Gérôme Taillandier: Sur le retour du graphe

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Renan du Bois du Lac, que je ne remercierai jamais assez pour son exploration de la souffrance liée à la répétition, m͛a proposé les thèmes suivants. On sait que toute sa répétition tourne autour de la formule obsessive: «N͛importe comment, tu n͛es qu͛».

Publié le : mardi 29 mars 2016
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Renan du Bois du Lac, que je ne remercierai jamais assez pour son exploration de la souffrance liée à la répétition, ma proposé les thèmes suivants. On sait que toute sa répétition tourne autour de la formule obsessive : « Nimporte comment, tu nes qu». Grâce à lui, nous avonsun vaurien appris à reconnaître dans le « retournement sur la personne propre » de Freud la forme en retour du graphe de Lacan, moment où la pulsion revient vers sa source sous la forme de lidéal du moi. Nous avons depuis longtemps avec Renan, compris que cette ritournelle était la transmission du manque au désir, de la mère, qui elle-même, dut se la réciter toute sa vie.
Comme les choses de linconscient ne sont jamais simples, nous avons depuis longtemps avec Renan appris à reconnaître dans cette formule le retournement contre soi-même dun reproche fait au père de ne pas avoir su dompter le déchaînement de la demande maternelle, en somme, un équivalent rageur de la haineœdipienne, parfaitement justifiée.
Nous pourrions nous demander si, dans ces conditions, il ny aurait pas une ombre de masochisme là-dessous, puisque cette position, érogène ou morale, trouve sa racine dans ce retournement. Mais je peux affirmer quil nen est rien, car lusage de la structure inconsciente par un sujet ne saurait se résumer à une position pathologique.
Mais Renan ne lâche pas le morceau si facilement, et en vient à se demander pourquoi ce processus persiste, qui lui a coûté tant de souffrance ?
Il en vient alors à émettre lidée que ce retournement a une fonction, qui estd’assurer une sorte didentité de soi. A y bien penser, on remarquera une analogie entre cette formule et linscription que les filles se plaisent à envoyer sous forme de selfie à leur amant, ce fameux « bitch » auquel elles aiment à sidentifier, afin de faire entendre à leur mère quelles leur sont bien identiques, ce qui leur permet à elles aussi dêtre des salopes, --comme leur mère.
Il est on ne peut plus important dêtre une salope comme sa mère, cela sappelle lorgasme, puisque la jouissance est le signe de franchissement dun seuil dans la vérité du sujet, grâce auquel il nest plus tenu de reste en complet veston ou en tailleur Chanel ; Encore que lon peut faire bien détranges choses avec un tailleur Chanel
Renan poursuit son idée un pas plus loin et saperçoit que la souffrance liée à cette répétition est elle aussi, une façon de rassembler son identité, qui est tout de même préférable au fait de se taper la tête contre les murs, comme les autistes. Renan a encore eu beaucoup dautres idées, mais à chaque jour suffit sa peine.
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