En suivant les moussons

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Dans cette immense zone que l'Océan Indien représente, le fait de suivre les moussons a impliqué, pendant des siècles, de naviguer le long de routes déterminées par les vents périodiques. Au cours de l'année, ceux-ci prennent deux directions alternatives : nord-est et sud-ouest. Ainsi, ce sont les localités d'intérêt commercial qui deviennent les foyers incontournables d'un réseau complexe de relations, assurant le déplacement de quantités importantes de produits, entre des territoires très éloignés les uns des autres...
Publié le : lundi 1 septembre 2014
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EAN13 : 9782336353388
Nombre de pages : 313
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Anna Unali
EN SUIVANT LES MOUSSONS -------------------------------------VOYAGEURS ET MARCHANDS SUR LES ROUTES e e DE L’OCÉAN INDIEN (IX -XVI SIÈCLE)
L’Harmattan 5-7 rue de l’École Polytechnique 75005 Paris
traduction de l’italien au français et mise en pages réalisées par L’HARMATTANITALIA (toutes les citations ont été retraduites de l’italien)
© pour l’édition originale italienne intituléeSeguendo i mon-soni. Viaggiatori e mercanti sulle rotte dell’Oceano Indiano fra il IX e il XVI secolo, L’Harmattan Italia, Torino, 2013
www.editions-harmattan.fr
© pour l’édition françaiseL’Harmattan, Paris, 2014
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À ma petite-fille Anna
« Nous avons traversé plus de 100.000lid’espaces immen-ses d’eau et nous avons vu des vagues énormes se lever de l’Océan vers le ciel, hautes comme des montagnes. Nous avons posé notre regard sur des régions barbares très loin-taines, cachées derrière la transparence bleue de vapeurs lumineux, alors que, déployées orgueilleusement comme des nuages, nos voiles suivaient jour et nuit une route rapi-de comme celle d’une étoile, et surmontaient des vagues sauvages »(inscription sur pierre apposée par Zheng-He dans le Palais de l’Épouse Céleste, Chiang-su, 1431)
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Avant-propos
Sommaire
I.Naviguer dans l’Océan Indien Le voyage vers l’Inde Navigation et commerce dans l’Océan Indien Le pilote et son prestige personnel Notes
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II.Les liens entre l’Orient et l’Occident le long des routes océaniques 39 Entre le Golfe Persique et la Chine : « Le Livre » de Soliman Marco Polo et la navigation de la Chine vers l’Occident Le voyage en Chine d’Ibn Battuta Les flottes de l’Empire du Milieu dans l’Océan « occidental » d’après les comptes rendus des auteurs chinois Notes91
III.La Mer Rouge et le Golfe Persique, les voies maritimes des marchandises orientales vers la Méditerranée 95 La Mer Rouge et sa traversée La route du Golfe Persique et son arrière-pays Notes128
IV.Les pierres angulaires du commerce océanique : l’Inde et Ceylan La Péninsule Indienne et les trafics commerciaux L’expérience humaine en Inde : ritualité et aspects sociaux L’environnement naturel indien Ceylan, l’île des rubis et de la cannelle Notes 7
131
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V.Les périples dans les terres et les mers orientales e e entre le XV et le XVI siècle 180 Les relations des voyageurs « indépendants » « Et, avec les persans et les maures, il fit le serment solennel qu’ils allaient devenir des compagnons fidèles et loyaux » « Mon mauvais sort, non content de mes disgrâces déjà racontées, voulut m’accabler encore plus » « Je décidai, en moi-même, d’essayer de découvrir de mes propres yeux ces endroits-là, les qualités de leurs habitants, la variété de leurs animaux, ainsi que de leurs arbres fruitiers et de leurs plantes odoriférantes » Notes222
VI.L’Afrique orientale dans les routes commerciales océaniques 227 Les côtes africaines de l’Océan Indien selon les auteurs arabes L’Afrique orientale dans les textes chinois La « Mappemonde » de Fra’ Mauro et l’Afrique Notes259
VII.Les transformations du commerce international : les portugais atteignent l’Océan Indien 261 Le Portugal vers l’Océan Indien : les voyages de reconnaissance Les premiers contacts commerciaux en Inde entre espoirs et incompréhensions La seconde grande entreprise : les destinations se diversifient La lecture du changement vue de l’observatoire des marchands « italiens » Notes298
Bibliographie
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Avant-propos
Dans cette immense zone que l’Océan Indien représente, le fait de suivre les moussons a impliqué, pendant des siècles, de naviguer le long de routes déterminées par le soufflement des vents périodiques. Au cours de l’année, ceux-ci prennent deux directions alternatives : nord-est et sud-ouest. Dans un tel contexte, ce sont les localités d’intérêt commercial qui deviennent les foyers incontournables d’un réseau complexe de relations, assurant le déplacement de quantités importan-tes de produits, entre des territoires très éloignés les uns des autres. Au Moyen-Âge, le transfert de biens de l’est à l’ouest, et vice versa, acquiert une dimension importante, grâce notam-ment aux marchands arabes et persans qui, nombreux et entreprenants, parviennent à contrôler le système entier des trafics. En conséquence, les échanges connaissent une forte impulsion, liée à une activité d’importation et exportation articulée, souvent de type triangulaire ou pluri-angulaire. Au cœur d’un vaste mouvement d’hommes et marchandi-ses, les entreprises océaniques sont bien résumées par les aventures d’un personnage aux traits mythiques, Sinbad le marin, untoposdes récits de voyage. Dans la vision de ce commerçant de Bagdad, l’univers de la navigation serait à associer à la tension psychologique qui semble conduire cer-tains individus à affronter des expériences périlleuses en mer, avec la perspective de vivre de situations inouïes, en décou-vrant des régions méconnues et éloignées. Selon la narration littéraire, en ayant en horreur la monoto-nie de l’existence quotidienne, mais aussi en dépit de son aisance et de sa richesse, Sinbad aurait soumis chaque fois à rude épreuve ses capacités intérieures, dans le but de garder
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intacte toute chance d’émerveillement face aux circonstan-ces ; il se serait en somme laissé guider par le désir de vivre intensément son existence. Revenons-en à l’histoire. Aux derniers siècles du haut Moyen-Âge, les marchands musulmans ‒ en provenance du Golfe Persique, de la Péninsule Arabique ou de l’Afrique septentrionale ‒ ont fourni, grâce à leurs descriptions, les premières informations utiles sur les itinéraires, les produits transportés et les étapes principales, qui ont permis ensuite non seulement de tracer le plan des échanges (demeurés e constants jusqu’au XVI siècle), mais en plus de comprendre son ampleur et sa consistance. À noter que, pendant très longtemps, le savoir des occi-dentaux a assimilé les terres donnant sur la partie centrale de l’Océan Indien aux notions géographiques et humaines disponibles sur l’Inde même. Le mot « Inde » était employé par les comptes rendus de voyage pour identifier les régions de l’aire asiatique méridionale qui, à l’est comme à l’ouest, se prolongeaient bien au-delà de la Péninsule Indienne. D’ailleurs, ce terme désignait une vaste étendue aux limites peu précises, au centre des activités des communautés musulmanes, se consacrant aux voyages par mer et aux tra-e fics à vaste échelle. Dans la première moitié du XV siècle, le marchand vénitien Nicolò de’ Conti, de retour d’un périple de 25 ans dans les régions océaniques, employait le mot « Inde » d’une manière générale pour indiquer un territoire « divisé en trois parties : la première allant de la Perse au fleuve Indus, la deuxième de ce fleuve au Gange, la troisiè-me allant au-delà [du Gange] ». Les réflexions de ce person-nage montrent sa détermination à ne pas adopter une termi-nologie vouée à établir des distinctions du point de vue géo-graphique, tout comme sa volonté de souligner les connexions commerciales existant entre ces terres éloignées, aux us et coutumes hétéroclites, mais formant une unique et vaste contrée, à la valeur névralgique pour les échanges. 10
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