Balance des paiements et taux de change

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Chapitre BBalance des paiements et taux de changede sa monnaie. À la section 4, nous examinons les avan-Sommairetages respectifs de ces différents degrés d’intervention • La balance des paiements . . . . . . . 1 de l’État sur le marché des changes, qu’on appelle plus • Les taux de change . . . . . . . . . . . 6 communément les régimes de change.• Variation des taux de change Nous verrons ensuite les actions qui ont été menées et balance des paiements . . . . . . . 10pour obtenir une plus grande stabilité des taux de change • Les taux de change fi xes entre les membres de l’UE. La section 5 s’intéresse versus taux de change fl ottants . . . 13au mécanisme de taux de change européen, qui visait, • Les origines de l’euro . . . . . . . . . . 22dans les années 80 et 90, à limiter l’ampleur des fl uctua-• L’union économique tions des devises des pays membres les unes par rapport et monétaire (UEM) en Europe . . . . 25aux autres. La section 6 traite ensuite de l’euro et s’in-Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30terroge sur les conséquences de l’adoption de la mon-Applications . . . . . . . . . . . . . . . . 31 naie unique pour les économies de la zone euro.ous allons commencer ce chapitre Nen expliquant ce qu’est une balance 1. La balance des paiementsdes paiements. Nous verrons comment sont enregistrées les diverses transactions monétaires entre une économie ...
Publié le : vendredi 16 septembre 2011
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Chapitre B
Balance des paiements et taux de change
Sommaire La balance des paiements. 1 . . . . . . Les taux de change .. . . . . . . . . .  6 Variation des taux de change et balance des paiements . . . . . . . 10 Les taux de change fixes versus taux de change flottants . . . 13  22 . . . . . . . . .Les origines de l’euro . L’union économique et monétaire (UEM) en Europe . . . . 25 Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Nousallonscomemcnrecehcpatiereexniqplntuaeceuqutsbencealan des paiements. Nous verrons comment sont enregistrées les diverses transactions monétaires entre une économie nationale et le reste du monde. Ensuite, au cours des sections 2 et 3, nous étudierons la manière dont les taux de change sont déterminés et leurs liens avec la balance des paiements. Nous verrons quelles sont les causes de leurs fluctua-tions et la façon dont un gouvernement (ou une banque centrale) peut essayer d’y remédier. Un État peut décider de fi xer le taux de change de sa devise par rapport à une autre (par exemple, le dollar américain ou le yen) ou de le laisser évoluer sous l’effet des for-ces du marché (taux de change fl ottant). Il peut aussi réduire le degré de fl uctuation
de sa monnaie. À la section 4, nous examinons les avan-tages respectifs de ces différents degrés d’intervention de l’État sur le marché des changes, qu’on appelle plus communément les régimes de change. Nous verrons ensuite les actions qui ont été menées pour obtenir une plus grande stabilité des taux de change entre les membres de l’UE. La section 5 s’intéresse au mécanisme de taux de change européen, qui visait, dans les années 80 et 90, à limiter l’ampleur des fl uctua-tions des devises des pays membres les unes par rapport aux autres. La section 6 traite ensuite de l’euro et s in-terroge sur les conséquences de l’adoption de la mon-naie unique pour les économies de la zone euro.
1. La balance des paiements 1.1. Que signifie un déséquilibre de la balance des paiements ? Comme le montre l’exemple de l’économie américaine depuis au moins une décennie, un déséquilibre impor-tant de la balance des paiements est un des problèmes économiques majeurs auxquels les États peuvent être confrontés. Qu’entend-on exactement par « déséquili-bre » de la balance des paiements et quelle est sa signi-fication ? Les comptes de la balance des paiements d’un pays per-mettent d’enregistrer tous les fl ux monétaires entre les résidents de ce pays et le reste du monde. La logique d’enregistrement des flux est celle d’une comptabilité en partie double : chaque opération donne lieu à deux écritures mais à un seul flux monétaire, qui est la contre-partie d’un flux réel (par exemple, des marchandises).
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Les flux monétaires entrants sont considérés comme des débits et leur contrepartie (par exemple, des flux de marchandises sortants) est enregistrée en crédit. De manière symé-trique, les flux monétaires sortants sont considérés comme des crédits alors que leur contrepartie (par exemple, des fl ux de marchandises entrants) est enregistrée en débit. La balance des paiements est l’outil qui permet de comptabiliser les fl ux réels et monétai-res qui caractérisent le circuit économique dans son ensemble. Elle se décompose en trois grands comptes : courant (appelé aussi compte des transac-tions courantes), de capital et fi nancier, chacun d’eux étant lui-même subdivisé en plu-sieurs parties. Nous examinerons chaque compte de la balance des paiements à partir d’une balance simplifiée de la zone euro pour 2006 (voir tableau B.1).
Tableau B.1La balance des paiements simplifi ée de la zone euro en 2006- Flux en milliards d’euros Crédit Débit 1. Compte des transactions courantes 1.1 Biens Exportations 1 392 Importations 1 369 1.2 Services Exportations 426,1 Importations 391 Balance commerciale (1.1 + 1.2) 1.3 Revenus dont : Revenus des salariés 9,9 Revenus des investissements 447,9 1.4 Transferts courants 164
2. Compte de capital
16 447,8 86,9
23,7
Capacité/besoin de financement vis-à-vis du reste du monde (1 + 2)
3. Compte financier 3.1 Investissements directs : de la zone euro à l’étranger de l’étranger dans la zone euro 3.2 Investissements de portefeuille Avoirs (achats par des résidents à l’étranger) Engagements (achats par des non-résidents) 3.3 Produits financiers dérivés
197,9 811,4
14,5
334,3 535
Solde –13 23 35,1 58,1 6 6,1 –0,1 –77,1
9,2
3,8
118 –136,4 276,4 2,5
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Flux en milliards d’euros 3.4 Autres investissements 3.5 Avoirs de réserve Balance de base (1 + 2 + 3.1 + 3.2 + 3.3) 4. Erreurs et omissions nettes (opposé de la somme 1 + 2 + 3)
Crédit Débit Solde –23,2 –1,3 138,7 –114,3
Source: Bulletin mensuel de la BCE, janvier 2008.
Compte courant.Le compte courant enregistre les fl ux correspondant aux exportations et aux importations de biens et de services, les revenus entrants et sortants du pays et les transferts nets d’argent dans le pays et à l’extérieur. Il est ainsi divisé en quatre sous-parties, chacune étant associée à une catégorie de transactions. Le commerce international des biens. On y enregistre les exportations et les importations de biens physiques. Les exportations donne nt lieu à une entrée d’argent et sont donc comptabilisées en crédit. Quant aux importations, elles correspondent à une sortie d’ar-gent, et sont par conséquent comptabilisées en déb it. L’ emble des transactions enre-ens gistrées dans ce compte correspond à ce qu’on nomme la balance commerciale des biens. Elle est excédentaire lorsque les exportatio ns sont supérieures aux importations, la dif-férence entre ces grandeurs correspond à un excédent de ressources pour l’économie nationale. Lorsque les importations sont supér ieures aux exportations, on parle de défi cit de la balance commerciale des biens. Le commerce international des services. Sont notées dans cette catégorie les exporta-tions et les importations de services commerciaux (comme le transport, le tourisme et l’assurance). L’achat de vacances à l’étranger y est, par exemple, enregistré en débit puisqu’il correspond à une sortie de monnaie nationale. Par contre, l’achat d’une police d’assurance dans la zone euro, effectuée par un ressortissant d’un pays hors zone euro, est comptabilisé en crédit. On appelle cette sous-partie du compte courant la balance commerciale des services. L’agrégation des flux de biens et de services est comptabilisée dans ce qui est nommé balance commerciale des biens et des services, ou plus simplement balance commerciale. Les flux de revenu. Ils correspondent aux opérations concernant les salaires, les intérêts et les profits qui entrent dans le pays et qui en sortent. Par exemple, les dividendes perçus par un résident étranger au titre des participations qu’il détient dans une entreprise de la zone euro sont enregistrés comme débits, dans la mesure où ils correspondent à une sortie d’argent. Les transferts courants. Cette catégorie regroupe les fonds versés et reçus des organisations internationales (la Commission européenne, l’OMC, etc.) et les transferts internationaux de devises effectués par les particuliers et les en treprises. Les transferts sortants sont inscrits en débit, ceux qui entrent sont comptabilisés en crédit (par exemple, de l’argent envoyé de Russie vers un des pays de la zone euro).
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La balance des transactions courantes regroupe les balances correspondant à ces quatre catégories. Lorsque les débits excèdent les crédits, elle est en situation de déficit, dans le cas contraire, elle dégage un excédent. La fi gure B.1 montre les balances des transac-tions courantes de quelques pays et régions économiques en proportion de leur PIB.
Figure B.1 -Balance des transactions courantes en proportion du PIB : exemples de quelques pays. 8,0courants en % du PIB (1990-2007)Balance des comptes 6,0 4,0 2,0 2001 1990 1991 1992 0,01996 1997 1998 2000 1993 1994 1995 1999 2002 2003 2004 2005 2006 2007 –2,0 –4,0 –6,0 –8,0
France Allemagne Japon Royaume Uni Etats-Unis Zone euro
Compte de capital.Lecompte de capitalenregistre les flux monétaires entrant dans le pays (crédits) ou en sortant (débits), associés à l’acquisition ou la cession d’actifs fixes (la terre, par exemple), le transfert de fonds par les migrants, le paiement par l’État de subventions v isant à financer des projets à l’étranger et les recettes provenant d’organismes internationaux pour les projets d’équipement (par exemple, le Fonds de soutien à l’agriculture en Europe). En d’autres termes, contrairement au compte fi nan-cier qui synthétise les opérations d’achats et de ventes d’actifs fi nanciers, le compte cou-rant comptabilise les flux de revenus monétaires. Compte financier.Lecompte financier de la balance des paiementsenregistre les varia-tions transfrontalières concernant la détention d’actions, les titres de propriété, les dépôts et les prêts bancaires, les titres émis par l’État, etc. On y trouve notamment : Les investissements directs. Si une société étrangère investit de l’argent dans une de ses fi liales ou dans une entreprise qui lui est associée dans un pays de la zone euro, cela représente
  des paiements et taux de change BalanceChapitre B –
une entrée d’argent une fois que l’investissement est réalisé. À ce titre, c’est un crédit. Nous parlons ici de l’acquisition ou de la vente d’actifs (une usine ou une ferme) ou de la prise de contrôle d’une entreprise tout entière, pas des exportations ou des importations de biens d’équipement. Les investissements de portefeuille. Ils répondent  nanciersà une logique de placements fi diversifiés, sans qu’il y ait de conséquences pour l’activité économique de l’entreprise (contrairement aux investissements directs). Cette rubrique comptabilise donc les chan-gements dans la détention des titres d’une entreprise, comme des actions. Si un résident de la zone euro achète les actions d’une société étrangère (hors zone euro), cela corres-pond à une sortie de fonds inscrite au débit du compte. Les autres flux financiers. Ils correspondent principalement auxproduits dérivés(contrats à terme, options) visant à gérer les risques et à d’autres investissements(crédits commer-ciaux) qui sont, pour la plupart, des instruments fi nanciers à court terme. Ces comptes permettent donc d’identifi er les mouvements monétaires à court terme entre la zone euro et le reste du monde. Les dépôts effectués par les résidents étrangers dans les ban-ques de la zone ainsi que les prêts consentis à ces mêmes banques sont inscrits en crédit, dans la mesure où ils représentent des entrées d’argent. Inversement, les dépôts effectués par des résidents de la zone euro dans des banq ues hors zone sont comptabilisés en débit. Ils représentent des sorties d’argent. Ces flux monétaires à court terme sont fréquents entre les centres fi nanciers internatio-naux. Ils visent à tirer parti des différentiels de taux d’intérêt et de taux de change entre pays ou zones économiques. Les avoirs de réserve. On trouve sous cette rubrique les mouvements concernant les réser-ves d’or et de devises effectués par les banques centrales. De temps à autre, celles-ci ven-dent une partie de leurs réserves pour ache ter leur propre monnaie sur le marché des changes, et cela, normalement, afi n de soutenir leur taux de change. Un prélèvement sur les réserves est comptabilisé en crédit dans les comptes de la balance des paiements : la monnaie retirée des réserves est considérée comme un flux entrant dans la balance des paiements (quand bien même il constitue une sort ie du compte des réserves). Les réser-ves peuvent ainsi être utilisées pour combler un défi cit ailleurs dans la balance des paie-ments. Réciproquement, s’il y a un excédent ailleurs dans la balance des paiements, la banque centrale peut l’utiliser pour re constituer les réserves, ce mouvement est un débit dans les comptes puisqu’il s’agit d’un fl ux sortant (des comptes vers les réserves). Lorsque toutes ces composantes sont re groupées ensemble, la balance des paiements devrait s’équilibrer parfaitement : les crédits devraient être égaux aux débits. Nous le ver-rons plus loin, quand ce n’est pas le cas, le taux de c hange doit s’ajuster jusqu’à ce qu’ils le soient, ou la banque centrale doit intervenir pour les équilibrer. Cependant, lorsque toutes les statistiques so nt compilées, des erreurs sont susceptibles de se produire et la balance des paiements n’est pas équilibrée. Afi n de résoudre ce problème, une rubrique « erreurs et omissions nettes » est prévue, elle assure l’équilibre global des comptes. Une des raisons pour lesque lles subsistent des erreurs réside dans le fait que les statistiques proviennent de sources variées et nombreuses, qui sont comptabilisées avec des délais plus ou moins longs.
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2. Les taux de change
2.1. Qu’est-ce qui fait varier les taux de change ? Le taux de cha d’ e devise est le taux auquel cette devise s’échange contre une autre nge un sur le marché des changes. Si vous voulez voyager en dehors de la zone euro, vous aurez besoin d’écha nger vos euros contre des livres sterling, des dollars ou une autre monnaie en fonction de votre destina-tion. Pour cela, vous irez dans une banque (ou un bureau de change) qui vous échangera vos euros contre la devise souhaitée au cours du change du jour : par exemple, pour un euro, 1,45 $ ou 10,82 CNY (yuans). C’est la même chose pour les entreprises. Si un importateur veut acheter des machines-outils en provenance du Japon, il devra obtenir des yens pour payer son fournisseur. Il demandera ainsi à sa banque ou à un bureau de change de lui échanger des euros contre des yens au taux de change offi ciel (auquel il faudra, évidemment, ajouter une commission). De manière similaire, si des ménages veulent acheter quelques actions ou obligat ions étrangères, ou si des entreprises basées dans la zone euro veulent investir en dehors de la zone, ils devront au préalable échanger des euros contre la devise étrangère appropriée. Si des Américains veulent venir en vacances en Europe, plus particulièrement dans les quinze pays de la zone ’ils veulent acheter des titres libellés en euros, ou si des euro, ou s sociétés américaines veulent importer des biens et des services venant de cette zone, ils auront besoin d’euros, qu’ils paieront au taux de change en vigueur au moment où ils effectueront la transaction. Des taux de change officiels, qui évoluent constamment, existent entre toutes les grandes devises dans le monde. Minute par minute, les agents de change des banques les ajus-tent, en prenant une commission sur les transactions. C’est donc important pour eux de ne pas avoir de grosses quantités de devises en stock. Ils ont besoin d’équilibrer l’offre et la demande pour chacune (le montant total des devises qu’ils achètent et qu’ils ven-dent). Pour cela, ils ont besoin d’ajuster le prix de chaque devise – c’est-à-dire le taux de change – en cohérence avec les variations de l’offre et de la demande. Le tableau B.2 présente les variations de l’euro par rapport à d’autres devises depuis son introduction en 1999 jusqu’à 2007. Il peut être difficile d’identifier les causes des variations d’une devise particulière dans la mesure où son taux de change peut à la fois monter par rapport à quelques devises (dites faibles) et baisser par rapport à d’autres (dites fortes). Dès lors, afi n d’avoir une vue globale de ces fluctuations, il vaut mieux disposer d’un taux de change moyen pondéré vis-à-vis des autres devises. On appelle ce type de mesure l’indice de taux de change. La pondération associée à chaque devise de l’indice dépend du poids commercial du pays considéré, c’est-à-dire de la part représentée par ce pays dans le commerce total du pays dont on détermine le taux de change. Ces pondérations changent évidemment tous les ans afin de refléter au mieux les changements de la structure du commerce. La figure B.2 illustre les variations de l’indice de taux de change de l’euro depuis 1999, calculé à partir d’un panier de vingt-quatre devises étrangères (base 100 en 1999).
Tableau B.2- Taux de change de l’euro (1999-2007) Yuan (CNY) Livre sterling (£) 1999 0,66 2000 0,61 2001 7,41 0,62 2002 7,83 0,63 2003 9,36 0,69 2004 10,30 0,68 2005 10,20 0,68 2006 10,01 0,68 2007 10,42 0,68
Source: Banque centrale européenne, 2008.
  des paiements et taux de change BalanceChapitre B –
Yen (Y ) 121,32 99,47 108,68 118,06 130,97 134,44 136,85 146,02 161,25
Dollar américain ($) 1,07 0,92 0,90 0,95 1,13 1,24 1,24 1,26 1,37
Figure B.2 -de taux de change de l’euro (1999-2007).Indice Indice de taux de change de l'euro (base 100 en 1999) 120
100
80
60 40
20 0
Source: Banque centrale européenne, 2008.
2.2. Détermination du taux de change sur un marché libre Sur un marché des changes libre, le taux de change est déterminé par le seul jeu de la de mande et de l’offre. Dans ce cas, on parle de taux de change fl ottant (voir figure B.3).
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Figure B.3 -Détermination du taux de change.
2,20 2,00 1,80
1,60 1,40
1,20 1,00 0
b
d
a
c
O par la BCE
D par les USA Qd ’
Par souci de simplification, on suppose qu’il n’y a que deux régions économiques : la zone euro et les États-Unis. Quand les importateurs de la zone euro souhaitent acheter des biens aux États-Unis, ou quand des résidents de la zone euro souhaitent y inves-tir, ils offrent des euros sur le marché des c hanges afin d’obtenir des dollars. En d’autres termes, ils vont dans des banques ou dans des bureaux de change pour acheter des dollars avec des euros. Plus le taux de change est élevé, plus ils obtiennent de dollars contre leurs euros. En pratique, cela rend les biens américains meilleur marché et les investisse-ments plus rentables. Ainsi, plus le taux de chang e est élevé, plus l’offre d’euros est forte. La courbe d’offre d’euros est donc croissante avec le taux de change. Inversement, quand les résidents américains souhaitent acheter des biens ou investir dans la zone euro, ils demandent des euros en vendant des dollars sur le marché des changes. En d’autres termes, ils vont dans des banques ou des bureaux de change pour ache-ter des euros en échange de dollars. Plus le prix de l’euro en dollar est bas, moins cela leur coûte d’acquérir des biens et des actifs de la zone euro, et plus ils sont susceptibles de demander des euros. La courbe de demande d’euros est par conséquent une courbe décroissante avec le prix de l’euro. Le taux de change d’équilibre est déterminé par l’égalité entre l’offre et la demande d’euros. À la figure B.3, cela se produit pour un taux de change tel que 1= 1,60 $. Quel est le mécanisme qui égalise demande et offre ?
 Chapitre B – Balance des paiements et taux de change
Si le taux de change courant est au-dessus de l’équilibre, l’offre d’euros mise à disposition des banques est supérieure à la de mande. Par exemple, à la figure B.3, si le taux de change est de 1,8 $, il y a une offre excédentaire d’euros dea – b. Les banques, qui gagnent de l’argent en échangeant des devises, pas en les détenant, n’ont pas suffi samment de dollars à échanger contre tous ces euros. Elles contribuent ainsi à faire baisser le taux de change pour encou-rager une augmentation de la demande d’euros, qui viendra réduire l’excès d’offre. Elles continueront à faire baisser le taux jusqu’à ce que la demande soit égale à l’offre. De manière identique, si le taux est en dessous de l’équilibre, disons à un niveau de 1,40 $, il y a une pénurie d’euros decd. Les banques auront trop peu d’euros pour pouvoir satis-faire toute la demande. Dans le même temps, elles ont une offre excédentaire de dollars. Elles augmentent donc le taux de change jusq u’à ce que la demande soit égale à l’offre. En pratique, ce processus vers l’équilibre est extrêmement rapide. Les agents de change des banques ajustent continuellement le taux à mesure que des nouvelles demandes de devises sont exprimées. De plus, les banques doivent observer ce que fait chacune d’entre elles. Elles sont constamment en concurrence les unes avec les autres et doivent maintenir leurs taux alignés sur ceux des concurrents. Les vendeurs reçoivent minute par minute, sur leurs écrans d’ordinateur, des mises à jour des taux proposés partout dans le monde. 2.3. Déplacements des courbes de demande et d’off re de devises Tout déplacement des courbes de demande ou d’offre va faire varier le taux de change (voir figure B.4). Si elles se déplacent respectivement deD1versD2et deS1versS2, le taux de change va chuter de 1,40 $ à 1,20 $. Une baisse du taux de change est appelée une dépréciation, une augmentation est une appréciation.
Figure B.4 -Taux de change flottant : mouvement vers un nouvel équilibre.
2,00 1,80 1,60
1,40
1,20 1,00 0,00 0
O1 O2
D1 D1 Quantité d’euros
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Pourquoi les courbes de demande et d’offre devraient-elles se déplacer ? Parmi les causes majeures possibles d’ t l phénomène, on trouve : un e Une baisse des taux d’intérêt nationauxde la zone euro sont de ce fait moins inté-. Les taux ressants pour les épargnants et les autres dépositaires d’argent. Davantage de résidents de la zone euro sont susceptibles de place r leur argent à l’étranger (l’offre d’euros aug-mente), et moins de gens à l’extérieur place nt leur argent dans la zone euro (la demande d’euros baisse). Un niveau d’inflation plus élevé dans l’économie nationale qu’ailleurs. Dans ce cas, les exportations du pays concerné sont moins compétitives en termes de prix. La demande d’euros baisse. En même temps, les importations deviennent relativement moins chères pour les consommateurs nationaux. L’offre d’euros augmente. Une hausse des revenus nationaux relativement aux revenus à l’étranger. Si les revenus augmentent dans la zone euro, la demande de biens et services importés et donc l’offre d’euros va augmenter. Si les revenus dans les autres pays baissent, les exportations de la zone et donc la demande d’euros va baisser. Une amélioration des possibilités d’investissement en dehors des frontières. Si les possibilités d’investissement deviennent meilleures à l’étranger que dans les pays de la zone euro, peut-être parce que les incitations à investir y sont supérieures ou que les agents écono-miques craignent une éventuelle récession dans la zone, à nouveau la demande d’euros va baisser et l’offre d’euros va augmenter. Une anticipation de baisse du taux de change. Si les entreprises travaillant dans l’import/ export et si les banques et les bureaux de c hange pensent que le taux de change est sur le point de baisser, ils vendront leurs euros avant qu’il ne baisse effectivement. L’offre d’euros va ainsi augmenter.
3. Variation des taux de change et balance des paiements Dans l’étude de la relation entre balance des paiements et taux de change, on va étu-dier principalement les effets d’une variation de la balance des paiements sur le taux de change, dans les deux cas suivants : avec intervention de l’État ou d une banque centrale, ou sans intervention.
3.1. Taux de change et balance des paiements : cas où il n’y a pas d’intervention de l’État ou d’une banque centrale Sur un marché des changes libre, la balance d es paiements va s’équilibrer automatique-ment. Pourquoi ? La partie « crédit » de la balance des paiements constitue la demande d’euros. Par exemple lorsque des gens hors de la zone euro achè tent des exportations ou des actifs en prove-
 Chapitre B – des paiements et taux de change Balance
nance d’un pays de la zone, ils demandent des euros pour pouvoir les payer. Inversement, la partie « débit » représente l’offre d’euros. P ar exemple, lorsque des résidents de la zone euro achètent des biens ou des actifs étrangers dans des pays hors de la zone, les importa-teurs de ces produits doivent les payer en devises. Pour en obtenir, ils offrent des euros. Un taux de change flottant assure que la demande d’euros so it égale à l’offre d’euros. Il assure également que les crédits de la balance des paie ments soient égaux aux débits (aux erreurs et omissions près), c’est-à-dire qu’ils assure nt l’équilibre de la balance des paiements. L’équilibre global de la balance des paie ments ne correspond pas nécessairement à la situation où chaque compte s’équilibre séparément. Cela signifi e simplement que tout déficit du compte courant doit être compensé par un surplus des comptes de capital et financier, et inversement. Par exemple, supposons que chaque partie de la balance des paiements soit équilibrée et que les taux d’intérêt augmentent. Cela encourage des entrées fi nancières plus importan-tes à court terme dans la mesure où les ménages hors de la zone euro sont intéressés par des placements en euros : la demande d’euros se décale vers la droite (deD2àD1à la fi-gure B.4). Cela va également générer moins de sorties fi nancières à court terme dans la mesure où les résidents de la zone euro préfèrent placer davantage d’argent sur des pro-duits en euros : l’offre d’euros se décale vers la gauche (deO2àO1). Le compte financier va alors dégager un surplus (ceteris paribus). Le taux de change va s’apprécier. L’augmentation du taux de change rend les importations meilleur marché et renchérit les exportations. Le compte courant se trouve alors en défi cit. Il y a un mouvement vers le haut le long les nouvelles courbes de demande et d’offre jusqu’à ce qu’un nouveau point d’équilibre soit trouvé. À ce point, tout excédent du compte fi nancier est compensé par un déficit des comptes courant et de capital.
Faire des affaires en devises étrangères – Une jonglerie quotidienne Imaginons qu’un gros importateur français de voitures souhaite importer cinq mille voitu-res en provenance du Japon pour un coût de 15 milliards de yens. Que fait-il ? Il va probablement contacter un certain nombre de banques et de bureaux de change à Paris afin de leur demander quelles sont les c otations des deux monnaies, l’une par rapport à l’autre. Il met ainsi les banques en concurrence. Chacune d’elles, voulant emporter l’affaire et obtenir ainsi la commission sur la transaction, va donc offrir un taux plus élevé que les autres, dans la mesure où plus le taux de change ¥/est élevé, plus l’entreprise aura de yens en échange de ses euros. (Pour un importateur, un taux de 200 ¥ pour 1est meilleur qu’un taux de 180 ¥.) Il est hautement improbable qu’une des banques ait 15 milliards de yens en réserve, mais aucune ne peut dire à l’importateur : « Désolée, vous devrez attendre avant que l’on consente à vous les vendre. » Au lieu de cela, les banques vont faire une proposition à ce client poten-tiel. Si l’entreprise accepte une des propositions, la banque choisie devra essayer d’obtenir ces 15 milliards de yens. Pour cela, elle doit permettre aux Japonais qui offrent des yens d’obtenir des euros à un taux de change suffi samment attractif (plus le taux de change ¥/est bas, moins les Japonais auront à donner de yens pour obtenir des euros).
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Les commentaires (1)
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antenorsmithe

totalement satisfait.

vendredi 7 mars 2014 - 16:34