Bad Boys - Tome 2

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On retrouve Caroline peu de temps après la fin du premier tome, alors qu’elle fait connaissance d’un nouveau collègue très charmant, à quelques jours de la Saint-Valentin. Mais est-il sage de flirter au travail? Sans les bons conseils de sa meilleure amie Sasha, qui vit sa propre histoire d’amour, Caroline devra faire preuve d’un peu plus de maturité!
Publié le : mardi 9 juin 2015
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895497431
Nombre de pages : 408
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Extrait



J’ai une déclaration à faire : garder ma voiture après mon déménagement à Montréal constitue une des meilleures décisions de ma vie !

En effet, si j’avais abandonné mon véhicule à Sherbrooke, il y a quelques mois, je ne me trouverais pas au garage ce matin à cause d’un bruit bizarre que j’entends à intervalles irréguliers.

Si je ne me trouvais pas au garage ce matin, je ne serais pas en mesure d’admirer le torse musclé sous le t-shirt élimé, la chevelure courte mais drue de mon garagiste, ainsi que ses mains fortes et son sourire à tout casser.

« Ouin, ben, mademoiselle, va falloir changer les courroies de transmission. »

Je hoche la tête vivement. Ses yeux sont petits mais clairs. Sont-ils verts ou bleus ? Ou alors un sublime mélange des deux couleurs, avec peut-être une petite touche de gris au…

« Il faudrait aussi vérifier les bougies. »


Nouveau hochement de tête. Une fossette creuse son menton. Pas aussi craquant qu’une fossette de sourire, mais presque ! J’adore ses lèvres. Je me demande comment il embrasse…

« Et les freins achèvent. »

Les courroies, les bougies, les freins… Ouf ! Ça va me donner plein d’occasions de le revoir ! Je l’imagine très bien se glisser sous ma voiture à l’aide de la petite planche à roulettes, tacheté d’huile et les muscles tendus. Plus tard, il s’avancerait vers moi en essuyant négligemment ses mains sur une vieille serviette, et sa main encore sale effleurerait ma joue…

Sasha ne comprend absolument pas que je fantasme sur les hommes au métier physique, mais je n’y peux rien ! Les métrosexuels en cravate qui se parfument plus que moi (note : je ne me parfume pas) ne m’attirent pas du tout. Par contre, qu’on me mette en présence d’un vrai mâle, viril et fort, qui puisse me soulever d’un seul bras… Effet instantané !

Mon garagiste correspond tout à fait à cette dernière catégorie.

« Veux-tu que je te fasse un estimé ?

— Oui, oui… »

Je veux que tu me fasses bien plus qu’un estimé !

Il se plante devant son ordinateur et pitonne avec application. Je l’admire plus ou moins discrètement en triturant rêveusement mon foulard. J’en étais à sa main sur ma joue…


Bon, c’est officiel : je suis célibataire depuis trop longtemps ! Quoique… Six semaines sans intimité avec un représentant de l’autre sexe, est-ce vraiment long ? Certains (Sasha) diraient que non et que je suis en fait dépendante affective / obsédée sexuelle… Mais qu’est-ce que j’y peux si ça me paraît comme une éternité ? Après avoir passé trois mois entourée de trop de garçons, je me retrouve abruptement seule et, d’une certaine façon, en cure de désintoxication d’attention masculine. Le mois de janvier est passé à la vitesse épouvantablement pénible d’une tortue bourrée de valium sur une patinoire. J’appréhende de passer une énième Saint-Valentin seule, à m’empiffrer de chocolats au rabais en enchaînant les comédies romantiques déprimantes et les chansons quétaines. Ma seule consolation réside dans l’anticipation malsaine du retrait de toutes les décorations thématiques de ma salle de classe, dès le lundi suivant la fête, au grand dam de mes élèves, surtout que celles de Noël ont pris trois semaines pour disparaître au retour du long congé.


En tout cas, si ce superbe garagiste m’offre d’aller prendre un verre pour fêter le début de notre longue et fructueuse relation mécanique, je ne pourrai pas refuser.

Il me tend une feuille tout juste éjectée de l’imprimante. Je jette un coup d’œil au montant total sur son devis avant de lui sourire radieusement.

Euh… non. Une seconde. Je ramène la feuille dans mon champ de vision, à deux pouces de mon nez pour être exacte. Sans sourire, cette fois.


« Qu’est-ce que c’est que ça ?

— L’estimé avec le temps si tu fais tout faire en une fois. Ça te revient pas mal moins cher qu’en plusieurs fois. »

Pas mal moins cher, hein ? Le montant me nargue. Je me représente mentalement son équivalence en mois de loyer, en épiceries, en factures d’Hydro et de Bell… Ouch ! Une chance que je n’ai pas mentionné que ma vitre du côté passager ne descend plus depuis l’automne.

« C’est quoi, ça ? »

Je pointe le doigt vers une ligne aux abréviations obscures. L’apollon se penche au-dessus du comptoir, et une bouffée d’odeurs me remplit les narines. Un mélange d’huile et de caoutchouc, mais aussi un parfum nettement plus agréable, comme de savon ou de…

« T’as vraiment besoin d’un traitement de rouille. Ta carrosserie ressemble à une passoire. »

Le terme « passoire » me paraît quelque peu exagéré. Ma voiture est loin d’être percée, quand même ! Mais c’est vrai que les taches de rouille se sont drôlement étendues depuis mon arrivée à Montréal.

Le garagiste reprend délicatement son devis. Ses doigts frôlent les miens et je sens mes joues s’enflammer. Ah ! Si seulement je contrôlais mieux mes réactions, plutôt que de m’émouvoir constamment comme une adolescente.

« Veux-tu prendre rendez-vous tout de suite ?

— Ben oui ! Ça va être fait ! »
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