Ces tabous qui défigurent l'islam

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L'islam, venu en révolution sociale et mentale, a gagné les cœurs par la simplicité de préceptes humanistes. Une telle originalité n'a pas résisté à l'usure du temps ni à la pression de la tradition judéo-chrétienne. Les jurisconsultes musulmans ont collé à son tissu social, quitte à altérer l'esprit de la foi et de l'éthique islamiques, créant des tabous. S'attaquant à celui de l'alcool, cet ouvrage montre que l'islam ne prohibe que l'ivresse, strictement interdite que pour faire la prière.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
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EAN13 : 9782336371757
Nombre de pages : 94
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Farhat Othman
Ces tabous qui défigurent l’islam Tome 1
L’alcool
Ces tabous qui défigurent l’islam
Tome 1
L’alcool
Farhat Othman Ces tabous qui défigurent l’islam
Tome 1
L’alcool
Chez L'Harmattan
Du même auteur
Guérir l’Alzheimer ! Manifeste hors poncifs, 2012.Les accords franco-arabes. Des origines des bilatérales à nos jours, 2002.
Chez Afrique Orient (Casablanca – Maroc)
relations
Aux origines de l’islam. Succession du prophète, Ombres et lumières, 2015.
2015،ضﺮϣﻪﺒﺷةرﻮﻄﺳألﻮﺣ.ﺮϤﯾﺎھﺰϟﻷاﻦϣﻲﻓﺎﻌΘϟا Pour le renouvellement du Lien indéfectible 1 : L’apostasie en islam, 2014.
2014بﺮﻐϤϟا!مﻼﺳﻹاﻲﻓةدﺮϟاﺔﻘﯿﻘﺣ :1ﻰﻘﺛﻮϟاةوﺮﻌϟاﺪﯾﺪﺠΗﻲﻓ
Pour le renouvellement du Lien indéfectible 2 : L’homosexualité en islam, 2014.
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© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05404-9 EAN : 9782343054049
PRÉAMBULE  En postmodernité, qui est ﺲ comme on le dira avec plus de détails dans l'ouvrage ﺲ l'ère des communions émotionnelles des sens débridés tout autant que celle de la fin de la Modernité occidentale et une faim d'un paradigme nouveau, la communauté musulmane est appelée à retrouver à l'usage quotidien de sa foi son trésor qu'elle ne fait que thésauriser sans en tirer utilité. Il s'agit de cette spiritualité et de cet humanisme de grands formats qui constituent la pérennité même de l'islam.  Or, la communauté islamique est une altérité, d'où le néologisme que je lui applique decommnuautaritéen ; cela, l'islam est en phase avec Tonnies qui opposait déjà la communauté fondée sur les liens organiques, affectifs et spirituels, à la société de la civilisation urbaine et industrielle basée sur des contrats rationnels et des lois écrites et qui lui paraît être une forme de décadence. D'ailleurs, au moment du passage du contrat rationnel au pacte émotionnel, on retrouve cette opposition étendue à la culture et à la civilisation chez Spengler, lequel avait déjà prédit le déclin de l'Occident.
 Qu'est-ce à dire sinon que l'on ne doit plus s'illusionner sur une quelconque modernité occidentale qu'on singerait, car elle est moribonde, sans pour autant agir comme nos intégristes qui se trompent de temps, calquant le présent sur un passé mythifié dont ils ne saisissent pas ainsi la
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substantifique moelle en faisant bien plus qu'un présent rayonnant, mais aussi et surtout un futur radieux en un temps spiralesque, muant en instant éternel.
 L'époque et les événements que vit notre pays sont propices à une lecture renouvelée de notre foi, bien plus en harmonie avec son génie, le magnifiant au lieu de le dévergonder. Cela peut et doit se faire en renouant avec ce qui a fait la civilisation islamique, cetorganonislamique qui, comme celui d'Aristote, rappelle que la logique reste l'instrument éminent du savoir.
 Il nous faut rouvrir d'urgence l'effort d'interprétation en usant à fond de l'arme redoutable des visées de la Loi divine, mise à la disposition des jurisconsultes par l'imam Chatibi au 8e siècle de l'hégire, afin de rationaliser en le conformant aux exigences de notre temps le raisonnement somme toute quasi exclusivement analogique de nos jurisconsultes.
 Elle permettra, en effet, de comprendre que si le raisonnement analogique n'est que probable, on peut y substituer une autre probabilité ayant l'avantage de la congruence avec les réalités contingentes, celle du raisonnement téléologique ou selon les intentions et les visées de la religion.
 Il ne s'agit bien sûr pas de finalité ou des causes finales assez critiquées par Spinoza et Bergson, mais de dialectique où les figures ne sont pas des causes finales, plutôt des significations, comme dit Ricœur. C'est plus exactement d'une téléonomie ou télénomie islamique qu'il s'agit, l'étude des lois de l'islam selon leur finalité. Pour paraphraser J. Monod, la seule hypothèse devant être considérée comme acceptable aux yeux des sciences contemporaines et donc postmodernes de la religion est que l'invariance précède nécessairement la télénomie qui serait en quelque sorte le principe actif d'une lecture
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renouvelée de l'islam, ce « comprimé d'avenir » dont parle J. Rostand.  On sait désormais qu'à l'instar de tout phénomène, la vérité même scientifique une fois son terme atteint tombe en décadence jusqu'à son remplacement par le fait polémique qui précipite sa fin. Seul un renouvellement de cette vérité intégrant la contradiction qui lui est apportée, en faisant une information, est en mesure de lui permettre de durer, mais autrement.  Aujourd'hui, la pensée complexe et lecontradictorielautorisent ce qu'on qualifiait déjà de coïncidence des contraires, ce dont la pensée arabe est bien riche, dans la rhétorique de sa langue pour le moins. Il s'agit désormais d'en faire moins l'ontologie que l'ontogenèse en une époque où, sociétalement, toutorganonest forcément de l'orgiasme au sens que lui donnent les sciences sociales.
 Cela autorisera de faire en Tunisie, à la faveur de ce qu'on a appelé Printemps arabe, un printemps arable, une saison cultivable et labourable, une floraison intérieure, un revif de l'âme sociale où la maturité de l'esprit outrepassera la simple chronologie permettant aux jeunes d'être anciens, faisant de la maturité juvénile la marque de la pensée qui met l'accent sur l'intensité du vécu, le qualitatif de l'existence. Ainsi, nos anciens, lesalaf, seront des enfants éternels qui valorisent le sens, les sens et le sensible, et qui réinventent le monde en le sortant du cocon du dogmatisme et du conformisme logique. Rappelons que le prophète Moïse, comme le notait Philon dansDe Sobrietate,appelait anciens des hommes qui n'avaient pas encore vieilli ; que notre prophète confia La Mecque, après sa conquête, à un tout jeune homme, comme il chargea de l'ultime expédition de sa vie un bien jeune général appelé à commander même aux futurs deux premiers califes.
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 C'est à ce nouvel esprit islamique que nous appelons de nos vœux que contribue cet ouvrage ; un esprit auquel tout un chacun, sincèrement attaché à sa foi, est appelé à travailler.  Farhat Othman Kerkennah, 20 août 2014
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