Ces tabous qui défigurent l'islam

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Historiquement, l'influence de la morale judéo-chrétienne sur l'islam est qualifiée par un terme générique : "tradition israélite", marquant sa jurisprudence ou fiqh, ce qui a donné la tradition musulmane actuelle. Ce fiqh s'est figé, interdisant tout effort d'interprétation en dehors de la jurisprudence officielle. Apostasie et homosexualité sont des freins majeurs dans l'inconscient du musulman, l'empêchant d'être l'homme libre que voudrait faire de lui la foi islamique.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
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EAN13 : 9782336371764
Nombre de pages : 110
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Farhat Othman
Ces tabous qui défigurent l’islam Tome 2
L’apostasie et l’homosexualité
Ces tabous qui défigurent l’islam
Tome 2
L’apostasie et l’homosexualité
Farhat Othman Ces tabous qui défigurent l’islam
Tome 2
L’apostasie et l’homosexualité
Chez L'Harmattan
Du même auteur
Guérir l’Alzheimer ! Manifeste hors poncifs, 2012.Les accords franco-arabes. Des origines des bilatérales à nos jours, 2002.
Chez Afrique Orient (Casablanca – Maroc)
relations
Aux origines de l’islam. Succession du prophète, Ombres et lumières, 2015.
2015،ضﺮϣﻪﺒﺷةرﻮﻄﺳألﻮﺣ.ﺮϤﯾﺎھﺰϟﻷاﻦϣﻲﻓﺎﻌΘϟا
Pour le renouvellement du Lien indéfectible 1 : L’apostasie en islam, 2014.
2014بﺮﻐϤϟا!مﻼﺳﻹاﻲﻓةدﺮϟاﺔﻘﯿﻘﺣ: 1ﻰﻘﺛﻮϟاةوﺮﻌϟاﺪﯾﺪﺠΗﻲﻓ
Pour le renouvellement du Lien indéfectible 2 : L’homosexualité en islam, 2014.
2014بﺮﻐϤϟا!مﻼﺳﻹاﻲﻓطاﻮϠϟاﺔﻘﯿﻘﺣ:2ﻰﻘﺛﻮϟاةوﺮﻌϟاﺪﯾﺪﺠΗﻲﻓ
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30905-7 EAN : 9782336309057
Tabou de l'apostasie Apostasier est licite en islam  Nous continuons dans le droit musulman de relever d'une interprétation fausse des prescriptions de notre religion sur nombre de sujets ; aussi certaines de nos lois se prétendant inspirées de l'islam sont-elles non seulement illégitimes, mais aussi illégales ; car elles rendent l'État qui les applique injuste et même meurtrier, en mettant à mort pour apostasie, par exemple.  En effet, l'apostasie est licite en islam ; je ne suis point le premier à l'affirmer. Déjà, très tôt en islam des voix justes et autorisées l'ont dit et répété. Mais une conception étrangère à l'islam a altéré l'esprit libéral en la matière de notre belle religion, y rendant illicite ce qui ne l'est pas.  Je viens de consacrer à cette question sensible un livre qui est paru en arabe et en français : Pour le renouvellement du Lien indéfectible 1. L'apostasie en 1 islam . J'en reprends ici la quintessence apportant la preuve que l'islam est innocent des horreurs qu'on soutient à ce sujet en son nom. Aussi, il faut savoir que celui qui prétend que l'apostasie est illicite viole l'islam comme il est démontré ci-après.
1 Afrique Orient, Casablanca, Maroc, 2014.
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Mieux comprendre l'islam  Dans le cadre du rapport actuel qu'on entretient avec notre patrimoine culturel religieux, il nous est impératif de privilégier les meilleures voies et les moyens de haut prix pour appréhender la richesse de notre héritage. Ainsi doit-on veiller à ce qu'il n'y ait pas de mélange possible de ses trésors avec ce qui s'est entassé dessus, avec le temps, comme amoncellements adventices et contingents les dévalorisant au lieu de les valoriser.  En matière d'application des préceptes du Coran, cela nécessite de coller simultanément à la lettre du texte et à son esprit. Si le texte correspond dans sa lettre à son esprit, il est la seule référence ; mais si le texte se différencie de l'esprit, celui-ci est alors privilégié. Non seulement sa valeur éminente en notre religion l'impose, mais aussi parce qu'il est verbe divin tout autant que la parole, au même titre que la lettre et le mot, en étant de rang plus élevé cependant.  Bien évidemment, en se référant à l'esprit du texte, vient le rôle de l'exégèse ; et cela ne se fait qu'en revenant tout en premier à la tradition du prophète et ensuite aux visées de la loi de Dieu.  Toutefois, en vue d'entourer de toutes les garanties scientifiques une œuvre qui revendique la caractéristique d'être objective avant tout, de cette objectivité scientifique inévitable en notre religion, nous pensons qu'il ne faut plus aujourd'hui recourir de façon automatique à la jurisprudence telle qu'aboutie en une séquence de son histoire. Cela concerne, plus exactement, le cantonnement de la Tradition avérée au corpus attesté uniquement par les 2 jurisconsultes majeurs que sont Boukhari et Mouslem .
2 On pourrait se référer ici utilement au précieux ouvrage en la matière de Foued Abd AlBaki :ϖϔΗا ﺎϣ ﻲϓ نﺎΟﺮϤϟاو ﺆϟﻮϠϟا ﮫϴϠϋ ϊϳزﻮΘϟاو ﺮθϨϟاو ﺔϋﺎΒﻄϠϟ نﺎϳﺮϟا ﺔδγﺆϣ ،نﺎΨϴθϟا
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Aussi, en ce que nous affirmerons dans ce qui suivra, parlant de la Tradition avérée, nous ne signalerons que les dits du prophète acceptés par les deux éminents jurisconsultes.  L'œuvre des jurisconsultes encore en vigueur de nos jours fut sans conteste grandement bénéfique en son temps ; mais elle ne l'est plus, ayant entraîné les pires malheurs à l'islam en le figeant. Il suffit ici de rappeler ce qu'affirmaient les chefs de file de nos quatre rites, à savoir qu'ils n'étaient que des musulmans parmi d'autres, qui ont toutefois fait un effort d'interprétation. Et il est loisible à tout un chacun en islam de faire le même effort pour peu 3 qu'il connaisse sa religion et fasse preuve de bonne foi .  Il est nul doute qu'il y a dans ces deux orientations tant de bienfaits pour notre religion et un universel bien pour sa scientificité et son universalisme. À cela s'ajoutent la pureté de l'intention et la sincérité à traiter un texte sacré dont la sacralité ne supporte pas la moindre partialité idéologique, fruit de la nature humaine que Dieu a nécessairement fait imparfaite.  Assurément, cela ne plaira pas à la plupart de ceux qui s'étaient habitués à une pratique antédiluvienne de traitement de la religion ; et il en est qui en a fait un objet
3 Ainsi, Malek Ibn Anes, qui est la référence jurisprudentielle en notre pays, assurait ceci : « Je ne suis qu'un humain qui se trompe et qui dit juste ; examinez donc ce que je dis et prenez-y ce qui correspond au Livre et à la Tradition et ne retenez pas ce qui n'y correspond pas » ( ϊϣﺎΠϟا ﻲϓ ﺮΒϟا ﺪΒϋ ϦΑا2/32). Et il est évident que la référence au Coran et à la Tradition du prophète l'est non seulement pour le texte uniquement, mais aussi pour ses visées telles qu'indiquées par son esprit ; car sans cela, notre religion n'est plus scientifique ni rationaliste. D'ailleurs, le propos de Malek et d'autres jurisconsultes ne fait que confirmer le verset 3 de la sourate Al 'Araf : « Suivez ce qui vous a été révélé de la part de votre Seigneur et ne suivez aucun maître que Lui ! Mais c'est bien peu que vous vous en souveniez ! »
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4 de commerce lui permettant de vivre et de s'engraisser . Notre méthode ne reste pas moins la meilleure, étant de nature à assurer à notre religion ce qu'elle est sans conteste : le sceau des religions. Ce qui signifie que tout un chacun ayant la foi en Dieu, croyant en son unité, juif ou chrétien et de toute autre obédience, peut dire à juste titre et sans hésitation : Je suis musulman fervent, attaché à la foi 5 d'Abraham .  Ainsi laissera-t-on en islam la porte ouverte à tout mécréant, ne l'empêchant point de la possibilité d'un éventuel retour à la vaste aire de l'islam et à son épais ombrage. C'est que sa raison peut se réveiller un jour à la vérité de l'essence humaine et son insignifiance devant une entité divine suprême, et à l'état nécessaire d'extrême besoin de cette divinité ; ce n'est nullement impossible, Dieu faisant grâce de sa guidance à qui Il veut. Alors, cet incroyant pourrait en venir à affirmer l'unicité de Dieu et à 6 s'orienter au monothéisme islamique ; et bien
4 Parmi ceux-là figure sans conteste un certain nombre de jurisconsultes qui ont accepté d'instrumentaliser la religion au service de la politique, comme nous l'enseigne l'histoire. Il suffit de signaler ici Azzohri dont les historiens étaient unanimes à se méfier de la plupart des dires ; ou encore la référence absolue des instruits en traditions, Abou Hourayra, qui était connu par le surnom de maître de la Madhira du fait de son grand appétit pour cette spécialité culinaire. Faite à base de viande cuite avec du lait aigre, elle servait au premier calife omeyyade Mouawiya Ibn Abi Soufyane à s'attacher à son service les consciences libres dans le besoin. Voir par exemple, à ce propos, l'ouvrage de Mahmoud Abou Raya :،ةﺮϳﺮھ ﻮΑأ ،ةﺮϴπϤϟا Φϴη ةﺪϳﺰϣ ، ﺔΜϟﺎΜϟا ﺔόΒﻄϟا ،نﺎϨΒϟ ،توﺮϴΑ ،تﺎϋﻮΒﻄϤϠϟ ﻰϠϋﻷا ﺔδγﺆϣ تارﻮθϨϣ ﺮμϣ ،فرﺎόϤϟا راد ،ﺔϟﺪόϣو5 Nous traduisons ainsi l'expressionﻲϔϴϨΣ ϢϠδϣ. À noter que ϒϴϨΣ veut dire homme droit, mais aussi ermite, ascète, anachorète et pèlerin. C'est aussi une épithète de l'islam.6 Ainsi traduisons-nous ici l'expressionﺔϴϔϴϨΤϟاو ﺪϴΣﻮΘϟا. À noter que le motﺔϴϔϴϨΣdésigne aussi l'islam.
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évidemment, il sera accepté de lui, ainsi que le veut et y appelle Dieu. Conception de la foi en islam  En islam, en tant que sceau des prophéties, la foi 7 plénière est dotée d'un statut particulier qui est prééminent par rapport à l'état de la simple foi islamique. De fait, le musulman est celui qui se remet à Dieu selon la foi islamique ; or, il n'a peut-être pas toute la foi dans sa plénitude ; alors que celui qui a la foi plénière est forcément musulman.  Il est indubitable que l'islam dont il s'agit ici est l'islam culturel ou plénier, c'est-à-dire l'islam foi d'Abraham; aussi, il n'est pas nécessairement l'islam ainsi que nous l'identifions selon ses rites connus. Bien plutôt, il est la foi d'Abraham islamique ; il est donc la religion monothéiste d'Abraham.  Foi plénière et islam  Pour l'essentiel, le credo islamique est fondé sur la foi loyale, car l'islam est une confession s'adressant en premier et avant tout au meilleur dans l'homme, en plus de ses sentiments et affects, soit à la raison. Et il n'est nul doute que les affects sont francs et nobles quand ils sont conformes à la raison, ne la contrariant ni ne la rejetant sauf à contredire ce que commande la conscience. Cela se résume pour l'essentiel en unaraisonnement spiritualiste, soit des perceptions raisonnées ou une pondération des perceptions et des sens pour une sérénité, condensé de la nature humaine en son état instinctuel, ainsi que cela apparaît chez l'humanité entière. 7 Ainsi traduisons-nousنﺎϤϳﻹاqui se distingue en islam de la simple foi islamiqueمϼγﻹا, la foi plénière étant supérieure à la simple foi islamique. À noter que nous employons le terme plénier en son sens vieux de plein et total.
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