Anachrolove

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Il y a parfois dans la vie d’étranges passages, de courts instants où l’espace et le temps se conjuguent pour nous offrir une fragance d’inconnu. Cette étrange éveil soumet à de rudes épreuves, l’authenticité de notre existence et remue la glaise des bienveillantes contradictions. Comment se convaincre désormais du bien fondé de notre réalité ? L’expérience que j’ai vécu s’apparente à l’ultime clameur d’un autre monde, un monde invisible étouffé par le confortable et dévorant malentendu de nos sens étriqués. Mais, je vous laisse appréhender, par vous même, l’étrange circonstance qui m’est apparu un beau jour de Juillet sous le ciel parisien. L’idée me traverse l’esprit de m’agglutiner parmi les nombreux badauds et autres gobe mouches fourrant dans leur gosier tout ce que peut offrir de plus colorés, la petite terrasse d’un savoureux bistrot parisien. Je sens déjà monter en moi, l’écume des papilles. Je me précipite sur une table en lorgnant les assiettes bucoliques de mes concitoyens. Alors que je plonge dans le menu fourmillant de promesses reluisantes, une ombre familière se faufile imperceptiblement dans mon champ de vision. Une ombre qui fait resurgir celles du fleuve Achéron et que je croyais engloutie à jamais. Mon sang ne fait qu’un tour avant de se glacer. Je bondis de mon assise. Puis, sans sourciller, je tourne lentement mon regard vers celle qui ne semble pas me voir. C’est elle. Il n’y a pas de doute, c’est bien elle.
Publié le : dimanche 19 mai 2013
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Il y a parfois dans la vie d’étranges passages, de courts instants où l’espace et le temps se
conjuguent pour nous offrir une fragance d’inconnu. Cette étrange éveil soumet à de rudes
épreuves, l’authenticité de notre existence et remue la glaise des bienveillantes contradictions.
Comment se convaincre désormais du bien fondé de notre réalité ? L’expérience que j’ai
vécu s’apparente à l’ultime clameur d’un autre monde, un monde invisible étouffé par le
confortable et dévorant malentendu de nos sens étriqués.
Mais, je vous laisse appréhender, par vous même, l’étrange circonstance qui m’est apparu un
beau jour de Juillet sous le ciel parisien.
L’idée me traverse l’esprit de m’agglutiner parmi les nombreux badauds et autres gobe
mouches fourrant dans leur gosier tout ce que peut offrir de plus colorés, la petite terrasse
d’un savoureux bistrot parisien. Je sens déjà monter en moi, l’écume des papilles.
Je me précipite sur une table en lorgnant les assiettes bucoliques de mes concitoyens. Alors
que je plonge dans le menu fourmillant de promesses reluisantes, une ombre familière se
faufile imperceptiblement dans mon champ de vision. Une ombre qui fait resurgir celles du
fleuve Achéron et que je croyais engloutie à jamais.
Mon sang ne fait qu’un tour avant de se glacer. Je bondis de mon assise. Puis, sans sourciller,
je tourne lentement mon regard vers celle qui ne semble pas me voir. C’est elle. Il n’y a pas
de doute, c’est bien elle. Je la retrouve dans toute la splendeur de son âme, dans sa manière de
sourire, dans le joyeux et drôlatique halo qui émane de toute son apparence. Justine. Ma belle
et douce Justine, tu es là, tu es bien là, comme quand l’insouciance nous plongeait tous les
deux dans le miracle de la jeunesse, quand violemment, notre vie prenait conscience. Prenait?
Je réalise d’un coup, ce que ce mot signifie. Comment puis je me tromper à ce point? Ce n’est
pas possible. Justine est partie. Mon esprit le sait, même si mon coeur la cherche encore.
“Justine, disparue le 21 Janvier 2005”. C’était sur le petit encart laconique en dernière page,
sur le journal local que j’ai gardé précieusement.
Mais alors qui est celle qui semble avoir volée son âme et qui mange ici négligemment des
feuilles de chou farci? Il faut que j’en ai le coeur net. Comment pourrais je l’aborder ? Et si je
reproduisais mon audace, lorsque devant le chapiteau sous une pluie battante, j’avais
remarqué, celle qui allait graver mon âme d’écritures sibyllines.
Soudain, l’intruse se lève et s’empresse de s’enfuir.
Je bondis hors de ma rêverie et je l’agrippe comme je peux.
“Bonjour, excusez moi. Je…”
Elle se retourne et incline vers moi son regard d’Orphée.
C’est elle. Mon Dieu comme c’est elle !
Je balbutie quelque chose du genre: “J’ai l’impression de vous connaître”
Elle incline légèrement sa tête comme si elle n’était pas sûre de ce qu’elle allait répondre.
“Je ne crois pas me tromper. Vous aimez les pivoines blanches, les chats persans, les longues
ballades le long de l’océan, les colliers de coquillage, les robes en madras”
“Comment le savez vous ?” Dit-elle un peu interloquée.
“Et bien voilà je…En fait, je suis médium et croyez le ou non, j’ai un flash là, vous
concernant”
Elle jette un coup d’oeil indécis vers la sortie.
“Ecoutez j’ai des choses à vous dire, un message, je vous offre un verre, un mojitos à la
fraise, c’est bien votre boisson préférée ? ”
Elle ne sait dire autre chose que:
“Comment le savez vous ?”
Il y a un instant d’apesanteur et puis elle se rassoit.
Elle s’appelle Esther, elle vit à Paris dans un petit studio avec son chat. Pas du tout la vie de
Justine et puis elle a au moins dix ans de moins. Pourtant, quand elle parle, c’est Justine qui
parle. Chaque mouvement des lèvres, chaque pulsation lui appartient. La lueur de l’âme brille
du même éclat, de la même source. Mon trouble ne cesse et j’oublie qu’elle ne me reconnait
pas en effleurant sa main. Elle ne s’en émeut pas.
Esther se livre à moi. En lisant dans ses yeux, une idée saugrenue me traverse l’esprit.
Jusqu’où Esther est elle Justine? Si nos chairs se reconnaissent, je saurai alors que c’est bien
elle. Mais, je suis fou. Cette femme est une autre, avec une autre vie. Qu’est ce que j’imagine
? De quel droit oserais je comparer deux personnes forcément différentes ? Comment pourrais
je rechercher chez une autre, le visage perdu de ma bien aimé ? Justine, Mon bébé, comme tu
étais belle, indéfiniment belle. Je me souviens comme tu t’abandonnais à mes caresses, je me
souviens de la douceur de tes épaules onctueuses, ton buste frémissant, ton ventre arrondi et la
petite virgule de ton nombril, telle la signature du maître. Justine tu n’es jamais partie de mon
corps, ni de mon âme. Nul amour n’eut pu être aussi fort. Nul contact n’eut put être aussi
évident. Je n’ai rien oublié jusqu’au délicieux chatoiemement que tu soufflais toujours au
creux de mon oreille en te lovant près de moi juste après l’amour: “My dear love… My dear
love”.
Mais je suis avec Esther.
Que je ne m’y trompe pas.
Je dois refaire mon deuil et tenter de découvrir cette jeune femme qui ne semble pas être
indifférente à mon approche.
Je l’entends dire:
“C’est drôle, je te raconte toute ma vie alors qu’on ne se connait pas”.
J’esquisse un sourire.
“Tu ne me parles pas de toi ? “
Puis en baissant la tête:
“J’espère que je ne t’ai pas saoulé avec mes histoires ?”
Nous marchons le long des berges de Seine. Esther est intarissable. Nous nous sommes
promis de nous retrouver. En partant, elle m’embrasse discrètement sur la joue.
Nous nous revoyons. A chaque fois, elle me parle longuement. En même temps nos deux
corps se rapprochent. Un soir, au détour d’un cocktail sa main tombe dans la mienne. Elle
veut aussi que je lui parle de moi, sans savoir exactement de quoi. C’est à cela qu’on ressent
le désir d’une femme lorsqu’elle se passionne pour le moindre détail de votre vie monotone.
Je dévisage ses yeux noirs qui me scrute à leur tour. Je ne sais pourquoi, mais une profonde
amertume envahit ma gorge. L’ivresse du désir se mélange à la tristesse de mon âme. Une
larme coule sur ma joue. Elle me demande ce qui ne va pas.
« Rien, je suis heureux »
« Moi aussi » Dit elle en me serrant fort dans ses bras.
Un soir, Esther est là dans mon salon, vêtue d’un tee shirt noir et d’une jupe en patchwork
coloré. Je contemple sa silhouette qui se dessine dans la lumière. Elle est doucement penchée
sur le rebord de la fenêtre. Je m’approche derrière elle et puis osant enfonçer ma tête dans le
champ blond de sa chevelure, je dis simplement :
« Une petite coupe ? »
« Tu en as ? »
« J’ai toujours une bouteille au frais »
Nous trinquons face à face et nous trempons nos lèvres mutuellement.
Soudain, elle se saisit des coupes et les pose sur la table.
Puis, elle me pousse en arrière.
Je manque de trébucher.
Elle enlève son tee shirt et sa petite jupe.
« Qu’est ce que tu fais ? »
« Viens « Dit-elle « J’ai envie »
Je la vois subitement dans ses sous vêtements.
J’essaie de trouver quelque chose à dire.
Elle ne m’en laisse pas le temps.
« Fais comme moi ! »
Optempérant sans plus attendre, j’enlève mon pantalon et ma chemise.
« Enlève tout » Insiste-t-elle.
Je m’exécute comme un bleu. J’enlève tout. Les mains pudiquement posées sur mon sexe, je
vais m’allonger gentiment sur le petit tatami qui me sert de lit. Elle dégraffe son soutien gorge
et le fait sauter par terre. Puis, elle enlève sa petite culotte qui maintenait son ventre comme
une deuxième peau. Nue à son tour, elle vient s’allonger près de moi. Elle s’avance en
souriant. La jeune fille prolixe est devenue femelle sauvage. Je m’approche doucement, puis
j’effleure sa bouche d’un baiser tendre. Je goutte la saveur de sa bouche caoutchouteuse. Nos
lèvres s’accordent à l’unisson dans un cocktail délicieux. Mon souffle s’accélère pour
contenir l’émotion qui enfle. J’effleure des lèvres la blancheur de son teint, la souplesse de sa
peau. Elle m’entoure les épaules de ses bras délicats. Puis, elle descend sa main le long de
mon buste puis de mon ventre pour terminer son voyage autour de mon sexe qui réagit
aussitôt. Je sens ses doigts délicats serrer sans réticence ma chair. Son cou fragile se découvre
derrière le rideau blond. Je chuchote comme pour m’en imprégner: “Esther…Esther…Ma
douce et belle Esther”. Elle vient coller tout son corps contre le mien. Ses larges seins se
répandent sur ma poitrine. Je sens nos coeurs battre à l’unisson. Nous ne formons plus qu’une
seule et même nature. Nous nous immergeons dans la douceur de l’étreinte et la moiteur de
nos souffles.
A cet instant, elle entrouvre les cuisses laissant entrevoir l’antre du mystérieux coquillage qui
m’est destiné. J’ai envie d’être en elle, avec elle, de disparaître, de plonger dans l’étrange
infinité qui s’empare de moi. D’un mouvement des cuisses, elle se cale sur mes hanches. Elle
entame lentement la danse ancestrale de l’amour et des illusions perdues. Son corps souple et
parfaitement modelé, ondule comme une liane soulevée par la bourrasque. Ses longs cheveux
retombent sur mon visage tels les délicieuses lianes d’une nature débridée.
Puis, je sens venir les vibrations qui envahissent son bassin. La vague déferlante vient nous
envahir. Nous disparaissons tous les deux. L’instant ne dure qu’une seconde, mais il est infini.
Je caresse tendrement sa nuque, tandis qu’elle revient se lover contre moi. Elle pose
doucement sa tête contre mon épaule. Et là, imperceptiblement, presque innocemment, mais si
nettement que je ne peux pas l’ignorer, elle murmure à mon oreille: “My dear love…My dear
love”.
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