Corrigé BACES philosophie 2016

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BAC ES Sujet 1
Savons-nous toujours ce que nous désirons ? Connaissons-nous tous nos désirs ? A priori la question paraît assez saugrenue. Si j'ai envie d'un gateau au chocolat je le sais tout de même et qui pourrait me dire que je l'ignore. Mieux, nous pourrions dire que nous sommes souvent les seuls à bien connaître nos désirs et que seul un être humain est à même de savoir ce qu'il est et ce qu'il a envie d'être. Mais dès lors un premier probléme se pose que tout élève de ES connaît bien : nos désirs ne sont pas toujours nos désirs.Ils sont souvent « fabriqués » par l'industrie et par la société. Nous sommes souvent « conditionnés ». Dés lors il y a une différence entre ce que Bergson appelait le moi apparent et le moi profond. Connaissons-nous ce moi profond ? Celui qui véhicule et exprime nos désirs profonds ? C'est la vraie question. La réponse est évidemment négative : non bien évidemment, nous ne connaissons pas toujours ce « moi profond » ces désirs profonds qui sont en nous. Mais pourquoi ? Qu'est ce qui explique notre ignorance ?
Publié le : mercredi 15 juin 2016
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BaccalauréatES
Session 2016
Épreuve :Philosophie
Durée de l’épreuve: 4 heures
Coefficient : 4
PROPOSITION DE CORRIGÉ
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BAC ES Sujet 1 Savons-nous toujours ce que nous désirons ? Connaissons-nous tous nos désirs ? A priori la question paraît assez saugrenue. Si j'ai envie d'un gateau au chocolat je le sais tout de même et qui pourrait me dire que je l'ignore. Mieux, nous pourrions dire que nous sommes souvent les seuls à bien connaître nos désirs et que seul un être humain est à même de savoir ce qu'il est et ce qu'il a envie d'être. Mais dès lors un premier probléme se pose que tout élève de ES connaît bien : nos désirs ne sont pas toujours nos désirs.Ils sont souvent « fabriqués » par l'industrie et par la société. Nous sommes souvent « conditionnés ». Dés lors il y a une différence entre ce que Bergson appelait le moi apparent et le moi profond. Connaissons-nous ce moi profond ? Celui qui véhicule et exprime nos désirs profonds ? C'est la vraie question. La réponse est évidemment négative : non bien évidemment, nous ne connaissons pas toujours ce « moi profond » ces désirs profonds qui sont en nous. Mais pourquoi ? Qu'est ce qui explique notre ignorance ? Plusieurs réponses peuvent être apportées à une telle interrogation. Ainsi par exemple, nous pouvons -avec Freud par exemple et la psychanalyseévoquer l'inconscient dont il dit dans sa métapsychologie, qu'il correspond à une antichambre dans laquelle nous enfermons nos pulsions que nous rejetons. Les désirs dont nous ne voulons pas entendre parler ce sont précisément ceux que nous voulons ignorer. Donc à la question posée Freud répondrait invariablement non. Il explique même dans son maitre texte qu'est pulsions et destin des pulsions qu'en fait ce qui constitue l'âme du névrosé c'est souvent qu'il refuse la réalité et notamment celle de ses désirs. Ainsi par exemple le sadique n'est souvent qu'un masochiste qui s'ignore.Il ne connait pas en lui ce désir de subir le mal qui est en lui et comme il l'ignore il va provoquer le mal de manière inconsciente et ce simplement pour le voir vivre. Il y a cependant certains désirs qui sont conscients et de plus tous les hommes ne sont pas totalement névrosés. Certes donc ne pouvons-nous au moins admettre que nous savons parfois ce que nous désirons et que ce même si ce n'est pas toujours c'est parfois que nous le savons. Mais quel est le sens de ce parfois ? Dans quel cas connaissons-nous nos désirs ? Ici nous pouvons convoquer pourquoi pas Epicure et sa Lettrre à Ménécée. Ce qui fait le malheur des hommes pour lui ce sont souvent nos désirs et l'ignorance de ceux-ci. Donc si nous nous écoutions plus nous parviendrions plus aisément à déterminer qui nous sommes et nos désirs. Nous le savons Epicure distingue les désirs naturels et ceux qui ne le sont pas et il propose de les hiérarchiser en faisant passer ceux qui sont naturels et nécessaires avant tous les autres. Ceux là dépendent de la nécessité et de notre nature. Nous pouvons les connaître si nous acceptons loyalement de nous écouter, de nous connaître et de nous déterminer.Il y a en nous des désirs profonds que nous pouvons connaître et que nous pouvons déterminer si nous en prenons la peine...Mais bien évidemment cette peine nous ne nous la proposons pas souvent et pourquoi ? Pourquoi ? La question revient ici à nouveau. D'ou nous vient cette envie de nous fuir nous-mêmes ? Ceci s'explique peut-être par un des aspects du désirs que Leibniz a mis en évidence dans ses nouveaux essais sur l'entendement humain. Pour lui le désir provient d'une inquiétude première : une inquiétude de ne pas avoir ce qui nous manque. C'est cette inquiétude qui nous pousse à agir et à faire ce que nous faisons mais en même temps c'est peut-être cette inquiétude qui est à la source du désir qui explique que parfois nous ne souhaitons pas toujours les connaître, nous ne les connaisons pas tous. En examinant nos désirs nous déterminons nos inquiétudes et en nous inquiétant nous risquons finalement de nous rendre 2 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
malheureux. C'est si on y réfléchit un mauvais calcul, certes humain mais un mauvais calcul car, comme le montrent tous les psychologues ,le désir en tant que pulsion ne disparaît pas.Il est toujours présent et lorsqu'il se réalise, il nous rend heureux. Au contraire tous les désirs non réalisés créent des frustrations. En conclusion, il nous est souvent bien difficile de connaître nos désirs mais nous perdons bien souvent à fuir cette réalité qui vit en nous-mêmes. Certes nos désirs sont si profonds et renvoient tant à l'essence de notre être, comme le pensait Spinoza, qu'il est souvent difficile de les connaître tous. Mais nous pouvons nous interroger et ainsi mieux nous connaître. Cela est préférable pour mieux être et mieux vivre. BAC ES Sujet 2 : ¨Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l'histoire ? Belle question et question d'actualité ? D'emblée nous avons envie de répondre : mais pardi ! Pour éviter de faire des bêtises et de refaire surtout les mêmes bêtises. Chacun sait en effet que c'est l'ignorance des causes et des effets des difficultés qui explique souvent nos erreurs. Oui mais ici se pose un probléme car nous savons aussi que la culture ne résout pas tout et qu'elle n'est pas toujours ce qui fait que les hommes se comportent bien. Prenons par exemple, l'Allemagne nazie ou l'Europe de l'entre-deux guerres. Ce que nous vivons actuellement ressemble à s'y méprendre à ce que les européens de cette époque ont vécu : même terreur (elle a juste changé de nom), même violence entre les différentes composantes de la société et pourtant il semble que nous allions tout droit vers les mêmes difficultés ? Alors avons-nous vraiment intérêt à étudier l'histoire ? Ne ferions-nous pas mieux d'être ignorant et de demeurer hors de tout ce vacarme historique et de toutes les difficultés et préjugés même que véhiculerait l'histoire ? L'histoire ce sont aussi souvent « les histoires », les problèmes et les haines qui ne se pardonnent et ne s'oublient jamais. C Levi-Strauss a écrit quelque part que l'histoire mène à tout à condition d'en sortir ? Alors que signifie cette formule, telle est une lecture possible qui pourrait être faite de cette question. Dans une première partie, il est possible alors de faire une hypothèse et d'écouter ceux qui nous disent qu'il vaut mieux ne pas s'embarasser trop d'histoire car l'histoire c'est le passé. Or les hommes sont trop tournés vers le passé et à force de vivre que dans le passé ou l'avenir, ils ignorent le présent. C'est à la fois le fameux « Carpé Diem » des épicuriens mais c'est aussi plus profondément ce que Pascal soutient dans ses Pensées. Ce qui fait le malheur de l'homme c'est qu'il ne peut pas vivre le présent en sa présence et qu'il est trop « tourneboulé », trop chagriné par le passé si bien qu'il finit par « passer à côté du présent ». Cette folie de ce que les penseurs indiens aujourd'hui -tel Sri Aurobindo- appellent le « mental » serait ainsi cause de nos soucis et de notre difficulté à vivre vraiment le monde tel qu'il est, à toujours voir celui ci avec les lunettes du passé...Oublie ton passé semblent-ils nous dire ! Vit intensément ton présent et n'étudie pas l'histoire....Cherche simplement à écouter et écouter ce n'est pas interpréter ni juger c'est tout simplement voir l'être dans ce qu'il est et dans sa profondeur. 3 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
La pensée de Pascal, celle de Sri Aurobindo nous demandet-elle pour autant d'être ignorant et de retourner labourer les champs en ignorant tout de nous ? Non au contraire, pour eux la connaissance de soi est essentielle. Cependant il ne faut pas trop être tourné vers le passé mais il faut vivre le présent si l'on veut être sain si l'on veut être heureux. Il y a donc une maladie et une pathologie de l'histoire qu'il ne faut pas oublier. Il ne faut pas être dupe de l'histoire mais cela signifie-t-il qu'il ne faut l'ignorer et que ce serait notre intérêt ? Il serait ici intéressant, dans une deuxième partie de se demander de quelle histoire il s'agit : car l'histoire c'est aussi la propagande ou les légendes fausses bien souvent que l'on colporte. Cette histoire qui ne véhicule que des préjugés, il vaut mieux s'en éloigner et la fuir comme la peste. Elle est l'instrument préféré des tyrans et de tous ceux qui veulent nous obscurcir le cerveau. Mais dans un autre temps, comme Schopenhauer l'a rappelé dans Le monde comme volonté et représentation, l'histoire est la conscience à la fois d'un peuple mais aussi d'un individu. Sans connaissance de l'histoirevraie la dire celle qui nous renvoie à c'est-à l'enquête objective, un peuple est condamné à refaire les mêmes erreurs et à les reproduire. Voilà pourquoi certains aujourd'hui veulent nier jusqu'à l'existence des chambres à gaz et des horreurs commises par les nazis. Pour eux, justement il s'agit sans doute de « biffer » ce qui dérange pour éviter d'en avoir trop conscience car la conscience de tout ceci leur ferait trop mal. Ils ont « intérêt » à ne pas étudier l'histoire car justement ils veulent fuir la réalité.Ils ne veulent pas en entendre parler. C'est plus simple pour eux. Mais chacun sait qu'à terme tout ceci n'est pas « sain ». Chacun sait que cette fuite de ce que nous avons pu faire est encore pire que l'enfermement dans le passé tel que nous l'avons évoqué plus avant. En conséquence, plus que de l'intérêt, il est vital d'étudier l'histoire tout simplement parce qu'il est vital de connaître ce qui est vrai. Il n'est pas toujours simple oui de la connaître mais il est cependant vital pour soi de la découvrir. La psychanalyse nous l'a appris et qu'est ce qu'un névrosé pour Freud, c'est précisément quelqu'un qui reproduit constamment les mêmes erreurs tout simplement parce qu'il a refusé et nié l'histoire. Il a enfoui dans le passé des traumatismes qui finissentil l'expliquera dans au-dela du principe de plaisir comme  par créer en lui de l'inconscience et faire de lui un inconscient. La conscience : voilà le maitre mot. D'ailleurs, dans ce beau texte, Freud nous explique qu'elle consiste dans le fait de relier notre histoire et ce qui la constitue et donc tous les événements qui la composent et la crée. Sinonet cela vaut sans doute pour les peuples aussiils ont intérêt plus que tout à étudier l'histoire mais pas une histoire « bidon »...Une histoire qui leur permettrait de voir la réalité en face, celle qu'ils ont vécu. Cela peut leur permettre d'en prendre conscience et ensuite de ne plus être les dupes de celle-ci, de ne plus dépendre d'elle. Dés lors une fois tout ceci évoqué une quesiton demeure : si nous avons tant interêt à étudier l'hyistoire et si me^me celle-ci est vitale pour nous ? Pourquoi l'ignorons nous si souvent pourquoi préférons-nous le divertisssement au savoir et à l'étude ? Parce que nous sommes paresseux ? Parce que nous avons peur ? Parceque nous préférons l'ignorance ? Qui pourrait ici répondre avec certitude à une telle question ? BAC ES Sujet 3 Dans ce texte, Descartes part d'une problématique : d'un côté, il ne fait aucun doute pour lui que l'erreur dépend de notre volonté. En d'autres termes pour lui, si nous nous trompons c'est 4 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
parce que nous l'avons bien voulu. Cette affirmation pose alors probléme. En effet il ne fait aucun doute que nul ne souhaite se tromper alors donc comment se fait-il qu'il y a de l'erreur dans nos jugements?Qu'est ce qui peut bien expliquer nos erreurs ? Descartes s'interroge donc ici sur la cause de nos erreurs. C'est un sujet qui concerne la vérité et c'est une préoccupation qui a souvent interrogé Descartes. Depuis Aristote et pour nombre de philosophes, il est considéré que l'envie de chercher le vrai est une bonne et belle chose. Pour les Anciens, le philosophe est celui qui se plait à la vérité et qui tout autant que la sagesse la recherche. Or c'est précisément et curieusement cette qualité qui est et devient un défaut pour Descartes qui semble ici à la fois s'amuser et se désoler de la situation:nos erreurs viennent le plus souvent de cet amour de la vérité. C'est étrange mais c'est ainsi. Comment parvient-il à démontrer une chose aussi saugrenue ? Comment expliquer que l'amour et le désir de vérité qui étaient des qualités si belles et si fortes et qui constituaient le propre de ce que nous pourrions appeler une « âme philosophique » soient précisément les causes même de nos erreurs ? Cela provient de la différence entre l'opinion et le savoir qui est une distinction importante pour lui. Donner son opinion c'est opiner or ceux qui recherchent la vérité se plaisent souvent à opiner. Ils aiment dire « ah oui, cela c'est vrai » ou « c'est juste », c'est comme cela. Si bien que parfois ils « précipitent leurs jugements »(ligne 10). Ils vont dire « oui » là où il convenait mieux de dire non. Dès lors pourquoi se trompent-ils ? Voulaient-ils se tromper ? Non. Comme il l'écrit lignes 3 et 4, « il y a bien une différence entre vouloir être trompé et donner son consentement à des opinions qui sont cause que nous nous trompons quelque fois ». Ils ne voulaient pas se tromper. Ils ont juste voulu donner leur consentement à des opinions qui les ont induit en erreur. Conclusion : en tout début du texte, Descartes pose un probléme. Il le résout de manière presque mathématiques en nous expliquant qu'en fait c'est bien la volonté qui est cause de nos erreurs, il n'y a pas de doute la-dessus mais pas la volonté de se tromper -car ce serait idiot nul n'aime se tromper ni être trompé: j'ai raison ou tu as raison oude dire tout de suite  celle c'est juste. En d'autres termes ce qui fait que nous nous trompons c'est la précipitation dans nos jugements et le manque de prudence, le manque de recul, le manque de réflexion et de connaissances suffisantes. Morale de l'histoire : ne croit pas que tu trouveras la vérité si tu veux la chercher. Au contraire, cette envie peut te perdre. Si tu veux trouver la vérité tu dois toujours être prudent avant de dire oui ou non. Tu dois exiger et t'imposer un temps de délibération et de réflexion et surtout tu ne dois pas dire oui ou non si tu ne sais pas de quoi il s'agit. Renseigne toi, informe toi, travaille et sort de l'opinion qui n'est qu'illusion et source d'erreurs et sort surtout de l'envie à tout prix de te prononcer si tu veux éviter de faire des erreurs dans tes jugements et tu ne t'en porteras que mieux !!!
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