Corrigé BAC ES 2014 Philosophie

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Pourquoi cherche-t-on à se connaître soi-même ?
Ce sujet peut être compris de plusieurs manières. Il peut à la fois être une demande d’interrogation
sur les raisons de l’introspection comme une approche critique de cette forte demande qui est celle
aujourd’hui de nos concitoyens de connaissance de soi.
De plus, il semble supposer que nous sommes tous dans l’envie de nous connaître. Or, lorsque nous
voyons nos semblables, nous avons plutôt le sentiment qu’ils s’ignorent et ne veulent pas se
connaître. Mais tel n’est pas toujours le cas et du point de vue de notre « actualité » une telle
approche est sans doute bien superficielle.
Celle-ci néglige, en effet, le développement considérable que connaissent aujourd’hui toutes les
demandes d’ordre psychologiques ou de bien-être qui se font jour. De plus, ce sujet interroge
également la fameuse injonction Socratique du « connais-toi toi-même » et se demande si celle-ci est
si évidente que cela, si elle est si importante ? Pourquoi cherchons-nous tant à nous connaître et
plus encore aujourd’hui ? Est-ce donc si nécessaire, en avons-nous tant besoin que cela ? Ce besoin
est-il de l’ordre du nécessaire ou du superflu et dans le premier cas pourquoi le serait-il ?
Un tel sujet nous demande donc de déterminer des causes. Il demande de répondre à un
« pourquoi » et ce faisant il est important car il interroge sur le besoin de connaissance qui est en
chacun de nous pour nous aider à mieux le connaître et peut-être à le distancer lorsqu’il serait trop
présent, trop marqué.
Un tel questionnement n’est pas sans poser problème car nous ne recherchons pas tous, nous
l’avons noté à nous connaître ou en tous les cas, nous ne sommes pas tous prédisposés de la même
manière sur la question. Certains souhaitent plus se connaître que d’autres. De plus, nous ne
cherchons pas tous à nous connaître pour les mêmes raisons. Alors est-il possible ici de trouver des
causes universelles à ce besoin qui serait en nous ? De plus ce besoin est-il réel ? Ce sujet le pose –ou
parait le poser comme une évidence – mais est- ce bien le cas ?
Pour chercher les causes de ce qui constitue (peut-être ?) la marque d’un phénomène qui serait lié à
notre condition humaine, il importe sans doute dans un premier temps d’interroger un tel
phénomène, de se demander ce qu’il est et s’il existe. Nous verrons ensuite pourquoi il existe et ce
que seraient les causes de son existence.
Publié le : mercredi 18 novembre 2015
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BACCALAURÉAT
Série : ES
Épreuve :Philosophie
Session 2014
Durée de l’épreuve: 4h
PROPOSITION DE CORRIGÉ
1
Pourquoi cherche-t-on à se connaître soi-même ?
Ce sujet peut être compris de plusieurs manières. Il peut à la fois ġtƌe uŶe deŵaŶde d͛iŶteƌƌogatioŶ suƌ les ƌaisoŶs de l͛iŶtƌospeĐtioŶ Đoŵŵe uŶe appƌoĐhe ĐƌitiƋue decette forte demande qui est celle aujouƌd͛hui de Ŷos ĐoŶĐitoLJeŶs de ĐoŶŶaissaŶĐe de soi.
De plus, il seŵďle supposeƌ Ƌue Ŷous soŵŵes tous daŶs l͛eŶǀie de Ŷous ĐoŶŶaîtƌe. Oƌ, lorsque nous ǀoLJoŶs Ŷos seŵďlaďles, Ŷous aǀoŶs plutôt le seŶtiŵeŶt Ƌu͛ils s͛igŶoƌent et ne veulent pas se connaître.Mais tel Ŷ͛est pas toujouƌs le Đas et du poiŶt de ǀue de Ŷotƌe «une telleactualité » approche est sans doute bien superficielle.
Celle-ci néglige, en effet,le dĠǀeloppeŵeŶt ĐoŶsidĠƌaďle Ƌue ĐoŶŶaisseŶt aujouƌd͛hui toutes les deŵaŶdes d͛oƌdƌe psLJĐhologiƋues ou de ďieŶ-être qui se font jour. De plus, ce sujet interroge également la fameuse injonction Socratique du « connais-toi toi-même » et se demande si celle-ci est si évidente que cela, si elle est si importante ? Pourquoi cherchons-nous tant à nous connaître et plus eŶĐoƌe aujouƌd͛hui? Est-ce donc si nécessaire, en avons-nous tant besoin que cela ? Ce besoin est-ilde l͛oƌdƌe du ŶĠĐessaiƌeou du superflu et dans le premier cas pourquoi le serait-il ?
Un tel sujet nous demande donc de déterminer des causes. Il demande de répondre à un « pourquoi » et ce faisant il est important car il interroge sur le besoin de connaissance qui est en chacun de nous pour nous aider à mieux le connaître et peut-être à le distancer lorsƋu͛il seƌait tƌop présent, trop marqué.
Un tel questionnementŶ͛est pas saŶs poseƌ pƌoďlğŵe Đaƌ Ŷous Ŷe ƌeĐheƌĐhoŶs pas tous, Ŷous l͛aǀoŶs ŶotĠ à Ŷous ĐoŶŶaîtƌe ou eŶ tous les Đas, Ŷous Ŷe soŵŵes pas tous pƌĠdisposĠs de la ŵġŵe manière sur la question. CertaiŶs souhaiteŶt plus se ĐoŶŶaîtƌe Ƌue d͛autƌes. De plus, Ŷous Ŷe cherchons pas tous à nous connaître pour les mêmes raisons. Alors est-il possible ici de trouver des causes universelles à ce besoin qui serait en nous ? De plus ce besoin est-il réel ? Ce sujet le poseou parait le poser comme une évidencemais est- ce bien le cas ?
Pour chercher les causes de ce qui constitue (peut-être?) la ŵaƌƋue d͛uŶ phĠŶoŵğŶe Ƌui seƌait liĠ à Ŷotƌe ĐoŶditioŶ huŵaiŶe, il iŵpoƌte saŶs doute daŶs uŶ pƌeŵieƌ teŵps d͛iŶterroger un tel phĠŶoŵğŶe, de se deŵaŶdeƌ Đe Ƌu͛il est et s͛il edžiste. Nous ǀeƌƌoŶs eŶsuite pouƌƋuoi il edžiste et Đe que seraient les causes de son existence.
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Le « connais-toi, toi-ŵġŵe Ġtait iŶsĐƌit suƌ le fƌoŶtoŶ du Teŵple de Delphes et Đ͛est SoĐƌatequi nous dit Ƌue telle fut sa deǀise daŶs le tedžte ĠĐƌit paƌ PlatoŶ et Ƌui s͛iŶtitule ,L͛apologie de SoĐƌate. Ce texte débute par une interrogation dudit Socrate, dont la Pythiequi est une forme de prophétesse -à fait l͛hoŵŵe le plus sage d͛AthğŶesse demande alors ce que veut dire cette déesse car. Socrate « moi, dit-il, j͚ai ĐoŶsĐieŶĐe de Ŷ͛ġtƌe Ŷi peu Ŷi pƌou» (21c). Pourquoi en fait-il sa devise et que veut-il dire ici ?
SoĐƌate est le peŶseuƌ de la ƌĠŵiŶisĐeŶĐe. Il Đƌoit Ƌue loƌsƋue l͛hoŵŵevient au monde, il sait déjà tout et Ƌu͛il passe eŶsuite soŶ edžisteŶĐe à ouďlieƌ tout Đe Ƌu͛il saǀait. EŶ d͛autƌes teƌŵes, il estiŵe –
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uŶ peu Đoŵŵe ĐeƌtaiŶs psLJĐhologues aujouƌd͛hui –que les ignorants sont ceux qui ont rompu avec l͛eŶfaŶt Ƌu͛ils ĠtaieŶt. Il faut donc, selon lui, reprendre contact avec cet être perdu, le retrouver pour ġtƌe daŶs la liďeƌtĠ et pouƌ soƌtiƌ de l͛illusioŶ.
Se connaître soi-même est en quelque sorte le but de toute philosophie pour Socrate qui est d͛ailleuƌs le foŶdateuƌ de Đelle-Đi au seŶs oĐĐideŶtal du teƌŵe au ŵoiŶs. Ceudž Ƌui s͛igŶoƌeŶt ǀiǀeŶt daŶs l͛eƌƌaŶĐe. Ce soŶt des ĠgaƌĠs. Ils Ŷe saǀeŶt pas Đe Ƌui est esseŶtiel pouƌ eudž.
Dans la chute, A. Camus, évoquera ces vies « sans examenƋui Ŷe ŵĠƌiteŶt pas d͛ġtƌe ǀĠĐues». Cette idée recèle la conviction profonde que la véritable existence est une existence intérieure, que l͛hoŵŵe pƌofoŶd et l͛hoŵŵe ǀƌai est uŶ hoŵŵe Ƌui ǀit ƌepliĠ suƌ soŶ ġtƌe pƌofoŶd.
PlatoŶ Ġtait l͛hoŵŵe deseidos, Đ͛est-à-dire des formes ou des idées. Il pensait Ƌue l͛ġtƌe ƌĠel Ġtait Đelui Ƌui s͛appƌoĐhait le plus de l͛idĠal. EŶ d͛autƌes teƌŵes, pouƌƋuoi fallait-il se connaître pour lui ? PaƌĐe Ƌu͛il s͛agissait de ǀiǀƌe uŶe ǀƌaie ǀie, la ǀie ƌĠelle et ŶoŶ pas Đelle de l͛illusioŶ, Đelle de Đeudž Ƌui, comme le dit J-J Goldman, dans sa chanson « vivent leur vie par procuration ». Pour Socrate, il faut se connaître soi-même pour ne pas vivre sa vie par procuration devant son poste de télévision mais pour vivre comme on veut vivre. Or comment vivre comme on le souhaite si oŶ igŶoƌe Đe Ƌue l͛oŶ souhaite.
Il faut donc se connaître soi-même pour vivre la vie qui est la sienne. Mais pourquoi la philosophie occidentale en a- t-elle fait son crédo et pourquoi une telle injonction ? Toutes les cultures ne sont pas centréesautouƌ d͛uŶe telle deŵaŶde. EŶ d͛autƌes teƌŵes, pouƌƋuoi uŶe telle iŶjoŶĐtioŶ? C͛est à Đette ƋuestioŶ Ƌu͛il iŵpoƌte de ƌĠpoŶdƌe à pƌĠseŶt eŶ Ŷous plaçaŶt peut-ġtƌe du ĐôtĠ de l͛histoiƌe de la pensée.
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Connais-toi toi-ŵġŵe Đoŵŵe Ŷous l͛aǀoŶs dit est lecrédode la société occidentale. Notre monde est oƌdoŶŶĠ autouƌ de Đette iŶjoŶĐtioŶ. Oƌ tel Ŷe fut pas toujouƌs le Đas et tel Ŷ͛est pas le Đas pouƌ tout le monde. Pour certains, on peut vivre sans se connaître nécessairement, il suffit comme le dit la chanson du film bien connu de W. Disney de « prendre la vie du bon côté et de se satisfaire du nécessaire ». Inutile de se compliquer la vie avec ceux qui cherchent à couper les cheveux en quatre. Telle est la deǀise de l͛ouƌs Baloo daŶs le Liǀƌe de La JuŶgle. Il faut ǀiǀƌe l͛iŶstaŶt pƌĠseŶt. Cette « philosophie» Ŷ͛est eŶ fait Ƌue l͛edžpƌessioŶ populaiƌe et filŵĠe d͛uŶe philosophie ŶoŶ ŵoiŶs célèbre qui est celle qui est exprimée par Epicure dans la Lettre à Ménécée.
L͛ouƌs Baloo, deŵaŶde au jeuŶe Moǁgli dese débarrasser du superflu et de ne vivre pour être heuƌeudž Ƌu͛eŶ se ĐalƋuaŶt suƌ le ŶĠĐessaiƌe. EpiĐuƌe daŶs le tedžte pƌĠĐitĠ, ƌeĐoŵŵaŶde tout autaŶt à son disciple de faire la différence entre chacun de ses désirs et de ne retenir parmi eux que de ceux qui sont nécessaires et naturels. Il faut donc exclure ce qui ne sont pas de cet ordre et qui seraient artificiels.
Le bonheur implique donc mise en acte de notre nature, notre phusisgrec. Or comment être en heureux et connaître cette nature sans précisément se connaître ?
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EŶ d͛autƌes teƌŵes, ŵġŵe si l͛ouƌs du Liǀƌe de la JuŶgle ƌeĐoŵŵaŶde uŶe foƌŵe de siŵpliĐitĠ de ǀie, on peut voir dans le dessin animé en question que le jeune Mowgli ne parvient pas à faire ce que l͛ouƌs fait aǀeĐ siŵpliĐitĠ.
EŶ d͛autƌestermes, même pour vivre simplement et pour se « satisfaire du nécessaire », il faut savoir ce qui est nécessaire et naturellement pour nous, nous rappelle Epicure.
Il faut doŶĐ toujouƌs se hâteƌ de philosopheƌ Ŷous iŶdiƋue Đet auteuƌ, Đaƌ Ƌue l͛oŶ soitjeune ou que l͛oŶ soit plus ǀieudž, il est toujouƌs iŵpoƌtaŶt de ǀiǀƌe eŶ foŶĐtioŶ de Đe Ƌue l͛oŶ est ƌĠelleŵeŶt et ŶoŶ par rapport à nos apparences. Et cela requiert un travail sur soi que même les pensées les plus apparemment « simples » ne peuvent ainsi offrir comme une donnée.
La siŵpliĐitĠ se gagŶe et elle Ŷe s͛offƌe pas aiŶsi au pƌeŵieƌ ǀeŶu. Il doit se ĐoŶŶaîtƌe pouƌ pouǀoiƌ ġtƌe heuƌeudž et se satisfaiƌe du ŶĠĐessaiƌe Ƌui Ŷ͛est pas le ŵġŵe pouƌ tout uŶ ĐhaĐuŶ. Pouƌ ġtƌe « soi » il faut chercher à enter dans une forme de connaissance, sinon, comme le dit Ricoeur dans Soi-ŵġŵe Đoŵŵe uŶ autƌe, oŶ Ŷe paƌǀieŶt pas à eŶtƌeƌ daŶs l͛appƌoĐhe ƌĠfledžiǀe, le «se » qui est lié au soi et Ƌui Ŷous soƌt de la siŵple logiƋue d͛uŶ ŵoi ďoƌŶĠ et liŵitĠ.
Le « soi » impliƋue dĠjà pouƌ ġtƌe uŶe ƌeĐheƌĐhe, uŶ ƌeĐul. Celui Ƌui Ŷ͛eŶtƌepƌeŶd pas uŶe telle ƌeĐheƌĐhe ǀit aiŶsi daŶs uŶe pƌisoŶ, Đelle de l͛appaƌeŶĐe.
Mais pourquoi le « soi » serait-il plus nous-mêmes que le « je», Ƌu͛est Đe Ƌui ƌeŶd si uƌgeŶt uŶe telle recherche et pouƌƋuoi Ŷe pas ǀiǀƌe daŶs la ŵoŶdaŶitĠ, la ƌeĐheƌĐhe du lieŶ aǀeĐ l͛autƌe? Pourquoi Ŷe pas se diƌe Ƌue l͛uƌgeŶĐe est de ǀiǀƌe aǀeĐ les autƌes plutôt Ƌue de se ĐoŶŶaîtƌe soi-même ?
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Il y a en effet des maladies qui expriment la souffrance de ceux qui ne parviennent pas à sortir de Đhez eudž et Ƌui Ŷe paƌǀieŶŶeŶt pas à s͛ouǀƌiƌ audž autƌes. Ces ŵaladies Đe soŶt Đelles de l͛hoŵŵe replié sur lui-même ou plus précisément aussi de la culture ethnocentrique qui croit que le monde tourne autour de son petit univers. Certains êtres sont perdus et jugent toujours avec violence l͛ĠtƌaŶgeƌ Ƌui ǀieŶt paƌŵi eudž pouƌ leuƌ appƌeŶdƌe d͛autƌes ŵaŶiğƌes de ǀiǀƌe.
Ils pensent en effet que seul compte son « petit jardin» Ƌu͛il faut Đultiǀeƌ et ils Ŷe paƌǀieŶŶeŶt pas à coŶsidĠƌeƌ Ƌu͛il LJ a autƌe Đhose daŶs la ǀie Ƌue se «connaître soi-même ». Ils estiment que tout se ƌĠsuŵe à la ǀie iŶtĠƌieuƌe et Ƌue la seule ǀie ǀĠĐue est Đelle Ƌui s͛edžpƌiŵe daŶs la solitude? Mais pourquoi sont-ils ainsi et pourquoi ne cherchent-ils Ƌu͛à se connaître eux-mêmes tout en ignorant l͛autƌe?
Les psLJĐhologues Ŷous iŶdiƋueŶt Ƌue Đela peut s͛edžpliƋueƌ paƌfois paƌ uŶ Đouple paƌeŶtal Ƌui Ŷ͛a pas doŶŶĠ à l͛eŶfaŶt toute la sĠĐuƌitĠ ŶĠĐessaiƌe et Ƌui a toujouƌs peuƌ de pƌeŶdƌe soŶ eŶǀol pouƌ alleƌ voiƌ ailleuƌs, pouƌ dĠĐouǀƌiƌ d͛autƌes ŵaŶiğƌes de ǀoiƌ. Plus pƌosaïƋueŵeŶt, Đoŵŵe le ƌappelle Durkheim dans les Formes élémentaires de la vie religieuse, chaque culture possède en elle-même uŶ ƌite d͛iŶitiatioŶ paƌ leƋuel il huŵilie le Ŷouǀeau ǀeŶu, Ƌu͛il soit jeuŶe ou ĠtƌaŶgeƌ. C͛est doŶĐ le pƌopƌe de toute Đultuƌe d͛edžĐluƌe Đe Ƌui Ŷ͛est pas soi. Il LJ auƌait doŶĐ daŶs Đette iŶjoŶĐtioŶ de se connaître soi-ŵġŵe uŶe foƌŵe de deŵaŶde Đultuƌelle d͛edžĐlusioŶ de tout Đe Ƌui seƌait autƌe et Đe paƌ peuƌ de l͛ĠtƌaŶgeté, devenue inquiétante comme le souligne ici S. Freud dans un texte du même nom.
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OŶ Ŷe ĐheƌĐhe souǀeŶt à se ĐoŶŶaîtƌe Ƌue paƌĐe Ƌue l͛oŶ ĐƌaiŶt de ĐoŶŶaîtƌe autƌe Đhose, paƌĐe Ƌue l͛oŶ ǀeut fuiƌ tout Đe Ƌui Ŷous est ĠtƌaŶgeƌ et peut Ŷous iŶƋuiĠteƌ. Il LJ adoŶĐ paƌfois de l͛aďus daŶs ce type de recherche.
Ceƌtes S. Fƌeud est l͛hoŵŵe Ƌui deŵaŶde d͛alleƌ à la ƌeĐheƌĐhe du ǀĠƌitaďle «moi » conscient et qui est souǀeŶt ŵaƌƋuĠ paƌ uŶ iŶĐoŶsĐieŶt Ƌu͛il igŶoƌe. Il faut se ĐoŶŶaîtƌe pouƌ lui Đaƌ il s͛agit de dĠjouer tout ce qui peut être inconscient en nous et qui peut nous éloigner de nous en nous obligeant à ce que nous ne désirons pas vraiment.
Toutefois Freud est aussi celui qui, à la fin de son existence à écrit le « Malaise dans la culture ». Il est celui qui montre que chaque culture peut contenir en elle une part de culpabilisation excessive faite à celui qui ne sait pas ou qui ne connait pas.
Tƌop deŵaŶdeƌ à l͛autƌe de se ĐoŶŶaîtƌe peut ġtƌe uŶe ŵaŶiğƌe pouƌ lui de lui faiƌe peuƌ et de le dominer en luidisaŶt Ƌu͛il s͛igŶoƌe et aiŶsi lui iŶteƌdiƌe d͛ġtƌe heuƌeudž ou lui iŶteƌdiƌe de ǀiǀƌe.
En conclusion, pourquoi cherche-t-on à se connaître soi-même ? Parce que nul ne peut totalement ġtƌe heuƌeudž s͛il igŶoƌe Đe Ƌue peut ġtƌe sa ƌĠelle Ŷatuƌe, ou sa siŶgulaƌitĠ. Toutefois, Đ͛est suƌtout parce que la culture et la « doxa » ambiante nous culpabilise bien souvent que nous recherchons tant à nous connaître. Cette recherche est parfois pathologique, elle exprime chez certains individus une forme de narcissisme.Ils Ŷe peŶseŶt Ƌu͛à eudž ou à se ĐoŶŶaîtƌe. Chez d͛autƌes, elle edžpƌiŵe la peuƌ de l͛autƌe et de Đe Ƌui est ĠtƌaŶgeƌ.
Il faut doŶĐ ĐheƌĐheƌ à se ĐoŶŶaîtƌe oui ŵais ŶoŶ pas pouƌ s͛ĠloigŶeƌ d͛autƌui ŵais pouƌ se ĐoŶŶaîtƌe plus eŶĐoƌe. Caƌ l͛hoŵŵe Ŷ͛est pas fait pouƌ se Đoupeƌ de l͛autƌe ŵais pouƌ ǀiǀƌe eŶ ƌelatioŶ aǀeĐ lui sans pour autant se nier.
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