnière. Et c'est là qu'elle est repérée et pressentie pour tenir le rôle d'Aspasie dans PHI-PHI qui à l'origine, devait être joué à l'ABRI.            Alice jusque là logeait avec sa soeur rue Bassano. Mais depuis le mariage de Florica, le logement était devenu trop petit. Grâce aux gains réalisés, elle décide alors de s'installer dans un bel appartement avenue Alphand qu'elle aménage et décore à son goût.
 Alors que la guerre n'est pas finie, et avant de triompher dans « PHI-PHI », Alice fait la connaissance d'un jeune homme tout à fait charmant, sous-lieutenant et marquis de surcroît, Henry de la Falaise. Or Henry a été blessé aux combats et il est soigné au Val de Grâce. Alice très amoureuse vient souvent lui rendre visite. Lors de la convalescence d'Henry, on les voit tous les deux se promener dans PARIS, main dans la main. Un jour, malheureusement, Henry doit repartir au front, du côté de VERDUN. Qu'à cela ne tienne, Alice décide d'aller le retrouver là-bas, et ils se donnent rendez-vous dans un restaurant, à VERDUN. Merveilleuses retrouvailles pour ces deux amoureux ! Hélas, voici qu'au moment du café notre jeune homme s'endort profondément dans un fauteuil. Vexée et déçue, Alice prend ses valises sans faire de bruit, et repart pour PARIS, mettant un point final à son aventure avec Henry. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. A son réveil, constatant le départ d'Alice, Henry se lance à sa poursuite en prenant le train pour PARIS, ceci sans permission ! Arrêté Gare de l'Est, il est mis aux arrêts, dégradé, condamné à effectuer des travaux pénibles, sa carrière militaire brisée.  9
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