Gérôme Taillandier: L'angoisse du tireur d'élite au moment de déclencher

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L’ANGOISSE DU TIREUR D’ELITE AU MOMENT DE DECLENCHER Gérôme Taillandier Parti à la recherche de symboles solaires des kelts et des norses, je tombai sur les stèles calédoniennes et leur symboles indéchiffrés, doŶt le plus fƌappaŶt Ġtait saŶs doute l’EĐlaiƌ divisaŶt Đe Ƌui pouvait être deux boules de foudre, accompagnés de quelques autres signes peu déchiffrables dont les plus constants étaient un Peigne et un Miroir. L’affaiƌe se seƌait aƌƌġtĠe là saŶs uŶ pƌeŵieƌ petit ŵiƌaĐle, la stğle de HiltoŶ of Cadďoll. L’iŶteƌpƌĠtatioŶ gĠŶĠƌale de la stğle Ġtait aisĠe, l’eŶseŵďle peƌsoŶŶifiaŶt un personnage mythique dont la bouche s’ouvƌe suƌ le taďleau de Đavalieƌs doŶt il fait le ƌĠĐit, le dĠtail de Đet encart restait obscur. Puis je tombai sur le siteCeltic Textsoù je trouvai le corpus des textes kelts. Très vite, je compris que le personnage féminin à cheval était RhiaŶŶoŶ/a, et je Đoŵpƌis Ƌue le Đoƌpus kelt ƌepƌĠseŶte l’eŶseŵďle des mythes subsistants dont certains devaient remonter à plusieurs ŵillieƌs d’aŶŶĠes et peut-être même avant Out of Africa. Le plus magnifique de ces récits est la dernière bataille de Cu C’hulaiŶ, doŶt le ĐaƌaĐtğƌe totaleŵeŶt ĠŶigŵatiƋue saute audž LJeux. Qu’Ġtait doŶĐ Đette affaire de Chien de Cullan, qui, trempant les guerriers morts dans un chaudron, les ressuscite et les renvoie au combat mais muets ?
Publié le : jeudi 19 mars 2015
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L’ANGOISSE DU TIREUR D’ELITE AU MOMENT DE DECLENCHER
Gérôme Taillandier
Parti à la recherche de symboles solaires des kelts et des norses, je tombai sur les stèles calédoniennes et leur symboles indéchiffrés, doŶt le plus fƌappaŶt Ġtait saŶs doute l’EĐlaiƌ divisaŶt Đe Ƌui pouvait être deux boules de foudre, accompagnés de quelques autres signes peu déchiffrables dont les plus constants étaient un Peigne et un Miroir.
L’affaiƌe se seƌait aƌƌġtĠe là saŶs uŶ pƌeŵieƌ petit ŵiƌaĐle, la stğle de HiltoŶ of Cadďoll. L’iŶteƌpƌĠtatioŶ gĠŶĠƌale de la stğle Ġtait aisĠe, l’eŶseŵďle peƌsoŶŶifiaŶt un personnage mythique dont la bouche s’ouvƌe suƌ le taďleau de Đavalieƌs doŶt il fait le ƌĠĐit, le dĠtail de Đet encart restait obscur.
Puis je tombai sur le siteCeltic Textsoù je trouvai le corpus des textes kelts. Très vite, je compris que le personnage féminin à cheval était RhiaŶŶoŶ/a, et je Đoŵpƌis Ƌue le Đoƌpus kelt ƌepƌĠseŶte l’eŶseŵďle des mythes subsistants dont certains devaient remonter à plusieurs ŵillieƌs d’aŶŶĠes et peut-être même avant Out of Africa.
Le plus magnifique de ces récits est la dernière bataille de Cu C’hulaiŶ, doŶt le ĐaƌaĐtğƌe totaleŵeŶt ĠŶigŵatiƋue saute audž LJeux. Qu’Ġtait doŶĐ Đette affaire de Chien de Cullan, qui, trempant les guerriers morts dans un chaudron, les ressuscite et les renvoie au combat mais muets ?
De telles questionsŵ’aŵeŶğƌeŶt au ŵLJthe de la MĠŶagğƌe Attentive, magnifiquementaŶalLJsĠ paƌ JulieŶ d’Huÿ et je Đoŵpƌis paƌ
son analyse, que Rhiannon, dans la seconde partie de son histoire où elle est aĐĐusĠe d’avoiƌ tuĠ soŶ eŶfaŶt, Ġtait uŶe foƌŵe de Đe mythème.
De plus en plus fasciné par cette contrée, je découvris dans Hersart de la VilleŵaƌƋuĠ Ƌue le Ŷoŵ de la ƌĠgioŶ, Đoŵŵe je l’avais conjecturé sur des évidences, était en réalité Kellyddon, retranscrit dans le latin Caledonia et que le nom générique que les calédoniens se donnaient à eux-mêmes était Kellydd, ce qui peut se dire Kelly, ou plus simplement, -Kelt !
Je visitai cette région reculée tombantsuƌ uŶe photo d’uŶ aŵateuƌ qui représentait une mer grise se brisant sur Sept Rochers, je compris que ces rochers étaient les SeptSœuƌs, les Sept Pléiades ou les HUIT filles d’AEgir,si l’oŶ ĐoŵpƌeŶd aveĐ GuŶŶaƌ HeŶƌLJkssoŶ Ƌue le Đoŵput de l’oĐtaëteƌis eŶ ŵilieu Ŷoƌse Đoŵpte huit pouƌ sept et Ƌue les Sept Sœuƌs étaient les filles du dieu des mers qui agite son chaudron sous la mer sombre des Norses.
FouillaŶt le loŶg de Đes ƌivages à la ƌeĐheƌĐhe d’un trésor, je tombai suƌ uŶe affaiƌe ƌoLJale, ĐitatioŶ d’uŶ tedžte Ŷoƌse Ƌui ŵe paƌlait des espars de la laisse, et du fait que le Prince Amlodhi, dont la ĐoŶŶaissaŶĐe ŵ’était ancienne, y avait lui-même fait allusion, à pƌopos d’uŶ ĐeƌtaiŶ ŵouliŶ. StupĠfait de Đette ƌeŶĐoŶtƌe de Shakespeaƌe et des Sept Sœuƌs, je fouillai le Net à la ƌeĐheƌĐhe du sujet et une nouvelle pierreŵ’ĠĐhut ƋuaŶd, à l’iŶstaƌ de Petit Hanns, j’ouvƌis l’ouvƌage de De Santillana et Von Dechend. Je compris que j’Ġtais devaŶt uŶ des gƌaŶds livƌes du siğĐle, et je dĠĐidai d’LJ eŶtƌeƌ afin de voir où cela me mènerait.
Je me vis entraîné par les auteurs dans les remous du Maelström, le vĠƌitaďle MouliŶ d’Aŵlodhi, et je dus les suivre sur leur langskip sans ŵe souĐieƌ des dieudž Ƌui Ŷous paƌlaieŶt paƌ la ďouĐhe de l’eŶfeƌ.
L’idĠe ĐeŶtƌale du livƌe est que la précession des équinoxes était connue des Anciens depuis longtemps, plusieurs milliers dannées, et que leur mythologie porte connaissance de ce fait. Puisque la précession se traduit par un changement des repères cosmographiques du mythe, il est naturel quelle soit interprétée comme un désaxement du monde cosmique et donc des rites humains. Cest à la recherche de ces traces dans le désaxement du Moulin dAmlodhi que le livre se consacre. Le point fondamental est quune cosmographie des dieux est aussi une mythologie, les dieux réglant le sort des humains selon les lois du ciel.
De nombreux apports précis du livre marquèrent ma lecture, dont le plus important fut que la Voie Lactée est le chemin des morts vers les enfers et que ce chemin commence au Pied du Ciel dans la constellation du Thunderbird reconstituée par Stephany. Loiseau psychopompe, corbeau, condor, pivert, est loiseau-tonnerre qui accompagne le mort et lui montre le chemin jusquà la traversée dune vaste étendue deau ou à la descente dun fleuve, Eridan. Le mort descend alors le fleuve en partant de la région dOrion et suit ce fleuve jusquaux environs de Canopus, dernier lieu visible des vivants avant lentrée dans lablind zonede lhémisphère sud. Cest ce même trajet que les Argonautes accompliront en compagnie de Iassô, avant de revenir parmi les vivants. Il faut préciser quici, je fis une erreur en partant dune thèse de Hamlets Mill, qui me fit croire que le mort obliquait sur la Voie Lactée en partant de Gémeaux, trompé mais aussi guidé par le fait que les Gémeaux sont un amer des périls de mer. Je corrigeai cette erreur plus tard. Peu à peu, grâce à lémergence des Gémeaux, un nouveau thème émergeait, celui des Jumeaux, de leur lien avec lehereafter et avec
lOiseau-Tonnerre et du fait que la nef des Argonautes a un équipage constitué de jumeaux.
Un nouveau petit miracle se produisit alors (on sait que Popeye a étudié la question des grands et petits miracles, car chacun sait que les grands miracles sont rares et que les petits miracles sont muets).
Je pris connaissance de larticle de Frederick Graham Millar, astronome canadien, qui débloqua complètement la question de linterprétation cosmo-mythologique du Chaudron de Gundestrup. Ce chaudron, bien sûr, est de renommée universelle, et déjà au début du siècle vingtième, Henri Hubert avait deviné de manière remarquable que ce chaudron na rien à voir avec de stupides fantasmes de sacrifice humain, mais avec le thème de la résurrection. Il devina que ce chaudron estpeir dadeni, doù sortent trempés les guerriers morts au combat, le chaudron de renaissance irlandais, dont ces guerriers, dans le récit du dernier combat de Cu Chulain, sortent pour retourner au combat.
Mais Graham Millar fit mieux.
Fort de ses connaissances astronomiques, il établit que la plaque à lhomme aux cornes de cerf du chaudron représentait en fait le Bouvier, autrement dit le porteur de lumière, incarnée dans les cornes de cerf, le dieu civilisateur Lugh. Laffaire était dans le sac et les quelques erreurs de lauteur furent corrigées par moi. Il vint alors que lensemble du chaudron est bien consacré à la renaissance. Dune part la plaque Lugh affirme la victoire du Torque dArianrhod brandi haut par Lugh, tandis quil maîtrise de sa senestre le serpent Kernunnos, dieu de lhumide et du sombre, tenu en échec par le dieu qui annonce la saison claire.
La plaque de renaissance au chaudron fut vite identifiée comme celle de Cu Chulain, le Chien de Cullan, tandis que Rhiannon, dont les
oiseaux par leur chant, réveillent les morts, prenait sa place au chaudron. Il était par ailleurs possible que le taureau central fût Draco, la constellation qui rassemble le cercle de précession du pôle nord, mais avec quelques doutes. Il reste que lon ne voyait pas bien le lien ni la cohérence mytho-symbolique entre ces thèmes.
Pourquoi les Gémeaux étaient-ils entrés dans la danse ? Quel lien entre Lugh et Cu Chulain, lhomme-chien ? Pourquoi la Voie Lactée est-elle liée à lOiseau-Tonnerre ? Quels liens entre le thème de la Renaissance du chaudron et le chemin des morts décrit par Hamlets Mill ?
LEclair vint comme il se doit, dune réflexion constante sur les Calédoniens. Quel lien entre lEclair qui zèbre les stèles calédoniennes et les deux Thunderbolts quil semble diviser, comme Cu Chulain est obligé de maintenir séparés sans cesse des jumeaux sur le champ de bataille ?
Alors, les travaux fabuleux de James Rendel Harris ouvrirent la porte à la solution, déjà entrevue par ailleurs.
Les Jumeaux sont les fils du Dieu-Tonnerre, loiseau Thunderbird, le Roi Picus, le pivert qui guide les humains sur le chemin de la ruche des abeilles où il attend de pouvoir, grâce à eux, prélever son tribut. Les Jumeaux sont une horreur de la nature qui ne peut avoir quune origine divine, donc inacceptable par les humains. Ils sont donc aussitôt mis à morts pour chasser le mal.
Toutefois deux dentre eux échappent à cette loi, les fils du Dieu-Tonnerre, les Ashvins, dont lun est de nature divine, un archer, tandis que lautre dirige leur char, un aurige de nature humaine.
Par ailleurs, le Chaudron de Gundestrup, semblant être la représentation dun couple de dieux en conflit, Lugh et Kernunnos, ce dernier mécontent de lattitude de Lugh à lendroit de sa femme, essaie de grimper à larbre des dieux, tandis que Lugh le bombarde de boules de foudre, partout présentes dans la mythologie baltoslave. Il vint alors que ce conflit des deux dieux compte une multitude dincarnations, dont le combat dIndra contre Vrtra, celui de Perun contre Veles, et sur le chaudron, celui de Lugh contre Kernunnos. Mais que viennent faire les Jumeaux dans cette histoire ? Leur connexion napparaît que grâce au mythème de lEnlèvement dHélènè (Elanè), analysé par dautres depuis longtemps déjà.
Les Jumeaux ont unesœuƌ, Hélènè ou ses équivalentes, Thrudhr. Mais celle-ci a été raptée par un odieux personnage, Scorpion, qui la emmenée dans son repaire souterrain et sombre. A la demande de leur père, les Jumeaux partent à la recherche de leursœuƌ, chacun de son côté, et la ramènent au jour sous laspect dAurore, Usha, Eos, Thrudhr, ou sous des formes moins identifiables comme Alfhild.
Ce thème de lEnlèvement dHélènè est universel en milieu indoeuropéen, mais il est peut-être présent dans dautres aires symboliques.
La connexion entre lAurore et les Gémeaux fils du Dieu-Tonnerre était trouvée : les Ashvins partent à la recherche de lAurore quils ramènent au jour depuis le sombre sous-sol et la nuit.
Fort bien ! Mais nous voici perdus à nouveau : Que font les Jumeaux avec lalternance des saisons ? Quel lien entre le chemin des morts, la Voie Lactée et le mythe de lenlèvement dHélènè ? Cette question serait restée sans réponse sans lexploration de Bâl Gangâdhar Tilak de la question dOrion-Prajâpati. La difficulté du thème que je souhaite aborder est telle que je reculerai devant une sorte de conclusion fictive, me limitant à poser une question. On a remarqué que le chemin des morts semble aboutir en Orion. Mais de plus, grâce au travail de Tilak, nous avons perçu quOrion est aussi Prajâpati, ou la Tête dAntilope percée dune flèche. Comment réaliser cette connexion ?
La clef du problème se trouve à mon avis dans une exploration que je naurai sans doute pas la force dengager, sur le thème de la création de la Voie Lactée, et donc sur le personnage de Saramâ, dont miraculeusement encore, Max Müller avait vu lidentité avec Hélènè. Quiconque avancera dans ce filon y trouvera des merveilles.
Pour ma part, je me suis tenu à trouver lentrée de labonanza, et jignore si une suite sera possible ni selon quel chemin. Bref, faisons encore un instant du style en remarquant que nous sommes entrés auĐœuƌ des ténèbres, dont la ressemblance avec le voyage des Argonautes ne peut échapper à personne. 19 Mars 2015, un jour avant léquinoxe, veille de léclipse.
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