Gérôme Taillandier: Le moment de conclure

De
Publié par

LE MOMENT DE CONCLURE Si vous considérez le schéma L2 sur lequel je ne m͛attarderai pas, pour votre plus grand soulagement, vous remarquerez tout de même que ce schéma concerne l͛énonciation inconsciente, le désir de l͛Autre, autrement dit, leĐƈƵƌ de notre être, l͛inconscient.

Publié le : mardi 26 avril 2016
Lecture(s) : 2
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
LE MOMENT DE CONCLURE Si vous considérez le schéma L2 sur lequel je ne mattarderai pas, pour votre plus grand soulagement, vous remarquerez tout de même que ce schéma concerne lénonciation inconsciente, le désir de lAutre, autrement dit, lecœur de notre être, linconscient. Tout y est en place, lAutre qui parle, la pulsion, le fantasme et le désir. Que demander de plus ? Eh bien ! ceci justement ! Si vous revenez au graphe, vous avez remarqué quune ligne en retour est nécessaire pour sa construction. Cette ligne concerne la place que le sujet peut recevoir dans linconscient, autrement dit, cest la « de laponctuation » phrase de lAutre, que Lacan pratiquait dans sa séance écourtée, comme interprétation.
Si un monsieur distingué se met à rêver de Sainte Anne alors quil nest pas breton, vous pouvez toujours lui faire remarquer que Sainte Anne est aussi la patronne des fous, ou des psychiatres, ce qui est à peu près la même chose. Vous vous demanderez alors pourquoi les portes de Notre Dame sont Sainte Anne et la Porte de la Vierge. Faudrait-il supposer que lun des orifices restevierge et l? Ce choixautre pas est-il compatible avec levœuPréfèrera-t-onchasteté ?  de passer par lune ou lautre porte ?
On voit quune ponctuation interprétative peut mener fort loinPlus simplement, nous constatons que ce retour prend ordinairement la forme dusurmoi, soit, le retour de la pulsion sur la personne propre. Mais restons encore plus simples et voyons que, faute de ce retour, qui est le moment de conclure qui se construit dans la métaphore paternelle, il ny aurait tout simplement ni fantasme, ni moi (image de lautre). Ce retour est donc indispensable pour constituer du sujet qui ne sentend pas dire au cours d: «un entretien Avallon danslYonne», alors quil est originaire de cette région et quune hallucination auditive vient de lui parvenir. Nous devons nous demander quelle place ce retour occupe dans le fonctionnement psychique du sujet. Vous constatez en haut de cette ligne en retour, la ponctuation de la phrase de lAutre : S(Abarré). Cette ponctuation désigne le fait que la mère manque, et donc désire. Tel est le message quelle transmet à lenfant, si elle est dans ses chaussures. Quelque chose laisse à désirer, et le message inconscient quelle transmet est la cause de ce désir : le manque au désir denfant quelle doit au fauteur de trouble et à la cause de toute cette agitation, la sorcière qui la condamnée à cette peine, la salope quest sa mère, et quelle doit elle-même devenir. Bref, la mère est castrée.
Vous admirerez alors la transmutation des éléments qui sopère dans ce retour, sous les formes du choix dobjet par étayage ou du choix narcissique. Dans ce retour, le fantasme prend le relai du discours de la mère, mais mis à la sauce de la castration de lenfant. Il en résulte un moi, image négative de lautre, ce dont lenfant ne veut en aucun cas comme figure imaginaire de la mère ou du père. Au bout du chemin, vous reconnaissez la condensation de tout cela dans lidentification inconsciente au désir manquant de la mère :lidéal du moi. Lidéal du moi est la forme que revêt, dans le désir,l’identificationsujet au désir de du lAutre, cest ce désir qui sexprime à chaque fois que le sujet désire, en trouvant ainsi le moyen de faire passer sur un objet plus ou moins adéquat la demande de lAutre, et son manque inévitable.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.