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Table 5 Études supérieures Les universités se distinguent par leur engagement ferme à produire le savoir qui sert d’assise à tous les aspects de la vie universitaire. Dans le cas d’une université à fort coefficient de recherche, cet engagement se trad uit par des programmes d’études supérieures florissants et dynamiques qui enrichissent la communauté universitaire à tous les niveaux, constituent un grand capital intellectuel pour le pays et permettent au Canada de jouer un rôle important sur la scène in ternationale. Il découle de cet énoncé nombre d’idées et de recommandations que l’on peut regrouper en six catégories: 1. Une approche holistique. L’engagement profond à produire le savoir doit se manifester clairement à tous les niveaux et dans tous les aspects de la vie universitaire. « Comment la production du savoir pourrait-elle être améliorée? » Tous les secteurs devraient se poser couramment cette question avant de prendre quelque décision que ce soit. ‘ Cet engagement devrait se traduire notamment par un choix beaucoup plus judicieux du vocabulaire et des expressions utilisés pour décrire la vie universitaire, compte tenu du fait que les universités doivent continuellement s’adapter à de nouvelles réalités sociales. Par exemple, il faut absolument remettre en question l’emploi de modèles d’entreprises pour décrire les rapports uniques qui sont favorisés entre les structures des universités axées sur la erecherche au début du ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Table 5 Études supérieuresLes universités se distinguent par leur engagement ferme à produire le savoir qui sert d’assise à tous les aspects de la vie universitaire. Dans le cas d’une université à fort coefficient de recherche, cet engagement se trad uit par des programmes d’études supérieures florissants et dynamiques qui enrichissent la communauté universitaire à tous les niveaux, constituent un grand capital intellectuel pour le pays et permettent au Canada de jouer un rôle important sur la scène internationale. Il découle de cet énoncé nombre d’idées et de recommandations que l’on peut regrouper en six catégories:1.Une approche holistique.L’engagement profond à produire le savoir doit se manifester clairementà tous les niveaux et dans tous les aspects de la vie universitaire. « Comment la production du savoir pourraitelle être améliorée? » Tous les secteurs devraient se poser couramment cette question avant de prendrequelque décision que ce soit. Cet engagement devrait se traduire notamment par un choix beaucoup plus judicieuxdu vocabulaire et des expressionsutilisés pour décrire la vie universitaire, compte tenu du fait que les universités doivent continuellement s’adapter à de nouvelles réalités sociales. Par exemple, il faut absolument remettre en question l’emploi de modèles d’entreprises pour décrire les rapports uniques qui sont favorisés entre les structures des universités axées sur la e recherche au début du XXI siècle (p. ex., emploi du terme « étudiant » plutôt que « client »). La façon dont on décrit les universités devrait non seulement souligner l’importance de la production du savoir, mais également faire valoir que cette importance peut s’exprimer de bien des manières, en fonction de l’évolution de la société. De même, il serait pertinent de mettre en valeur la nature pleinement intégrée de la création du savoir en cessant de recourir à des juxtapositions dont l’emploi est aujourd’hui généralisé, notamment, enseignement/recherche (que l’on pourrait remplacer par le terme plus global « érudition ») et personnel enseignant/non enseignant. L’engagement ferme de l’Université envers la production du savoir devrait être manifeste pour les étudiants de tous les niveaux, y compris ceux qui sont inscrits à un programme de premier cycle (et non seulement ceux qui en sont à leur quatrième année du baccalauréat spécialisé). Dès la première année, par exemple, les étudiants devraient être informés des activités de recherche qui se
réalisent aux cycles supérieurs et encouragés à poursuivre leurs études audelà du baccalauréat. De même, il doit être clair que, peu importent leurs modalités (p. ex., maîtrise avec accent sur les cours ou sur la thèse), tous les programmes d’études supérieures visent la production du savoir et exigent un engagement sérieux envers la recherche. La curiosité et la découvertesont les forces motrices de la production du savoir et doivent être favorisées sur le campus ainsi que, par exemple, dans les publications consacrées à l’Université. L’Université devrait continuer d’accorder la priorité auxaxes de développement pour optimiser ses ressources et ses spécialités dans la production du savoir, de façon à se tailler une place unique dans le monde des études postsecondaires. À cette fin, il faudra procéder à des exa mens périodiques et s’adapter aux nouvelles orientations et tendances en matière de recherche, en s’assurant que toutes les disciplines des secteurs stratégiques reçoivent le soutien voulu. Il ne faut pas oublier que nous sommes tous membres à part entière du monde universitaire et que nous cherchons tous à contribuer à la production du savoir grâce à une plus grande collaboration avec les étudiants qui s’intéressent à la recherche aux cycles supérieurs. 2. Les ressources.S’attacher à la production du savoir signifie non seulement maintenir mais également étayer et diversifier les ressources de l’Université: les ressourceshumaines, matérielles/environnementales, administrativesetfinancières. Ressources humainesL’Université devrait s’inspirer de pratiques exemplaires afin d’embaucher des professeursqui se distinguent par leurs publications et qui sont voués aux études supérieures, c’estàdire à l’excellence en enseignement, en recherche, en supervision et en mentorat, et qui pourront ainsi créer un milieu positif et stimulant sur le plan intellectuel de manière à favoriser la production du savoir. L’Université devraitrémunérersuffisammentlespersonnes qu’ellerecrute. Les étudiants diplômés en sciences humaines et sociales sont mal rémunérés, si tant est qu’ils le soient. Il faudrait accorder une attention particulière aux étudiants diplômés qui réalisent des travaux interdisciplinaires afin de veiller à ce qu’ils ne soient pas oubliés. Bien que la recherche et la publication occupent une place de choix au sein de toute unité scolaire, il faudrait aussi embaucher des professeurs pour leur potentiel comme« membres d’équipes »qui sauront enrichir à plusieurs égards un milieu intellectuellement stimulant et d’une importance capitale.
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L’Université doit faire preuve de plus de souplesse dans sesméthodes d’embauche. Elle pourrait envisager, par exemple, la possibilité de créer des postes à temps partiel menant à la permanence, des postes de professeur associé et des postes d’enseignement clinique. L’Université devrait recruter activement les meilleursétudiantsdont la préparation répond aux exigences et aux forces de leur programme sur le plan de la recherche, et leur offrir une aide financière adéquate. L’Université devrait engager suffisamment d’employés de soutiencompétents et bilingues pour assurer l’administration efficace et simplifiée des programmes d’études supérieures, de façon à ce que professeurs et étudiants puissent consacrer toutes leurs énergies à la production du savoir. Ressources matérielles/environnementales Labibliothèqueest l’un des piliers de la création du savoir dans toutes les disciplines, mais particulièrement en sciences humaines et sociales. Elle doit e fournir aux professeurs et aux étudiants du XXI siècle les documents imprimés et électroniques ainsi que l’expertise dont ils ont besoin. L’Université devrait accroître son fonds documentaire en réalisant des activités de financement ciblées et accéder à des collections qui répondent aux intérêts courants en recherche. Le fonds documentaire actuel ne doit pas être « rationalisé » (c.àd. épuré). Procéder ainsi serait manquer de vision en se bornant aux statistiques sur les documents empruntés, sans tenir compte des orientations futures de la recherche. Les gran des bibliothèques attirent de grands universitaires et les meilleurs étudiants. Laboratoires et matériel technique. Les laboratoires (y compris les laboratoires d’informatique) et le matériel qu’ils contiennent doivent être à jour, en nombre et en quantité suffisants et accessibles dans des délais raisonnables pour répondre adéquatement aux besoins des professeurs et des étudiants diplômés. Des locaux d’avantgarde sont nécessaires pour attirer les meilleurs chercheurs dans toutes les disciplines, non seulement en sciences mais également en sciences humaines, domaine dans lequel des laboratoires informatiques sont désormais indispensables. Depuis que l’Université a pris le virage de la dissémination de l’information par voie électronique (envoi de messages aux étudiants par Infoweb, tabulation et affichage des notes, recrutement, etc.), lesordinateursdevraient faire partie du matériel de base de tous les professeurs (au même titre que les téléphones). De
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même, les étudiants diplômés (y compris ceux qui sont inscrits à des programmes interdisciplinaires) devraient avoir facilement accès à des ordinateurs et à des imprimantes à la fine pointe de la technologie. L’environnement.L’interaction est nécessaire à la création. Il faut créer sur le campus une communauté, non seulement par l’activité intellectuelle mais également en suscitant unsentiment d’appartenance. Les étudiants diplômés ont besoin de leurs propres locaux et bureaux. Professeurs et étudiants doivent disposer d’une salle de lecture dans la bibliothèque et d’un endroit à l’extérieur de leur unité scolaire où ils pourront se réunir et discuter tranquillement. Il en va de même pour tous les étudiants diplômés, que leur programme soit axé sur les cours ou sur la thèse. Ressources administratives / leadership L’essor des études supérieures est essentiel à la croissance de l’Université et à l’élargissement de sa mission. Avant tout, laFaculté des études supérieures et postdoctorales (FESP)iversitairedoit être plus active dans tous les aspects de la vie un pour promouvoir la création du savoir et un engagement profond envers ce dernier. Dans quelques années, la double cohorte sera prête à entamer des études supérieures et nous devons nous préparer dès maintenant à saisir cette occasion et à récolter les fruits de cette hausse des taux de fréquentation aux études de premier cycle et aux études supérieures. Il faudra assurer le leadership à tous les niveaux et la FESP, dont les programmes profitent à tout l’établissement, devra montrer la voie. LaFESPdoit continuer à exiger et à promouvoir l’excellence dans la recherche (qui se mesure par les publications évaluées par les pairs) comme critère fondamental d’admissionà la Faculté et, par conséquent, de supervision des thèses. En outre, la FESP devrait jouer un rôle plus actif dans l’embauche de nouveaux professeurs. L’Université devrait planifier une augmentation du nombred’inscriptionsaux études supérieures, qui passerait de 13 p. 100 à 20 p. 100 de tous les étudiants à temps complet. Cette nouvelle proportion devrait être répartie de façon appropriée parmi les programmes d’études supérieures. Ressources financières Il faut des ressources financières pour assurer toutes les activités, dont l’embauche et le renouvellement du personnel ainsi que l’achat de matériel et d’autres ressources matérielles, de même que pour encourager les meilleurs étudiants diplômés à
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fréquenter l’Université. 3.Un programme d’études supérieures florissant et dynamiquepeut être créé en offrant aux étudiants comme aux professeurs un cadre de travail de première qualité dans un milieu accueillant qui invite au travail et à l’étude, et grâce à des services de soutien hors pair qui, ensemble, favorisent l’apprentissage, l’enseignement et la recherche. Il n’existe pas demodèle uniquepour les études supérieures. D’ailleurs, l’Université a montré la pertinence d’offrir des programmes aux exigences variées (p. ex., axés sur les cours ou sur la thèse), fruit de son engagement envers la production du savoir. Les programmes dont la mission est clairement énoncée et mise en œuvre (c.àd., ceux qui ne font pas de publicité trompeuse) sont assurés de réussir: la mission transparaît dans la structure du programme et dans sa prestation, dans l’embauche du personnel et dans le recrutement d’étudiants selon les paramètres établis. Les gestionnaires universitaires doivent savoir comment leurs homologues d’autres universités organisent et offrent leurs programmes, surtout compte tenu du fait que les étudiants font unecomparaison détailléedes programmes, de leur prestation et de leur financement. L’une des plus importantes caractéristiques des programmes réussis est l’excellence de l’encadrement. Ce facteur nécessite que soient clairement énoncées la relation étudiantsuperviseur et les responsabilités de chacun, quelle que soit la formule suivie (thèse avec direction individuelle, projet avec direction collective, etc.). Chaque unité scolaire et le FESP ont d’importants rôles à jouer à cet égard. L’Université devrait reconnaître l’importancedu mentorat et de la supervisiona) en revoyant continuellement les responsabilités du superviseur, de l’établissement et de l’étudiant, ainsi que les lignes directrices à leur intention; b) en énonçant les questions éthiques avec clarté et vigilance; c) en offrant une formation spécifique pour la supervision; d) en créant le prix de l’universitaire de l’année pour reconnaître la combinaison d’enseignement, de recherche et de mentorat que nécessitent les études supérieures. Les unités scolaires devraient être encouragées à mettre au point des outils qui faciliteront les meilleurs jumelages d’étudiants et de superviseurs dans les plus brefs délais. Une supervision de qualité doit êtreappuyéepar des bourses, des postes d’assistants d’enseignement et un programme d’études réaliste quant aux délais d’exécution. Il faut encourager les étudiants exceptionnels, en leur donnant les outils
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nécessaires, à obtenir desboursesnationales et internationales et à diffuser les résultats de leursrecherchesdans le cadre de conférences et par l’intermédiaire de publications dans tous les domaines. Le second facteur de réussite en importance est lefinancementcompétitif et attrayant pour les étudiants diplômés, grâce auquel ils pourront se concentrer pleinement sur leurs études. Les meilleurs étudiants éventuels devraient être invités àvisiter le campuset à rencontrer des superviseurs potentiels dans leur domaine. Lesexemptions des droits de scolaritédoivent faire l’objet d’une vaste publicité auprès des étudiants étrangers. Il faudrait employer les meilleurs moyens pourrecruterétudiants et professeurs, en incluant les membres du corps professoral qui sont les meilleurs ambassadeurs de l’Université. Les visites à d’autres établissements sont à encourager et à faciliter, non seulement pour faire de la recherche ou présenter des travaux, mais pour parler de l’Université aux étudiants et aux professeurs. L’expérience des étudiants diplômés doit englober plus que la recherche de l’excellence intellec tuelle; elle doit être très enrichissante sur leplan humain. L’expérience des étudiants diplômés est enrichie par leur engagement dans la communauté des études supérieures, notamment au sein d’organismes comme la GSAÉD, Parlons Sciences et d’autres groupes étudiants et activités bénévoles. Cet engagement devrait être encouragé, reconnu et même récompensé. Cette riche expérience au cycle supérieur est le fruit de circonstances spéciales qui favorisent l’esprit communautaire: colloques, symposiums et conférences constituent une tribune pourla production et l’échange d’idéeschez les étudiants et les professeurs. La qualité de l’expérience des études de cycle supérieur repose aussi sur desstructures administrativescoopératives, c’estàdire, sur des politiques et des règlements clairs et sur unserviceefficace et diligent (admissions, inscription, bibliothèques, etc.). Un environnement propice à la créativité, à la découverte et à la souplesse est stimulant. L’Université devrait faire en sorte que professeurs et étudiants puissent recevoir l’aide dont ils ont besoin pour lancer de nouveaux projets sans interférence bureaucratique excessive.
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4. Collaboration.Par définition, les universités sont structurées en fonction des personnes. Aussi étudiants et professeurs sontils évalués selon leurs réalisations. Par ailleurs, les universités reconnaissent que la production du savoir est essentiellement collaborative, étant donné que nul ne peut faire avancer les connaissances sans se reporter au travail des autres et s’en inspirer. Au fil des siècles, les universités ont créé des unités scolaires (départements, facultés, centres de recherche, etc.) afin de regrouper des personnes en fonction de certains modes d’apprentissage et sujets d’étude. Cette façon de procéder demeure primordiale – et utile – dans divers domaines, particulièrement les sciences humaines et sociales. Or, les personnes qui aimeraient collaborer avec d’autres trouvent parfois que la structure « verticale » des unités scolaires les isole des gens qui se trouvent à l’extérieur de leur unité et avec qui une collaboration très fructueuse pourrait être établie. La FESP devrait préparer un document renfermant des directives claires concernant lapaternité des œuvres, la contribution intellectuelle et lesquestions éthiquesassociées à la collaboration entre collègues ainsi qu’entre professeurs et étudiants. La supervision adéquate et la collaboration mutuellement avantageuse doivent être favorisées par des mesures incitatives. Les ententes internes (fondées sur l’autonomie et la primauté des départements) devraient être réexaminées afin de créer desstimulantspour la mise sur pied de programmes et de centres de collaboration interdisciplinaires et inter facultés, et afin que les ressources soient définies en fonction d’objectifs précis et de secteurs particuliers. Des projets de collaboration de toutes sortes devraient pouvoir se réaliser et être facilités par les structures universitaires lorsqu’ils sont utiles à toutes les parties concernées. Il faut toutefois noter que le travail de collaboration présente un inconvénienten ce sens qu’il n’encourage pas nécessairement la création d’une vision de recherche personnelle et distincte. Cette lacune représente un danger particulier pour les étudia nts diplômés dans certains champs de recherche, qui doivent quitter l’Université avec un profil de recherche bien défini. Si on compte encourager les projets interdisciplinaires collaboratifs et axés sur les problèmes, il faudraexercer des pressionssur les conseils de financement, les éditeurs et les autres structures pour les inciter à évoluer. Les grandes presses universitaires comme Cambridge et Oxford, par exemple, refusent de publier des œuvres de collaboration (tels des recueils de dissertations sur un même thème). Bien que la collaboration soit à encourager lorsqu’elle est appropriée, les chercheurs individuelsdevraient pouvoir poursuivre leur recherche et continuer à se faire publier lorsque que cela est pertinent. En sciences humaines, ces chercheurs continuent d’avoir le plus d’impact sur l’érudition et d’attirer le plus
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d’étudiants dans bien des cas. En raison de la nature du sujet étudié (l’expérience humaine) et de la dimension herméneutique des travaux, ce domaine se distingue dans certains champs par son mode particulier de recherche, de publication et de supervision. 5. Servir la société.Par leur richesse intellectuelle, les universités servent de fondement des sociétés axées sur le savoir et ce, de deux façons principales: en formant d’importants segments de la population et en créant des connaissances utiles à la société dans son ensemble. Dans ce contexte, l’Université d’Ottawa joue un rôle particulier en raison de son emplacement dans la capitale fédérale, de son rôle sur la scène internationale et de son engagement historique envers l’étude de questions qui intéressent particulièrement le Canada. L’emploi du français et de l’anglais caractérise également le rôle unique de l’Université, car il facilite l’accès à deux des grandes traditions culturelles et intellectuelles du pays et du monde. L’un des principaux défis que doit relever l’Université est lacommunicationefficace et précise de ses buts et de sa mission. Il faut faire valoir de nouveau que les universités ne sont pas de simples transmetteurs du savoir (fonction que remplissent les collèges, les écoles techniques et d’autres établissements d’enseignement supérieur). Si les universités contribuent à l’économie, c’est là un résultat secondaire (et non le but premier) de leur engagement profond envers la production du savoir; elles sont d’abord et avant tout un bien public plutôt que privé. Par conséquent, les programmes d’études supérieures doivent avant tout être décrits en termes de création du savoir. L’Université n’est pas la seule productrice du savoir; elle doit donc définir clairement laplace uniquequ’elle occupe dans la triade gouvernement industrieuniversité. Nos professeurs et certains de nos étudiants diplômés sont déjà présents sur les tribunes publiques (Centre national des Arts, groupes d’experts dans les bibliothèques publiques, radio de la SRC, divers comités de sélection, etc.). Nous devrions continuer àservirla population canadienne de cette façon, en la sensibilisant à notre recherche ainsi qu’en aidant à former des décideurs et en influant sur des décisions de toutes sortes. Lebilinguismeconstitue une mission particulière de l’Université qui, en raison de son histoire et de son caractère actuel (comme l’indique son slogan « l’Université canadienne »), est aussi un centre dumulticulturalisme. La mondialisation est venue à la fois enrichir cet atout et ajouter à la difficulté de le conserver. L’Université doit éclaircir sapolitiquede bilinguisme à la lumière de
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l’importance renouvelée qu’elle accorde au choix linguistique (« La décision vous appartient »). L’Université doit mettre en placedes ressources et des outilsqui faciliteront l’apprentissage du français ou de l’anglais par les étudiants diplômés et les professeurs; par exemple, plutôt que d’insister sur le bilinguisme comme condition d’admission, il serait peutêtre préférable de faciliter et d’appuyer l’apprentissage linguistique après l’arrivée sur le campus. Il faut se soucier de la façon dont le bilinguisme est perçu parles étudiants et les professeurs éventuels. À l’heure actuelle, nombreux sont ceux qui croient que le bilinguisme est une condition d’admission dans toutes les disciplines. De même, l’Université doit reconnaître que certains étudiants étrangers pour qui le français ou l’anglais est la langue seconde ou même la troisième ou la quatrième langue, voient le bilinguisme officiel comme un obstacle important aux études supérieures. L’Université doit énoncer clairement sa politique sur le multiculturalisme, et plus spécifiquement sur lesétudiants étrangers, surtout si elle se présente comme étant « l’Université canadienne ».L’engagement de l’Université à l’égard du bilinguisme devrait se refléter parmi lapopulation étudiante diplômée. Il faut faire davantage pour attirer des étudiants francophones du pays et d’ailleurs. 6.La réputation de l’Université. En dépit de son emplacement et de son histoire, l’Université joue un rôlemodesteau pays et un rôlemarginaldans le monde. Les choses s’améliorent depuis quelques années mais il est urgent que de nouvelles politiques et des ressources supplémentaires viennent l’aider à réaliser son plein potentiel comme intervenant majeur sur la scène nationale et internationale. Des politiques et des ressources sont notamment nécessaires pour les programmes d’études supérieures, afin d’attirer des étudiants de l’extérieur de l’Ontario et du Canada, de financer les déplacements d’étudiants diplômés au pays et à l’étranger à des fins de recherche, de financer des projets de collaboration avec d’autres établissements et sociétés, et ainsi de suite. Les grands chercheurs en poste à l’Université sont connus au niveau international mais dans certains cas passent pratiquement inaperçus sur le campus. Il faudrait promouvoir davantage la réputation des professeurs au sein et à l’extérieur de l’Université. L’Université devrait célébrer activement les réalisations, récompenser la créativité, la force et la productivité etfaire connaître son excellenceà l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement.
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Leséchangesde professeurs et d’étudiants sont un moyen productif de mettre l’Université en valeur à l’étranger. Pour ce faire, il faut s’assurer que les programmes d’échange sont plus que des transactions formelles; seuls ceux qui nécessitent une participation active devraient être conservés. Les étudiants étrangers diplômés sont très peu nombreux à l’Université, qui offre peu d’incitatifs pour les encourager à s’y inscrire. Leur nombre doit augmenter et il faut mettre en place un financement adéquat pour les attirer. À l’heure actuelle, avec seulement 30bourses pour étudiants étrangers diplômés, l’Université se classe parmi les dernières au pays à ce chapitre. C’est donc dire que seulement 30 étudiants rentreront dans leur pays et y parleront du Canada et de l’Université. L’Université devrait réaliser unmarketing cibléun peu partout, notamment dans des conférences nationales et internationales, et dans diverses activités (y compris des manifestations sportives). Recommandations:Que toutes les décisions prises sur le campus tiennent compte de l’engagement ferme de l’Université envers la production du savoir. Que l’Université voie passer son taux d’inscription aux études supérieures de 13 p. 100 à 20 p. 100 de tous les étudiants à plein temps. Que l’Université réexamine régulièrement ses axes de développement. Que l’Université accorde davantage d’exemptions des droits de scolarité aux étudiants étrangers. Que l’Université tienne davantage compte de la gamme complète de rapports et de modèles distincts pour les collaborations et pour la supervision des études supérieures. Que l’Université demeure ouverte aux partenariats possibles et supprime les obstacles à l’innovation. Que l’Université continue de se montrer ouverte à divers modèles de recherche, y compris celui des chercheurs individuels.
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Que l’Université crée de nouvelles politiques et investisse davantage de ressources pour se mettre en valeur au pays et à l’étranger.
Que l’Université assure le suivi de ses diplômés afin d’avoir un bon aperçu de ce qu’ils apportent à la société canadienne (p. ex., ceux qui ont reçu une charge publique, été nommés hauts fonctionnaires, participé aux Jeux Olympiques, etc.).
Que l’Université crée plusieurs bourses bien connues dans chaque province et territoire afin d’attirer les meilleurs étudiants au premier cycle et aux cycles supérieurs.
Que l’Université s’efforce d’attirer des étudiants francophones du pays et de l’étranger.
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