Bac blanc Histoire Géographie – Février 2014

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Bac blanc Histoire Géographie – Février 2014 I- Épreuve majeure : composition en Histoire 1) Sujet 1 : Socialistes et communistes en Allemagne au XXe siècle « L’histoire est l’histoire de la lutte des classes ». Cette citation de Marx résume bien sa théorie, celle du matérialisme historique. Il lit ainsi le XIXe siècle comme une époque de lutte entre les bourgeois et les prolétaires, prenant partie pour ces derniers. C’est de cette source théorique qu’est né le mouvement ouvrier. Il se matérialise sous une forme politique, le socialisme, qui se scinde au début du XXe siècle avec l’apparition du communisme. Le mouvement ouvrier s’exprime aussi dans le monde du travail à travers le syndicalisme, qui défend les droits des ouvriers dans les entreprises. L’Allemagne est un pays particulièrement intéressant à étudier, car c’est la patrie de Marx et d’Engels, un pays très industrialisé à la fin XIXe siècle et l’Etat dans lequel le mouvement ouvrier est le plus important à la fin du XIXe Siècle. Il commence à se structurer sur le plan politique après l’unification de l’empire, avec le congrès du Gotha en 1875. Comment le mouvement ouvrier a-t-il transformé la société allemande depuis 1875? Il est d’abord un courant réprimé sous Bismarck mais qui gagne de l’importance jusqu’à devenir le premier parti allemand à la veille de la première guerre mondiale.
Publié le : dimanche 24 avril 2016
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Bac blanc Histoire Géographie – Février 2014
I- Épreuve majeure : composition en Histoire 1) Sujet 1 : Socialistes et communistes en Allemagne au XXe siècle « L’histoire est l’histoire de la lutte des classes ». Cette citation de Marx résume bien sa théorie, celle du matérialisme historique. Il lit ainsi le XIXe siècle comme une époque de lutte entre les bourgeois et les prolétaires, prenant partie pour ces derniers. C’est de cette source théorique qu’est né le mouvement ouvrier. Il se matérialise sous une forme politique, le socialisme, qui se scinde au début du XXe siècle avec l’apparition du communisme. Le mouvement ouvrier s’exprime aussi dans le monde du travail à travers le syndicalisme, qui défend les droits des ouvriers dans les entreprises. L’Allemagne est un pays particulièrement intéressant à étudier, car c’est la patrie de Marx et d’Engels, un pays très industrialisé à la fin XIXe siècle et l’Etat dans lequel le mouvement ouvrier est le plus important à la fin du XIXe Siècle. Il commence à se structurer sur le plan politique après l’unification de l’empire, avec le congrès du Gotha en 1875. Comment le mouvement ouvrier a-t-il transformé la société allemande depuis 1875 ? Il est d’abord un courant réprimé sous Bismarck mais qui gagne de l’importance jusqu’à devenir le premier parti allemand à la veille de la première guerre mondiale. A partir de 1918, il se scinde toutefois entre socialisme et communisme, et est incapable de faire face à la montée du nazisme dans les années 1930. Enfin, à partir de 1945, la guerre froide et le partage de l’Allemagne en deux , puis la réunification en 1990 accélère sa transformation.
I- Naissance et affirmation du socialisme allemand (1875-1918)
1) Un essor du mouvement ouvrier lié à l’industrialisation - un mouvement qui se développe rapidement : 1875 congrès de Gotha = unification de deux partis socialistes (celui de Lassalle et celui de Liebknecht et Bebel) qui donne naissance à un parti ouvrier puissant = SAP (parti socialiste des ouvriers d’Allemagne), puis SPD (Socialdemocratische Partei Deutschlands, parti social démocrate allemand) à partir de 1891 Social-démocratie = courant politique qui représente la tendance réformiste : on veut transformer la société par des lois, non par une révolution. (Il est incarné en Allemagne par le SPD) soutenu par les syndicats constitués en une puissante fédération dès 1892 - des entraves pourtant importantes absence d’un Etat unifié (jusqu’en 1870) sous Bismarck, législation antisociale (1878-1890) : interdiction de tout syndicat ou de toute manifestation, ainsi que du parti socialiste ouvrier. Seule la participation individuelle des socialistes aux élections est permise Il fait voter d’importantes lois sociales (droits sociaux comme les assurances sociales) pour désamorcer le mécontentement succès électoral important, y compris pendant la période clandestine (premier parti e allemand dès 1890, 1 parti ouvrier dans le monde en 1912), mais pas de véritable système parlementaire (jusqu’en 1918)
2) Une action en faveur de la condition ouvrière - après 1890 anticipation des conflits sociaux par la mise en place d’une législation sociale avancée 1890 : loi limitant la durée de travail des femmes (10H/jour) 1891 : loi instituant le repos hebdomadaire A partir de 1905 : les conventions collectives se multiplient = mouvement ouvrier organisé à chaque échelon (usines, villes, Empire)
- le mouvement ouvrier organise une contre-société : e pilier dules ouvriers se regroupent au sein de coopératives de consommation (3 gouvernement ouvrier, 1200 coopératives rassemblant 1,3 millions de membres en 1911) qui permettent de s’approvisionner à moindre coût en dehors des circuits classiques créent associations, des clubs sportifs (vélo, natation, gymnastique), des orchestres, des journaux
3) Quel programme mettre en œuvre ? - dès l’origine, syndicats et formations socialistes sont déchirés entre des aspirations révolutionnaires et le désir d’une action politique légale : partagés entre une transformation radicale de la société et des changements concrets dans la vie des ouvriers dans le cadre du système économique existant - double orientation visible dans les premiers programmes : du Gotha, stratégie révolutionnaire et propositions réformistes1875 congrès 1891 congrès d’Erfuhrt confirme l’orientation marxiste du parti tout en présentant des revendications pour la mise en œuvre d’une démocratie parlementaire et l’amélioration de la condition ouvrière Débats ressurgissent début XXe siècle (Eduard Bernstein réformiste et Rosa Luxembourg révolutionnaire) les tensions sont très fortes en 1914 : le SPD soutient l’ « union sacrée » tandis que certains membres de l’extrême gauche prônent le pacifisme. 1916, fondation de la ligue spartakiste (Rosa Luxembourg, Karl Liebknecht) Transition : un mouvement ouvrier puissant, mais des tensions entre deux tendances : révolutionnaires et réformistes. Ces tensions s’expriment pleinement dans la première guerre mondiale, ce qui amène à une scission entre communistes et socialistes.
I- Des mouvements adverses et inconciliables (1918-1945)
1) Le KPD est un parti révolutionnaire qui s’oppose au pouvoir - création des spartakistes en 1917, qui veulent prendre le pouvoir par la révolution L’occasion se présente avec l’abdication de l’empereur Guillaume II en novembre 1918 - manifestations ouvrières organisées par le KPD fondé en janv 1919 semaine sanglante à Berlin janvier 1919, assassinats de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, répression des grèves de la Ruhr en 1920 - évolue vers une « bolchevisation » 1928, sous l’influence du Komintern, tactique « classe contre classe » e 1929, émeutes à Berlin menées par le KPD pendant le 1 mai Union des gauches impossible face à la montée du nazisme
2) Le SPD est un parti réformiste qui joue un rôle clé dans la république de Weimar - les sociaux-démocrates sont au cœur de la république de Weimar Parti de gouvernement qui participe à de nombreuses majorités e président (1919-1925), plusieurs chanceliersFriedrich Ebert 1 Forte présence aussi dans les Länder et les municipalités - inscrit le droit syndical dans la constitution, grandes réformes : conventions collectives, comités d’entreprise, journée de travail de 8 H, assurance chômage (1927) et logement social conventionné (destiné en priorité aux ouvriers), vote des femmes
3) Les deux partis refusent de s’allier, même devant l’ascension du parti nazi, qui provoque leur disparition
- mais avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler, le mouvement ouvrier est rapidement mis sous contrôle : interdiction de la SPD et du KPD entre mars et juillet 1933 Les opposants sont enfermés dans des camps de concentration ou doivent s’exiler (ex : Willy Brandt) - le mouvement ouvrier est instrumentalisé par Hitler. Ex : création du Front du travail qui rassemble patrons et ouvriers. Il organise des défilés en l’honneur d’Hitler
Transition : Un mouvement ouvrier qui de par sa division n’a pas su faire face à la montée du nazisme. Hitler perd la guerre en 1945. L’Allemagne et Berlin sont divisés en 4 zones d’occupation, puis divisés en deux.
II- Partition et réunification (1945-aujourd’hui)
1) Le socialisme en RFA - le SPD s’affirme comme un parti réformiste (programme de Bad Godesberg 1959 abandonne toute référence au marxisme) - longue période d’opposition (1949-1966) puis retour au pouvoir dans une grande coalition puis avec Willy Brandt en 1969 SPD reste au pourvoir en participant à des coalitions, avec élection d’Helmut Schmidt de 1974 à 1982. Par la suite, domination du CDU - importantes réformes dans l’esprit de la social-démocratie : extension des droits des travailleurs dans les entreprises, renforcement des aides aux familles modestes (allocations, bourses scolaires), libéralisation des mœurs (loi sur l’avortement) - les syndicats jouent un rôle important en RFA syndicalisme prend ses distances avec les tendances politiques et s’organisme en un syndicat unifié par branche d’activité ces syndicats sont regroupés au sein d’une Confédération syndicale par branche (par ex DGB) syndicalisme très attaché au dialogue social avec négociation et cogestion
2) Le règne du parti communiste en RDA - évolue vers un parti soviétique sous la direction de Walter Ulbricht puis Erich Honecker : syndicats inféodés au parti unique, grève interdite, manifestations réprimées, Stasi Ex : 1953 à Berlin - une société embrigadée encadrement par des organisations de masse. Valeurs célébrées = travail, solidarité du groupe, égalitarisme. Mise en scène lors de rassemblements de masse, fêtes sportives… encadrement de la jeunesse par la FDJ (Freie Deutsche Jugend, Jeunesse Libre allemande), qui offre à ses membres l’accès à des centres de loisirs, favorise la poursuite d’études supérieures et facilite les promotions dans l’administration ou le Parti politique culturelle en tentant de donner la parole aux couches populaires. Mise en avant de la classe ouvrière et encouragement de l’émancipation féminine par le travail
3) Les transformations du mouvement ouvrier depuis la réunification - avec la réunification, les antagonismes s’effacent du fait de l’effacement des communistes, mais les socialistes doivent s’adapter à un nouveau paysage politique -perte d’influence du SPD a été réticent à la réunification.
de la société et problématiques liées à l’Europe et à laNombreux bouleversements mondialisation. /1998-2005, retour au pouvoir avec stratégie du « Neue Mitte » (nouveau centre) de Gerhardt Schröder = tournant néolibéral Ex : Lois Hartz - quelles place pour le communisme Les ex-communistes du PSD issu de la SED gardent une influence dans les nouveaux Länder = ostalgie (nostalgie de la RDA) Création d’un nouveau parti de gauche en 20007 = die Linke - aujourd’hui, le syndicalisme est en crise (perte d’adhérents, …) : le « modèle allemand » n’est plus qu’un souvenir
Le mouvement ouvrier joue donc un rôle considérable en Allemagne. De 1875 à 1914, il est devenu une tendance forte du pays, malgré l’opposition politique qu’il a suscité. A partir de 1918, divisé entre socialisme et communisme, il est incapable de se rassembler pour faire barrage à la montée du nazisme, et finit par disparaître dans l’Allemagne nazie. Il renaît à partir de 1945, mais de manière incomplète : le socialisme peine à s’imposer en RFA et doit s’adapter à l’économie de marché, tandis qu’en RDA le parti communiste au pouvoir mène un Etat dictatorial. La réunification de 1990 amène une recomposition en profondeur du paysage politique, mais le mouvement ouvrier semble définitivement en perte de vitesse, et le parti de la social-démocratie est accusé par ses propres électeurs de les avoir trahis. Il pourrait être intéressant de faire un parallèle avec la France, afin de voir le chemin parcouru par le mouvement ouvrier en France, son impact sur la société et son poids aujourd’hui.
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