Commémoration des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie

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Mathieu Hanotin±Député de Saint-Denis, Pierrefitte et Villetaneuse±Seul le prononcé fait foi Discours du 19 mars 2016 : Hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d¶Algérie Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les élu(e)s, Cher(e)s ami(e)s EŽƵƐ ƐŽŵŵĞƐ ƌĠƵŶŝƐ ĂƵũŽƵƌĚ͛ŚƵŝ ƉŽƵƌ ĐŽŵŵĠŵŽƌĞƌ ůĞ ĐĞƐƐĞnj-le feu en Algérie mais aussi rendre hommages aux victimes de la GƵĞƌƌĞ Ě͛ ůŐĠƌŝĞ, des combats pour les indépendances du Maroc et de la Tunisie ainsi que toutes les victimes des combats pour la décolonisation. Dès la fin de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale lorsque le camp de la ůŝďĞƌƚĠ Ă ƚƌŝŽŵƉŚĠ ƐƵƌ ůĞ ĐĂŵƉ ĚĞ ů͛ŚŽƌƌĞƵƌ͕ ůĞƐ ƉĞƵƉůĞƐ ĚƵ ŵŽŶĚĞ ŽŶƚ ůĠŐŝƚŝŵĞŵĞŶƚ ŵĂŶŝĨĞƐƚĠ ůĞƵƌ ĂƐƉŝƌĂƚŝŽŶ ă ů͛ĂƵƚŽĚĠƚĞƌŵŝŶĂƚŝŽŶ Ğƚ ă ů͛ŝŶĚĠƉĞŶĚĂŶĐĞ͘ Dès le 8 mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata, les Algériens ont fêté leur victoire face au Nazisme et au Fascisme mais ils ont également manifesté pour demander plus de liberté, leur indépendance ou leur refus du colonialisme. Ils ŽŶƚ ĠƚĠ ŵĂƐƐĂĐƌĠƐ ƉĂƌ ů͛ĂƌŵĠĞ ĨƌĂŶĕĂŝƐĞ͘ er ϵ ĂŶƐ ƉůƵƐ ƚĂƌĚ ĐŽŵŵĞŶĕĂŝƚ ůĂ 'ƵĞƌƌĞ Ě͛ ůŐĠƌŝĞ͕novembre 1954.le 1 EŽƵƐ ĐŽŵŵĠŵŽƌŽŶƐ ĂƵũŽƵƌĚ͛ŚƵŝla fin de cette guerre et la signature du cessez-le-feu du 19 mars 1962. Durant 8 années, à peine sortie de la guerre Ě͛/ŶĚŽĐŚŝŶĞ͕ ůĂ &ƌĂŶĐĞ Ă ĚĞ ŶŽƵǀĞĂƵ ŵŽntré au monde une sombre image Ě͛ĞůůĞ-même.
Publié le : mercredi 23 mars 2016
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Mathieu HanotinDéputé de Saint-Denis, Pierrefitte et VilletaneuseSeul le prononcé fait foi
Discours du 19 mars 2016 : Hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre dAlgérie Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les élu(e)s, Cher(e)s ami(e)s Nous soŵŵes ƌĠuŶis aujouƌd’hui pouƌ ĐoŵŵĠŵoƌeƌ le Đessez-le feu en Algérie mais aussi rendre hommages aux victimes de la Gueƌƌe d’AlgĠƌie, des combats pour les indépendances du Maroc et de la Tunisie ainsi que toutes les victimes des combats pour la décolonisation. Dès la fin de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale lorsque le camp de la liďeƌtĠ a tƌioŵphĠ suƌ le Đaŵp de l’hoƌƌeuƌ, les peuples du ŵoŶde oŶt lĠgitiŵeŵeŶt ŵaŶifestĠ leuƌ aspiƌatioŶ à l’autodĠteƌŵiŶatioŶ et à l’iŶdĠpeŶdaŶĐe.Dès le 8 mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata, les Algériens ont fêté leur victoire face au Nazisme et au Fascisme mais ils ont également manifesté pour demander plus de liberté, leur indépendance ou leur refus du colonialisme. Ils oŶt ĠtĠ ŵassaĐƌĠs paƌ l’aƌŵĠe fƌaŶçaise.er ϵ aŶs plus taƌd ĐoŵŵeŶçait la Gueƌƌe d’AlgĠƌie,novembre 1954.le 1 Nous ĐoŵŵĠŵoƌoŶs aujouƌd’huila fin de cette guerre et la signature du cessez-le-feu du 19 mars 1962. Durant 8 années, à peine sortie de la guerre d’IŶdoĐhiŶe, la FƌaŶĐe a de Ŷouveau ŵontré au monde une sombre image d’elle-même. ϴ aŶŶĠes d’uŶeguerre fratricide qui a laissé des plaies profondes, qui a vu des Algériens se battre contre des Français, leurs voisins, leurs amis, des Algériens se ďattƌe ĐoŶtƌe d’autƌesAlgériens, des FƌaŶçais tueƌ d’autƌes FƌaŶçais,des attentats en France comme en Algérie, des massacres, des torturesAujouƌd’hui, je voudƌais avaŶt tout ƌeŶdƌe hoŵŵage et ŵe souveŶiƌ de toutes les victimes de ce conflit et de tous les morts. Les morts militaires,Ŷos soldats, toŵďĠs de l’autƌes ĐôtĠ de laMéditerranée. Tous ces jeunes de France qui ont passé leur jeunesse à faire la guerre en Algérie.CeƌtaiŶs d’eŶtƌe eudž avaieŶt pouƌtaŶt ŵaŶifestĠ leuƌ ƌefus d’ġtƌe mobilisé ou encore leur soutien à la cause Algérienne.
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Entre 1954 et 1962, deux millions de jeunes français ont été mobilisés. Parmi eux, 27 000 furent tués et un millier a disparu. 1300 sont morts des suites de leurs blessures.
Cessoldats Ŷ’avaieŶtsouventauĐuŶe eŶvie d’aller faire la guerre. Ils pensaient davantage à leurs 20 ans et à leuraveŶiƌ Ƌu’au ŵaiŶtieŶ d’uŶ eŵpiƌe du passĠpour lequel on leur demandait de risquer leur vie ou de tuer. Cette ĐoŵŵĠŵoƌatioŶ doit ġtƌe l’oĐĐasioŶ de tĠŵoigŶeƌ Ŷotƌe pƌofoŶd ƌespeĐt à ces soldats et aux anciens combattants. A côté des victimes militaires, rendons également hommage aux victimes civiles de ce conflit particulièrement meurtrier. Entre 250 000 et 400 000 algériens furent tués lors de cette guerre : des civils dans une très large majorité. 4000Đivils fuƌeŶt viĐtiŵes d’atteŶtats eŶ FƌaŶĐe Đoŵŵe eŶAlgérieLa Gueƌƌe d’AlgĠƌie Ŷous a dĠŵoŶtƌĠ Ƌu’uŶe aƌŵĠe, Ƌuelle Ƌue soit sa puissaŶĐe Ŷ’aƌƌiveƌa jaŵais à vaiŶĐƌe les aspiƌatioŶs de tout uŶ peuple à soŶ indépendance et à sa liberté. Elle nous prouveaussi Ƌue s’il Ŷ’LJ a jaŵais de bonnes raisons pour faire la guerre, la faire pour des mauvaises raisons mène iŶĠvitaďleŵeŶt à l’ĠĐheĐ.Commémorer pour rendre hommage aux victimes civiles et militaires et pour nous souvenir. Commémorer aussi pour nous permettre de regaƌdeƌ l’Histoire en face, pour ne pas reproduire les erreurs du passéet suƌtout pouƌ alleƌ de l’avaŶt.La FƌaŶĐe a ŵis du teŵps à adŵettƌe Ƌu’il s’agissait ďel et ďieŶ d’uŶe gueƌƌe eŶ Algérie. Elle commence tout juste à aller vers la reconnaissance des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata. La France avance tout doucement sur le chemin de la reconnaissance officielle des crimes et des tortures réalisés pendant ce conflit. Pour la première fois un Président de la République vaaujouƌd’hui officiellement commémorer le cessez-le feu du 19 mars 1962. A l’heuƌe où l’extrême-dƌoite teŶte de ƌĠĠĐƌiƌe l’histoiƌe, de ƌaviveƌ la flaŵŵe des paƌtisaŶs de l’AlgĠƌie FƌaŶçaise, des anciensde l’OAS, de débaptisées des rues portant la date du 19 mars 1962 pour les remplacer par le nom de
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militaires putschistes, de ƌeploŶgeƌ daŶs la Ŷostalgie d’uŶ passĠ ĐoloŶial,à l’heuƌecertains refusent le choix de cette date pour commémorer la Guerre d’AlgĠƌienous devons réaffirmer notre devoir de mémoire et célébrer la fin de la guerre entre nos deux pays. ReĐoŶŶaitƌe Ŷos Đƌiŵes passĠs Đe Ŷ’est pas faire de la repentance. Ce Ŷ’est pas affaiblir la France. C’est au ĐoŶtƌaiƌese grandir en admettant nos erreurs passées pour ne plus jamais recommencer. Commémorer la finde la Gueƌƌe d’AlgĠƌie Đe Ŷ’est pas Đoŵŵe ĐeƌtaiŶs le diseŶt ĐĠlĠďƌeƌ uŶe dĠfaite ŵilitaiƌe, Đ’est au ĐoŶtƌaiƌe ĐĠlĠďƌeƌ uŶe viĐtoiƌe: celle de la Paix. C’est aussi et surtout la condition sine qua non pour refermer des plaies qui depuis 54 ans ne sont toujours pas cicatrisées entre nos deux pays. La FƌaŶĐe et l’AlgĠƌie oŶt uŶ passĠ, un présent et surtout un avenir en commun. Un passé très riche et complexe fait entre autres de colonisation et d’iŵŵigƌatioŶ.Nos deux pays ontaujouƌd’huides liens très forts: ĐoŵďieŶ d’Algériens vivent aujouƌd’hui eŶ FƌaŶĐe, ĐoŵďieŶ de FƌaŶçais soŶt ŶĠs ou oŶt des paƌeŶts ŶĠs eŶ Algérie, combien de binationaux franco-algĠƌieŶ, ĐoŵďieŶ d’eŶfaŶts issus d’uŶ parentfƌaŶçais et d’uŶ autƌe algĠƌieŶ.Il nous faut à présent regarder le passé en toute objectivité pour construire notre avenir en commun sur des bases solides. Les commémorations de la Gueƌƌe d’AlgĠƌie doiveŶt ġtƌe l’oĐcasion de parler avant tout de cetaveŶiƌ, des ĐoopĠƌatioŶs eŶtƌe la FƌaŶĐe et l’AlgĠƌie, du développeŵeŶt de l’espaĐeméditerranéen, des échanges culturels, artistiques, ĠĐoŶoŵiƋues aveĐ l’AlgĠƌie. Ces échanges doivent désormais se faire en ĐoŶfiaŶĐe, suƌ uŶ pied d’ĠgalitĠ et daŶs le ƌespeĐtréciproque. Les lieŶs Ƌui uŶisseŶt la FƌaŶĐe et l’AlgĠƌie doiveŶt ġtƌe uŶe foƌĐe et ŶoŶ uŶ handicap dans nos relations bilatérales.
Dans le contexte des guerres et des déchirements au Moyen-Orient et en Libye, à un moment où les obscurantismes en Europe comme au Moyen Orient et au Maghreb cherchent à dresser les peuples les uns contre les autres, l’uŶioŶ de nos deux pays peut être un atout et un exemple pour faire en sorte que la Méditerranée soit un espace de coopération et non de guerre.
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A lheuƌe où l’Euƌope dresse des murs et des grillages notre proximité géographique, historique, humaine, culturelle, linguistique, et la forte imbrication de nos populations doitŶous peƌŵettƌe d’Ġƌigeƌ des poŶts.Ce 1ϵ ŵaƌs est uŶ jouƌ de ĐĠlĠďƌatioŶ de la paidž, Ŷe l’ouďlioŶs pas. Assumons Ŷotƌe passĠ et la paƌt d’oŵďƌe Ƌui l’aĐĐoŵpagŶe, ƌeŶdoŶs hoŵŵage à Đeudž Ƌui sont morts dans ce conflit et tournons-Ŷous veƌs l’aveŶiƌ pouƌ tƌavailleƌ au dĠveloppeŵeŶt de l’espaĐe ŵĠditeƌƌaŶĠeŶ et de Ŷos deudž paLJs.
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