Charles Taylor

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Le philosophe Charles Taylor s’entretient avec
Jonathan Guilbault à propos de cinq oeuvres ayant contribué à façonner sa posture de croyant. En commentant des oeuvres de Merleau-Ponty, Hölderlin, Baudelaire, Dostoïevski et frère Émile, il montre que les voies vers Dieu sont multiples et fascinantes.
Publié le : mardi 29 septembre 2015
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EAN13 : 9782896882830
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Charles Taylor Les avenues de la foi
Entretiens avec Jonathan Guilbault
Charles TaLesyavenluesode larfoi
Entretiens avec Jonathan Guilbault autour de cinq livres qui rendent libres
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Taylor, Charles, 1931 Les avenues de la foi : Entretiens avec Jonathan Guilbault ISBN 9782896881987
1. Taylor, Charles, 1931  Entretiens. 2. Foi. 3. Philosophie. 4. Vie. 5. Philosophes  Québec (Province)  Entretiens. I. Guilbault, Jonathan, 1981 . II. Titre.
B995.T34A5 2015
191
C20159415071
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015 Bibliothèque et Archives Canada, 2015
Direction éditoriale : Jonathan Guilbault, JeanFrançois Bouchard Révision : Pierre Guénette Mise en pages et couverture : Mardigrafe inc. Photo et illustrations : © Thinkstock
Les textes bibliques sont tirés de laTraduction œcuménique de la Bible(TOB). © Société biblique française et Éditions du Cerf, Paris, 1988. Avec l’autorisation de la Société biblique canadienne
© Les Éditions Novalis inc. 2015
Financé par le gouvernement du Canada Funded by the Government of Canada
Nous reconnaIssons l’aIde inancIère du gouvernement du Canada par l’entremIse du Fonds du lIvre du Canada (FLC) pour des actIvItés de développement de notre entreprIse.
Cet ouvrage a été publIé avec le soutIen de la SODEC. Gouvernement du Québec – Programme de crédIt d’Impôt pour l’édItIon de lIvres – GestIon SODEC.
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9782896882830
Charles TaLesylor avenues de la foi
Entretiens avec Jonathan Guilbault autour de cinq livres qui rendent libres
Introduction
Inutîe de se raconter des hîstoîres : ce quî pousse un édîteur à faîre mîe et une démarches en vue d’un projet de îvre a peu à voîr avec a muse des poètes. Comme dans toute actîvîté humaîne, une part d’întuîtîon entre certes en jeu ; maîs î s’agît surtout de poser deux questîons et d’y répondre avec e pus de rîgueur possîbe. D’abord : que type de îvre pourraît faîre vîbrer notre ectorat – et, sî possîbe, en repousser es frontîères ? Ensuîte : avec que auteur rîsque-t-on d’arrîver au meîeur résutat ?
Pour une maîson consacrée au îvre reîgîeux, soucîeuse de rempîr sa mîssîon au-deà de sa cîentèe « confessîonnee », î est ruîneux de tenter de répondre à a premîère questîon dans ’oubî du constat énoncé par Kîerkegaard dans sonPost-scrîptum aux mîettes phîlosophîques: « Exactement aussî împortante que a vérîté, et même encore pus, est a manîère dont a vérîté est acceptée, et î ne servîraît pas à grand-chose de conduîre des mîîons de gens à accepter a vérîté sî, justement par a manîère dont îs ’acceptent, îs se trouvent rejetés hors d’ee. »
LES AVENUES DE LA FOI
Depuîs ’époque du phîosophe danoîs, es sensîbî-îtés ont évoué, de tee sorte qu’î n’est même pus questîon pour ’Égîse cathoîque de « faîre accepter une vérîté » – expressîon quî rend aujourd’huî un son effroyabement condescendant. Ee en est putôt à faîre entendre une paroe de foe espérance par-deà e bruît, a mutîtude d’îmages, a méiance envers es beaux dîscours, e souvenîr des scandaes, a crîse des înstîtutîons, etc. Bref, magré une acoustîque peu favorabe.
En 1975, dansEvangelîî nuntîandî, e pape Pau VI constataît que « ’homme contemporaîn écoute pus voontîers es témoîns que es maïtres […] ou s’î écoute es maïtres, c’est parce qu’îs sont des témoîns ». Ce dîagnostîc s’appuyaît sur pusîeurs décennîes de gestîon pus ou moîns heureuse, par ’Égîse, de a crîse de ’autorîté secouant ’Occîdent. Ee prenaît enin acte que ses vîeux trucs ne faîsaîent pus effet, et qu’î uî faudraît désormaîs, avant tout, être anîmée par des dîscîpes crédîbes.
Des témoîns crédîbes de a foî, î n’en manque guère, dans ’hîstoîre récente ou ancîenne, et aujourd’huî encore. Courageuses mères de famîe monoparentae ou mîîtants dévoués à défendre es droîts de a personne, ees et îs sont égîons à me convaîncre que ’exîstence est faîte de morts et de résurrectîons. Maîs, soyons francs, pour se transmuer en un îvre trouvant
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INTRODUCTION
son pubîc, a grandeur de ces « vîes mînuscues » néces-sîte ’art d’un écrîvaîn accompî. Et n’est pas Pîerre Mîchon quî veut. Conséquemment, a crédîbîîté, c’est bîen, maîs une crédîbîîté pubîque, c’est mîeux. Et sî possîbe, ain de rejoîndre un ectorat dîversîié, une crédîbîîté acquîse hors du domaîne reîgîeux.
Voîà pourquoî e nom de Chares Tayor a surgî dans mon esprît. Outre que e phîosophe montréaaîs se quaîiaît aîsément comme témoîn crédîbe et personna-îté pubîque, troîs raîsons rendaîent îrrésîstîbe ’îdée d’un îvre d’entretîens avec uî.
Premîèrement, j’étaîs certaîn qu’î accepteraît. Aors que j’étaîs étudîant, î avaît prîs e temps de répondre, par courrîe, aux questîons que je uî posaîs pendant ma ecture deL’âge séculîer.à mon învîtatîon, Puîs, î s’étaît dépacé au Grand Sémînaîre de Montréa pour venîr dîscuter, de manîère înformee, avec es futurs prêtres québécoîs. Enin, peu après, î avaît généreuse-ment consentî à présîder un cooque înterunîversîtaîre que j’organîsaîs autour du thème des frontîères de ’îdentîté. Somme toute, en dépît de son envergure et des responsabîîtés quî en découaîent, cet homme dîsaît toujours « ouî ».
Deuxîèmement, je pressentaîs qu’î adhéreraît au concept que j’avaîs en tête. Pîoter des entretîens autour de questîons comme « qu’est-ce que a foî pour vous ? »
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LES AVENUES DE LA FOI
ne m’întéressaît pas. Je préféraîs jouer d’audace en faîsant émerger un témoîgnage de foî à partîr d’un rapport à des œuvres îttéraîres. Cette approche évîte-raît ’habîtue ressassement de banaîtés et de déinî-tîons. Or, en pubîantDîlemmas and Connectîons, Tayor venaît de poursuîvre sa rélexîon amorcée dans L’âge séculîer en s’appuyant sur es œuvres d’Irîs Murdoch, d’Aasdaîr MacIntyre, de Robert Brandom et de Pau Cean. J’étaîs donc certaîn qu’î sauraît comment puîser dans ses abondantes ectures pour parer de cees quî ’ont construît comme croyant.
Troîsîèmement, Tayor étant en queque sorte e penseur par exceence de a sécuarîsatîon et des dîvers avatars de croyance et d’încroyance quî s’ensuîvent, je ne pouvaîs îmagîner un témoîn pus avertî de a compexîté de a tâche de parer de sa foî aujourd’huî. Compexîté, car rîen ne va pus de soî en ce domaîne. Et que ’optîon exîstentîee du voîsîn, sî contrastée par rapport à a mîenne, ne sauraît être quaîiée à a égère d’erreur ou d’errance. Tayor a consacré sa vîe à honorer ce qu’î y avaît de beau et de égîtîme dans des postures quî ne sont pas a sîenne. En vérîtabe « Pau Rîcœur d’Amérîque », î fut un « ecteur de bonne foî », un herméneute attentîf tant aux pensées dégageant ce que e phîosophe françaîs appeaît es « forces înavouées » qu’à cees s’efforçant d’effectuer a « récoectîon du sens », et, à pus forte raîson, à cees capabes d’opérer une vérîtabe dîaectîque de ces tâches fondamentaes
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