Gérôme Taillandier: Unselfish Selfie

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UNSELFISH SELFIE Une femme, toilettes publiques, un grand miroir, la scène du fantasme. Tout est prêt pour la mise en scène du désir: un lieu anonyme touchant au plus intime, Nulle Part, le lieu du désir par excellence.

Publié le : lundi 8 février 2016
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UNSELFISH SELFIE
Une femme, toilettes publiques, un grand miroir, la scène du fantasme.
Tout est prêt pour la mise en scène du désir : un lieu anonyme touchant au plus intime, Nulle Part, le lieu du désir par excellence. Mais ce lieu Ŷ’est pasdéshabité. La jeune femme sourit en coiŶ, eŶvoyaŶt à soŶ aŵaŶt le poƌtƌait d’elle Ƌu’il atteŶd ou peut-ġtƌe Ŷ’atteŶd pas, afiŶ de susciteƌ soŶ dĠsiƌ, eŶ ŵġŵe teŵps Ƌue soŶ ƌegaƌd eŶteŶdu. OŶ ƌeŵaƌƋue Ƌue la daŵe Ŷ’a pas abusé des bonnes choses, elle reste dans la suggestion, promettantdes ŵeƌveilles à veŶiƌ. L’aŵaŶt Ŷe doit pas ġtƌe tƌğs loiŶ, daŶs le teŵps ou daŶs l’espace, et le ŵessage anticipe sur ce qui est espéré :le dĠsiƌ de l’aŵaŶt. Maintenant, prenons un peu de recul devant la scène. La place del’amant est celle du regard sur la scène, elle est au point perspectif de la scène, et regarde ce que la dame voit sur son écran, à peu près. Nous sommes, en tant que spectateuƌs, à la place de l’aŵaŶt. Cette place est celle Ƌui permet que la scène ait lieu, puisƋu’elle coŶditioŶŶe la ƌepƌĠseŶtatioŶ de l’iŵage de la daŵe, soŶ ŵoi idĠal.Toutefois, si lon y prend garde, un subtil écart existe entre le regard de la dame et celui de lamant, lequel est situé dans lidéal du moigrand I. La spécularisation nest pas parfaite, heureusement, cet écart est celui du désir. Lorsque Buñuel achève sonœuvƌedans lobscur objet, il use de deux actrices pour lincarner, signifiant ainsi que cet objet est entre elles, et non pas en elles.
Mais où est donc lobjet du désir dans ce selfie ?Dans lappel de la dame, le geste doffrir à lamant. Par ce geste, la dame montre sa nudité, et espère que son amant saura la nimber de son désir, grâce auquel elle se sentira exister.
Le moi idéal, limage dans le miroir que la dame met en scène, nest pas tant son moi que la figure quelle présente à lAutre afin de donner à ce dernier loccasion de désirer, et donc de permettre à la dame dentrer dans l’Œdipe féminin, sortir de la mère et espérer un enfant dun substitut paternel.
Le pari est risqué et souvent perdu
Le désir nest donc pas en elle ; elle soffre commeaimée, et montre lobjet qui cause ledésir de lamantet dont elle abrite lémergence sil le veut. En donnant une ouverture sur lobjet, elle se constitue comme lAutrequi le recèle, elle autorise le désir de lamant, qui peut trouver en elle lAutre de son désir. Il lui faudra pour cela la retrouver sous peu, hors du miroir qui cache lobscur objet abrité en elle, et aussi bien en lui.
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