De lakay bozo au musee Ogier Fombrun, deux postures memorielles: enjeux et significations

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Université D’Etat D’Haïti (UEH) Faculté Des Sciences Humaines (FASCH) Rapport de terrain : Etude du mémoire construit dans deux sites Présenté par : Duvais Emmanuel STERLIN Dirigé par : Jerry MICHEL De « Lakay Bòzò » au musée Ogier Fombrun, deux postures mémorielles : enjeux et significations Dans le cadre du séminaire autour du thème: Mémoires, cultures et domination en Haïti : un cadre théorico- méthodologique, Une sortie a été organisée par le professeur Michel Jerry dans le but d’amener les séminaristes à observer et identifier la mémoire construite dans certains lieux publics : Enjeux et significations (Chivallon, 2012). Deux sites ont été visités à savoir ‘’Lakay Bòzò ‘’, situé aux Chaines des Matheux et le musée Ogier Fombrun situé à l’Est de Port-auPrince sur la route national numéro un, Montrouis côtes des Arcadins. Après la description et l’interprétation des phénomènes observés sur les deux sites, notre préoccupation est de comprendre l’aspect sociogéographique de la mémoire de ces deux sites : Enjeux et significations (Chivallon, 2005). De ce fait nous nous demandons, quelle est la représentation de la mémoire collective haïtienne? Les lieux qu’on a visité où sont construits ces mémoires révèlent quoi? Les récits construits dans ces lieux sont-ils conforment ou pas avec notre mémoire? Pour faire face avec notre préoccupation analysons la mémoire collective Haïtienne et la posture mémorielle de ces deux sites.
Publié le : vendredi 24 octobre 2014
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 Université D’Etat D’Haïti (UEH)
 Faculté Des Sciences Humaines (FASCH)
Rapport de terrain : Etude du mémoire construit dans deux sites
Présenté par : Duvais Emmanuel STERLIN
Dirigé par : Jerry MICHEL
De « Lakay Bòzò » au musée Ogier Fombrun, deux postures mémorielles : enjeux et significations
 Dans le cadre du séminaire autour du thème: Mémoires, cultures et domination en Haïti : un cadre théorico- méthodologique, Une sortie a été organisée par le professeur Michel Jerry dans le but d’amener les séminaristes à observer et identifier la mémoire construite dans certains lieux publics : Enjeux et significations (Chivallon, 2012). Deux sites ont été visités à savoir ‘’Lakay Bòzò ‘’, situé aux Chaines des Matheux et le musée Ogier Fombrun situé à l’Est de Port-au-Prince sur la route national numéro un, Montrouis côtes des Arcadins. Après la description et l’interprétation des phénomènes observés sur les deux sites, notre préoccupation est de comprendre l’aspect sociogéographique de la mémoire de ces deux sites : Enjeux et significations (Chivallon, 2005). De ce fait nous nous demandons, quelle est la représentation de la mémoire collective haïtienne? Les lieux qu’on a visité où sont construits ces mémoires révèlent quoi? Les récits construits dans ces lieux sont-ils conforment ou pas avec notre mémoire? Pour faire face avec notre préoccupation analysons la mémoire collective Haïtienne et la posture mémorielle de ces deux sites.
Méthodologie
 Le rapport qu’on va lire tire l’essentiel d’une enquête de terrain composite : archives, articles de presse, observations, photographies, et visites guidées, conduits sur les deux sites mercredi 6 aout 2014, a noté qu’on a utilisé des archives et des articles de presse pour un seul site, le musée Ogier Fombrun. Visites guidées (questionnement en créole et traduction française du apprenti-chercheur) réalisés avec les deux guides sur les différents sites, ‘’Lakay Bòzò’’ et le musée Ogier Fombrun. Ses observations étaient tenues sur les deux sites afin de saisir l’ambiance et le fonctionnement des lieux. Des photographies et autres enregistrement audiovisuels ont été pris lors de notre participation à des visites guidées. Ces matériaux ont servi à la description et au fin d’utilisation de ces sites. Enfin ces collectes de données ont permis d’analyser les débats entourant le fonctionnement des deux sites.
Représentation du mémoire collective Haïtienne
 La réflexion de Maurice Halbwachs sur la mémoire collective et mémoire historique souligne que la notion de mémoire collective a une histoire. Notion fondamentalement polysémique (Gensburger, 2006), la notion de mémoire renvoie tantôt aux mécanismes d’accumulations qu’aux processus dynamiques de recomposition des représentations sociales partagée. Elle a aujourd’hui acquis un caractère d’évidence. Même si on parle de la bataille de vertière, la proclamation de l’indépendance, la mort de Dessalines, tout est « mémoire » c’est-à-dire « présent du passé ». Pour autant, le sentiment partagé à l’usage de la notion ne réside guère à la complexité et à l’hétérogénéité des phénomènes qu’on nomme tout uniquement mémoire (Lafabre, 2000). Elle qualifie un rapport particulier au temps (Hartog, 2003), une pratique originale de fabrication historique spécifique à chaque ordre culturel. Ainsi, elle touche diverses
réalités et forme de présence du passé, et son analyse se situe entre plusieurs domaines d’études, telles l’histoire, l’anthropologie, la sociologie, la philosophie, la neurologie ou encore la psychologie (Altounian, 2000 ; Baddeley, 1976 ; Changeux, 1938 et 1998 ; Freud, 1968, 1970 ; Halbwachs, 1939,1941,1950 et 1952 ; Mauss, 1968,1969 ; Ricoeur,1996, 2000 et 2002).Ainsi pour parler de La mémoire collective Haïtien, Charles Najman dit : ‘’ l’histoire d’Haïti est une névrose collective dont personne ne guérit’’ cette affirmation du cinématographe montre que la mémoire collective Haïtienne s’est bloquée sur 1804, l’année naissance de son indépendance. Cette révolution anti-esclavagiste, anticolonialiste et antiségrégationniste est un acte inouï, incomparable. Dans l'historiographie haïtienne du XIXe siècle, le culte des pères fondateurs (Toussaint Louverture, Dessalines, Christophe et Pétion), a l'issue d'une concurrence entre ces héros nationaux instrumentalisés comme figures qui protège des clans politiques rivaux, l'a finalement emporté au détriment de beaucoup fait historique (Celius, 2004). En effet, la proximité historique et idéologique entre certains faits historiques et les mouvements de contestation populaire de la première moitié du XIXe siècle a eu pour effet d'orienter une lecture inégale sur le rôle effectif des divers acteurs impliqués dans le processus révolutionnaire et l'indépendance de 1804 (Bechacq, 2006). L'historiographie haïtienne du XIXe siècle conférait aux seuls chefs militaires les lauriers de l'indépendance nationale, enfouit ainsi plusieurs faits historique très remarquables, car Au XIXe siècle, l'histoire est considérée comme une nécessité, notamment pour les besoins d'une bonne gouvernance et pour une marche assurée dans la voie de la civilisation. Cette nécessité serait même au fondement de l'avènement de l'école haïtienne d'histoire ; ses principaux protagonistes y trouvent là, en tout cas, l'une des justifications de leurs entreprises (Celius, 2004). Il ressort de cette tendance et du principe selon lequel le passé s'écrit au présent, que l'historiographie était orientée en fonction des intérêts de ceux qui, tout en étant destinés à écrire cette histoire nationale, étaient engagés dans les luttes politiques du moment.
La mémoire construite dans les deux sites
 L’étude des lieux de mémoire se trouve ainsi à la croisée de deux mouvements qui lui donnent sa place et son sens : d’une part un mouvement purement historiographie, le moment d’un retour réflexif de l’histoire sur elle-même ; d’autre part un mouvement proprement historique, la fin d’une tradition de mémoire (Nora, 1997). Du musée Ogier Fombrun à ‘’Lakay Bòzò’’ on constate que c’est un mouvement purement historiographie car il y’a des traces, des restes et des marques ces choses-là peuvent nous aider à parler de mémoire et à faire un retour réflexif de l’histoire sur elle-même. Les lieux de mémoires, ce sont d’abord des restes (Nora, 1997), pour commenter les mémoires construites dans ces lieux public : ’’Lakay bòzò’’ et le musée Ogier Fombrun, enjeux et significations (Chivallon, 2005). L’étude de la mémoire de ce lieu ‘’lakay bòzò’’ a été fait à la croisé d’un mouvement purement historiographie. Par rapport à cette histoire raconté par le propriétaire sur le moulin de canne, laissant comme héritage rapporte le propriétaire par son grand-père à son père. L’analyse sociologique des matériaux de l’enquête de terrain permet de comprendre dans ce lieu, ‘’Lakay Bòzò’’ contribue à la visibilisation d’une mémoire familiale (Muxel, 2003). De l’autre côté, en parlant du musée Ogier Fombrun,
ancienne habitation coloniale l’étude de ce lieu a été analysé sur deux front, d’une part avec le mouvement purement historiographie et d’autre part avec un mouvement purement historique, selon (Nora, 1997). Ces deux mouvements se combinent pour nous envoyer à la fois, et du même élan, aux instruments de base du travail historique et aux objets les plus symboliques de notre mémoire. Ces analyses sur les deux angles par rapport aux matériaux trouvés sur le site, archives, traces, restes, marques et au mode de fonctionnement du centre culturel-musée (Vergès, 2010) contribue à une ‘’épuration par lessivage’’ (Price, 2001) de la mémoire coloniale esclavagiste tout en donnant à voir l’hégémonie de la mémoire des maitres de l’ancienne habitation colonial (Michel, 2014).
Les récits construits dans ces lieux
 Selon Christine Chivallon la mémoire collective n’est pas neutre à partir du moment elle s’offre comme moyen de construire l’identité d’un groupe sur la base du choix des marqueurs de l’appartenance collective. Elle est une mise en récit qui fabrique une cohérence sociale en instaurant un ordre intelligible dans un univers hétérogène (Poirier, 2000). Pour Elle, cette mémoire s’active sur un double front. Elle obéit d’abord à l’exigence de restituer une trame rassurante de l’existence par la sélection des évènements du passé à retenir ou à oublier. Mais elle se plie aussi à la nécessité de produire et de préserver la cohésion sociale en proposant les références qui vont faire fondation du lien social (Chivallon, 2005).
Du musée Ogier Fombrun à ‘’Lakay Bòzò’’, la mémoire collective répercute l’intentionnalité politique qui la gouverne. Nous sommes placés en présence de deux registres mémoriels bien typés dont le sens se comprend aux travers des choix politiques qui distinguent les deux sites. La posture d’une ‘’silence désopilant’’ (Price, 2001) aujourd’hui de mise au musée Ogier Fombrun sur la mémoire coloniale esclavagiste montre clairement quelle type de mémoire on construit. L’oubli et le silence vis s vis de l’esclavage intègrent le dispositif narratif que le colon, architecte Gérard Fombrun se donne pour accréditer le socle idéologique qui la caractérise. Dans ce métarécit identitaire il y’a la volonté de faire dire à l’histoire la gloire des maitres des habitations coloniale au travers des épisodes emblématiques que la mémoire dispose à sélectionner, retenir et à entériner.
 Enfin, les traces, les restes et les marques de ‘’Lakay Bòzò’ ’et de l’ancienne habitation coloniale sont encore visibles aujourd’hui en Haïti. D’un côté la transformation de la vielle habitation coloniale, en lieu de mémoire et d’histoire de nos jours dévoilés. Ce matériau urbain, mémoriel met en scène à partir des traces matérielles et symboliques encore existantes, l’évolution et les transformations d’une habitation coloniale est devenue un véritable lieu de mémoire des maitres de l’ancienne Habitation. De l’autre cote à savoir ‘’Lakay Bozo’’ par rapport à cette phrase qui dit que la mémoire est une construction sociale selon Halbwachs et par rapport aux intérêts du groupe on constate que ‘’Lakay Bòzò’ ’ancienne moulin de canne de la zone et qui demeure toujours est devenue un véritable lieu de mémoire par rapport à l’histoire construit et rapporte par les groupes tout en rappelant que l’histoire est mémoire (Lafabre, 2000)
Bibliographies
ALTOUNIAN (J.), La Survivance. Traduire le trauma collectif, Paris, Dunod, coll. « Inconscient et Culture », 2000
BADDELEY (A.), La Mémoire humaine. Théorie et pratique, rééd. Trad. De l’anglais par S. Hollard, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 1993.
Bechacq, Dimitri, « Commerce, pouvoir et compétence dans le vodou haïtien ». Cahiers des Anneaux de la Mémoire (7) : 41-69, 2004
CHANGEUX (J.-P.), L’Homme neuronal, Paris, Fayard, coll. « Le temps des sciences », 1983.
Celius, Carlo Avierl, << D'un nationalisme héroïque >>. Revi Kiltirel Kreyol (4): 38-48, 2004
Chivallon Christine « L'émergence récente de la mémoire de l'esclavage dans l'espace public : enjeux et significations » revue d’histoire moderne et contemporaine, 2005/5n° 52-4bis, p. 64-81.http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2005-5-page-64.htm.
FREUD (S.), « Remémoration, répétition, perlaboration », in id., La Technique psychanalytique, rééd. Paris, PUF, coll. « Quadrige », —, « Deuil et mélancolie », in id., Métapsychologie, rééd. Paris, Gallimard, coll. « Folio-Essais », P.150, 1986.
GENSBURGER (S.), « Essai de sociologie de la mémoire : le cas des camps annexes de Drancy dans Paris », Genèses 61 (4), p. 49-67,2005
Maurice Halbwachs, La mémoire collective, Paris, Albin Michel, p. 97, 1997.
Marie claire Lafabre « Usages et mésusages de la notion de mémoire », édition presse de sciences po, p.180, 2000
Michel Jerry « Les enjeux de la patrimonialisation du parc historique de la canne-a-sucre en Haïti » Articulo – journal of urban research, 2014.
Muxel A. Individu et mémoire familiale. Paris, Nathan, 1996
Nora p. Les lieux de mémoires. Paris, Gallimard, 3 volumes, 1997
Price R, monuments and silent sceramings: a view from Martinique, in oostindie G. (Ed) Facing up to the past: perspectives on the commemoration of slavery from Africa, the Americas and Europe. Kingston, Ian Randle: 58-62, 2001
HARTOG (F.), « Temps et histoire. Comment écrire l’histoire de France », Annales HSS (6), p. 1219-1236, 1995
 Duvais EmmanuelSTERLINgéographie, étudiant Vème session
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